VII. — Essais d'alimentation
VIII. — La mucédinée cholérique est-elle identique avec le contagium du choléra?
On voit, d'après ces titres d'aulaot de chapitres, quelle est la multiplicité et, en apparence au moins, la précision des recherches du Dr Hallier, sur celte mucédinée, déjà observée, ainsi que nous l'avons dit, en Angleterre, dès 1849, par Swayne, Britton et Budd, et plus tard aussi par le Dr Thomé (Virchow*s Archiv. 38, xiv, tab. vu, mais contestée ou plutôt niée par M. Cb. Robin.
u, En 1867, dit l'honorable collaborateur de la Gaz. méd, de Strasbourg f M. Rallier avait l'honneur d'annoncer à la Société ^ des sciences naturelles de Berlin que les boules gélatineuses des déjeclions oryziformes sont des colonies de micrococcus du fruit d'une mtilaginée. » On a déjà vu que le môme observateur admet un micrococcus de la scarlatine.
Malgré les recherches, en apparence si complètes et si précises, de M. Rallier, et dont nous regrettons de n'avoir pu prendre une connaissance plus approfondie, l'existence du micrococcus cholérique est loin d'ôtre généralement admise, et nous ne pouvons nous-môme la considérer comme démontrée. Si môme on pouvait, en pareille matière, raisonner par analogie, nous serions beaucoup plus disposé à attribuer le choléra à des parasites animaux qu'à des parasites végétaux ; il nous semble que la marche de ces vastes épidémies qui s'abattent soudainement sur d'immenses surfaces, donnent beaucoup plutôt l'idée de ces essaims d'insectes, mouches, sauterelles ou autres, qui, dans leurs funestes migrations, envahissent à la fois les campagnes et les cités, et dont Paris et plusieurs Vo^i^WV^?» ^^ \^
•4 DE L'AGIDB PHÈNIQUK.
France et d'autres pays noms ont offert un exemple frappant au flébut du printemps dernier. Si ces mouches noires dont le sol de Paris était jonché au mois de mars 1872, a?aieni été microseo* piques au lieu d'être volumineuses comme de longues mouckes communes et si elles avaient été aussi pernicieuses qu'elles étaient innocentes, nous aurions assisté à la plus terrible des épidémies, et qui aurait eu la marche des grandes épidé* mies de choléra, de peste ou de variole. Les développements végétaux n'ont guère cette soudaineté et cette généralité d'ex" tension, et l'on pourrait presque dire de progression.
Quoi qu'il en soit, micropbytc ou microzoaire, la nécessité de la présence d'un parasite pour expliquer le choléra et plusieurs autres maladies fait aujourd'hui tellement de chemin, que le rédacteur de la même Gaz. mèd, de Strasbourg^ qui nous a bit connaître en substance les recherches du docteur Hallier, ajoite!
c Les nouvelles études sur les mucédinées, sur leur génén* tion alternante, si bien exposées dans le beau travail d'Antoine de Bary et dans les mémoires de Hallier et autres, deviennent obligatoires pour tous les médecins pensants, et la mycologio devient l'une des bases de l'étiologte pathologique (de même que la zoologie micrographique). Ces sciences ne sont plus des études préparatoires ou accessoires; mais elles seront désormais des doctrines fondamentales en médecine... >^ etc. Le docteor Kirschleger fait observer qu'il faudra beaucoup de temps povr faire pénétrer la doctrine des ferments dans l'esprit des chimistes; mais il est probable que ce temps sera notablement abrégé par les beaux travaux de M. Pasteur, et parla discussion récente qui a eu lieu au sein de l'Académie des sciences de Paris, et dans laquelle un des adversaires les plus décidés de5 ferments vivants, M. Frémy, a été obligé de reculer publiquement devant les expériences décisives proposées par M. Pastenr. Quant au client de M. Frémy, M. Liebig, il ne s'est pas rendu d'aussi bonne grâce, parce qu'il a l'entêtement et la vanité de sa race; mais sa doctrine du mouvement communiqué, qui n'i, du reste, jamais satisfait aucun esprit sérieux, et qui n'a jamais été digne de son talent, celte doctrine n'en a pas moins élé mise à néant par M. Pasteur, à qui M. Dumas vient, il y aqnel- |î
es joursy d'apporter un nouvel appui. Nous avons établi « 1^
At>PL!CATiONS ÎHÈRA^BtJTIQUES DE L*ACIDE l»HÉJSlQtJE. it
fait assez clairement dans noire introduction pour n'avoir ptft à y revenir ici. Nous avons dit, en parlant du charbon, que tous les traînards et tous les pillards de l'armée du progrès réclameraient bientôt, à Texemple des Lemaire, des Sanson et autres, la priorité des applications médicales de l'acide phénique ; il en sera absolument de môme de la doctrine parasitaire : non-seti* lement tout le monde y croira, mais tous les intrigants Tattront inventée, et M. Fiasse sera tenu pour un plagiaire. Puisqu'on ne peut étoufifer la race des pirates scientifiques, il faut bien vivre avec elle, et môme la guérir, au besoin, du choléra, puis* qu'on ne peut la guérir de ses mauvais instincts. C'est de quoi nous allons nous occuper dans un instant.
