SAINT MATTHIEU^ 9AIRT MARC ET SADIT LOC
L'authenticité de rÉyangile de saint Luc prouve celle des Évangiles de saint Alatthieu et de saint Marc, s'il est prouvé que les deux Évangiles sont antérieurs à celui de saint Luc : car s'il est établi par là qu'ils sont des temps apostoliques, il est sans aucun intérêt^ comme il est sans raison, de les dénier davantage aux deux auteurs que désigne la tradition constante de l'Église. Or, non-seulement la tradition, mais l'examen et le rapprochement des trois livres, témoignages et raisons intrinsèques, tout conduit à ce résultat. Prenons les Évangiles dans Tordre que la tradition leur assigne, et nous verrons conmient ce qui est dit de chacun d'eux s'accorde avec ce qui ressort de leur comparaison.
Les quatre Évangiles sont quelquefois donnés dans cet ordre : saint Matthieu , saint Jean , saint Luc et saint Marc, selon la dignité des Évangélistes : les deux premiers, Apôtres ; les deux derniers, simples disciples. Mais, presque universellement, ils sont rangés de la manière suivante : saint Matthieu , saint Marc, saint Luc et saint Jean * ; et cet ordre où le disciple aimé
' Voy. Ridiard Simon, Bist. criU du texte du N. 7. ch. x, p. 109 Hug, EirOeit. etc. II, 1.
du Seigneur vient en dernier lieu est' évidemment Tordre historique. C'est donc ainsi qu'une tradition constante marque la succession des Évangiles ; et les témoignages exprès de tous les Pères viennent confirmer cette induction * .
Saint Matthieu est le puhlicain nommé aussi Lévi, fils d'Alphée, dont la vocation est racontée par rÉvangile^. Tous les Pères sont d'accord sur ce point, et ils ajoutent qu'il écrivit en hébreu pour l'usage des Juifs convertis : de telle sorte que le texte grec, le seul qui soit resté, n'est plus, selon eux, qu'une traduction dont l'auteur est demeuré inconnu.
Pour ce qui est de cette première destination du livre, elle semble ressortir du caractère même de sa composition : c'est un livre qui s'adresse d'abord aux Juifs , qui a été écrit dans le pays et pour ceux du pays. On n'y trouve aucune explication, ni des usages, comme en saint Marc, ni des lieux, comme en saint Luc. L'évangéUste parle à des hommes qui connaissaient et les lieux et les usages ; il parle à des hommes qui connaissent les Écritures : et l'objet de son livre parait être de leur montrer qu'elles ont eu leur accompUssement en Jésus-Christ ^ . Quant à la langue , rien
* Papîas, ap, Euseb. Hist, eccles. m, 39 ; Iren. Restes» m, 1 et Euseb. HisU eccles, v, 8 ; Clément d'Alexandrie, ap. Euseb. ibid, vi, 14 ; Origèner ap. Euseb. ihid. vi, 25; Eusèbe lui-môme, ibid. m, i4; saint Epiphaoe,. Eœres. li, 5-7 ; saint Jérôme, Comm. in Matth. praef. t. IV, P. i, p. 3. Si Origène, dans le passage cité qui comprend les quatre Évangiles,, allègue la tradition «bç év 7capa66<Tei (jia6â>v, ce n'est pas pour atténuer son propre témoignage, mais bien plutôt pour raffermir. Voy. Michaêlis,. II, IV, 5.
' Matth. IX, 9; Marc, ii, 14; Luc, t, 27. Voy. Lardner, suppl. k la II* partie, ch. v, t. V, p. 294.
* Hug, II, 2^; cf. Olshausen, ApostoU Evang. Matih. origo defen^ ditur. Erlangae, 1835 à 1836.
a. IT. — SAIHT MATTHIEU y SAINT MARC ET BAIKT LCC. 453
de plus naturel que TÉvangile ait été d'abord écrit pour les Juifs, comme il avait été d'abord prêché aux Juifs, selon la parole de Jésus-Christ : « Adressez-vous premièrement aux enfants d'Israël. » Tous les Pères, depuis les temps apostoliques, s'accordent à dire que saint Matthieu a écrit en hébreu * . C'est seulement dans les temps modernes, depuis Érasme, que les opinions se sont partagées sur ce point. Les catholiques, en général, sont demeurés dans l'opinion des Pères ; les protestants ont soutenu plus volontiers que l'original est le grec : mais pourtant, plusieurs défendent aussi le texte hébreu, comme Michaëlis, Eicfahom, etc., tandis que des catholiques se sont prononcés pour le texte grec, comme le docteur Hug^. Ainsi, la question est fort controversée, et elle a de l'importance ici, puisque plusieurs de nos arguments se fondent sur la comparaison des textes : il convient donc de la résumer en peu de mots.
