‹ De la croyance due à l'EvangileChapitre 5 sur 66 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

TÉMOIGNAGES RENDUS AUX ÉVAIVGILES^ DANS LES TROIS PREMIERS SIÈCLES DE NOTRE ÉRE^ PAR LES PÈRES DE l'ÉGLISE , LES HÉRÉTIQUES ET LES PAÏENS.

L'authenticité des livres du Nouveau Testament, et, pour limiter notre champ, celle des Évangiles, se prouve d'abord par toute une chaîne de témoignages qui remonte aux temps apostoliques. Cette preuve, largement donnée par le docteur Lardner dans un ouvrage qui domine toute cette discussion (Vredibility of the Gospeljj n'a pas empêché de se produire les attaques dont nous avons parlé , et elle est en médiocre estime auprès des hommes qui font profession de ne s'attacher qu'au fond des choses. Mais elle y va plus qu'ils ne le semblent croire, comme l'a montré le docteur Norton qui l'a reprise de Lardner. C'est ce que nous voulons faire voir nous-mème par un exposé rapide où, sur plus d'un point, nous n'aurons qu'à reproduire les prin-

cipaux textes allégués par ces deux auteurs et les argu» ments qu'ils en ont tirés * .

Après les livres du Nouveau Testament, viennent, dans Tordre des temps, un certain nombre d'écrits rapportés aux disciples des Apôtres. Tels sont Tépître de saint Barnabas, le Pasteur d'Hermas, les deux épîtres de saint Clément de Rome aux Corinthiens, les sept épîtres de saint Ignace, l'épître de saint Poly carpe ^. Mais si Ton doute des premiers, comment accepteraiton plus facilement les autres ? Les preuves tirées de cette source, on le devine, auront besoin d'être prouvées, elles-mêmes : et en effet, plusieurs de ces écrits ont été rejetés. Est-ce à tort ou à raison ? H importe de l'examiner sommairement avant d'en faire usage.

L'épître de saint Barnabas est fort souvent citée par Clément d'Alexandrie ; et il n'a aucun doute surla personne de l'auteur : il l'appelle « l'apôtre Barnabas ; témoin apostolique ; un des soixante-dix disciples de Jésus-Christ, et le compagnon de saint Paul dans le ministère des Gentils *. » Origène le cite, mais sans lui donner aucune qualité * ; et rien du reste ne prouve que ni l'un ni l'autre ait reconnu à son épître le carac- ' tère des livres inspirés. Au iv* siècle, elle était exprèsséînent rejetée du nombre des livres canoniques. Eusèbe la nomme tantôt en fort bonne compagnie avec des.

* Lardner, Credib. of the Gospel, part, ii, t. H à VIII, de l'édit. en 10 vol. (1838) ; Norton, The Evidences of the Genuineness of the Gospel (2e édit., Cambridge, 1846).

' SS. Patrum qui teinp. aposU floruerunt opéra, édit. Cotelier. 3 Clem. Alex. iStrom. u, 6 et 7, p. 161 (Sylburg) ; 30, p. 176 :v, 10, p. 246.

♦ « Il est écrit dans la lettre catholiqmB de Barnabas, etc. » (c. Cete., i, 63, t. I, p. 378 B, édit. De la Rue, de la Congr. de S. Maur, Paris, 1633). «'Barnabas dit dans sa lettre, etc. » [de Princip, m, 4, 1. 1, p. 140 E).

CH. I. «^TiVOIGnAGES DES PRCMIfelia blÈCLES. 19

ËTTes dont plusieurs doutaient encore et qui ont été définitiyement maintenus au canon, comme la Sagesse, FEcdésiastique , TÉpître aux Hébreux, l'Épître de saint Jude ; tantôt parmi d'autres livres qui en sont demeurés exclus, comme les Actes de saint Paul, le Pasteur d'Hermas et la Révélation de saint Pierre * ; et saint Jérôme, qui la croit de Barnabas, constate ea même temps qu'elle était toujours au rang des apocryphes ^. Mais l'eût-on mise au rang des apocryphes, si elle avait été vraiment de saint Barnabas? Les mêmes raisons qui ont fait nier son inspiration, peuvent faire douter d'une pareille origine : et en effet, parmi diverses explications qui justifient l'estime dont elle jouit auprès de saint Jérôme, on trouve des subtiKtés qui semblent peu dignes d'un si grand nom * ; car ce Barnabas, auquel on l'attribue, tient une des premières places dans l'histoire des Actes des Apôtres. C'est lui qui présenta saint Paul aux Apôtres après sa conversion, et plus tard à l'Église naissante d'Antioche ; qui lui fut associé et pour soutenir au concile de Jérusalem l'abrogation des cérémonies de Tancienne Loi, et pour porter l'Évangile parmi les nations : introducteur du grand Apôtre, puis compagnon de ses travaux jusqu'au jour où la Providence les séparant pour étendre leur action en plus de lieux, Barnabas prit pour second Jean, surnommé Marc, l'auteur

' Euseb. Hisi, eccles. vi, 13 et li; m, 25.

