‹ De la croyance due à l'EvangileChapitre 62 sur 66 · JOSEPH · texte numérisé non relu

JOSEPH

Note XLVi, p. 4ë8.

Les Juifs, à la mort d'Hérode, avaient demandé officiellement qu'on les rattachât à la Syrie, pour ne plus être soumis

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qu'aux gouverneurs de celte province (Ant. XVII, xi, 1, et B. Jud. II, VI, l et 2); et Ton peut dire qu'Auguste ne faisait que répondre à ce vœu, lorsque, dix ans plus tard, sur la plainte jdes principaux des Juifs et des Samaritains, il déposa Àrchélaûs et réunit son royaume à la Syrie {Ant. XVII, xiii, 2, et B. Jud. II, Yii, 3). Les Juifs ne devaient guère plus aimer des maîtres étrangers que des maîtres indigènes; et le recensement de Quirinius provoqua la révolte de Judas le Galiléen. Mais les Romains, après Tavoir réprimée, s'attachèrent à rendre leur domination plus acceptable. Quirinius sacrifia au mécontentement du peuple le grand prêtre Joazar, qui avait concouru à son œuvre en décidant les Juifs à se soumettre au recensement. Nulle plainte n est recueillie dans Josèphe contre les trois procurateurs qui administrèrent la Judée sous Auguste. Tibère n'en envoya que deux en vingt-deux ans ; et Josèphe constate qu'il ne les renouvelait pas plus souvent, afin de ménaiger les provinces. En fait, Josèphe ne dit rien contre Gratus, le premier ; et pour Pilate, ce qu'on lui reproche, c'est \^ d'avoir fait entrer dans Jérusalem les troupes romaines avec leurs étendards portant les images des empereurs, ce que les Juifs regardaient comme une profanation : aussi les autres gouverneurs avaient-ils eu l'attention de dépouiller leurs étendards de ces insignes pour les introduire dans Jérusalem; et Pilate, du reste, cédant aux résistances des Juifs, les renvoya à Césarée (Ant. XVIII, ra, i, et B. Jud. II, ix, 1-3); 2» d'avoir consacré des boucliers d*or dans le palais d'Hérode, bouciiers qui ne portaient aucune image (c'eût été un crime à Jérusalem) : on y voyait simplement le nom du procurateur qui les dédiait et de Tibère à qui ils étaient dédiés. Les Juifs s'en plaignent à Tibère, et Tibère s'empresse d'ordonner à Pilate de les envoyer à Césarée (Phil. de Légat, ad Caù t. I, p. 589-590); 3"" d'avoir pris de l'argent au trésor pour la construction d'un aqueduc destiné à donner de l'eau à la ville sainte (Ant. ibid. 2, et B. Jud. ibid. ^) ; 4* d'avoir dissipé par la force un rassemblement armé de Samaritains qu'un imposteur voulait conduire au mont Garizim : c'est à celte occasion que, sur la plainte des Samaritains, Pilate à qui, d'ailleurs au rapport de Philon, on avait bien d'autres crimes à reprocher, fut renvoyé par Vitellius, alors gouverneur de SyTie {Ant. ibid. iv, I et i ). Ce ne fut pas !a seule preuve de la condescendance de Vitellius envers les Juifs. Uéphod, ce vêtcn^ent sacré dont le

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grand prêtre se revêtait pour les grandes cérémonies^ était placé sous la garde des Romains dans la forteresse Ântonia : Vîtellîus le remit à la garde des i\i\h{ihid. 3). De plus^ ayant reçu Tordre de venger sur Arétas la défaite du tctrarque Hérode^ il fit faire un détour à ses soldats^ afin de ne pas profaner par ses étendards le sol de la Judée ; et après avoir éloigné comme impures ces images sacrées des Romains, il vint luimême faire des sacrifices à Jérusalem {ihid. v, 3 ).