Hug essaie de ramener les témoignages des Pères à une simple opinion , et il y oppose des raison^ prises de l'histoire et de la philologie. Il prétend d'abord que tous ces témoignages ne sont que l'écho du témoignage de Papias, et il attaque l'autorité de Papias d'après un texte d'Eusèbe qui le présente comme un homme simple et de petit esprit (wavù <r|i.ixpo(; tov vouv) ' . Hug ne se borne pas à attaquer les témoignages, il attaque les inductions historiques. Il prétend que saint Matthieu, s'adressant aux Hébreux, c'est en grec qu'il devait
* Yoy, les textes indiqués ci-dessus, et beaucoup d^autres énumérés par Michaëlis, II, iv, 4.
> Foy. Richard Simon, Hist. crit. du texte du N. T. ch. v, p. 47 et suiy.; Krabbe, Vorles. iibet' dM Leben /mii, p. 29 et suiv. Hamb. 1839.
* Ëuseb. Hist* eccles. v, 10.
154 PART. I. — authenugitê du texte.
écrire, s'il voulait être entendu du plus grand nombre; qu'on parlait le grec dans la plupart des villes de la Palestine, qu'on l'entendait au moins dans Jérusalem. Il n'est même pas fort éloigné de croire que le grec ait été la langue le plus généralement parlée par Notre- Seigneur Jésus-Christ * .
Ces raisons ne sont pas sans réplique : et d'abord, quant aux témoignages, c'est abuser d'une expression d'Eusèhe, que de refuser à Papias le degré d'intelligence nécessaire pour affirmer ce qui, de son temps, n'était pas une question d'érudition, mais un fait, à savoir que saint Matthieu avait écrit en hébreu ; et quand il eût fallu de l'érudition pour cela, Eusèbe ne donnerait pas le droit de le récuser, puisqu'il le dit fort instruit XoywâTaToç ^ . Il ne parle de sa faiblesse d'esprit, que parce que Papias croyait au règne de mille ans : et la science ne sauve pas toujours des faux systèmes. IVIais Papias n'est même point ici en cause : ce qu'il dit de saint Matthieu paraît être , comme ce qu'il dit de saint Marc , un emprunt qu'il fait lui-même au témoignage d'un disciple de Jésus-Christ, appelé le prêtre Jean. Cela ressort de la forme de la citation dans Eusèbe, bien qu'Eusèbe l'ait allégué expressément au sujet du second : « Voici, dit-il, ce que l'ancien (ou le prêtre) a dit : » il rapporte ce qui touche saint Marc et il ajoute : Voilà ce qui a été dit à Papias sur Marc ; et voici ce qui a été dit sur Matthieu : Matthieu a écrit les récits en
* Hug, II, 8-1 i. Vossius avait prétendu, avant lui, que le grec était la langue parlée li Jérusalem du temps de Jésus-Christ, et il avait été réfuté par Richard Simon, 1. 1. ch. vi, p. 56 et suiv.
' Euseb. ibid. et la note sur ce passage dans Tédition de Heinichen, Leips. 1827. Elle renvoie k une dissertation de Buslav, de Lingua of>gininUi Ev» sec. Mat^œum. Bratisl. 1826.
CH. IT. — 8AIKT HÀTIVlBn^ 8A»T MARC ET SAIKT LUC. 155
hébreu, etc. \ » Ce sont évidemment les deux parties d'un même morceau ; et cela résulte encore du texte même relatif à saint Marc. Quand le prêtre Jean dit de saint Marc « qu'il n'a pas présenté les actes et les paroles de Jésus-Christ dans leur ordre , » et quand il en donne la raison et l'excuse, en ajoutant : « En effet, il a été le disciple, non de Jésus-Christ, mais plus tard seu* lement de Pierre , qui donnait ses enseignements selon le besoin , et non pour faire un récit suivi de l'histoire du Sauveur : de telle sorte que Marc n'est pas à reprendre s'il rapporte les choses comme Pierre les racontait ; n'ayant eu d'autre souci que de ne rien omettre et de ne rien altérer des choses qu'il entendait ; » évidemment le vieux disciple compare son récit à celui d'un Évangile conçu dans un ordre différent, écrit par un disciple de Jésus-Christ lui-même, c'est-à-dire à saint Matthieu : il le faudrait sous-entendre, si on ne le trouvait nonuné plus bas, dans la suite du morceau ^. On a donc plus que le témoignage de Papias : et, nous le répétons, n'eût-on que le sien, on n'aurait pas le droit, parce qu'il avait la faiblesse de croire aux rêveries des millénaires, de le récuser comme incapable de redire ce que l'on disait , ce que l'on pouvait savoir de son temps. Mais ce témoignage n'est pas le seul, et Hug a tort de prétendre que tous les autres en dérivent. C'est ce qu'a prouvé de Wette, en signalant une tradition tout à fait indépendante , conservée par Eusèbe , tradition selon laquelle Panténus, étant allé dans l'Inde, y trouva, entre les mains des fidèles, l'Évangile hébrçu de saint Matthieu apporté par l'Âpôtre saint Barthé-
' Tavca |ièv. oCv (oTopt)Tai tÇ Ucadcf. icepl toO Mdpxou. HtçX Se toO Mai6aiou toAt' etpif)Tai, xtX. Ibid, et la note de Heinicheii. — > Ibid. 3.