' «Barnabas de Chypre, qui est le Lévite Joseph (cf. A et. iv, 36, 37), établi Apôtre des nations avec Paul, a fait, pour l'édification de rÉglisc,une lettre qui est rangée parmi les écrits apocryphes, quœ inter apocryphas tonpiurox legiiur.T» (Hieron. Catal. script, eccl, ou de Viris illustr.e, t. IV, 9.u,p.l04: éd.desBénéd.); cf. Comm. inEzech. xliii, 19, t. ni,p.l019.

' Voy, principalement le § 9.

de rÉyangile * . L'épître peut donc bien n'être pas de lui ; mais elle est ancienne : les citations et Terreur même de Clément d'Alexandrie le prouvent. Postérieure à la ruine de Jérusalem,- elle est écrite dans l'intention de profiter de cet enseignement pour appeler les Juifs à la véritable intelligence de leurs prophéties ^ ; et l'on ne peut guère la placer après l'époque où saint Justin écrivait, dans la même pensée, son Dialogue avec Tryphon'.

Le Pasteur d'Hermas a obtenu dans les premiers siècles de l'Église , surtout parmi les Alexandrins, la plus grande autorité. Saint Irénée l'invoque comme l'Écriture: a L'Écriture, dit-il, a donc justement prononcé cette sentence : Avant tout, je crois qu'il y a un seul Dieu qui a établi et consommé toute chose, etc. * . » C'est un passage du deuxième livre du Pasteur. Clément d'Alexandrie parle en termes exprès de son inspiration ^ : C'est « le Pasteur, l'Ange de la Pénitence » qui se manifeste au pieux auteur ; et plusieurs fois, quand il le cite, il rapporte son témoignage « à la force qui lui parle divinement par révélation *. » Origène , dans son commentaire sur l'Épître aux Romains (xvi, 14), où un Hermas est nommé parmi ceux que l'Apôtre salue, exprime l'opinion que c'est l'auteur

* Voy. sur Barnabas, Act. Àpost, iv, 36 et 37; ix, 27; les chapitres XI 11 XV, notamment xi, 22-30; xii, 25; xiii, 1 et suiv.; xiv, 11; XV, 37, 39. — ^ Barn. Ep. § 16.

' Voy. Norton , qui la croit du temps d'Antonin le Pieux. Addit, not. F, 8 5, p. ccL et suiv.

^ Bene ergo pronuntiavit Scriptura qux : « Primo omnium crede, etc.» . {P(uL mand. 1) Iren. c. Hœres. iv, 37.

* Clem. Alex. Strom. i, 17, p. 134 (édit. Sylb.).

* 6e(a>c Toivuv Vj SuvajJLi; ifj Ttji 'Epji.^ iiexà ànonéhi^iw XoXoOov [Strom, 1, 20, p. 154; cf. II, 1, p. 155; vu, 15, p. 288.) — Il le cite simplement en beaucoup d'autres endroits.

CH. I. — TiMOIGNAGIS DBS PHEWEl» 91ÉCLK9. 21

du livre dont il s'agit, ajoutant que ce livre lui parait utile, et, à ce qu'il croit, divinement inspiré * . Il Tin- Toque ailleurs comme ayant l'autorité des Écritures ' ; il Tallègue à ceux qui rejetteraient un autre livre comme apocryphe ' , et en faveur de sa doctrine touchant les anges *. Toutefois en d'autres passages il reconnaît que le livre est méprisé de plusieurs ' ; il en paraît douter lui-même * , et y renvoie sans témoigner qu'il y attache grande importance '. TertuUien se range parmi ceux qui, au témoignage d'Origène, méprisaient le Pasteur. Les pieuses rêveries du doux Hermas convenaient peu à son humeur austère. Catholique, il gourmande ceux qui veulent tirer d'un exemple d'Hermas la coutume de s'asseoir pour faire la prière * ; hérétique, il n'a point assez d'injures contre un Kvre dont l'auteur se donne pour un pécheur repentant : il l'appelle le « Pasteur des débauchés • ; » c'est « un livre qui n'aime que les libertins , » et dont on pourrait appuyer, il le confesse, la doctrine de la réhabilitation par la pénitence, s'il avait place parmi les livres divins, s'il n'était jugé faux et apocryphe par l'assemblée

' Qu£ scriptura mihi valde utilis videtur et, ut puto, divinitiis inspi* rata. (Explan, in Epist. ad Rom. xvi, 14, t. IV, p. 083, col. 2.)

' Ut autem ex Scripturarum auctoritate hoc itasehaberedoceamas... licite alors les Machabées, puis le Uvre du Pasteur. (De Princip. H, i, S S, 1. 1, p. 79, col. 1 A ; cf. Comm. in Joan. 1. 1, S iS, 0pp. t. IV, p. 19 G.)