Lors de la première édition de cet ouvrage, nous en étions encore aux probabilités sur l'efficacité de l'acide phénique dans le traitement et la prophylaxie du choléra. Depuis sept ans, la situation est bien changée : des faits nombreux ont donné aut probabilités que nous établissions alors une importance que personne ne saurait contester, et tout nous permet d'espérer que, si TEurope est destinée à subir une nouvelle invasion da fléau indien, elle sera suffisamment armée pour atténuer singulièrement les atteintes du fléau, sinon pour les neutraliser ab* solument Notre confiance est d'autant plus grande que, depuis la publication de la première édition de ce traité, nous avons expérimenté un parasiticide nouveau, plus prompt dans son action sinon plus énergique que l'acide phénique lui-même^ ei qui nous parait devoir combattre avec succès môme les cas de toléra les plus foudroyants. Et à propos de cas foudroyants, BOUS insisterons môme ici, d'une manière spéciale j sur um opinion qu'au premier abord on pourrait croire paradoxale et ^ue nous avons exprimée ailleurs, c'est que les maladies nous paraissent d'autant plus facilement curables qu'elles ont une marche plus rapide, pourvu cependant qu'on ait au moins le temps d'administrer un remède et de lui faire parcourir le cercle complet du système vasculaire. Si la doctrine parasitaire est fondée, on s'apercevra, avec un peu de réflexion, qu'il en doit ôtre ainsi. Gomment doivent agir des parasites, dans une maladie de longue durée, dans une maladie organique, par txemple, où il y a une modification, môme une lîMi&tQtm^S»<OL
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3 comparaison, comme lacrobate qai traverse sur la corde e les précipices du Niagara : que Tinepte audacieux penche 'épaisseur d'un cheveu plus qu'il ne doit, à gauche ou à te, il se précipite dans l'éternité; mais que le plus mince ncier lui permette de rétablir son équilibre, et il arrivera ^rme de sa course, sans avoir, en apparence, couru aucun ger. La difficulté est donc de lui faire parvenir le faible )urs du balancier, et dans les maladies cela sera d'autant s facile que les parasites seront plus libres au sein de Torlisme, c'est-à-dire, en d'autres termes, qu'ils nageront dans fluides organiques; or, ce n'est évidemment qu'en nageant grand nombre dans ces fluides, et principalement, sinon lusivement, dans le sang, qu'ils peuvent produire des effets ides, en quelque sorte foudroyants, parfois. Il n'y a donc i de paradoxal à prétendre que plus une maladie est rapide s sa marche, plus elle doit être facile à guérir. Mais il y a ore une autre raison pour qu'il en soit ainsi.
est probable que les microphytes oiFles microzoaires qui se eloppentpromptement en très-grand nombre ontu^e vie dont urée est en rapport ayec la rapidité de leur développement. Il oit môme être ainsi sous peine de périr eux-mêmes par suite leur propre action: en effet, les parasites, les êtres ani- >en général, qui se développent dans certaines conditions, peuvent évidemment pas vivre dans des conditions coures : quand un chien meurt, les puces quittent son cada-
et vont chercher un autre hôte ; mais les vers intestinaux les autres parasites qu'il pouvait nourrir meurent avec lui. tuant l'animal qui les nourrit, les parasites se tueraient c eux-mêmes, si, pendant le temps qui s'écoule entre le dé-
de leur notion morbigène et le moment de la mort^ ils ralentie temps d'accomplir leur évolution organique natue, laquelle assure la perpétuité de l'espèce. Ce que la raison ique, les précieuses observations du professeur Baillet sont lies le confirmer. On a vu (article C/iar&on, nouvelles applicas de l'acide phonique, p. 388) que ce consciencieux et habile 3rvatcurn'a trouvé de bactériJies dans le saog des animaux rbonneux que dans les heures qui précèdent la mort, et après ortmême. Chez les animaux malades, mais qui ne succombent
Ô8 DE L'ACiBE PHÉNIQUÉ.
pas, et avant les derniers moments chez ceux qui suecombent, on ne trouve que des corpuscules, lesquels sont, on n'en peut guère douter, une des phases de la vie des bactéridies. D'où il est permis, ou plutôt d*où Ton est obligé de conclure qu'à l'état de bactéridie, où il détermine la mort, le parasite dn charbon a accompli l'évolution nécessaire pour assurer sa reproduction par la dispersion des déjections ou môme des débris cadavériques. Il résulte, en définitive, de cet enchaînement de faits, que, pour être curatives, il suffit que les médications parasiticides, dans les maladies foudroyantes (i), agissent pendant un temps parfois très-court ; qu'il n'est même pas indispensable qu'elles atteignent tous les parasites, car les forces organiques ont un ceitain degré de résistance qui leur permet de lutter contre les parasites quand ceux-ci ne sont pas trop nombreux. Que la médication en diminue seulement le nombre dans une proportion notable, et la vie sera sauve.