lemy * . Quant à la langue parlée le plus communément en Palestine^ il est bien difficile de prétendre qu'au temps des Apôtres, lorsque les temple était debout, et la nationalité juive encore entière , le grec fût devenu assez prépondérant, pour rendre, en quelque sorte, superflue la rédaction d'un Évangile en hébreu. Pour s'adresser aux Juifs , pour leur montrer Taccomplissement des Écritures en Jésus-Christ, rien de plus convenable, assurément, que de leur parler dans la langue qui était celle de la religion comme du pays , des docteurs comme du peuple ^ .
Le texte hébreu a donc pour lui l'autorité des témoignages et des vraisemblances historiques. Mais après l'avoir établi , il faut reconnaître que les arguments en faveur du texte grec ne sont pas sans valeur. Si Hug va trop loin, en faisant presque du grec la langue commune de la Palestine, ce qu'il dit nommément de plusieurs villes de Syrie , de Phénicie , de Galilée et de Judée même, où l'on devait parler grec, est incontestable. On peut bien moins encore lui dénier cette nombreuse population juive qui, étabUe dans les villes de l'Asie, de la Grèce ou de l'Italie, ne devait point parler une autre langue que cette langue de la civilisation en Orient : aussi les partisans du texte hébreu sont-ils
1 Euseb. Hist. eccles. v, iO; de Wette, § 73, n» 6 et Krabbe, 1. 1. p. 29.
* Hug tire un argument du passage des Actes (xxii, 2) oii saint Paul haranguant la multitude des Juifs ameutés contre lui, il est dit qu*à ses premières paroles, « comme ils entendirent qu'il parlait hébreu, ils firent un plus grand silence. x> Us Tauraient donc entendu déjà, dit-il, s'il eût parlé grec. -^ Ils l'auraient écouté, mais il n'est pas sûr quils l'eussent entendu. S'ils voulaient savoir ce qu'il avait à dire, il fallait bien qu'ils se tussent, lors même qu'il eût parlé latin, aûn que le petit nombre de ceux qui l'auraient entendu pussent leur répéter son discours.
CB. IT. — fiAOrr MATTBIEU, SAIRT MARC ET SAUCT LtC. 157
loin de nier que rÉvangile ait dû être de fort bonne iieure traduit en grec. Je vais plus loin, et je dirai même qu'autant Hug paraît faible, quand il attaque le texte hébreu par des raisons tirées des faits externes, autant il parait fort quand il soutient le texte grec par des raisons prises du livre même. Oui , le texte liébreu a pour lui les témoignages et les vraisem* blances historiques ; mais le texte grec a en lui toutes les apparences d'un texte original : les passages de l'Ancien Testament, par exemple, ne sont point tirés des Septante , comme un traducteur grec l'eût fait , sms doute, mais librement traduit, et dans une forme qui s'adapte à la suite des idées * . Gomment lever de semblables contradictions , et lequel prendre de deux systèmes si opposés? J'oserai dire, avec quelques com* mentateurs , l'un et l'autre. Saint Matthieu aura écrit en hébreu, mais son Évangile a dû être immédiatement mis en grec, soit par lui-même, soit au moins par un autre, sous son inspiration ^ . Cela expliquerait comment on trouve dans la traduction les libres allures d'un original ; et, il faut bien le reconnaître, saint Matthieu voulant s'adresser à tous les Juifs, ne pouvait pas ne point leur écrire dans les deux langues. Ainsi l'Épîtreaux Hébreux aura été probablement écrite en hébreu par saint Paul aux Juifs de Palestine, et traduite en grec, sous ses yeux, pour l'usage de, tous les Juifs dispersés au dehors. Ainsi, dans le même temps, Josèphe, (il l'atteste lui-
* Hug, III, 13. Il cite particaUërement MaUh. xii, 19 ; cf. Isai. lu, 1 et sttW.; MatUi. xiii, 35; cf. Ps. Lxxvii, 2; Matth. viii, 7 ; cf. Is. lui, 4; Malth. XV, 9 ; cf. Is. xxix, 13.
' Telle paraît être Topinion deWhitby, Prœf. ad adnot, in IV Evang. p. XLV. Cf. Glaire, Introd. etc. V, i, l,t. V, p. 12S. Le yénérable abbé Garnier renseignait, me dit-on, de même k Saînt-Sulpice.
158 PART. I. -^ AUTHEimCltÉ DD TEXTE.
même), après avoir écrit en hébreu son histoire de la Guerre des Juifs, la traduisit en grec pour la faire connaître de tous les sujets de l'Empire * .