^ Eomil. xxxY in Lucam, t. III, p. 973, col. 3 BG.

♦ Hom. in Ps. xxxvii, t. II , p. 681, col. 2 DE ; cf. de Princip. m, 4, 1 1, p. 140, col. 2 DE.

' *ric6 Tivbiv xaTai9{}ovou{tév(t>, (ibid., IV, 2, 1. 1, p. 108.)

' In libello Pastoris : si cui tamen scriptura illa recipienda yidetur. [Bom. VIII in Num. t. II, p. 294, col. 2 B.)

' HomiL XIII in Ezech. t. III, p. 404, col. 1 F. Si cui placeat etiam libnim illum légère. (In Matth, comm, t. III, p. 272, col. 2 A.)

' De Orat. 12.

* lUo apocrypho pastore mœchonim. {De Pudtcttta, 20.)

22 PART. I. -^ ÂJOTOSimifilTt WJ TEXTE.

de toutes le» Églises : « liyre corrompu , digne de pa^ tronner ses pareils , etc. \ » Le livre était donc généralement rejeté dès lors, s'il faut l'en croire : mais il n'était pas aussi universellement méprisé ; et Ton peut voir, par les passages cités plus haut, toute l'autoriitér qu'il avait dans le temps même et dans le pays de Ter* tuUien, puisque la manière dont Hermas avait dit qu'il avait un jour prié Dieu , était regardée par plusieiurs comme la règle à suivre dans la prière.

Le débat sur le livre d'Hermas durait encore au temps d'Ëusèbe. Il était rejeté par les uns^ déclaré par le,8 autres « très-nécessaire à ceux qui veulent s'initier à. la doctrine chrétienne; » il était même lu publiquement dans les églises ^ : mais cela n'impliquait pas. qu'on reconnût son inspiration. Eusèbe l'exclut formellement du canon ^ , et saint Athanase n'essaie pas de l'y faire entrer. Que si, dans un passage, il en tire^ comme de Moïse , ime leçon de l'enseignement divin *, s'il s'en appuie comme d'une autorité '^^ il se borne à le laisser (avec le livre de la Sagesse, il est vrai) parmi ces livres dont les Pères ont prescrit la lecture aux fidèles qui se veulent former à la piété *. Le livre d'Hermas continua de jouir de ce rang honoré : tenu hors du canon, mais avec d'autres livres qui devaieat plus tard y faire reconnaître leurs droits ; lu publiquement Jugé utile, mais non pas inspiré. Aussi saint Jérôme, à qui nous empruntons ces témoignages et siu*

' Scriptura Pastoris a(|uJltera et i{»a, et inde {M^bcoaa «flietonina. (Depudicititty 10.)

* iUiseb. Hiet. eccleê. hi, 3. — * iètd, v, 25.

* De Incarne^. VerU , 1. 1, p. 4a D (édit. des BéoédicUftSyParis, i69a]t>

* Ibid.j de Décret. Nicœn. symh. 1. 1, p. 223 F.

* Ex XXXIX* ejfist fe^UUir 1. 1. p. 963 A.

CB. I.'— lAllOWlUABft DBS PBSMIEBS «BCLES. TSi

Tosage et sur restime qu'on en faisait de son temps * , n'estril pas disposé à relever plus haut que ne le faisait Topinion commune ', et même, dans un passage, il n'hésite pas à le reprendre durement sur une de ses fictions '.

Hais le livre est-il bien d'un disciple des Apôtres, d'un contemporain de saint Paul? Origène l'a dit. Eusèbe, saint Jérôme le répètent comme une opinion courante * ; et l'on a paru d'abord assez généralement disposé à y croire : car on ne voyait pas pourquoi un faussaire eût été donner à son livre le nom d'un disciple aussi obscur que cet Hermas. Aussi cette opinion atrcDe prévalu, nonobstant des témoignages plus récents qui donnaient le livre du Pasteur comme l'ouvrage d'un Hermas contemporain du pape Pius, vers le milieu du deuxième siècle *. Ces témoignages méritaient pourtant qu'on s'y arrêtât davantage : car on comprend que la ressemblance des noms ait fait chercher dans THennas salué par saint Paul l'Hermas inconnu du Pasteur: c'est une idée qui a pu venir à Origène, alors

' Et apiid qvtfldâm Gnecûe eoclesias publiée legitur : Rerera ntilis liber; multique de eo scriptorain yeterum usorpavere testimonia. Sed apud Latinos pêne ignotus est. (CaUiL script, eccles, 10, t. IV, p. lu

' In lU)ro Pastoris, si cui tamen placet iUius redpere lectioDem {Ub. Il, Comm. in Osée, vu, 9, t. III, p. 1282.)

