La morale ivolutionniste, Paris
le but supr'ème de l'existence, le seul qui eût de la valeur par lui-même, pouvait devenir la mesure de toutes nos actions : on pouvait du concept de bonheur tirer une série d'exigences qui auraient formé comme un code de notre conduite.
Cette notion régulatrice était aussi destinée à disparaître, et par l'effet du principe que Ton avait mis au point de départ, à savoir tjue la morale est une science comme les autres, ([ui doit se traiter par la même méthode que les autres. La science, en effet, ne nous dit point : ceci est meilleur que cela; elle nous dit simplement : ceci est, cela n'est pas. Elle n'enferme point de jugements de « valeur » , elle n'a que des jugements « d'existence ». Du point de vue de la science, tout s'équivaut; tout est également bon et mauvais; ou plutôt, il n'existe m bien ni mal. Il fallait quelqu'un qui vînt tirer cette conclusion brutale. C'est ce qu'a fait M Lévy-Brulil, dans son livre intitulé La science des mœurs ^ . Il n'y a donc plus qu'une tâche à remplir, qui est d'étudier les mœurs de l'homme comme on fait celles de l'antilope