Le texte grec existant avec ce caractère d'autorité , on comprend mieux , pour l'Évangile comme pour l'Épître, comment l'original hébreu se sera perdu. Pour l'Évangile, il paraît même avoir subsisté longtemps encore, sous le nom d'Évangile selon les Hébreux , entre les mains des Nazaréens et des Ébionites , gardé par eux, mais négligé des fidèles qui , pour la plupart, ne l'entendaient plus : et l'on comprend que, dans ces conditions, il ait pu être bien facilement altéré par ces sectaires ^. Mais parmi ces altérations, on retrouvait encore le texte primitif. Aussi saint Jérôme avait-il jugé utile de le traduire ' ; et en deux circonstances, il y prend une leçon qui corrige le texte grec : Bethléhem de Juda et non de Judée ; et Zacharie fils de Joïada , au lieu de Zacharie fils de Barachie *•
Ainsi donc, saint Matthieu aura écrit son Évangile en hébreu , et il l'aura traduit ou fait traduire en grec ; c'est la seule manière de mettre d'accord les témoi-
* Jos. B, Jud. I, Proœm.
> Sur rÉyangile des Nazaréens et l'Évangile des Ébionites, voy. cidessus, p. 52 et la note ii k la fin de ce volume. -
^ Mattnseus... primus in Judsea propter eos qui ex circumcisione credideruDt, Eyangelium Cbristi hebratcis Utteris verbisque composuit : quod quisposteain grsecum transtulerit, non satis certum est. Porro Ipsum bebraicum habetur usque hodie in Gaesariensi bibliotheca, quam Pampbilus martyr studiosissime confecit. Mihi quoque a Na^arenis qui in Berœa, urbe Syriae, boc volumine^utuntur, describendi facultas fuit (CataL script, eccl. 3, t. IV, P. ii, p. 102). Quod vocatur a plerisque Matthaei autbenticum {Comm. in Mattn. xii, 13, t. IV, P. i, p. 47). In Evangelio... quo utuntur usque hodie Nazareni secundum Apostolos, sive, ut plerique autumant, secundum Matthaeum (adv, Pelag, m, 2, t. IV, P. ii» p. 533). Après ces textes, et plusieurs autres de saint Jérôme, que de Wetie a cités, conclure, comme il le fait sur un seul passage (m Maith, xxvii, 16), que le texte bébreu venait du grec, parait fort téméraire.
« Comm, in Matth. ii, 6, t. IV, P. i^ p. 9 et xxiii, 39, ibid. p. 113.
CH. lY.— SAIKT MATTHIEU, 8AIKT MARC ET SAOIT LUC. 159
gnages, les vraisemblances historiques et les raisons tirées du texte même. Ajoutons qu'Eusèbe, qui rapporte et reçoit la tradition constante selon laquelle saint Matthieu a écrit en hébreu , parle des endroits de TÉcriture traduits dans son Évangile, comme traduits par saint Matthieu lui-même * . Quant à l'époque où il a écrit 5 saint Irénée (pour ne prendre ici que les plus anciens témoignages) la fixe au temps où saint Pierre et saint Paul prêchaient à Rome ^ . Saint Paul ne vint pas à Rome avant Tan 61 ; mais la tradition y fait venir saint Pierre beaucoup plus tôt. Saint Irénée entend-il donner pour date à TÉvangile de saint Matthieu Fépoque précise où saint Pierre et saint Paul prêchaient ensemble à Rome, ou son indication doit-elle être prise dans un sens moins défini ? Toujours est-il que cette mention isolée devra subir le contrôle des textes et céder , s'il le faut , aux inductions tirées du livre même , et de ses rapports avec les autres Évangiles.
Le second Évangile est rapporté à saint Marc. C'est le personnage désigné dans les Actes par le nom de Jean surnommé Marc, dont la mère, à Jérusalem, réunissait les Apôtres dans sa maison (Act. xii, 12). 11 accompagna saint Paul et saint Bamabas dans leurs voyages, et se trouvait avec eux en Chypre {Act. xui, 5) ; mais arrivé en Pamphilie, il les quitta et revint à Jérusalem {Ibid. 13). Ce départ fut cause que saint Paul, dans un nouveau voyage, refusa de le prendre et se
xcxpYiTai eiucov * '£x(teuÇo(jLai xexpu[i|iiva, xrX. Euseb. Comm. inPs, Lxxvii; ap. HontfaucoD, Coll. nova Patr. grœc. t. I, p. 4/03, et la note xii à la un de ce volume.
