‹ De la Curabilité des Cirrhoses Atrophiques de LaënnecChapitre 20 sur 31 · LOT · texte numérisé non relu

LOT

Le cœur apparaît normal, n’est pas augmenté de volume, les réflexes sont normaux.

Dans les antécédents, on ne relève aucune maladie sérieuse.

Il nie la spécificité mais se plaint de souffrir de troubles gastriques depuis 4 ans.

Du 17 avril au 11 mai, la température oscille entre 36°8 et 38° : les urines sont rares. On note à chaque examen une augmentation progressive du volume de l’abdomen.

À l’examen abdominal on est frappé par une circulation sous-cutanée très développée, mais surtout prédominante dans les régions péri-ombilicale et splénique ; la dilatation veineuse remonte même jusque sur la paroi thoracique antérieure gauche. |

Au palper, le ventre est ballonné, voire douloureux, l’exploration bi-manuelle permet de constater la sensation de flot.

La percussion montre de la matité.

Le foie est difficile à délimiter, la rate est énorme et on la sent sous la main occupant tout l’hypocondre gauche.

Les urines restent rares : la quantité émise dans les 24 heures est d’ailleurs difficile à apprécier en raison d’une diarrhée profuse qui fatigue beaucoup le malade.

Le 29 mai, l’ascite devenant une gêne manifeste, on évacue l’épanchement, 8 litres de liquide citrin.

L’examen du sang et du liquide d’ascite montre un B.W. positif.

Le 2 juin, le liquide réapparait : l’iodure de potassium à la dose de 4 gr. par jour et les injections de cyanure de mercure (10 jours par mois) sont prescrits.

Le 9 juin, les urines augmentent : la quantité atteint 3 litres par 24 heures, le 16 juin, pour retomber à 500 gr. le 23 juin.

Le 25 juin, une 2° ponction retire 8 1. 200 de liquide. Le malade en outre est soumis à un traitement héliothérapique bien que la cure spécifique soit continuée.

Le 18 août, une 3° ponction est jugée nécessaire et permet d’évacuer 8 1. 600 de liquide.

L'état général s’améliore.

Le 29 septembre, le malade se plaint d’un point de côté violent localisé à la base pulmonaire droit. L’auscultation décèle l’existence d’un foyer de congestion pulmonaire. A cette date, l'examen du cœur montre l’existence d’une aortite récemment développée.

Le 22 octobre, 4° ponction : 12 litres.

Le 17 décembre, 5° ponction : 12 1. 300.

nt

Le 8 février 1917, 6° ponction : 14 1. 200.

Le 1% avril : 7° ponction : 12 1. 700:

A cette date, l’état général s’est beaucoup amélioré. En juillet, l'amélioration persiste. L’ascite diminue progressivement ainsi que le volume de la rate.

Fin septembre, le volume du ventre reste stationnaire depuis plus d’un mois et l’état général est excellent.

Le 9 octobre, on évacue le liquide restant, soit 8 1. 500.

Depuis lors, l’ascite. n’est pas réapparue et le malade, suivi attentivement, quitte l’hôpital complètement guéri, au début d’avril 1918. Un examen du sang et du liquide d’ascite pratiqué à ce moment montrait encore un B.W. positif.

Depuis avril 1918, le traitement a été régulièrement continué. L’ascite a complètement disparu. Le foie reste petit, la rate a par contre notablement diminué : elle ne déborde plus les fausses côtes que de 3 travers de doigt environ.

Les phénomènes d’ascite ont eux-mêmes disparu.

Actuellement, le malade ne ressent plus de malaises : il présente un bon état général et a repris ses fonctions militaires.

En terminant, nous faisons remarquer qu’il y a maintenant un an que tous les accidents ont disparu.

Page 1