‹ De la curabilité des accidents péritonéo-hépatiques d'origine alcooliqueChapitre 29 sur 34 · II. — IODUKK DK POTASSIUM · texte numérisé non relu

II. — IODUKK DK POTASSIUM

Après le lait, le remède le plus employé contre les accidents de la cirrhose est l’iodure de potassium.

Dès 1827 ( Bulletin de thérapeutique), le Dr Coster avait indiqué, le premier peut-être, les bons effets de l’iode dans différents cas d’épanchements séreux ; Bradfield (1829), Jahn (1832) et Hoffmann firent connaître ensuite les heureux résultats de l’iodure de potassium dans le traitement de l’ascite; ’Vhivion (Communication à VAcad.de méd. de Belgique, 1848) confirma ces faits en publiant plusieurs observations analogues. Depuis lors, l’usage de l’iodure de potassium, contre les accidents périlonéo-hépatiques de la cirrhose, n’a cessé de se propager. Sans doute, son emploi n’est pas une condition nécessaire à la disparition de ces accidents ; dans un grand nombre des cas que nous citons il n’a pas été prescrit, notamment dans ceux de M. Millard, qui pense devoir le réserver pour les cirrhoses d'origine syphilitique. C'est également l’opinion soutenue dans la thèse de Ribeton, au sujet d'un cas où l’iodure, donné pendant un temps et à une dose qui ne sont pas indiqués, resta sans effet, « ce qui n’a pas lieu de nous surprendre, ajoute-t-il, puisque ce malade ne présentait aucun indice de syphilis ». Mais telle n’est pas la manière de voir de M. Lancereaux et de tant d’autres maîtres, qui prescrivent l’iodure dans toutes les cirrhoses alcooliques, alors même qu’il n’y a pas trace de syphilis, et (pii pensent devoir lui attribuer une part importante de leurs succès.

D’après M. Lancereaux, ce sel a pour effet d'empêcher la formation du tissu scléreux cicatriciel dans le foie, et d’arrêter l’inllammalion embryonnaire péri-veineusc ; mais son action sur les scléroses adultes est fort problématique, aussi ne pourra-t-on guère espérer un résultat de ce côté, que quand il s'agit de formations conjonctives jeunes. D’après les travaux récents du professeur Sée, l’iodure est un vaso-

dilatateur énergique; il facilite par conséquent la circulation et 1 alllux sanguin, il entretient et exagère la nutrition intime des tissus, et il doit rendre aux éléments du l'oie qui sont conservés leur maximum d’effet utile.

A quelle dose convient-il de prescrire l’iodure ? Nous savons que dans certaines affections, des médecins n’ont pas craint d’arriver progressivement à 50 grammes, et de les continuer pendant plusieurs mois (traitement du psoriasis par le Dr Haslund); cela est possible en effet dans les cas où les appareils digestif et rénal n’offrent aucune lésion grave, où il n’y a pas d’affection cardio-pulmonaire, où l’organisme enfin n’est pas débilité (de Molènes). Mais il n’en est pas ainsi dans la cirrhose ; aussi est-il d’usage d’y prescrire généralement 2 à

4 grammes d’iodure par jour. A cette dose relativement faible, on ne craindra pas l’accumulation du médicament dans l’organisme ; car l’on sait que si la dose administrée dépasse 10 grammes, bien que

5 minutes après l’ingestion du médicament il apparaisse dans les urines, il s’y retrouve encore une semaine plus tard. D’après M. Iiuchard, il est certain que l’association du lait et des diurétiques à la médication iodurée, en favorise l’élimination par les reins, et diminue le danger d’intolérance; M. Besnier joint souvent une goutte de liqueur deFowlerà chaque gramme d’iodure ; M. Aubert, de Lyon, lui associe de petites doses de belladone; enfin M. Semmola se contente de le délayer dans une grande quantité d’eau, un litre environ, et il affirme qu’une expérience de 24 ans lui a prouvé que ce moyen suifit à le faire supporter par des malades réfractaires à une dose concentrée.

En se conformant à ces diverses indications, l’on retirera généralement de bons effets de l’iodure de potassium; dans les cas cependant où il déterminerait de la diarrhée, il faudra le suspendre, comme toute médication capable d’affaiblir le malade.

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