Ces considérations doctrinales posées, voyons comment les faits les justifient. •
Lorsque^je conseillai, dans la première édition de ce travail, la médication phéniquée contre le choléra, j'étais guidé uaiquement par des déductions théoriques. Cependant quelques faits d'observation semblaient déjà prouver que c'était parmi les parasiticides qu'il fallait chercher une médication aniicholériquc efficace. J'ai publié in extenso, dans la première édition de mon livre, des lettres qui tendent à prouver Taction favorable de quelques substances dont les propriétés parasiticides ne sont pas douteuses, quoiqu'elles n'aient pas Téacrgifi de celle de Tacide phénique. Mais, depuis huit ans, la science a marché, et les lettres de mes honorables correspondants ^ amis ont perdu une partie de leur intérêt ; nous nous contenterons aujourd'hui d'en publier un résumé.
La première est de mon savant confrère et ami, M. le docteur Herran, qui était à l'époque consul général de l'Equateur et de
(1) II est sans doute inutile de dire que par foudroyantes, on ne saurait enteodre
des maladies qui tueut avec la rapidité de la fuudre : eu é^rd à la snardie oiA-
itaire des maladies graves les plus communes, ou peut appeler (oudroyaotfs des
maladies qui tuent en quelques heures, en une heure même, ce qui se Toit trop
Hfeat daus le choléra.
Honduras, et qui a passé une partie de sa vie dans des localités où régnent les plus terribles épidémies. Au point do vue curatif et prophylactique médical, Ja note de mon honorable ami ne fait guère qu'exprimer sa confiance dans le chlorure de sodium et de calcium ; sa confiance parait en effet justifiée, par ce qu'il a observé dans l'état de San Salvador, quoique ce moyen ait été expérimenté dans bien d'autres localités sans beaucoup de succès ; mais ce qu'il y a surtout d'intéressant dans la note de M. le docteur Herran, ce sont les remarques sur les lazarets ; l'hygiène administrative internationale aura à en faire son profit, car les mesures que M. Herran propose paraissent on ne peut plus rationnelles :
c Les miasmes qui causent les épidémies, ditr-il, peuvent
aussi être transportés par des navires, renfermés dans des cales généralement hermétiquement fermées. Il est évident, en effet, que, lorsqu'on opère le chargement d'un bâtiment dans un pays où règne l'épidémie, les balles et les caisses de marchandises qu'on met à bord, ainsi que les vides du navire, contiennent une certaine quantité d'air vicié ; une fois le chargement terminé, ou calfeutre les écoutilles jusqu'à ce que le navire soit parvenu à destination.
» Celui-ci aussitôt arrivé à son port d'armement, les autorités demandent la patente de santé; si le capitaine n'en a pas, on l'amène au lazaret; là, on procède à l'ouverture des écoutilles, et quelquefois môme on exige le débarquement des marchandises pour procéder à l'assainissement du navire, soit par le moyen de fumigations, soit par le lavage avec de l'eau chlorurée, etc.; une fois ces opérations terminées, on se croit en sûreté.
» Eh bien, tel n'est pas mon avis, et voici pourquoi : lorsqu'on ouvre Técoutille, l'air vicié de la cale se dégage immédiatement au dehors; et, si le vent porte sur la ville, le germe de l'épidémie s'y développe avant que le navire ait jeté son ancre dans le port, et la population se trouve toute surprise de se voir atteinte d'une maladie épidémique avant qu'aucun habitant ait communiqué avec l'équipage (1).
/]) Tel a été le mode de propagation de la fièvre jaune qui s'est montrée l'année dernière & Saint-Nazaire.
m DB L'AGIDK PHÈNIQUB.
» Si ma manière de voir est exacte, et je le croîs jusqu'à preuve da contraire» les lazarets sont fort inutiles. On m'objectera sans doute que» s'il en est ainsi, on se verra dans l'obligaUon de cesser toute communication avec les contrées infectées. Si cette question m'était posée, je répondrais négativemont, attendu que j*ai la conviction qu'il existe des préservalifs» et nu^me des antidotes pour se préserver et combattre toutes les maladies; ce qu il importe, c'est de les connaître et de sVn servir à propos.
» Pour se préserver de l'importation du choléra et de la fièvre jaune par navires, il serait urgent d'exiger de cbaqne eapitaine se trouvant dans les ports où règne l'une ou l'autre de ors épidémies. d*avoir, une fois le déchargement opéré et avant de prendre son chargement de retour, à saupoudrer le fond de la cale avec du chlorure de chaux en poudre, ainsi qite dVn Jeter quelques poignées çà et là au fur et à mesure qu'on procéderait à l'arrivage des balles et caisses de marchandises; on aurait également soin d'en répandre quelques poignées audessus du chargement, au moment de fermer les écoutilles. De cette manière, l'action du chlore neutraliserait pendant le voyngo Taction délétère des miasmes, de telle sorte que leur principe venimeux n'aurait plus d'intensité à l'arrivée du bâtiment en Europe.