Nous avons cité les deux mots par lesquels Tacite résume l'histoire de la Judée sous Tibère : « Calme sous Tibère, » sub Tiberio quies. Nous avons indiqué le péril dont la folie de Caligula menaça la Judée. Mais cette circonstance ne servit qu'à mieux faire voir comme la nation était résolue de demeurer soumise à Rome, pourvu que Rome respectât son culte, et comme les gouverneurs romains étaient disposés à se tenir dans ces justes conditions(Aw/. ibid.vm,2-9, eiB.Jud. II, x, 1-5). Le règne de Claude fut comme un règne de restauration -pour la Judée. Agrippa qui avait déjà reçu de Caligula une moitié de Théritage d'Hérode le Grand, les tétrarchies de Philippe et d'Hérode-Antipas, obtint le reste, c'est-à-dire la Judée et la Samarie, et il s'appliqua par tous ses actes à plaire aux Juifs {Ant, ibid. y, i-8; B, Jud, ibid. xi, 5, 6). A sa mort, Claude voulait niaintenir la couronne sur la tête de son fils, tout jeune qu'il fût. Il n'y renonça que sur les représentations de son conseil ; et la Judée revint à la domination directe de Rome. Mais Claude laissa aux Juifs la garde du vêtement sacerdotal que le procurateur voulait reprendre pour ne le délivrer qu'aux fêtes solennelles {Ant. XV, XI, 4) ; il laissa a la famille d'Hérode le droit de nommer les grands prêtres, droit qu'elle exerça jusqu'à la fin de la guerre où Jérusalem périt ( Ant. XX, i, 3 ) ; et Josèphe reconnaît encore que les deux premiers procurateurs envoyés par Claude gardèrent en paix la Judée dans la jouissance de ses coutumes nationales, ci (jLYjBàv xapaKivsu'/rs^ T(5y izixzpitù^ èôôv èv eipf|VY] 10 l6vo; iraps^uXaÇav {B. Jud. II, xi, 6). Sous le troisième , Cumanus, quelques troubles éclatèrent : un soldat insulta grossièrement les Juifs, et provoqua un mouvement qui fit prendre les armes à la garnison de la forteresse Antonia ; et la panique se mettant dans la multitude ameutée, vingt mille hommes furent étouffés, fuyant par des rues trop étroites. Un autre soldat osa, dans un village, déchirer avec blasphème le livre de Moïse; mais Cumanus donna satisfaction aux Juifs, en

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le faisant punir de mort. Une querelle des Samaritains et des Juifs eut un caractère plus sérieux ; et Cumanus fut accusé d'avoir fermé Toreille aux réclamations des Juifs. Les Juifs s'adressent au gouverneur de Syrie, qui renvoie les uns et les autres devant Claude, et Cumanus avec eux. Claude donne raison aux Juifs, exile Cumanus et renvoie un des oiBciers du procurateur à Jérusalem, pour être mis à mort devant le peuple {Ant. XX, VI, 2 et 3; jff. Jud. II, xii, 6). C'est alors qu'il envoya aussi en Judée Félix ^ dont Tacite, encore plus que Josèphe, a signalé les excès, et qui, rappelé par Néron, n'échappa aux eflets de la plainte des Juifs que par la faveur de Pallas, son frère [Ant. XX, vin, 9). Depuis le règne de Néron, les troubles commencent à prendre un caractère inquiétant en Judée. Le brigandage s'accroît; les imposteurs prédits par Jésus-Christ agitent la multitude : Félix, Festus sont tout occupés à les combattre. Mais après Festus, dont l'administration fut aussi mesurée qu'énergique, les procurateurs ajoutent par leurs excès à l'excès du mal : c'est Albinus qui vend la justice; c'est Florus qui fait regretter môme Albinus, et que Josèphe accuse d'avoir précipité le peuple entier dans la révolte, afin de couvrir par la guerre les crimes dont il aurait eu à répondre devant l'Empereur {B. Jud. II, xiv, 3). Dès lors tout concourt à hâter cette ruine suprême, qui est comme la sanction des paroles de rÉvangile.

TABLE DES MATIÈRES

ÂBILA. Voyez ABILÈNE.

ÂBiLÈNE. Confusion reprochée k saint Luc entre Lysanias tétrarque de i'Âhilène et Lysanias fils de Plolémée, p. 393. — États possédés par Ptolémée fils de Menée, et par Lysanias son fils, 394 et 492. — Relations de ces deux princes avec les Juifs, 395. — Mort de Lysanias; ce que devinrent ses possessions, 396. — Zénodore en reçoit une partie, 397. — Les possessions de Zénodore données \k Hérode, i&td.

-r- Quand et comment le nom de Lysanias reparaît dans Thistoire de la famille d'Hérode, 398. — Ce qu'est Abila dont il est parlé alors, 399. — Preuve que Lysanias, tétraque de l'Àbilène, n*est pas Lysanias fils de Ptolémée, 400. — Qui il est, 403.— Pourquoi TAbilène est mentionnée par saint Luc, 494.

