OEiivrcs de Desc, p. 3ii et sq., éd. Cliarp., Paris
PREUVES DE LEXrSTENCE DE DIEU. 63
Fenelon. Même à notre époque, Paul Janet n'a pas dédaigné de lui consacrer un gros volume '. Il a persisté jusqu'à nous dans certains esprits, sans avoir subi des modifications bien notables. Ceux qui le détendent de nos jours, en développent la mineure : ce qui est toujours facile. Ils ne poussent guère plus loin l'examen critique de la majeure qui le fonde.
Oi' ce qui fait pour eux le nerf de cette majeure, ce n'est pas l'existence même de l'ordre; c'est sa constance, c'est sa régularité. De là le fameux dilemme, si souvent formulé : l'ordre cosmique ne peut s'expliquer par le basard ; il faut donc (ju'il ait sa cause dans une intelligence.
Pourtant, la preuve téléologique tend dès le xvii^ siècle à revêtir un aspect différent. Pressé par le déterminisme universel de Spinoza, Leibniz cbercbe une réponse à son formidable adversaire; et il pense pouvoir la tirer, non plus de la régularité, mais de la contingence de l'ordre. L'idée, il est vrai, n'était pas abso-