'Ex quo liber iUe apocrypbus stirititiae condemnandus est, ia quo scriptam est quemdam angelum, Domine Tyii, praeesse reptilibus. {Lib, <n Hahac, i, 14, t. III, p. 1601.]— Prosper regarde comme de nulle valeur ^ témoignage qui en est tiré; un concile de Rome, tenu sous Gélase, le déclare apocryphe. — Voy. la suite des témoignages dans Fédit. des Pères âpostoUques de CoteUer, t. I, p. 70.

* Ettseb. Hist. eccles. m, 3; Hieron. Calai, script, ceci. 10.

' Lxh. Pontifie, in vita Ki , et Psendo-TertuU. lib. adv. Marcion. iir, «*; op. Cotel. Patres apostol. 1. 1, p. 72 :

Post hune deinde Pius; Hermas cui germine frater, An^elieus poster^ quia [qui] traditaverba loeutus.

a Anastas. Kbl. ap. Murat. ner. ilalic. script, t; III, p. 96.

24 PART. I. AyTHEHTICITÉ DU TEXTE.

qu'il commentait le verset de TÉpître aux Romains ; on comprend moins qu'en présence de cette opinion accueillie, sans être appuyée d'ailleuts, par Eusèbe et par saint Jérôme, des écrivains, qui ne sont pas hostiles au Pasteur^ aient supposé toute une histoire pour le rapporter à un temps plus récent. Leur parole, si longtemps dédaignée, a retrouvé de la valeur par la découverte d'un texte que Muratori a publié : c'est un fragment d'un canon des Écritures dont l'auteur est du second siècle, et qui, entre autres détails, dit du livre du Pasteur : « Il a été tout récemment, de notre temps, écrit dans la ville de Rome par Hermas, tandis que son frère l'évêque Pius occupait le siège de l'Église romaine : et c'est pourquoi il convient de le hre, mais on ne doit le ranger ni parmi les prophètes ni parmi les apôtres * . »>

L'épître de Barnabas et le Pasteur d'Hermas, malgré les témoignages et les raisons qui les défendent, peuvent donc bien n'être pas de ceux auxquels ils auraient été rapportés par une sorte de confusion l'un et l'autre. L'erreur involontaire n'est pas supposable au même titre pour les lettres de saint Clément, de saint Ignace et de saint Polycarpe ; car, si l'on excepte la deuxième de saint Clément, elles sont, par leur contexte même, liées à la personne des auteurs dont elles portent le nom .

La première épître de saint Clément n'est pas sérieusement contestée. Saint Irénée la cite et la résume ^. Denys de Corinthe (vers 170) la rappelle dans sa lettre aux Romains '. Clément d'Alexandrie,

1 Murât. Aniiq. med. œv», t. HI, p. 854. Ceux qui se prononcent pour le premier Hermas croielitque le second n'a fait que mettre l'ouvrage en latin. ' Iren. c. Hœres. III. m, 3. — * Ap. Euseb. Hisl. eccles, iv, 23.

CH. 1. — TÉMOIGTiAGES DES PREKIBHS SIÈCLES. 2S(

Origène y font de nombreux emprunts * . 11 n'y a de doute possible ni sur la personne de Fauteur, ni sur l'identité de son épître : c'est Clément, disciple des Apôtres, successeur d'Anaclet et le troisième après saint Pierre sur le siège de Rome ' ; Clément dont saint Paul a parlé {Phil. ir, 1 3) ; et -son épître est bien cette lettre écrite au nom de l'Église romaine à l'Église de Corinthe, à l'occasion des troubles qui avaient éclaté dans son sein. Ces particularités, rapportées par saint Irénée et après* lui par Eusèbe et par saint Jérôme, répondent au contenu de Tépître *. Aussi a -t- elle toujours été reconnue authentique, et elle était lue avec respect dans la plupart des Églises *. On n'en peut dire autant de la deuxième. Saint Épiphane parle bien des deux ensemble sans les distinguer l'une de l'autre ^] mais ni saint Irénée, ni Denys de Corinthe, ni Clément d'Alexandrie , ni Origène ne la mentionnent. Eusèbe paraît la sous-entendre en parlant de la première ; saint Jérôme en parle expressément, mais pour dire qu'elle est rejetée des anciens *.

Il n'y a donc guère de discussion sur les deux épîtres de saint Clément : car il est aussi difficile d'attaquer l'une que de défendre l'autre. L'épître de saint Polycarpe est de même en dehors de toute contestation. Saint Irénée parle des lettres du saint martyr, et particulièrement de l'épître aux Philippiens qui nous est res-

* Glem. Alex. Strom, i, 7, p. 124, etc.; Orig. / ad Joann, i, 29; de Princip, ii, 3, etc.

* Iren. 1. 1. Clem. Alex. Strom, iv, 17, p. 221.

^ Iren. 1.1. Euseb. Hist. eccles, m, 16; Hieron. Cataï, script. eccL IS et / cLdv. Jovian, c. 7, t. IV, part, ii, p. 156.

* Euseb. Hist, eccles, m, 16; Hieroo. datai, script. eccL 15.

* Epiphan. c. Hœres. xxx, 15. — • Hieron. Catal. script, eccl, 15.

