OBSERVATION IV
(Docteur CAUSSADE, Bulletin de la S.M.H., mai 1934.)
Car. Joseph, 56 ans, adonné spécialement au vin (2 litres par jour depuis longtemps. Atteint de dyspepsie stomacale (nausées, pituites, pyrosis) et de diarrhée depuis plusieurs années. Amaigrissement notable depuis 3 ans sans anorexie. Incapacité de tout effort depuis un an. A cette époque, les malléoles s’æœdématient, puis l’œdème s'étend aux jambes ; apparition de subictère.
Hospitalisation à l’Hôpital Saint-Antoine où on constate une légère ascite ; elle n’est pas ponctionnée et disparait spontanément, rapidement, complètement. Guérison apparente et reprise du travail pendant quatre mois, Puis de nouveau réapparition des signes observés auparavant, de l’œdème, du subictère ; mais aucune circulation collatérale. L’abdomen est souple, pas d’ascite. Urobilinurie. Foie peu réduit de volume, rate légèrement hypertrophiée débordant à peine le rebord costal. Quelques nausées, mais pas de vomissements; aucune hémorragie. Par contre, on note de l’amaigrissement, de la diarrhée. Nouvelle hospitalisation et nouvelle amélioration à la suite du régime lacté.
Le patient sort de l’hôpital : pendant trois mois il essaie de travailler, mais l’amaigrissement s’accentue de plus en plus. A bout de forces, notre sujet est de nouveau hospitalisé. Il n’y a pas d’ascite, l'abdomen est plat, non douloureux, mais le subictère reparaît.
La rate et le foie ont les mêmes dimensions que précédem-
ment. Persistance de l’urobilinurie. Taux des urines : 1 litre à 1 litre 500. |
Sous l'influence du régime lacté nouvelle amélioration récupération du poids (2 kg.), plus de subictère, plus de troubles gastro-intestinaux ; c’est dans cet état que la mort survient causée par un érysipèle de la face.
Autopsie : Pas d’ascite, pas de péritonite. Veines mésentériques, gastriques et intestinales souples et de volume normal. Rate : 350 gr. Foie : 1.000 gr. Pas d’adhérences et capsule normale. Le foie est clouté dans sa totalité ; certaines granulations atteignent le volume d’un pois. Tissu dur à la coupe, mais sous le couteau s’aperçoivent le nombreuses veines béantes.
Cirrhoses autrefois ponctionnées