^ J'ni la plus grande confiance dans l'efficacité du chlore dans ces circonstances ; j'en ai fait l'expériencjs avec succès dans plusieurs circonstances mémorables. >
Ces dernières précautions qu'indique notre savant ami produiront incontestablement d'excellents résultats, dans le cas de maladies contagieuses transportables par les marchandises; mais, sans nior absolument l'action favorable du chlore, nous pensons que le but sera beaucoup mieux atteint par l'emploi de l'acide phéniquo d'après le procédé indiqué par M. Herran; d'ailleurs, rien n'empêche d'employer concurremment les deux désinfectants, ou, pour mieux dire, les deux parasiticides et aussi un nouveau parasilicide qui, d'après de récentes expériences que j'ai faites, parait être très-puissant, et qui a seulement l'inconvénient d'être d'une odeur fort désagréable : c'est l'acide phénique bi-chloré.
Quant à ce que dit notre honorable ami de l'inutilité des lazarets, quoique nous n'attachions pas à ces établissements l'importance que leur attribuent leurs plus ardents défenseurs, il faut cependant reconnaître que les reproches que leur adresse H. Herran ne sont fondés que relativement aux maladies dont le ferment du parasite morbigène est transporlablc par les vents ; pour ceux qui ne se propagent que par le contact direct, comme ceux de la gale et de la syphilis, les mesures employées dans les lazarets permettraient évidemment d'alteindre le but pour lequel ils sont créés. Mais il faut ajouter que ce sont les ferments volatils qui causent toutes les grandes épidémies, et que les remarques du docteur Herran sont applicables à presque tous les fléaux épidémiques qui menacent la santé publique. Hais il y aurait bien d'autres choses à dire sur la transmission de ces fléaux, car leur transport par navires n'est plus, de noire temps» que la voie à beaucoup près la moins importante ; l'examen des questions que soulève ce transport nous entraînerait trop loin de notre sujet.
La seconde lettre est due à un ami, étranger aux études médicales, mais dont Tesprit profondément observateur donne tin grands poids à son lémoigaage \ elle est de M. John Van den Broek» un des grands celons hollandais de Java. A la nouvelle que le choléra avait fait, en 1864, une invasion violente dans Ciette lie dont le climat se rapproche tant de celui de l'Inde, je priai cet excellent ami de vouloir bien étudier l'action des médications employées dans le pays et d'essayer comparativement l'acide phénique; malheureusement, ma lettre arriva <|uand déjà l'épidémie s'était éteinte, et mon bienveillant correspondant ne put que me donner, en consultant ses souvenirs et ceux de quelques amis, médecins et autres, une appréciation sommaire des résultats obtenus de quelques médications:
c A défaut de ces renseignements précis, m'écrivait mon
^mi^ je puis cependant vous dire que, de tous les remèdes employés, ceux externes ont donné les meilleurs résultats.
> Les différentes prescriptions au laudanum, à la glace, etc.. Kl 'ont amené que rarement des effets satisfaisants.
» Par les moyens externes j'eus moi-mftme Vocc^^X^w ^^
IH m L'AODI PHÉKIQCB.
coDsttter vn grand nombre de cms de gnërison, snrtoiil qm' ees moyens forent appliqués k la première manifesutioi da symptômes de la maladie.
■ Des frictions violentes d'alcool camphré sur l'épi^ le dos, les reins et l'eitrémité des membres ranenèreil assez promptcment la chaleur et provoquèrent en général ne circnlation assez forte ponr empêcher renvahissemeot ^i germe de la maladie. Qaand cet effet n'était pas obtenu, ^^ cool camphré fat remplacé par nne infusion de petits pineDi^ appelés pim«fi<« enragés, snr de l'alcool» et, en dernier lieii quand ce moyen-là était aussi insuffisant, on fit avaler anpttitfl un quart ou demi-verre d'alcool camphré. Ce remède, vnpfl héroïque, a été le plus souvent couronné d'un heureux sntf^
» Le nombre de malades guéris par ce traitement est eti' sidérable; et un fait remarquable à cet ég^rd est àdter:k chef d'un atelier de construction contenant environ SOonTiieni et se trouvant entouré de marais au beau milieu du foyer ^ l'épidémie, ayant appris les heureux effets de ce moyen curtliL l'appliqua à ses ouvriers qui, presque tous, furent atteioUttl il n'en perdit pas un seul.
» Je puis encore mentionner un fait digne de remarqiei
non pour la guérison, mais pour les recherches de la propaf*^ tion du germe de la maladie. Les premiers cas de la m\i^''^ se sont manifestés à l'extrémité ouest de l'Ile, dans les pr^ miers jours de la mousson d'Est ; et c'est contre cette moïSSOD; qui n'a cessé de souffler avec sa persistance habitaelle, qo^^ maladie a remonté vers l'est, jnsqu'à l'extrémité de l'Ile. >
Aussi bien sur ce dernier fait que sur l'action du pimenteo* ragé et de l'alcool camphré, il y aurait qaelques remarquer importantes à présenter ; elles seront implicitement conteao^^ dans celles que nous formulerons en faveur de la médication parasiticide ; nous nons bornerons donc, pour le moment.^ faire observer que les moyens qui paraissent avoir donné d^ bons résultats à Java, comme ceux qui en avaient donné de pareils au Centre-Amérique, appartiennent à la catégorie des parasiticides.