Tfi PART. I. — AUlHEffVaTâ DK^ TfiXTE.

tée * . Eusèbe en a fait quelques eitationfi ^ y et saint Jérôme dit qu'elle est toujours lue dans les églises d'Asie ^. Les épîtres de saint Ignace, au contraii^, ont donné lieu à un débat fort animé. Elles nous sont restées sous deux formes ; les junes plus étendues , et évidemment interpolées ; les autres, plus brèves, qui font l'objet de la controverse : nous ne parlons pas de huit autres petites épîtres incontestablement supposées. Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique, paxle lon«> guement des sept épîtres de saint Ignace et des cir^constances dans lesquelles il les écrivit : c'était quand on le conduisait à Rome pour y subir le martyre. H voulait, en quittant les fidèles, les affermir au milieu des épreuves et surtout les garder contre l'hérésie, ennemie plus redoutable que la persécution. C'est ainsi que de Smyrne, où était Polycarpe, il écrivit à l'église d'Éphèse, à celle de Magnéâie du Méandre, à celle de Tralles, et aux Romains, qu'il suppliait de ne le point priver de son espérance en faisant obstacle à son mai^ tyre. Parvenu àTroas, il écrivit à l'église de PhiladeljMe , à celle de Smyrne qu'il venait de quitter, et en particulier à Polycarpe , évêque de Smyrne , pour lui recommander son troupeau d'Antioche. Eusèbe donne de ces lettres plusieurs extraite, notamment de l'épître aux Romains et de la lettre aux habitants de Smyrne, et il rapporte sur ces épîtres en général, que saint Irénée et saint Polycarpe les ont citées *. Nous avons en effet le témoignage de saint Polycarpe dans l'épître

* C. Hœres. ni, 3, g 4 et Ep, ad Florin, ap. Euseb. HisL eQcles. v,,20- ' Hist. eccles, m, 36.

* Càtal. script. eccL 17 et autres témoignages, ap, Cotel. Pair, npost. t. II, p. 184-183.

* Euseb. Ilist, eccles. m, 46; cf. Hieron. Catal script, eccl 16,

Ca. L -^ TéllOIGlIÀGES DES PftEMIBRS SIÈCLES. 27

dont noua avims parlé \ ; et Ton oe se dé}>arra886 d'un si grave témoin qu'en prétendant que le passage est interpolé. Nous avons aussi le témoignage de saint Irénée dans son livre contre les Hérésies ^, et on ne Téearte qu'en prétendant qu'il cite une parole et non une lettre ; mais la parole est dans la lettre, et si Ton dit qu'elle j a été mise par le faussaire pour donner crédit à son œuvre, on y gagne bien peu de chose, puisque, si peu de temps après saint Irénée, les lettres de saint Ignace sont citées par Origène ^ . Le grand critique se serait-il laissé prendre à des écrits inventés de la veille? Après cela, il est superflu d'alléguer les témoignages de saint Athanase, de saint Jean-Chrysostôme , de saint Jérôme *. Citons plutôt, avec saint Jérôme, saint Ignace lui-même quand il s'écrie dans sa lettre aux Romains :

« Depuis la Syrie jusqu'à Rome, je combats poutre les bêtes, sur mer et sur terre, la nuit et le jour, étant lié avec dix léopards, je veux dire une escouade de soldats qui deviennent plus méchants même quand on leur fait du bien. Leur méchanceté sert à m' instruire : mais je ne suis pas justifié pour cela. Plaise à Dieu que je jouisse des bêtes qui me sont préparées : je souhaite de les trouver bien promptes! Je les flatterai pour qu'elles me dévorent plus tôt, et qu'il n'en soit pas

* Folycarp. Ep. § 9 et 13.

' Iren. c. Hœres. v, ^, g 4; cf. Ignat. ad Rom. g 4.

^ Homil, VI m Luc. 1. 111, p. 938, col. 2 A; cf. Ignat. ad Ephes, g 19; et Prolog, in Cant, CanUc. t, îllj p. 30, coi» 1 D ; cL Igoat. ad Rom» 8 7.

* Athan. Ep. de synodis Àrim. et Seleuc, U I, p. 76i A : il cite rJÊp. aux Êphés. g 7; Chrys. Serm. de uno legisLX. VI, p. 410 C (Fauthentidté en est douteuse: Fauteur cite la lettre h Poly carpe, g 4) ; Hieron. Catal. acript eccL 16.