' Iren. adv. Hœres. m, 1 : ToO nétpou xal toû HauXon iv •P(d(i.^ tvaY)fiXil^o|jiiv(iiv %ol\ OsjjLeXiouvrtov t9}v êxxXvjaîav.
i60 l»ART. I. — AUTHENTICITÉ DU TEXTE.
sépara de Barnabas qui le voulait garder {Ibid. xy , 37-41) ;|car Barnabas était son cousin {Cohs. iv, 10). Nous avons signalé ce rapport qui confond en un seul le Jean^Marc des Actes et le Marc des Épitres. Dès ce moment en effet son nom de Jean s'efface , il n'a plus que celui de Marc \ nom romain qu'il prit, peut-être, comme saint Paul lui-même, quand il commença à parcourir les pays de la Gentilité ; et du reste ces doubles noms sont communs chez les Juifs de ce temps - là : ainsi Lebbée s'appelle aussi Thaddée , Joseph est le même que Caïphe, etc. ^. Après avoir suivi Barnabas en Chypre pour la deuxième fois , saint Marc s'attacha à saint Pierre. Il était dans sa compagnie et lui tenait lieu de secrétaire, dit- on, quand saint Pierre écrivait sa première lettre aux Églises de Pont , de Bythinie , de Galatie et de Cappadoce'. Du reste, on le retrouve encore avec saint Paul : il est près de lui dans sa première captivité {Colos. iv, 10 ; Philém. 24) ; et dans son dernier emprisonnement, l'Apôtre, n'ayant que saint Luc pour l'assister, exprime à Timothée le désir que Marc vienne avec lui le rejoindre (//Tm.iv, il) *.
A part toute question d'inspiration , on voit que si saint Marc était trop jeune pour avoir entendu Jésus- Christ même , au moins a-t-il vécu dès son enfance parmi les disciples du Sauveur. La maison de sa mère est un des lieux où ils se réunissaient; et lui-même,
* Marc était son nom le plus ordinaire, comme on le voit dans les Actes mêmes (xv, 39).
' Mattk. X, 3 ; Jos. Ant. XVIII, ii, 2 et Hug. II, 13.
^ I Pet. V, 13 : Salutat tos... et Marcus filius meu»^(tbt(i. 12).
* S'il s'agit, il est vrai, de saint Marc dans ce passage, on ne peut plus admettre qu'il soit mort U Alexandrie, Tan 8 de Néron (Hieron. CcU. scripU eccLS),
CB. IT. — SAIHT MATTHIEU > SAINT MARC ET SAINT LUC. iOl
instruit peut-être, dès son plus jeune âge, par le Prince des Apôtres , est tour à tour avec saint Paul et avec saint Pierre. C'est surtout à saint Pierre que le rattaqhe la tradition ; et ce fut près de lui qu'il écrivit son Evangile. Tous les témoignages sont d'accord sur ce point. En tête, il faut placer le témoignage du prêtre /ean, disciple du Sauveur, qui, de Papias, a passé dans Eusèbe* : nous l'avons cité à propos de saint Matthieu; caries deux choses se lient . Saint Irénée répèteque « Marc, disciple et interprète de Pierre , mit par écrit et publia ce que Pierre avait annoncé ^. » Clément d'Alexandrie ajoute certaines particularités qu'il prétend avoir reçues des anciens . Il raconte que Pierre prêchant à Rome publiquement et annonçant, par l'inspiration du Saint-Esprit, l'Évangile, les fidèles en grand nombre prièrent Marc, comme ayant été depuis longtemps son disciple et se rappelant ce qu'il avait dit , de le mettre par écrit ; ce que Pierre ayant su, il n'y apporta ni obstacle ni encouragement. 11 avance ailleurs que Pierre se réjouit de leur zèle, et qu'il confirma l'écrit pour l'adresser aux Églises' . Origène dit plus brièvement que Marc l'écrivit comme Pierre le raconta * ; TertuUien, que son Évangile est attribué à Pierre, dont il était l'interprète ^ ; et saint Jérôme, qu'il fut raconté par Pierre et écrit par Marc *. C'est même sous le nom de Mémoires de saint Pierre j on Ta vu, que saint Justin martyr paraît nommer l'Évan-
' Papias, ap, Ëuseb. Hist. eccles, m, 39.
' Iren. c. Hœres, m, 1 et Euseb. Hist, eccks. v, 8.
' Ap. Euseb. Hist, eccles, vi, 14 et ii, 15. — * Ibid. vi, 25.
^ Marcus quod edidit Ëvangelium Pétri affirmatur, cujus interpres Marcus. (Tertuli. adv. Marc, iv, 5.)
* Beatus Petrus Marcum (interpretem babuit) cujus Ëvangelium, Petro DarraDte, et illo scribente, compositum est. (Hieron. ad Hedib. § U, t. IV, P. I, p. 182.)