La troisième lettre me fut également écrite de Java ; Van* teur, un professeur distingué de chimie, M. Mousset^ élève de
M. Pasteur, avait observé la môme épidémie que M. Van den Broek, mais sur un autre point de l'île, el ses observaiîoos se rapprochent beaucoup de celles de ce dernier, quoique faites à une grande distance les unes des autres :
« Saqaarang, 10 Dovembre 1864. »
L'auteur distingue, à peu près avec tout le monde, trois degrés de gravité de la maladie, qui n'en sont assez souvent que des périodes : !<> « Perturbation des fonctions vitales par une cause quelconque ; 2o envahissement de l'organisme par des germes morbifères et leur développement; 3o effets de ces germes morbifères.
» .... Dans le deuxième cas, il faut expulser et luer. On expulse par les purgatifs, on expulse et on tue par tout ce qui contrarie la fermentation. L'acide sulfureux libre ou combiné, l'acide phénique, la créosote, les sels mercuriels, l'aloès, le camphre, etc. (il suffit d'indiquer). »
c Le troisième cas est toujours très-grave. Dans le choléra, la circulation s'arrête. Il faut, par tous les moyens, la rétablir. Les excitants par endosmose 5onf les seuls efficaces Il
s'agit de faire entrer, dans l'économie du sang, un stimulant, et cela rapidement. Frictionner fortement avec un corps ad hoc. Le piment enragé a aussi produit de bons résultats. Je crois qu*il agit aussi comme anti- fer ment, »
L'acide phénique mentionné dans la réponse démon savant correspondant prouve que, dans ma lettre qui a provoqué C3tie réponse comme dans celle que j'avais déjà écrite à mon ami Van den Broek, je fondais des espérances sur l'acide phénique et que je me préoccupais de le faire expérimenter. M. Lemaire, dans la seconde édition de son livre^ qui suivit la première du présent ouvrage, ne pouvait manquer de marcher sur mes traces, tout en faisant semblant de ne faire, en proposant l'acide phénique, que continuer la médication qu'il avait préconisée antérieurement; mais la vérité est qu'il n'est pas dit un mot de l'application de l'acide phénique au traitement du choléra, dans la première édition du livre de M. Lemaire; il a fallu que ma publication lui ouvrit les yeux pour qu'il commençât à voir clair. C'est là^ il est vrai, une question depuis longtemps
lOi DE L*ACIDI PHÉIIIQUB. i
entendue, tossi n'en parlé-je ici que pour rafraîchir laié' moire du lecteur.
M. Lemaire a donc conseillé» dans la deuxième èdUmàm livre, l'acide phénique contre le choléra, et il a méme,di4 été chargé par un sous-direcieur de la compagnie parinene d'éclairage et de chauffage par le gaz, de rédiger en 1863 ik instruction destinée à guider le maire et les médecins de foi' Ion dans l'emploi de cet acide. De cette insiruclion dovsk reproduirons que les deux premières lignes; elles soffiroDtpov montrer avec quel art et quelle haute raison M. Lemaire 01 allier la philosophie à la médecine : 1» :
« En toute chose les moyens préventifs sont les plus efr |içcaces.
> C'est pour cette raison que je me propose, etc... ^îo^^ f ;4 reste est en parfait rapport avec cette philosophie piltoresqtt où le prudhommisme s'allie si agréablement au tganart}^*' 11 serait d'autant plus inutile de le rapporter, que la miQ'^ d'employer l'acide phénique conseillée par M. Lemaire, qui 11'^ tait pas bonne en 1865, l'est encore moins aujourd'hui; gr^ k nos e£fori8, la pratique a fait quelques progrès depuis sep^ ans.
M. Lemaire n'était du reste pas le seu^^ en 1865, à avoir pr<^ fité de mes travaux, ce qui n'aurait pas éié un mal, tout ^u contraire, si ceux qui marchaient dans notre voie avaient rendu justice à celui qui l'avait ouverte. C'est M. Lemaire lai' même qui rapporte, dans sa seconde édition, l'extrait d'une lel' tre du Salut public de Lyon du 29 septembre 1865, et qai prouve qu'un chimiste, M. Dien, avait fait expérimenter par plusieurs médecins italiens, dans la province de la Capitanata, un procédé d'application de l'acide phénique c qui est à peu près, dit M. Lemaire, la reproduction des différents modes d'emploi de l'acide phénique dont j'ai parlé (1). » Malgré les bons résul-
(1) Voici le procédé conseillé par M. Dien :
Prenez : Acide phénique cristallisé : 10 grammes;
Faites liquéfier en plongeant le flacon dans l'eau chaude et versez-le dans :
Alcool de bonne qualité 15 gram.