28 PART. r. — AUTHENTICITÉ DU TEXTE.

comme de quelques-uns qu'elles ont craint de toucher; mais si elles se refusent à mes désirs, je leur ferai violence. Pàrdonnez-moi ; je sais ce qui m*est utile : c'est à présent que je commence à être disciple. Je ne me soucie d'aucune créature ni visible ni invisible, afin d'arriver à Jésus-Christ. Le feu, la croix, les bêtes furieuses^ les chairs meurtries, déchirées, les os broyés, les membres arrachés, le corps détruit, les tourments du démon, que tout m'arrive, pourvu seulement que j'arrive à Jésiis-Christ *. » Belles paroles qu'il soutint si bien lorsque , condamné aux bêtes et entendant les lions rugir, il s'écriait dans son ardeur pour les souffrances : « Je suis le froment de Jésus-Christ ; que je sois broyé sous la dent des bêtes, afin que je devienne un pain pur ^ . »

De pareils traits ne s'inventent pas ; et quand, «n les reconnaissant originaux, on est réduit à dire qu'ils ont été introduits dans un milieu supposé, il reste à expliquer comment ils ont été gardés seuls (ce n'est pas de saint Jérôme qu'ils ont pu passer dans les lettres, puisqu'il cite les lettres, et Eusèbe avant lui) ou comment les épîtres dont ils faisaient partie ont fait place à d'autres. Mais ce n'est pas le lieu de nous appesantir davantage sûr cette question. Nous renvoyons à Péarson, qui l'a traitée dans toute son étendue, ou à Lardner qui l'a résumée dans le même sens ^.

En somme, parmi les monuments des Pères apostoliques, deux sont au-dessus de toute discussion : la première épître de saint Clément Romain et l'épître

< Ignat. nd Rom. S, t. H, p. 72 ; cf. Hieron. CataL script, eccl. 46. > Euseb. Hist. eccles. m, 46; cf. Hieron. 1. 1.

* Joan. Pearson, Vindiciœ Ignatianœ, ap. Cotel. Patres apostoL t. n, p. 254 et suiv.; Lardner, Credib. u, 5, t. H, p. 73 et suiv.

en. I. — TÉMOIGMAGES DES niEXlERS SIECLES. 29

de saint Polycarpe ; iin troisième est fortement attaqué mais non moins vigoureusement défendu et avec raison, selon nous : c'est la collection des sept petites épîtresde saint Ignace ; deux enfin sont attribuées à tort , peutêtre, à leurs auteurs, en tant qu'on y voit les deux personnages cités dans les Actes ou dans saint Paul, la lettre de Bamabas et le Pasteur d'Hermas ; mais leur origine n'est point postérieure à la seconde moitié du deuxième siècle : ils peuvent dqnc témoigner encore pour ce temps-là * .

Les témoignages n'y sont pas nombreux et nous ne pouvons pas dire qu'ils soient tous concluants : car les anciens ne citent pas toujours, comme nous faisons, par nom d'ouvrage et d'auteur ; et les paroles prises des Évangiles pourraient, à défaut de ces livres, être recueillies de l'enseignement oral. Nous faisons donc une large part aux objections , et nous aurons assez d'autres preuves pour n'avoir pas l'envie de grossir celle-ci outre mesure. Mais nous n'entendons pas qu'elle se réduise à rien. Plusieurs citations sont assez expresses pour donner le droit de conclure à l'existence d'un texte écrit ; et celles qui le sont moins en disent encore assez pour repousser toute conclusion contraire.

Saint Clément réunit plusieurs passages de saint Matthieu, de saint Marc et de saint Luc, quand il dit : « Souvenez-vous des paroles de Jésus-Christ, car il a dit : Malheur à cet homme : il vaudrait mieux pour

' Dans les Recognitiones de saint Clément, ouvrage faussement attribué au saint Pontife, mais qui paraît être de la seconde moitié du II* siècle, on trouve un très-grand nombre de citations textuelles de rÉvangile comme paroles du Seigneur, sans que jamais TÉvangéliste soit désigné par son nom. C'est ce qu'on voit dans les Pères apostoliques et ce qu'on verra de même dans saint Justin, martyr.

BO PART. I. — AlJTHENTidTÉ DlJ TEXTE.

lui n'être pas né que de scandaliser un de mes élus ; il vaudrait mieux pour lui qu'on lui mît au cou une meute et qu'on le jetât dans la iiier, que s'il scandaiisait un de mes petits * ; » et ailleurs : « Se souvenant surtout des paroles de Jésus-Christ ; car il a dit : « Soyez niiséricordieux pour qu'on vous fasse 'miséricorde ; pardonnez pour qu'il vous soit pardonné ; •comme vous aurez fait il vous sera fait ; comme vous jugex vous serez jugés ; on en usera envers vous comme vous en aurez usé envers les autres ; et la mesure dont vous vous serez servis à l'égard du prochain sera votre mesure^. »

Saint Polycarpe cite les mêmes j^ssages et quelques autres du Sermon sur la montagne, en se tenant plus près du texte '. H rapproche d'un verset de rOrliison dominicale , en saint Matthieu , l'avertissement que le Seigneur donnait à ses disciples au jardin des Oliviers : « Priant le Dieu qui voit tout de ne point vous induire en tentation, comme le Seigneur a dit : L'esprit est prompt mais la chair est faible * . »

Saint Ignace a des citations analogues : il rappelle la maxime : « L'arbre est connu par son fruit '^ ; » et te précepte : « Soyez prudents comme le serpent et simples comme la colombe *. » Mais on trouve surtout dans

< Clem. Kom. ad Coi-. I, § 46; cf. Matth. XKvi, 24; Marc, ix, 42 ; Luc. svii, 2; Katth. xviii,6.

