Hegel^ La logique, trad. A. Vera, t. I, p
il doit envelopper une tendance essentielle à se réaliser de lui-même; car autrement rien n'aurait jamais existé. Et cette tendance est d'autant plus forte en chaque possible qu'il contient plus de réalité, ou si l'on veut, plus de perfection \ C'est Spinoza qui a raison sur cet autre point ; encore ne fait-il en cela que continuer la pensée fondamentale du Platonisme. Par suite, Vidée d'être se réalise nécessai-
Paris, iSSg : « L'idée n'est pas ce qui doit être, mais ce qui ext, et qui possède une realité telle, qu'en face d'elle ces objets, ces événements et ces états divers [ceux de la nature] ne forment que le côté superficiel et extérieur des choses. » — Ibid.^ t. I, p. 2^1 ; t. II, p. i45-i46; — lu.. La philosophie de la nature^ trad. A. Vera, t. I, p. i85 : « Le concept (bei^riff) est par essence immanent à toutes choses, et partant à la nature elle-même. » — Cf. G. Noël, La logique de Hegel, p. 3, i2, 19, Alcan, Paris, 1897; — Stirling, lac. cit.^ p. 85 : « The universe is but a matérialisation, but an externalisation, but a heterisation of certain Thoughts », p. 86, 95, 96; p. m : « Thought is a system, and tiiis sysleni is the universe » ; p. 112 : « Thought is the real contents of the universe. » I. Hegel, La logique, t. I, p. 244 '• « L'idée n'est pas la pensée purement formelle, mais la pensée qui développe elle-même l'ensemble de ses lois et de ses déterminations, déterminations qu'elle se donne et qu'elle trouve en elle. » — /bid., t. II, p. i5i-r52, 167, 174-170, 35'i; — id., La Philosophie de la nature, 1. 1, p. 189 ; p. 196 : « Le principe interne de la nature (|ui engendre ces différents degrés [la hiérarchie que forment le minéral, la plante et l'animal], c'est la notion [begriff], et son mouvement dialectique. » — Ihid., t. l, p. 199, 2o3,- — cf. A. A EKA, Lntrorluction à la philosophie de Hegcl^ p. lati et suiv., Paris, 186/,.
rement, vu qu'elle est à l'origine et que le reste reçoit tout de sa plénitude. Par suite également, les autres possibles n'ont qu'une existence plus ou moins accidentelle. Comme ils diffèrent en richesse et donc en puissance, il s'établit entre eux une sorte de lutte pour la vie qui fait des vainqueurs et des vaincus. De là des transformations à l'infini; de là le mouvement inlassable qui constitue la nature '.
Mais alors, dira quelqu'un, comment l'ordre peut-il se faire jour ? Comment peut-il sortir (le cet immense conflit de phénomènes qui n'a d'autre règle que la loi du plus fort ? — Par le fait même que la cause première est l'être le plus riche, elle est aussi ce qu'il y a de plus parfait; elle est ce qu'il y a de meilleur. L'ordre en découle donc, comme un fleuve de sa source, et n'a jamais d'autre limite que le contradictoire -. Inutile, en conséquence, de faire inter-
1. Hegel, La logique, t. II, p. 125 ; — id., La phUosnp/iie de la nature, t. I. p. 189-iqo. 200-202: t. III, p. 385 490-493, 538-3/,o, 543. ■ ' f ,
2. Hegel, La logique, t. II, p. 36/, : — La philosophie de la nature t. 1 p. 189-191, 2o3; t. HI. p. 540, 543, 55o- 372. Ce meilleur auquel le monde <r aspire » et que pourtant il ne saurait atteindre vu que ce qui existe est ton jour-; limite, c'esl laffranchissement inte'i^ral de lidëe, c'est le règne de l'esprit. Tel était aussi le'but que Fichte assignait a la nature [Doctrine de la science, p. 82-86. i4(3,
venir une divinité transcendante; la nature contient en soi le principe de son ordre, aussi bien que celui de son devenir : elle se suffit.
La même conclusion se dégage, sous une forme un peu moins absolue, de la tliéorie que développe M. J. Lachelier dans sa thèse sur le Fondement de V induction.
D'après ce penseur éminent et qui a exercé une influence si profonde, le mécanisme « ne. représente que la moitié, ou plutôt que la surface des choses' » ; besoin s'impose de recourir à la finalité, comme le voulait Leibniz. Mais l'existence d'un Démiurge n'en est pas démontrée pour cela.
Il faut bien que ce démiurge « se représente sous une forme quelconque, et le détail des organes qu'il construit, et la suite des mouvements qu'il leur imprime : il faut donc qu'il renferme dans sa simphcité prétendue, d'une part, une diversité précisément égale à celle de l'organisme et, de l'autre, une conscience plus ou moins
.i5i, i86, 189 196, 212-216, 3i6-3i7, Saa-SaS, trad. P. Grimblot, Paris, 1843 ; cf. Xavier Léon, La philosophie de l'ickte, p. 8o-8a, 120-121, laS, i3o-i3i, i85, 268, Paris, 1902). Mais Fichte débute par le moi, Hegel par Vidée.