CHAPITRE IV
Résultats.
La plupart des auteurs sont en désaccord sur la queslion des pessaires. Si le pessaire compte beaucoup d'ennemis, il a aussi de notables partisans. Bouillv, Doléris, au Congrès de Bordeaux en 1895, ont essayé de le réhabililer. « Contre les utérus en rétrodéviation, dit Péan, la chirurgie n'a guère à intervenir. Les pessaires, bien que déclarés insuffisants, incommodes et même malpropres, par certains chirurgiens, ne méritent pas cet excès de rigueur. » À Lyon, notamment M. le professeur Pollosson, le docteur Condamin et la plupart des gynécologues se déclarent satisfaits des résultats de la pessarothérapie.
En comparant les stalistiques des différents auteurs ayant traité de ce sujel, on y trouve de sensibles différences :
Sänger, d'après une stalislique personnelle très scrupuleuse, faite sur 57 cas de sa pratique privée, n'a obtenu que 7 guérisons, soit 12,2 p. 100, par les pessaires, el 27 améliorations, soit 47 p. 100. Dans 15 cas, soit 26,3 p. 100, aucun résullat local, quoiqu'il v ait eu diminution des symptômes subjectifs.
Par contre, Bouilly à obtenu de très bons résultats des
to pessaires. Sur 130 cas, il a compté 105 succès définitifs, c'est-à-dire la disparition de tous les troubles attribués à la rétrodéviation et le maintien de l'utérus en bonne attitude après le retrait du pessaire : 12 insuccès chez des hystériques où le pessaire ne put être toléré; 13 cas où la disparition des accidents est obtenue, mais l'utérus reste en rétrodéviation une fois le pessaire retiré. Bouilly a vu 6 fois se produire une grossesse, soit pendant le port de l'appareil, soit après son retrait, chez des femmes stériles auparavant.
Schultze évalue à 50 p. 100 le nombre de ses guérisons définitives.
l . Nous regrettons de ne pouvoir apporter dans ce travail une statistique personnelle. Le temps nous a manqué pour l'observation d'un assez grand nombre de malades. Néanmoins nous avons pu recueilhr 29 observalions de malades dont la guérison a été constatée à plusieurs reprises. C'est dire que les cures définitives sont assez fréquentes, plus fréquentes même qu'on n'aurait tendance à le croire, si l'on songe que quantité de nos malades, soulagées dès la pose du pessaire, ne nous reviennent plus.
Sur nos 29 observations de cures définitives, nous complons :
2 rétroversions congénitales ?
1 rétroversion traumatique; 25 rétroversions post-puerpérales 1 rétroversion par amaigrissement consécutif à une fièvre typhoïde.
Il est donc bien évident que le pessaire donne des résultats dans ces différents cas, surtout dans les rétrover-
sions post-puerpérales, qui, à elles seules, constituent Ta grande majorité des rélroversions. Nous croyons que le traitement orthopédique doit être essayé en premier lieu: ce n'est qu'au bout d’un certain temps du port du pessaire qu'on peut affirmer le bon résultat où l'échec du traitement, et ce n’est que lorsque le traitement donne des insuccès qu'il est permis de penser au traitement opératoire.
Aussi, tout en reconnaissant que le pessaire échoue dans certains cas, nous sommes convaincus que la plupart des rélroversions post-puerpérales doivent guérir par le pessaire à condition d'être traitées à temps et d'une laçon convenable et suivie.
Si nous comparons ce traitement imoffensif avec les résullals aléatoires de lintervention, l'influence qu'elle pourra avoir sur la marche des accouchemients futurs, nous dirons, que le traitement par le pessaire, non seulement est à opposer au traitement chirurgical, mais que dans bien des cas, il donne de meilleurs résultats que l'opération, puisque c'est la reslitulio ad integrum.