gile de saint Marc , en rapportant une chose qui ne se trouve que dans cet Évangile * . C'est à Rome que tous s'accordent encore à le faire rédiger ^ . Quant à Tépoque, les témoignages varient : saint Irénée en marque le temps après le départ (e^o^ov) de saint Pierre et de saint Paul ^ : et ce mot est employé-par saint Pierre luimême (II, I, 14, 15), comme exprimant sa mort. Saint Justin rapporte une tradition qui fait venir Simon le magicien à Rome au temps de Claude, tradition à laquelle s'en rattacha une autre sur la rencontre où l'imposteur fut confondu par saint Pierre ; et quoi qu'il en soit de l'incident, c'est peut-être pendant un premier séjour de saint Pierre à Rome vers ce temps-là, que saint Marc aura écrit son Évangile *. A cet égard, avant de se prononcer, il faudra tenir compte des relations dans lesquelles il se trouve avec saint Matthieu et avec saint Luc. Ce qui résulte jusqu'à présent de ces données, c'est que saint Marc, postérieurement à saint Matthieu, écrivit son Évangile à Rome, d'après les enseignements de saint Pierre. Tout répond à cette double conjecture. L'Évangile est écrit en vue d'un peuple étranger aux institutions juives; il est écrit parmi les Romains et pour des Romains. Aussi l'Évangéliste explique-t-il sommairement les usages des Juifs dont il parle ^ , en même temps qu'il emprunte à la langue des Romains des ex-
* Le surnom de Boanergès donné aux deux fils de Zébédée , Marc, III, 17 ; cf. Justin. DiaL c. Tryph. g 100.
' Clem. Alex. ap. Euseb. Hist, eccles. ii, 15; Epîpfa. Hceres» t.ï, 6; Hierou. Comm, in Matth. praef. t. IV, P. i, p. 1. — * Iren. !. 1.
* Just. ApoL I, 26, p. 59 B ; Euseb. Hist. eccles. ii, 14. Eusèbe, dans sa Chronique, place Tarrivée de saint Pierre à Rome Tan 3 de Caligula (39); toutefois on le retrouve encore en Tan 50, et même plus tard, en PalesUne> d*après les Actes (xv, 7) et TÉpltre aux Galates (ii, 1, 9 et 11).
^ Les mains souillées (communt&us) , c*est-k-dire non lavées (xi, 2); Corban^ c'est-k-dire don {ibid, 11) ; la Parcucévé (xv, 42).
CH. IV, — SAINT MATTHIEU, SAlTfT MARC ET SAINT LUC. 168
pressions qu'il n- explique même pas * . Quant à l'influence de saint Pierre dans cet Évangile, on l'a voulu contester, en prétendant qu'on y trouve plutôt celle de saint Matthieu. Il est vrai que le premier Évangile est comme le fond de l'Évangile de saint Marc. Mais il y a, entre les deux écrits, des différences qui ont une grande signification dans la question présente. Ainsi, les circonstances qui touchent saint Pierre sont rapportées avec plils de précision dans le détail : Jésus allant guérir la belle-mère de saint Pierre (i, 30) , le figuier desséché (ix, 13 et 20), le reniement de saint Pierre (xiv, 66-72) ; et d'autre part, certains endroits où l'Apôtre était particulièrement élevé sont passés sous silence : par exemple, la scène fameuse où Jésus l'établit comme le fondement de son Église^. Saint Mare l'aurait-il jamais omise, s'il s'était borné à copier saint Matthieu? D'ailleurs saint Marc, que Bossuet appelle le plus divin des abréviateurs, n'est pas un abréviateur seulement ; il modifie l'ordre de saint Matthieu ^. Le prêtre Jean en voit la cause dans la forme des enseignements de saint Pierre : mais saint Marc a pris évidemment pour base l'Évangile de saint Matthieu ; et dès lors les enseignements de saint Pierre n'ont pu servir qu'à lui faire modifier sciemment l'ordre de cet Evangile. Or, on s'explique bien que saint Matthieu n'ait pas suivi rigoureusement l'ordre historique, sur-
' KevxvpCwv, centurion (xv, 38) : (Josèphe se sert, en pareil cas, du mot grec éxarovTapxoç) ; tnrexouXàTcop, speculator ou êpiculcUor, garde ou exécuteur (vi, 27) ; la monnaie juive appelée Xeirrov, que Josèphe apprécie en monnaie grecque, est évaluée par saint Marc, en monnaie romaine, kqiMdrans (xii, 42). Voy. Hug, ii, 15et.Tholucl(, p. 270.
' Matth. XVI, 13, 20 ; cf. Marc, viii, 27-30.
^ Nous le verrons plus loin en comparant ensemble les trois premier! Êvangétistes.
