‹ De La CroyanceChapitre 10 sur 23 · PS · texte numérisé non relu

PS

trer que l'unique voie pour cette force d'expansion ce sont les actes musculaires, d’abord pénibles, lents, sans cohérence, bientôt précis, coordonnés, tels que nous les retrouvons dans les actes volontaires les plus complexes, dans l'écriture, dans le dessin, dans les mouvements d'un ouvrier ajusteur, etc. Ce n’est point, en effet, la formation de la volonté que nous devons étudier, mais celle de la croyance. Seulement, ressouvenons-nous que notre pensée n'est que la prévision des actes futurs ou le souvenir des actes passés, et que, dans l'impossibilité de réévoquer la totalité de nos souvenirs, ou d'évoquer la totalité de nos prévisions, nous nous contentons de penser les données musculaires nécessaires et suffisantes pour amener les modifications associées des autres données des sens. Remarquons d'autre part que c’est une vérité, surabondamment démontrée aujourd’hui, qu'entre un état représentatif et l’état présentatif correspondant, la différence n'est que de degré : il résulte de cette triple considération qu'entre nos croyances

et nos volitions la différence n’est point de nature,

mais seulement de degré, et qu’en quelque sorte

croire, c'est se retenir d'açir.

Cette identité fondamentale de la croyance et de

la volonté, trouve une nouvelle et solide confirma-

on dans un parallèle du développement du pouvoir volontaire et de nos croyances. La volonté demeure longtemps impulsive. Chez l'enfant, chez tous ceux quine sont pas maitres d'eux-mêmes, elle procède par brusques poussées indépendantes les unes des autres, incohérentes toujours, et souvent même contradictoires. À une violence coléreuse, succède un élan affectueux ; à une confiance exagérée, un désespoir sans bornes. Aucune direction d'ensemble n'apparaît dans la conduite de la vie. Toutefois ce chaos primitif, les rudes avertissements de la douleur, ne tardent pas à l’organiser un peu. L'enfant n'est pas longtemps à s’apercevoir que contre les propriélés naturelles des objets il ne sert de rien de s'insurger : elles demeurent ce qu’elles sont, imperlurbablement, et quoi qu'il veuille, le feu le brûle chaque fois qu'il le touche : la douleur lui enseigne à maitriser beaucoup de ses caprices; le milieu social et l'éducation font le reste, et ne tardent point à lui apprendre les chemins permis et ceux qui ne le sont pas.

Il en va de même pour la croyance. Elle est primilivement une force impulsive qui tend à se répandre dans toutes les directions. Mais, tandis que la volonté se heurte promptement contre d’invincibles résistances, la croyance, sauf dans ses formes

simples relatives à la perception et aux rapports

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