CB. I. — TÉMOUSIIAGBS DES PREMIERS SIÈCLES
Manichéens '. Mais de tous ces Évangiles, même les plusaociensne purent jamais ni balancer, ni partager rautorité de nos quatre Évangiles. Saint Irénée qui vivait avant que Justin, eût subi le martyre, et qui florissait vers le troisième quart du n^ siècle, les nomme tous les quatre sous les noms de leurs auteurs et dans Tordre du canon, avec des circonstances précises sur la composition de chacua d'eux ^. De plus., quand il s'étend si complaisamment sur les raisons d'analogie qui limitaient leur nombre à quatre (les quatre climats du monde, les quatre vents cardinaux, les quatre tètes de Chérubins) ', il montre assez quel était leur rang audessus de ce grand nombre d'apocryphes auxquels il fait allusion lui-même. Si les livres dont parle saint Justin, si peu de temps auparavant, n'étaient pas ceux dont, parle saint Irénée, que seraient devenus les Evangiles de Justin, ou comment Irénée n'en tiendrait-il aul compte ? Mai^ les citations de l'un comme de l'autre montrent de reste qu'ils sont les mêmes, et les mêmes que les nôtres.
Dès témoignages de cette sorte peuvent dès lors se recueillir dans toutes les parties de la chrétienté. Saint Irénée était évêquede Lyon : Théophile, évêque d'An-
* Fabric. ihid. Testim. de ETang. Nativ. Marias , t. I , p. 9. Richard Simon, tout en estimant ces sortes d'histoires 2i leur valeur, les juge fort anciennes. (HisL critique des principaux comment, du N. T, p. 194, cité par Fabricius, p. 151.) Tischendorf va jusqu*à croire que nous avons dans les Ëvangiles de Jacques et de Thomas les textes connus 4e saint Irénée et d'Oiigène (Evang. apocr. p. xiii et xli-xlii). U croit aussi du II* siècle les deux parties de TÉvangile de Nicodème (le texte grec de U première et l'original d'où la deuxième partie a été traduite en latin, p. LXIY-I.XVIII), malgré les raisons fort plausibles d'après lesquelles Bf . Alfr. MiïïTj rapporte Tune et Tautre partie au v« siècle {Recherches sur VÊvang. de Nicodème, Mém. de la Société des Antiq. de France, t. X, p. 348^ 384 et suiv.).
' Euseb. Hist. eccki. v, 8. — ' HcBres. m, 11, §8. — ♦ /Wd., i, 17.
48 FART. I. AUTHENTKtTl^ DU TEXTE.
tioehe avant Tannée 170, nous donne la même preuve, quoique dans des limites un peu plus restreintes, selon la mesure de l'ouvrage qui nous en est resté. Il parle des Évangiles comme de livres inspirés , et cite particulièrement le commencement de saint Jean et un passage de saint Matthieu (v. 28 et 32) \ Clément d'Akxandrie n'établit pas moins expressément leur titre, leur" nombre et leur autorité exclusive. 11 rejette une
parole tirée de l'Évangile des Égyptien?, en se fondant sûr ce qu'ellern'est pas « dans les quatre Évangiles qui ont été conservés jusqu'à nous ^ : » c'est ainsi qu'il parle, comptant pour rien tout ce qiii pouvait dès lors se recommander faussement de ce nom d'Évangile ; et il montre assez que ces Évangiles sont les nôtres par les citations qu'il en fait, comme par ce qu'il dit de leur origine ^. Quand, à ce propos, il rapporte une ancienne tradition différente de la tradition conàmune sur l'ordre dé leur composition, il prouve que, s'il y avait quelque divergence d'opinion touchant ce point secondaire, il n'y en avait pas sur la nature des Kvres mêmes et la personne de leurs auteurs. TertuHien pï*oclame de même l'autorité apostolique des Évangiles : les uns écrits par les Apôtres, Jean et Matthieu ; les autres par des disciples des Apôtres, mais en quelque sorte sous les yeux des Apôtres : car saint Marc était
1 Theophyl. ad Autol u, 22 et m, 13; Norton, p. 136. -- Mélîten, évèque de Sardes, qui adressa une apologie à MaroÂurèle vers 169, écri- Tait k Onésime qu'il avait recueilli pour lui «t se proposait de lui envoyer les livres de TAncien Testament : Ta r^<; «aXaiaç fiiaOÎjx'nc p(6Xta (àp. Eus. Hist. eccles, iv, 26) ; ce qui, selon la remarque de Lardner, peut indiquer qu'il y avait une collection d'autres livres appelés du Nouveau Testament.
' Sfrom. m, 13, p. 200.
^ Euseb. Hist, eccles. vi, 14; cf. ii, 15, et Norton, pi 140..