‹ De La CroyanceChapitre 3 sur 23 · XII · texte numérisé non relu

XII

, à démontrer que l'objet n’est que du subjectif? Reviendrait-il au réalisme vulgaire et à l'argumentum baculinum de Th. Brown? Croirait-il, comme Th. Reid, que nous ayons commerce immédiat avec la réalité? Et si nous n'avons pas commerce immédiat avec la réalité, qu'est donc cette réalité? Est-elle autre chose que la conscience que nous en

avons? El le présentatif ne serait-il autre chose

(1) Philosophie de Hamillon, trad. française.

que du représentatif ? El en fin de compte, les conceptualistes n'auraient-ils pas plus raison qu'ils ne le pensent, puisque tout ne serait que concepts ?

Si Mill eût examiné de près cette question fondamentale, il se fût facilement convaincu que l'objet du jugement, partant de la croyance, ce ne sont ni nos idées, ni la réalité objective elle-même. Toute croyance affirme un rapport, toute croyance porte sur la vérité. Or il n’y a pas de vérité des choses par la raison qu'il n'y a pas de fausseté des choses. Les choses sont ce qu'elles sont, c’est notre représentalion des choses qui est vraie ou fausse, et toute croyance est laffirmation de la vérité ou de la fausseté de notre représentation des choses. C’est sur ce rapport de ma pré-imagination des choses avec les choses mêmes, s’il s’agit de l’avenir, de mon souvenir, s'il s’agit du passé, que porte toute croyance.

Trois problèmes d’une extrème importance surgissent donc, trois problèmes qu'il faut résoudre au moment de pénétrer plus avant dans. l'examen de l’objet de la croyance. On étudie d'habitude le monde extérieur de très près, comme une question spéciale, et la représentation comme une question spéciale aussi. Voyons si l'étude de ces deux grands problèmes faite du point de vue de leurs rapports

ne donnerait pas de nouvelles et vives clartés ?

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