164 PART. 1. — AVTHENTICltÉ DU TEXTE.
tout avec Tobjet qu'il se proposait dans son Évangile ; on s'expliquerait moins pourquoi, cet ordre ayant été suivi par saint Matthieu, saint Marc y aurait dérogé. Sur ce point, le témoignage du prêtre Jean, si grave qu'il soit, n'étant qu'une opinion, semble devoir le céder aux inductions tirées de l'examen attentif et de la comparaison des deux Évangiles. Mais saint Marc fait plus que de changer l'ordre de l'histoire ; il ajoute des particularités au récit des événements, des traits à la peinture des personnages. On peut citer, par exemple, la guérison du lépreux * , celle du paralytique descendu par le toit aux pieds de Jésus ^ ; la tempête ' , le démoniaque du pays des Géraséniens (Gadaréniens) * ; la femme malade d'un flux de sang^ ; Hérodiade et la mort de saint Jean-Baptiste ®, etc. Aussi, ne pouvant abaisser saint Marc au rang de copiste, le docteur Strauss est-il réduit à l'accuser de renchérir sur son prédécesseur. L'accusation n'^ pas plus de fondement : en plusieurs circonstances, les détails ajoutés affaibliraient plutôt, s'il était possible, l'éclat du miracle : c'est ce qu'on a fait voir dans la guérison du sourdmuet (vu, 22) et dans celle de l'aveugle (viii, 22) ^. Les faits ne sont pas grossis : ils sont retracés plus nettement, et les personnages plus clairement désignés. Ainsi Jaïr, que saint Matthieu appelle un chef (ix, 18)) est nommé par saint Marc l'un des chefs de synagogue (v, 2). La femme cKananéenne du premier (xv, 22) est dite, par saint Marc, une Grecque Syrophénicienne
< Mare, 1,40-45; cf. Malth. VIII, 2-5.— > Marc, ii, 2-12; cf. Maltb. ix, â-8. » Marc, IV, 36-40 ; cf. Matlh. viii, 23-28.
* Marc, V, i-iO ; cf. Mallli. viii, 28-34.
* Marc, V, 24-34 ; cf. Matlh. ix, 20-22.
Marc, VI, 14-30; cf. Mallh. xiv, 1-12. — ' Tholuck, p. 272.
CH. IT. — SAINT MATTHIEV, SAtlIT MARC F.T 8A«T LUC. 165
d'origine (vu, 26).Barabbas, que saint Matthieu donne comme un prisonnier fameux (xxvii, 16), avait, selon saint Marc , commis un meurtre dans une sédition (xv, 7) *. Joseph d'Arimathie, homme riche, selon saint Matthieu (xxvii, 57), était, selon saint Marc (xv, 43), un membre important du conseil. Simon le Cyrénéen, que saint Matthieu se borne à nommer, était, au rapport de saint Marc (xv, 43, 45), père d'Alexandre et de Rufus ; circonstance que TÉvangéliste avait peutêtre apprise de ce dernier, étant à Rome : car saint Paul le nomme parmi les fidèles qu'il salue dans son Epître aux Romains (xvi, 13). Hug, à qui nous empruntons ces observations, a remarqué avec justesse que, quand il arrive à saint Marc d'ajouter ou de changer quelque chose à saint Matthieu, il signale indirectement son auteur, en faisant paraître saint Pierre, comme un témoin, dans le récit. C'est ce qu'on voit quand il transporte la guérison du lépreux après celle de la belle-mère de Pierre (i, 36), ou encore dans l'histoire du figuier desséché (xi, 21) : et du reste, saint Pierre est encore nommé en divers autres passages où il n'y a ni changement ni addition au récit, comme on le pouvait attendre du caractère de ses rapports avec rÉvangéliste ^. Quant à la langue, elle est, comme celle de saint Matthieu, d'un Juif qui se sert d'un idiome étranger. Avec des mots latins qui semblent témoigner du milieu où l'auteur écrit, elle renferme les plus durs hébraïsmes ^ : grave défaut au point de
* Yoy. Micbaêlis, H, y, 3 et Tholuck, p. 27!i.
^ Voy, par exemple, Marc, v, 37 ; xiii, 3 et xvi, 7. Saint Pierre n^est pas nommé dans les passages correspondants de saint Matthieu, ix, 25 ; XXIV, i; xxviii, 7; cf. Hug, U, 28.
' MichaëHs, H, v. On n*a pas besoin de réfuter Tétrange opinion que
<i66 PART. I. — AUTHENTICITÉ DU TEXTE.
vue de la forme littéraire ; mais c'est, comme on Ta dit à Toccasion de saint Paul, une marque d'origine où Ton ne peut méconnaître la main de l'homme à qui le livre est rapporté.
Le caractère de Fauteur est plus visible encore dans saint Luc. Nous savons par les Actes ce qu'il est, et le prologue qu'il a mis en tête de son Évangile (à la manière des Grecs bien plus que des Juifs) nous dit pourquoi il a écrit et à qui il écrit : « Comme plusieurs ont entrepris de composer le récit des choses qui se sont accomplies parmi nous, selon que nous les ont transmises ceux qui, dès le commencement, les ont vues eux-mêmes, et qui ont été les ministres de la parole, j'ai eu moi-même aussi la pensée, après avoir suivi exactement toutes ces choses depuis leur origine, de vous les raconter par ordre, très-excellent Théophile, afin que vous reconnaissiez la vérité de ce qui vous a été enseigné \ » Ce prologue montre tout le Boin qu'il a pris de s'instruire : car l'inspiration divine ne l'a point dispensé de recourir aux moyens d'information laissés aux hommes. « Dieu, dit Bossuet, a toujours gardé cet ordre admirable de faire écrire les choses dans le temps qu'elles étaient arrivées et que la mémoire en était récente ^ . » Il a voulu que les livres inspirés par lui-même, offrissent tout d'abord à la foi les garanties qu'on demande aux témoignages . de l'histoire; et puisque saint Luc produit ces titres à l'appui de son Évangile, on a le droit de les faire
saint Marc a écrit en latin, opinion trop légèrement accueillie par Baronius.. Voy. Ricb. Simon, 1. 1. ch. xii, p. 111 et suiv.
