‹ De la croyance en DieuChapitre 62 sur 74 · I. Maine de Biran, 6'rt vie et ses pensées, p · texte numérisé non relu

I. Maine de Biran, 6'rt vie et ses pensées, p

la source de la vie, s'y unit de la manière la plus intime et s'y trouve comme identifiée par l'amour ' . »

Ces passages sont décisifs; et l'on en pourrait citer cent autres de mêtne sens et de même netteté. Maine de Biran a réellement cru faire l'expérience du divin; il l'a cru dans toute la sincérité de sa grande âme, faite de lumière, de droiture et de bonté.

Il n'a pas perdu pied, me répondait un jour quelqu'un. — Mais en quoi perd-il pied, celui qui aborde à la terre ferme de l'Absolu? N'at-il pas trouvé le réel du réel? On veut dire sans doute, par cette remarque, que les mystiques n'ont plus le sens des faits et le goût de l'action. Et l'on peut accorder la cliose, lorsqu'il s'agit d'âmes de second ordre; c'est même un point que William James a très heureusement mis en lumière". Mais ce rétrécissement de la conscience ne saurait être généralisé. Les Ignace de Loyola, les Thérèse et les Catherine de Sienne étaient de la race des énergiques; et ce qu'ils avaient une fois entrepris, ils le pour-

I. Maine de Bikan, Sa vie et ses pensées, p. 4 185 — cf. p. 325.

2 Loc. cit., p. 2(j3-2g9.

suivaient avec autant de lucidité que de volonté Bien plus, c'est dans leur vie d'union avec Dieu qu'ils puisaient leurs lumières et leur indomptable vaillance'. Le mysticisme ne supprime pas l'homme; il le surélève et dans la mesure même où le permettent ses qualités naturelles.

La théopathie dépasse la zone de la sainteté canoniquement reconnue ; elle dépasse aussi les frontières de la catholicité. On se ferait une idée trop étroite de la révélation, si l'on venait à penser qu'elle s'est préparée uniquement dans la conscience du peuple juif. En fait, elle a fermenté, bien que d'une autre manière, à tous les degrés de latitude et de longitude; elle y fermente encore : c'est une poussée divine qui s'exerce partout et toujours, quoiqu'elle ait certains centres de rayonnement^. « Omnis creatura parturit usque adhuc. » Il en va de même pour les phénomènes théopathiques. Sans doute, c'est dans l'Eglise catholique qu'ils se manifestent avec le plus de fréquence, d'éclat et de pureté. Mais il doit s'en produire aussi par delà ses barrières liturgiques : le fait résulte

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