OBSERVATION V
(M. LEuDeT, Congrès de Montpellier, août 1879 in These Villemin.)
M. T..., 50 ans, commissionnaire, habitudes alcooliques très anciennes. Sa consommation journalière consiste en beaucoup de petits verres d’eau-de-vie, de la bière, du bitter.
Troubles digestifs : pituites matinales depuis longtemps.
Dans l’été 1877, il constate l’augmentation de volume du ventre et éprouve des douleurs abdominales.
Les urines sont rares, sédimenteuses, sans albumine.
Le 8 octobre 1877, on constate tous les signes d’une ascite, la limite inférieure du foie ne peut pas être sentie.
Le traitement consiste en diète lactée, eau de Vichy.
En présence de l’augmentation de volume du ventre, une ponction faite le 25 octobre donne issue à 12 litres de liquide. Les urines sont peu abondantes sédimenteuses. L’ascite se reproduit rapidement.
L'examen du cœur est négatif. Les fonctions digestives sont intactes. Le malade est mis au lait et à la gomme gutte.
L’ascite reste stationnaire pendant les mois de janvier et février et diminue en mars 1878 : le malade reprend alors
ses occupations. Le foie et la rate ne sont pas volumineux, mais le ventre est parfois un peu douloureux spontanément et à la pression. La guérison ne s’est pas démentie jusqu’à ce jour.
Huit ans après, M. LEUDET adressait la lettre suivante 2 M. le Président de la Société Médicale des Hôpitaux (S.M.H., séance du 28 juillet 1886).
« Je dois ajouter une note à l’observation de T.., âgé de 50 ans. Depuis 1877 jusqu’à ce jour, T... n’a eu aucune récidive de l’ascite. Sa guérison se maintient donc depuis 9 ans et cependant M. T.…. a recommencé depuis plusieurs années à user avec abus et jusqu’à ivresse, des boissons alcooliques. Pour moi, l’ascite alcoolique n’a pas la gravité de beaucoup d’autres ascites ; reste à savoir si la lésion du foie est bien la cause de l’épanchement intra-péritonéal ou si celui-ci ne reconnait pas pour cause une inflammation subaiguë des voies digestives ».