Abiud, fils de Zorobabel, 495.

AcB AIE. Variations dans son état politique, 119.

Actes des apôtres. Leur authenticité, 100 et suiv. — Caractère et divisions naturelles de ce livre, 101 et suiv. — L'auteur est un compagnon de saint Paul (saint Luc), 103. — Preuves tirées : i® des concordances des Actes et des Éptlres sur les choses, 104 et suiv., — ou sur les personnes, 109; — 99 de la conformité du récit avec rhistoire,en ce qui touche la Pales-

tine, 111-118 ; — les pays étrangers, 118; — le caractère des personnes, 120; — les coutumes juives, 122, — ou romaines, 125 ; -7d9 de la seule histoire du voyage et du naufrage de saint Paul, 128 et suiv. — Si les différences du style qu'on y veut signaler prouvent contre l'authenticité du livre, 139.

— Vérité du récit. Examen des objections : Tlieudas, 142. — L'imposteur égyptien, 143. — Ananias et saint Paul, 145. — Simplicité du récit en ce qui touche saint Paul , 147. — Conclusions qui résultent de l'authenticité des Actes pour la certitude de l'histoire évangélique, 146 et suiv.

Actes de pilate, 46.

Adoration des bergers, des mages. Voyez ces mots.

iËTHicus IsTER. Sou témoignage sur le cadastre du monde romain, au temps d'Auguste, 303 et 478.

Agabus. Famine qu'il prédit, 126.

Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand, appelé aussi Hérode, 115 et 398. — Son caractère, sa mort, 120.

Agrippa, fils dU précédent, 117 et 399. — Son caractère, 121.

Albinus, procurateur de Judée,

Alliés de Rome. Leur sîtuatioQ politique, 325. — Pouvaient-ils être soumis au recensement! 326. — Comment il se faisait, 327.

Aloges. Hérétiques du second siècle, 66, 189 et 204.

TABLE DKS MATIERES.

Ammonius. Son Harmonie des Évangiles, 406.

An XV DE Tibère, 3iî et suiv.

Ananias, grand prêtre , 14->.

Ancyre, (Monument d") 300.

ÀNESSE (L') et l'ânon, 199.

Ange qui apparaît à Zacharie, 255 et 264; —k Marie, 418; - à Joseph, ibid, — Anges qui apparaissent aux bergers, 2!S5, 264, 274;

— aux saintes femmes, 273. — Ange de l'agonie, 225; —de la piscine, ^6.

Anne, grand prêtre, 199, 243 et Années de J.-C, 342 et suiv.

— De sa naissance, déterminée par ré))oque du recensement et par celle de la mort d'Hérode, 343. -*- Années d'Hérode, 344, — et de ses fils, 345. Époque précise de la mort d'Hérode, 348; — du recensement, 349. — La naissance de Jésus-Cbrist , comprise entre les années 747 et 749 de Rome, 350.

— Objections contre Tan 749 ; si elles sont décisives? ibid, — Raisons pour Tan 747 : temps du gouvernement de Salurninus , 351 ; — du serment prêté par les Juifs, 353;

— de la conjonction de Jupiter et de Saturne dans le signe des Poissons, ibid.

Age de Jésus-Christ 'a l'époque du baptême : Tan 15 de Tibère, entendu de son association à l'empire, 355. — Opinion réfutée par les textes de Tacite, de Suétone et de Velléius, 356 et suiv.; — par les médailles, 539. — Que les mots environ trente ans comportent plusieurs années d'approximation , 360 ; — que' les anciens comptaient l'an 15 de Tibère de la mort d'Auguste, 361.

Année de la mort de Jésus-Christ.

Éléments de chronologie fournis par la désignation des fêtes en saint Jean : les trois ou quatre Pâques entre le Baptême et la Passion, 3(>2.

Conditions que doit remplir l'année de la mort de Jésus-Chris* : !<> tom-

ber sous le gouvernement de Pilate; années de Pilate, 363 et suiv.; — ^ être telle que le jour de la Passion soit un vendredi, 367. — Accord des Évangélistes sur le jour de ta semaine ; désaccord apparent sur le jour du mois où J.-C. a souffert : si c'est le 14 ou le 15 Nisan ibid. — Raisons pour le 15, 369.

— Objections tirées de saint Jean,

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