^ Ihid., § 13; cf. Luc, vi, 36 et Matth. vu, 1, 2 et 12.

3 Polyc. ad Philipp. § 2; cf. Matth. vu, 12 et Luc. vi, 36, 37 ;'Matth. V, 3 et Luc. VI, .38; Luc. vi, 20 et Matth. v, 10.

* Ibid.^ § 1; cf. Matth. vi, 13 et xxvi, 41. On peut voir, dans les S 6 et 7, deux autres allusions à saint Matthieu (vi, 12 et vu, 44.)

» Ignat. ad Ephes, § 14 ; cf. Matth. xii, 33.

* /&td., S^;cf.Matth.x,16.

eu. I. «-^ TÉVei6!fA«B8 DES PRESIERS SIÈCLES. Si

868 lettres des allusions qui ne se peuvent rapporter qu'à un livre. Il dit que Jésus^Christ fut baptisé par saint Jean « afin d'accomplir toute justice * : » c'est une réflexion qui , dans sa forme , ne se trouve pas naturellement liée à la tradition du baptême, et qui ne peut se retrouver ainsi dans saint Ignace que par un emprunt direct à l'Évangile de saint Matthieu. Il dit encore de certains hommes qu'ils ne sont pas « une plantation du Père, » ayant évidemment à la pensée ce texte du même Évangéliste : « Toute plante que mon Père céleste n'a point plantée, sera arrachée *. • Ces allusions au texte sacré sont plus frappantes encore lorsqu'elles s'appliquent, non à des faits ou à des maximes devenues communes parmi les chrétiens , mais à des expressions de saint Jean et Quelquefois aux pensées les plus singulièrement propres à son Évangile. Il appelle, comme saint Jean, le démon « le prince du siècle * ; » il dit que Jésus est « la porte de son Père ^, qu'il ne fait rien sans son Père, étant un avec lui *, qu'il est venu de son Pèîpe un et qu'il est retourné à son Père un • ; » que Dieu s'est manifesté par Jésus-Christ son Fils, qui est « son Verbe étemel,» lequel ne sort pas du silence et qui « en toute chose plaît à celui qui l'a envoyé ^ ; » et reprenant, par une allusion plus textuelle encore, cette parole que « l'Esprit souffle où il veut, et qu'on ne sait ni d'où il

« AdSmym, g i ; cf. Matlh. ni, iVy.—^Ad Trall. § 11 ; cf.lialth. xv, 13.

* Ad Boman. § 7; cf. Joan. xii, 31 ; xiv, 30; xvi, 11.

* Ad Philad. § 9; cf. Joan. x, 19.

^ Ad Magnes. § 7 ; cf. Joan. xn, 49»; v, 19; X, 30 ; xiv, 11.

* Ibid.; cf. Joan. xvi, 28.

'' Ad Magnes, g 8; cf. Joan. viii, 29. La première partie du texte de saint Ignace, où Ton a voulu voir une trace de nouveauté, peut être une adlusioB au commencement de l*Évangile de saint Jean.

vient ni où il va, » il dit que l'Esprit lui-même «ait d'où il vient et où il va *.

Les citations de Barnab as n'ontpas l'autorité qu'elles auraient si sa lettre était sûrement du compagnon de saint Paul. Mais ne fût-elle que du milieu du a* siècle, son témoignage a de la valeur encore. On n'y trouve pas seulement des faits ou d'anciennes prophéties qu'il aurait pu tirer d'ailleurs, comme quand il dit que Jésus, attaché à la croix, fut abreuvé de fiel et de vinaigre ^, ou qu'il rappelle cette parole : «s Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées ^ ; » on n'y trouve pas seulement non plus, ou des allusions indirectes à certains passages de l'Évangile ^, ou des préceptes tantôt résumés : « Ceux qui veulent me voir et arriver à mon royaume doivent me recevoir dans les afflictions et les souffrances ^ ; » tantôt cités textuellement : « Donne à quiconque te demande ® ; » on y trouve de plus ces pensées reproduites dans les mêmes circonstances où elles sont présentées par l'Évangile, -^insi, quand Barnabas dit que Jéfeus- Christ choisit pour ses Apôtres « des hommes souillés de péchés, » il en dontie pour raison (et c'est justement la parole que le Seigneur dit à propos de la vocation de saint Matthieu) » qu'il était venu appeler à la pénitence non les justes mais les pécheurs \ » Et ailleurs, re-

^ Ad Philad. g 7; cf. Joan. m, 8. Citons encore le passage de soa épltre aux Romains (g 7), où il parle du pain céleste, qui est la chair de Jésus-Christ, et du breuvage céleste, qui est son sang : allusion k TEucliaristie et peut-être aussi aux paroles de saint Jean, vi, 32, 45, 51, etc.

