‹ De la croyance en DieuChapitre 46 sur 74 · IbicL, lih. VIII, c. Il, n · texte numérisé non relu

IbicL, lih. VIII, c. Il, n

4. V. sur l'histoire de cette conversion, l'e'Uide pe'nétrante qu'en a faileral)bé J. Martin àuxa^ son Saint Aiiguxtin [Collect. des Gr. Pliilos.), p. 7-19, Alcan^ Paris^ 1901.

Newman procède d'une autre manière et surtout parce que son angle de vision sur les choses est différent. Sans doute, il aime la vérité comme saint Augustin, autant que saint Augustin; il la poursuit sans relâche, et par la pratique aussi bien que par la méditation. Mais n'attendez pas de lui qu'il fasse appel aux lumières de la raison raisonnante; cette fonction de notre esprit, tant vantée par les Grecs et les Moyenâgeux, ne lui inspire qu'une médiocre confiance : il a rompu avec la métaphysique dès son berceau. Newman nous apparaît avant tout comme un psychologue de la vie morale.

Ce qui le frappe d'abord, c'est la vanité du monde extérieur. 11 s'imagine dès son enfance que la vie pourrait bien n'être qu'un rêve, lui, un ange «et tout ce monde, une illusion' ». « Cette vie mortelle, écrit-il par la suite, n'est presque rien de plus qu'un accident de notre être... esprits immortels que nous sommes, nous ne dépendons ni du temps ni de l'espace. L'existence présente ressemble à un théâtre où nous jouons pour un moment notre bout de rôle". »

Page 1