‹ De la Curabilité des RétroversionsChapitre 22 sur 23 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Indications.

Il nous est aisé maintenant de poser les indications du pessaire. Toutelois, il est bien entendu que nous ne traiterons 1c1 que les rétroversions mobiles, les rétroversions réductibles.

Dans les rélroversions congénitales, on ne peut pas attendre beaucoup du traitement. Chez une jeune fille à vulve étroite, à hymen non déchiré, il ne faudra pas essayer d'introduire un pessaire, car cette introduction ne serait pas sans inconvémient. Même dans les cas d'un hymen déchiré, il est préférable de ne pas tenter l'expérience; en eflet, le pessaire risque fort de rester sans résultat par suite de la brièveté du vagin. Il est préférable d'attendre le mariage. Il faudra alors compter sur la grossesse. Nous réduirons l'utérus gravide une fois le diagnostic posé et placerons un pessaire jusqu'à la fin du quatrième mois; celui-ci sera remis après l’accouchement. Nous obtiendrons quelquelois des résultats. Malheureusement, la rétroversion congénitale est souvent une cause de stérilité, c'est pourquoi on est autorisé à intervenir si, après quelques années, le mariage est demeuré stérile.

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Dans les rétroversions traumatiques (d’ailleurs très rares), les effets du pessaire sont parfois bons. L'utérus réduit, le pessaire placé, on prescrira aux femmes le repos, en leur recommandera d'uriner souvent, d'éviter la conslipation, les efforts violents et alors l'utérus pourra reprendre d'une façon définitive sa situation primitive. Mais souvent le traumatisme n'aura fait qu'exagérer le prolapsus préexistant et seule l'intervention pourra être efficace.

Les rétroversions post-puerpérales, par subinvolution, restent le prototype de la rétroversion curable par le pessaire. Nos nombreuses observations le démontrent. Ces utérus gros, mous, douloureux, redeviennent alors normaux. L'effet de la reposition est presque immédiat : la diminution de l'organe dans sa longueur et dans son épaisseur peut être appréciée par le doigt explorateur ou par la sonde et peut atteindre 1 centimètre en quelques jours. Les douleurs de la femme diminuent, puis disparaissent complètement, les mouvements deviennent plus faciles, la miction et la défécation se font aisément. Au bout d'un temps variable, l’antéflexion normale succède à la rétroversion.

En ce qui concerne les rétroversions métritiques nous devons distinguer 3 cas

1° S'il s’agit d'une métrite grave, réclamant un curetage où une ampultalion du col, mieux vaut profiter de l'anesthésie et faire en même temps une opération orthopédique. Les malades elles-mêmes demandent ce traitement.

2° S'il s'agit d'une métrite légère, le pessaire pourra être appliqué sans inconvénient et aura d'excellents

ETES effets. Ainsi l'utérus redressé videra bien ses sécrétions, le catarrhe du col et celui de la cavité du Corps, si pas Lrop anciens, disparailront bien vite. Les menstruations proluses ou trop souvent répétées, feront bientôt place à une menstrualion normale.

3° Sil s'agit enfin d'une rétroversion avec paramétrite nous devrons tout d'abord faire de la columnisation, du massage ; et ce n'est que lorsque tout phénomène inflammatoire aupa disparu, que les douleurs auront cessé, que l'utérus sera réduit, qu'on pourra commencer le traitement par le pessaire.

Dans les rétroversions fonction de relâchement des ligaments, consécutives à des ptoses, à des amaigrissements intenses (comme dans la convalescence des maladies infectieuses), le pessaire trouve là encore une excellente indication, mais nous aurons soin, en même temps, de combiner son emploi avec celui d'une ceinture hypogastrique, et de faire un traitement général (fer, suralimentalion, hydrothérapie).

Les rétroversions fonction de prolapsus relèvent uniquement de la chirurgie, mais, là encore, le pessaire rendra bien des services: c'est le meilleur moyen d'attente. Les malades soulagées, on pourra ainsi retarder l'intervention et profiter du moment favorable.

Les rétroversions séniles enfin, n'occasionnent en général aucun trouble pathologique : l'utérus, petit, sclérosé, a passé l'âge des congestions et n'est nullement douloureux. Il n'y faut pas toucher.

En résumé, sauf ce dernier cas, toutes les rétroversions réductibles, même non douloureuses, doivent être traitées. Il ne faut jamais les considérer comme une affec-

NO 4 tion insignifiante, car une rétroversion réductble est à peu près fatalement condamnée à des complications. Comme le dit Trélat, elle tend à contracter des adhérences, à devenir douloureuse, et le traitement deviendra alors beaucoup plus difficile et plus dangereux.

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