^ Barnab. EpisL g 7 ; cf. Matth. xxvii, 48, etc.

^ Ibid,y g 5; cf. Matth. xxvi, 31 et Zach. xiii, 7.

♦ Ibid,, S 4; cf, Matth. xiv, 22. — * Ibid., g 7; cf. Matth. xvi, 24, etc.

•ïbid.y g 19; cf. Luc. vî, 30 et Matth. v, 42.

^ Ibid.y g 3; cf. Matth. ix, 13, et aussi Marc, ii, 17 et Luc. v, 32.

CH. I. — TàMOIGNAGBB DES PREMICRS SIECLES. 33

produisant une sentence de l'Évangile, il la fait précéder de la foimule des citations de TËcriture : « Comme il est écrit : 11 y a beaucoup, d'appelés , mais peu d'élus*.»

Quant au livre d'Hermas, c'est une rêverie mystique : l'ange qui lui parle n'a point à lui citer saint Matthieu ni saint Luc ; mais si la forme de l'ouvrage exclut les citations formelles, l'esprit en est trop chrétien pour qu'on n'y rencontre pas la trace des Evangiles. On y trouve en effet, sous les formes consacrées par l'Évangile, des avertissements aux orgueilleux « qui aiment les premières places ; » des menaces aux infidèles : « Malheur à ces hommes de doute qui ^itendent la parole et la méprisent ; il vaudrait mieux pour eux qu'ils ne fussent pas nés ^. » On y trouve, en des termes plus ou moins rapprochés du texte sacré, des préceptes de diverses sortes : la loi de saint Matthieu sur la répudiation de la femme coupable et le céUbat du mari qui l'a renvoyée ' ; être chaste jusque dans la pensée * ; donner simplement, et sans hésiter à tous les pauvres *. Il rappelle qu'il faut être comme les enfants pour entrer dans le royaume de Dieu * ; que les enfants sont honorés de Dieu et mis au premier rang ; que le Seigneur reniera quiconque aura renié son Fils ^ ; que le Père lui a donné tout pouvoir; qu'il faut croire les Apôtres qu'il a envoyés prêcher par tout l'univers *; que Jésus-Christ est la porte

< Cf. MatUi. XX, 16 et xxii, 14. ,

' Vis, m, 9, cf. Matlh. xxiii, 16; Vis. iv, 2, cf. Mallh. xxvi, 24.

' Mand. iv, 1 ; cf. Luc. xvi, 18. — ♦ Mand, iv, 1 ; cf. Matth. v, 28.

• Mand. ii; cf. Mattb. v, 2 et Luc. vi, 30.

• SimiL IX, 29; cf. Matth. xviii,3. — ' Vis. ii, 2; cf. Matth. x, 32.

• Simil. V, 6 et ix, 25; cf. Matth. xxviii, 18, 19.

par où l'on arrive à Dieu ' . Ajoutez des allusions à ceux qui, avec tous leurs biens, resteront dehors, à Tarbre qui couvre toute la terre, à la parabole du semeur ^ .

Nous n'avons pas à insister sur le caractère de ces passages du Pasteur, et nous convenons sans difficulté que les citations des autres, peu nombreuses d'ailleurs, se réduisent quelquefois à de simples allusions. Mais il faut tenir compte de la nature des ouvrages : ce sont des lettres et non des commentaires ; on comprend donc que les citations y soient pjus rares et moins textuelles. D'ailleurs il y en a assez pour que nos adversaires^ faisant tourner contre nous l'authenticité de ces écrits, n'aient pas le droit d'opposer leur silence à l'Evangile : que de lettres de saint Augustin et de saint Jérôme d'où il faudrait conclure , à ce titre, que l'Évangile n'existait pas de leui' temps I Et quelques-unes sont assez explicites pour témoigner d'un texte écrit.

niais à défaut de témoignages subsistant en des livres que nous ayons encore, il en est d'autres de la même époque et de la même valeur, recueillis dès l'antiquité et transmis jusqu'à notis avec les livres qui en fai^ent usage : tel est celui de Papias qui vivait dans le premier quart du second siècle, et par conséquent parmi les disciples des Apôtres. Dans un ouvrage dont Eusèbe a conservé quelques fragments, il parlait des Évangiles de saint Matthieu et de saint Marc ; il y disait que « Matthieu a écrit son Évangile en hébreu ; que Marc, étant l'interprète de Pierre, a écrit exacte-

* Simil. IX, 12; cf. Joan. x, 7 et xiv, 6.

* SimiL ui,9; cf. Loc, xiii, 24; — Simil. vm, 3; cf. Valth. xtii, 31, 32, et Luc, XIII, 19, 20; -^SimiL n, 31 ; cf. Mattii. xiii,;^.

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