‹ De la croyance due à l'EvangileChapitre 38 sur 66 · CH. VI. — INTÉGRITÉ DU TEITB · texte numérisé non relu

CH. VI. — INTÉGRITÉ DU TEITB

et 4), la femme adultère (vni, 1-12), Tattestation que Tauteur de rÉ\angile est saint Jean (xxi, 24 et 25) ; quelques-uns même rejettent le xxi* chapitre tout entier* . Voyons d'abord les deux premiers chapitres de saint Matthieu. On allègue que certains manuscrits ne les donnent pas, et que plusieurs Pères ne les ont pas connus. Pour les manuscrits, l'omission paraît n'être qu'une perte des premiers feuillets. L'examen le plus attentif permet de nier qu'aucun d'eux ait son véritable commencement au troisième chapitre ; et pour le manuscrit harléien qui porte, devant le troisième chapitre , les mots : Genealogia hue usque; indpit Evan-* gelium^ il est établi que cette mention est, non du premier copiste, mais d'une main postérieure^. Quant aux Pères, il est possible, comme le ditHug, que saint Ignace, par exemple, ait parlé de l'étoile des Mages^, non pas d'après l'Évangile, mais d'après une simple tradition dont il est facile de se figurer l'existence, indépendamment du texte sacré. Mais saint Justin se sert évidemment des deux premiers chapitres de saint Matthieu dans son Dialogue avec Tryphon; et nonseulement il donne le même récit que saint Matthieu , mais il reproduit les passages de l'Ancien Testament cités par l'Evangéliste, dans les mêmes termes que l'Évangéliste. Or, saint Justin suit toujours les Septante. Si donc il doilne ici une traduction qui n'est qu'en saint Matthieu, c'est qu'il se sert de saint Mat-

* Norton, I, i, p. 25-dO et surtout note Â, g 5. p. lvi.

' Voy. Norton, note A, § 5, n* 1, p. lvi; et en réponse, Hug, II, g 73, n<> 6. Notre manuscrit palimpseste de saint Éphrem, Fun des plus anciens et des plus purs, joint ces deux premiers chapitres au troisième, sans aucune marque de distinction, fol. 106 et 107.

* Ad Ephes, 19; ap. Patr. apost.i. II, p. 168; Hug, II, 74, n«6.

thieu * . La raison est sans réplique , et dispense de rappeler que saint Irénée et TertuUien citent les deux chapitres^. Mais les païens eux-mêmes les ont cités. Celse parlait de deux évangiles renfermant des généalogies (Saint Matthieu, i, et saint Luc, m) ^ ; et si l'hérétique Tatien omettait la généalogie de saint Matthieu dans son Diatessaron^ c'était par la même raison qui lui faisait retrancher celle de saint Luc : il répudiait la génération humaine de Jé^us-Christ^. Mais les systèmes doivent s'accommoder aux textes, et non les textes aux systèmes. Et vraiment, quand on considère l'objet de l'Évangile de saint Matthieu, on ne comprend pas qu'on ait jamais eu l'idée de lui contester ce commencement. Saint Matthieu, voulant donner aux Juifs la preuve que Jésus était le Messie , aurait-il négligé de leur en montrer le signe principal dans Jésus, fils de David, naissant à Bethléhem? Ajoutons en même temps, que si, par hasard, il ne l'eût pas fait, personne, l'Évangile de saint Luc étant publié, n'aurait jamais eu ni la pensée ni le moyen de le faire. Comment en effet, une, généalogie étant donnée déjà, un faussaire eût-il osé en donner une autre qui , à la première vue, en diffère autant? et s'il l'avait osé, comment jamais l'aurait-il fait accepter? Cette différence des deux généalogies sur laquelle nous aurons à revenir, embarrassait déjà l'antiquité. Dès avant le ni' siècle, on cherchait à les mettre d'accord, et Jules l'Africain taxait d'erreur les tentatives de ses prédéces-

1 Comparez Matlh. ii, 6 et iusi, Apol. i, 34, p. 165; DiaLc. Tryph. 78, p. 175; Hug, ibid. Le plus ancien historien ecclésiastique, Hi^gè* sippe, parait faire aussi allusion à saint Matthieu, ii, 3, op. Euseb. HisL eccles. III, 30. — > Iren. c. Hceres, m, 9, g 2; Tertull. c. Mare, v, 9.

> Orig. c. Cels. ii, 3à et i, 40, S8, 66. -- « Voy. Hug, 11, 74, n* 6.

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