* Voyez la note xni à la fin de ce volume. ' * Bossuet, Disc, sur Vkist. univsrs, II, xxvii.
CH. IT. — SAINT MATTHIEU > SAlHT MARC ET 8A17IT LUC. i67
valoir pour répondre à ses contradicteurs. Saint Luc
n'est pas un Juif qu'on pourrait dire plus ou moins
imbu des préjugés de sa race. C'est un incirconcis,
Grec par l'éducation, sinon par l'origine, venu sans
doute,. en toute connaissance de cause, à la foi, et qui
aborde l'histoire évangélique, après avoir examiné les
faits, recueilli les témoignages, avec l'intention déclarée
de mettre en lumière la vérité : le récit de& Actes nous
a prouvé déjà s'il sait appliquer les règles dont il. a si
bien le sentiment. Son Évangile, dès les temps les
plus anciens, était rattaché à l'enseignement de saint
Paul, comme celui de saint Marc à l'enseignement de
saint Pierre : c'est ce qu'attestent saint Irénée et Ter-
tullien * ; et Origène croyait même que saint Paul en
parlait dans les endroits où il dit : Selon mon Évangile ^ .
Mais avec saint Paul, dont il était le compagnon, saint
Luc avait eu l'occasion de voir les autres Apôtres :
on avait donc le droit de rapporter ses informations,
non-seulement à saint Paul, mais à ceux qui avaient
vécu avec Jésus-Christ ^ ; et c'est ce qu'il affirmait
lui-même dans le passage que nous avons cité : « Comme
plusieurs ont entrepris de mettre en ordre le récit
des choses qui se scmt accomplies parmi nous, selon
' Kal Aouxôt; 8à, ô àxoXouOo; nauXou, xà Ott' êxetvou xYiputraotievov èuaY')fé- ^tov èv pi6XCc]> xaTéOeTo (Iren. m, 1 ; cf. Ëuseb. Hist. eccles» v, 8). Luc» ' Digestum Paulo adscribere soient (TertuU. adv, Marc, iv, 5).
' Secundam EvangeUum meum. {Rom. ii, 16 et H Tim. ii, 8.) Kai Tpttàv TÔ xarà Aovixâv, xà vtco UaùXcu éicaiv6(ievov èuaytéXiov. Origan. ap. Easeb. HisL eccks, vi, 25 ; c*est ce que fait aussi Ëusèbe, ibid, m, 4.
^ Quidam suf4)icantur quotiescumque in Epistolis suis Paulus dicit : Juxta EvangeUum meum, de Lucae significare volumine, et Lucam non solum al^ Apostolo Paulo didicisse EvangeUum, qui cum Domino in carne non fuerat, sed et a caeteris Aposlolis. (Hieron. Catal. script, KcUs, 7.)
que nous les ont rapportée» ceux qui, dès l'origine, ont vu par eux-mêmes et ont été les ministres de la parole, etc. (Luc, i, 1, 2). » Comme saint Matthieu, il donne renseignement de Jésus-Christ dans tous ses développements. Comme saint Marc, il s'applique à présenter les faits dans leur suite, et avec les détails qui leur sont propres. Aussi , tout en donnant les enseignements contenus en saint Matthieu, il lui arrive de les diviser pour les rapporter à des occasions différentes ; tout en racontant les mêmes faits, il les présente dans Tordre de saint Marc, quand saint Marc change, en quelque point. Tordre de saint Matthieu. Mais indépendamment de ces parties communes, il en a d'autres qui lui sont propres : le récit développé de Tavénement du précurseur, de la Nativité et de la sainte Enfance (i, n); la veuve deNaïm (vu, 11); les saintes femmes qui suivent le Sauveur (viii, 2) ; la leçon de clémence donnée à Jacques et à Jean, qui veulent invoquer le feu du ciel contre les Samaritains (ix, 54) ; les soixante-dix disciples (xn) ; la cruauté de Pilate envers les Galiléens (xm, 2) ; les dix lépreux (xvii, 12); Thomme qui prend Jésus pour arbitre (xii, 13); la femme qui dit sa mère bienheureuse (xi, 27) ; Marthe et Marie (x, 38) ; Zachée (xix, 3). Ajoutez différents autres traits dans l'histoire de la Passion et de la Résurrection : Jésus devant Hérode (xxiii, 8) ; le récit des disciples d'Enjimaus (xxiv, 13 et suiv.) et un très-grand nombre de paraboles * . Quant au style de saint Luc, il est plus pur que celui des deux autres, comme on le pouvait attendre de l'éducation que suppose son
> Vay. Hug, H, 39-45; Tholuck, p. 221.