OBSERVATION XXVIII
(Due à l’obligeance de M, le Docteur VioLer.)
Rétroversion avec abaissement utérin, consécutive à l’amaigrissement causé par une fièvre typhoïde grave. — Réduction : pessaire. — Quinze mois après, on sort l'anneau. — L'utérus tient très bien. — Les tissus se sont raÿffermis, sous l'influence de l'amélioration de l’état général.
M°° X..., habitant le Jura, m'est amenée par un de ses parents, interne des hôpitaux.
Il s’agit d'une jeune femme, d’une trentaine d’années environ, ayant eu un accouchement, 1l y a trois ans, sans aucune suite pathologique, qui vient d’avoir une fièvre typhoïde grave. Depuis trois mois, elle est entrée en convalescence ; pendant deux mois et demi elle est restée au lit.
Depuis quelque temps, elle souffre de ses règles, ce dont elle ne souffrait pas auparavant; les rapports sont douloureux. Elle souffre également des reins et il lui semble que dans les efforts, elle sent au niveau de la vulve quelque chose qui descend.
Je constate une rétroversion, avec col à la vulve pendant les efforts, sans cystocèle, sans rectocèlé. Le périnée est flasque, mais il n’y à pas de déchirure. Il s’agit d’une malade qui à maigri énormément au cours de sa fièvre typhoïde. Elle ne peut nous donner un chiffre exact, mais elle sait qu'elle a maigri de 15 kilos. La paroi abdominale est relàchée, la malade est pâle et anémiée.
En présence d’une rétroversion compliquée d’abaissement, il me semble que seule une intervention sera capable de débarrasser cette malade encore jeune de son infirmité. Je conseille toutefois d'attendre avec un pessaire que l’état général soit meilleur. Réduction manuelle de l’utérus : pessaire de Smith.
Trois mois après, je revois cette malade, qui va beaucoup mieux, qui à repris un peu d’embonpoint. Le pessaire est très bien supporté; l'utérus est en très bonne position. Elle me demande si elle peut partir en Algérie.
Un an après, je revois cette dame, retour d'Algérie. Elle est transformée au point de vue état général. Ses tissus ont repris de la fermeté et quand je l’examine au point de vue local, je me demande comment j'ai pu songer chez cette malade à une intervention. Le périnée est solide, les parois vaginales tendues, l’utérus est en très bonne position. On sort le pessaire.
Trois mois après, passant à Lyon pour regagner l'Algérie, cette malade vient se montrer. Elle va tout à fait bien. Son utérus est en très bonne attitude.
OBsSERVATION XXIX
(Due à l'obligeance de M. le Docteur VIoLeT.)
Rétroversion chez une nullipare vierge? — Les accidents ont débuté immédiatement après une chute sur les reins. — Pas de ptose, pas de prolapsus. — Réduction. — Pessaire pendant un an. —- Guérison. — (On se demande s'il s'agit d’une rétroversion congénitale accentuée par le traumatisme ou d'une rétroversion traumatique pure.)
Me X..., 24 ans. Villefranche:
N'est pas mariée, n’a jamais eu d'enfant n1 fausse couche. Prétend n’avoir jamais eu de rapports, mais l’examen vulvaire dénote une virginité douteuse.
Vient consulter en 1906 pour des douleurs de reins avec irradiations dans les cuisses et pesanteur dans le bas ventre, survenues depuis trois mois, à la suite d’une chute sur le dos dans un escalier. La malade fait remonter très nettement le début de ces symptômes à cet accident. Elle a soutfert beaucoup à ce moment, elle a été obligée de se coucher
Do —
quarante-huit heures et depuis elle a ressenti une douleur au niveau de la région sacrée, qui n’a jamais disparu. Les règles, douloureuses auparavant, l'ont été davantage depuis.
A l'examen, on constate une rétroversion sans prolapsus; le col ne descend pas à la vulve, le périnée est intact et résistant. La réduction à l’hystéromètre est facile, mais il est très difficile de trouver un pessaire suffisamment grand, pour maintenir l'utérus, parce que d’un côté l’étroitesse de la vulve ne permet que l'introduction d’un pessaire petit, et d'autre part que le dôme vaginal et le cul-de-sac postérieur sont très développés; on a l'impression qu'il faudrait un pessaire beaucoup plus grand que ne le permettent les dimensions de la vulve.
Devant ces difficultés, on remplit le cul-de-sac postérieur avec de la pâte à prendre des empreintes, dont se servent les dentistes, et on applique un pessaire par-dessus.
Ce genre de pessaire a été très bien supporté pendant six mois, sans déterminer de sécrétions. L’utérus a été très bien tenu. Au bout de ce temps, on le remplace par un pessaire de Dumontpallier élastique, qui a l’air de maintenir la correction.
Six mois après, cette jeune fille demande à ce qu'on lui sorte son anneau. Elle est revue au bout de deux mois avec un utérus en très bonne position.