Mélangez et ajoutez eau pure . . 20 gram.
Pour applications externes et aspirations sur un mouchoir, dans l'eau de toilette et en évaporalions à»^* '^* •ppartements.
: APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. Hb
préventifs que, d'après M. Dien, auraient obtenu divers ecins de la Capitanata, nous croyons que le procédé qu'ine l'honorable chimiste n'est pas celui qu'il convient d'adopmais il n'en prouve pas moins que, dès 1865, notre initiative . eu des imitateurs et que l'acide phénique faisait son che-
Le procédé proposé par M. Dien, de môme que ceux que emaire avait signalés dans son instruction, avait d'ailleurs ut purement préventif, puis l'époque de cette instruction et de ma première éJi-
diverses observations ont été faites qui tendent à démoni'action préventive de l'acide phénique. J'en citerai quel- -unes.
t 1866, pendant la terrible épidémie cholérique qui sévisà Amiens, un honorable fabricant de celte ville me fit ander des conseils sur le,régime à suivre dans son usine. i\ rédigeai une instruction conforme aux règles qui seront "alliées à la fin de cet article; au commencement de 1868, 3 la satisfaction de recevoir la lettre suivante :
« Amiens, 21 jin? ier 1868.
> Monsieur,
Je viens, quoique un peu tard, vous remercier des bons seils que vous avez bien voulu me donner sur la marche à Te pendant l'épidémie qui a si cruellement éprouvé la ville nîcnsen 1866.
Quoique mon usine soit située dans le quartier où lama* 3 a exercé ses plus grands ravages, je n'ai perdu qu'un de ouvriers sur 150 que j'avais alors, et encore, c'est avant j'aie commencé à faire usage de l'acide phénique. Voici comment mon usine a été tenue pendant cette terj épidémie : tous les ateliers ont été appropriés avec.les plus ds soins et l'air renouvelé le plus fréquemment possible; . les cabinets d'aisances il a été établi un jet d'eau continu loyen de tuyaux adaptés à la pompe de la machine à va- ; on a fait des arrosages avec de l'eau phéniquée dans les 3rs, dans la cour et sur le boulevard en face de l'usine; arrosages étaient répétés deux ou trois fois par jour ; on
m DE L'ACIDI PHfeilQUI.
▼erstil aussi fréquemment de cette ean pbéniqnée du» )o lieux d'aisances. Dans les bâtiments d'habitation, od i M danschaqne pi^e un pot d'eau contenant une quanlité d'idli pbéaique, qu'on laissait évaporer pendant quelques jeuiii qu'on renouvelait ensuite.
> Lfa grande cour de mon usine était aussi arrosée dettffi en temps, dans les jours les plus chauds, au moyen d'nn tija de pompe à incendie, adapté également à ta pompe de U inchine à vapeur.
» Beaucoup de fabriques situées dans le même quartier il été tellement éprouvées, que plusieurs ont dû cesser de trnii' 1er pendant quelque temps. Mais^ quoique la mienne ne soityi mieax placée, j'ai été assez heureux pour être à pen prèseii' plétement épargné par le fléau, ce que j'attribue 'en gro'' partie aux grands soins de propreté qui ont été pris et à f^ ploi de l'acide phénique suivant vos instructions.
» En terminant, je vous prie, monsieur, de reeeroif^ rcmerclments et ceux de mes ouvriers.
» W. Fox. »
En novembre 1869, M. le docteur Quesneville, qui a ^""^ conlribué et qui contribue encore tous les jours parsapo^ cité toute scientifique à la propagation de Facide pbéai([tfil publiait dans le no de novembre 1869 de son très-întéressii(1 journal^ le Moniteur scientifique, une lettre dont nous extratoi^ ce qui suit :
« ViUe-Menier (Nicaragua, 3 décembre 1869.)
> Mon cher Docteur,
> Dans les premiers jours de 1867, le choléra se mitàsé^»^ violemment dans ce pays, et ne disparut qu'après avoirdéciin^' pendant quinze mois, tous lespueblos, les uns après les antres
> J'écrivis à M. Menier qui, toujours plein de sollicltnà^ pour nous, m'envoya d'Angleterre deux pièces entières (60 bouteilles!) d'acide phénique liquide, avec lequel je fis arrose tous les jours les corridors et l'intérieur de nos maisons, dar
oportioQ d'un verre d'acide dans un arrosoir de jardin d'eau, et nous eûmes le bonheur de n'avoir pas un seul • déplorer parmi ma population, qui n'est jamais moindre 3ÎS cents individus, quand Nandalooe, village indien aune -lieue du Yalle-Menier, enterrait tous les jours plusieurs ssiens.
