‹ De la croyance en DieuChapitre 15 sur 74 · Lea causes finales, Paris, î88i · texte numérisé non relu

Lea causes finales, Paris, î88i

lument nouvelle; mais Leibniz la transporte du second au premier plan et lui donne un relief par lequel il la fait sienne.

A son sens, il n'y a rien de nécessaire dans cette loi du mouvement : « l'action est toujours égale à la réaction ». « Car il semble, en considérant l'indifférence de la matière au mouvement et au repos, que le plus grand corps en repos pourrait être emporté sans aucune résistance par le moindre corps qui serait en mouvement; auquel cas il y aurait action sans réaction et un effet plus grand que sa causera » Il n'y a rien non plus d'absolument nécessaire dans la loi qui veut que « la même force se conserve toujours » : « cet axiome d'une philosophie supérieure ne saurait être démontré géométriquement - ». Il en va de même pour la loi de continuité : elle est convenable, il n'y a rien de plus beau; mais, lorsqu'on la considère en elle-même et du point de vue mécanique, on ne réussit pas à voir pourquoi le monde ne suivrait pas une autre marche : elle n'a rien de la rigueur d'un corol-

I. Leibniz, Tlicod., p. 604*^, 346-34/, éd. Erdmann, Berlin, 1840.

a. Jbicl., p. 604», 34(5.

laire '. Pourquoi les corps célestes ont-ils telle forme plutôt que telle autre ? Pourquoi vont-ils d'orient en occident, au lieu d'aller dans le sens inverse? D'où vient qu'ils diffèrent et en g^randeur et en éclat? Ce sont aussi des questions que la philosophie de la nécessité ne saurait résoudre.

Il existe donc une multitude de choses qui pourraient être autrement qu'elles ne sont : la contingence éclate dans l'univers et de toutes parts; on conçoit une infinité de possibles qui ne sont pas réalisés et ([ui sans doute ne le seront jamais. Il faut donc qu'il v ait eu choix : il faut qu'une intelligence supérieure soit venue donner la préférence à l'assemblage actutl des phénomènes. La cause efficiente ne peut fonder une explication intégrale de la nature; on est obligé, pour en fournir une interpiétaliou satisfaisante, de recourir, en dernière analyse, « à quelque chose qui dépend des causes finales ou de la convenance " ».

A partir de Rant, la preuve téléologique entre dans une troisième phase : dès lors, ce

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