e ne sais pas si je dois attribuer ce résultat à l'acide phé- 3 que vous vantez tant; mais ce dont je suis sûr, c'est que ntinuation de mon arrosage coïncide avec la disparitioa lèvres intermittentes, cet horrible fléau qui nous frappait re ou cinq fois par an, et que les puces^ les chiques» les shes,etc., toute celte vermine féconde^ qui pullule à i'inious notre beau soleil^ a disparu complètement chez nous* On s'habitue si promptement à l'odeur de cet acide, qu'elle par être agréable ; c'est du moins la sensation que nous mvons tous ici. > (Moniteur scientifiq., nov. 1869.) Q septembre 1870, un membre de la section d'astronomie de adémie des sciences, M.Faye, avait cru devoir apporter son oignage en faveur des miasmes vivantif comme cause proirice des épidémies et notamment de la variole et du cho-' . (Voir Compt. rend, des séan. de l'Ac. des se, t. LXXI, 15, 1870.) C'est à propos de cette note que le fameux doc- Pigeon (le même qui nie la contagion du typhus) crut dr informer le monde que Tacide phénique, loin de préve^ )u de guérir la variole, le choléra, etc., en favorisait, tu raire, le développement et en augmentait la gravité. ipt. rend, de l'Ac. des se, 5 juin 1871.) M. Grimaud (de i) — à qui j'avais remis mon travail sur l'acide phénique, janvier 1865 — crut devoir prendre la défense de cet e dont il avait déjà loué les bons efiPets dans une note à idémie (voir ci-dessus article Variole).
ms une nouvelle note à l'Académie (séance du 10 juillet) titulée : Faits démonstratifs de refficaciic de r acide phénique, it ce qui suit :
Quant au choléra en particulier, une observation impore reste à faire. La science commence là où les documents de la certitude. Quelle place peut-on assigner dans l'édi. scientifique à de simples affirmations sans preuve^..... Se^
H» DE L'ACIDE PHÊNIQUE.
Ion son auteor (de la note en question) les cas de choléra qui se développent dans un milieu phéniqné seraient généralemcDl plus graves et plus fréquemmeni mortels.
> Voici des faits contraires que les Comptes rendus doivent opposer. 11 y en a par milliers; nous extrayons les suivants d'une note de M. Calvert, présentée par M Chevreul dans la séance du 10 août 1870 :
» Le docteur David Davis, de Bristol, a le premier systématisé l'emploi de l'acide phénique. En 1867, à Bristol, le cbi£fre de la mortalité était de 36 à 40 personnes sur 1,000; après l'emploi de lacide phénique, il n'a plus été que de 18 à 20, la moitié. Un succès semblable a été obtenu par le même moyen à Glascow, à Liverpool, à Manchester. En 1868, àTerling (comté de Susscx) avant l'application de Tacide phénique» sur 900 habitants, 300 avaient été attaqués du typhus; pendant trois semaiues que dura l'application de l'acide phénique, deux personnes seulement furent attaquées sans suite fatale, après quoi il n'y en eut plus d'autres.
• C'est d'après ces résultats que le gouverneur a prescrit l'usage de l'acide phénique. soit à bord des navires de commerce, soit dans l'armée, dans les prisons d'Ëlat ou les hôpitaux. >
Quelques remarques sur cette note sont indispensables; miisi avant de les présenter, nous devons d'abord reproduire celles dont M. le secrétaire perpétuel Dumas fit suivre la note de M. Grimaud, en la présentant à TAcadémie :
c L'usage de l'acide phénique comme désinfectant, dit M. Dumas, a été pratiqué à Paris dès 1865. Il est devenu réglementaire pour le service des pompes funèbres en 1866. iJtssistance publique en fait également usage.
» 11 nous sera permis d'aflirmer que les premières cxpérieD' ces pour la désinfection en grand des matières cholériques ont été faites à Marseille, cl que ces exp(^ricnces, communiquées à l'Académie, ont provoqué la première noie émanée du Conseil de salubrité de la ville de Paris et distribuée à toutes les mairies : « Vos idées sur l'efficacité de l'acide phénique^ me dit le jour même un membre de ce conseil, viennent d'être adoptées. Nous avons rédigé une note à ce sujet pour les mairies. >
r APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L»ACIDE PHÉNIQUE, 109
Toutes ces remarques, — (moins celles du docteur Pigeon!) — celles du docteur Grimaud (de Caux), celles de M. Calvert, celles de M. Dumas^celles du conseil de salubrité de la ville de Paris et celles de son membre anonvme sont très -satisfaisantes pour l'acide pbénique, mais elles le sont beaucoup moins pour la justice distributive. M. Dumas réclame en faveur de la ville de Marseille le mérite d'avoir fait les premières expériences sur la désinfection «en grand > des matièrescholériqaespar l'acide phénique. Quand j'écrivis à M. Calvert pour me plaindre trèscourloisemenl, et je crois pouvoir dire, amicalement, qu'il eût attribué à M. David Davis la priorité de l'emploi de Tacide phénique, M. Calvert me répondit que si je connaissais quelqu'un qui, avant M. Davis, eût employé « en grand » Tacide phénique, il s'empresserait de reconnaître son erreur. Cette réponse était unpcubien diplomatique pour un fabricantde produits chimiques. Je ne sache pas qu'aucun juge ait jamais attribué la priorité d'une idée ni môme la priorité de son application à celui qui l'applique « en grand • mais à celui qui a réellement eu l'idée et qui l'a appliquée le premier sur une échelle quelconque. Ce n'est pas à des hommes aussi instruits et aussi habiles que le savant chimiste de Manchester qu'il peut être utile de rappeler de semblables vérités. Or, mon mémoire où ces applications sont indiquées, après avoir été par moi pratiquées, a été remis à M. Flourens, en décembre d864; rhonorabl(3 secrétaire perpétuel l'a gardé l6 jours entre ses mair:s (voir ci-dessus p. 75) et l'a communiqué, le 2 janvier, à l'Académie. Ce sont là des dates authentiques. Si M. Calvert s'était contenté d'attribuer à M. David Divis le mérite d'avoir adopté et appliqué sur une grande échelle une bonne idée déjà appliquée par d'autres, nous croyons que l'honorable fabricant se serait mieux mis en règle avec la logique et avec la justice, qui, du reste, ne manquent jamais de marcher d'accord. 11 est certain que n'étant ni gouverneur ni maire de Bristol, de Manchester, de Liverpool, de Marseille, ni môme de PariSj, pas môme directeur de l'assistance publique, je n'ai pu appliquera aucune de ces villes ni à leurs hôpitaux les mesures hygiéniques qui iiécoulaicnt de mes observations et que
j'avais conseillées; mais j'avais appliqué ces mesures dans ma
M DE L*ACIDE PHÊNIQUE.
prati(|Oc; j'en avais fait connallre les résollats utiles, dintu mémoire à rinstitat, puis dans un livre, et je crois qie celi est sutlisant pour assurer mes droits de* priorité. Aussi, ei . lisant les remarques, très-importantes d'ailleurs, dont IBi- |j. misa fait suivre la communication de M. Grimaad (deCiuji avoQs-nous été étonné que le savant secrétaire perpétoelBUi pas répondu au membre du conseil de salubrité qui loi^' nonçaitque le conseil avait adopté « ses idées, » (lesi(iées<i< M. Dumas) : c Monsieur, les idées que le conseil desalnbritéi appliquées ne m'appartiennent pas, et je les ai adoptées moimôme, d'après les faits annoncés par le docteur Déclat; j'ûtt assez d'idées dans ma vie — qui n'est pas encore arrivée! sou dernier terme — pour que je ne désire pas me voir attribuer celles des autres. > il est bien de réclamer poarun€0^ seil municipal, de Marseille ou d'ailleurs, mais il n'est pas moitf bien, si môme il n'est mieux, de réclamer pour un simpit citoyen.
La ({uestion de justice réglée, revenons maintenant ï ^ question médicale.
Disons d'abord que les résultats annoncés par M. Calvertet ([ui auraient été obtenus à Bristol, à Glascow, à LiverpooU Manchester par celui que M. Calvert appelle le systéraatisatenr de l'emploi de l'acide phonique, ne sont pas exposés d'niit manière assez explicite pour qu'on puisse s'en faire unei<ié« parfaitement exacte. M. Calvert parle d'une mortalité de 36 ^ 40 pour 1,000, à Bristol, en 18G7. Pourquoi en 1867 ? est-ce que cette année a été une année exceptionnelle sous le rapport de la mortalité? dans ce cas, il fallait évit'^r de la prendre pouf type, car une exception peut cesser d'elle-môme ; il fallait toat au moins indiquer à (|uoi tenait l'exception; si elle était doe, par exemple, au choléra, puisque c'est à propos de choléra qu'on a rappelé la note de M. Calvert? Pois, qu'est-ce qtt'nnc mortalité df3 3G à 40 pour 1,000? il n'y a pas, pendant une année dans une ville ni ailleurs, une mortalité de tant à tant; il J* une mortalité précise de tant; carie chiffre des morts est rigoureusement déterminé, il n'est pas de 36 à 40; il est de 30, 37 ou de plus ou de moins. La proportion de 18 à 20 n'est pas plus scientifique que colle de 36 à 40 ; elle ne saurait donc être
At>t>LICAtlONS THÉRAPEUTIQUES DE L*ACIDE PHÈNIQÙE, Ut
mieux acceptée. La note de M. Calvert exige donc, comme on le voit, des explications qui en donnent le sens exact, d'autant plus que trois grandes villes, qui se trouveraient dans cette effrayante condition de présenter normalement une mortalité de 36 à 40 pour mille, seraient une phénomène plus extraordinaire encore que lugubre. D'un autre côté, une telle mortalité pendant une année d'épidémie serait très- peu élevée, en sorte que, pour la faire descendre à 20 pour 1,000, qui est sensiblement la mortalité moyenne des principaux pays civilisés, il ne semble pas nécessaire de pouvoir disposer de moyens bien puissants. Les divers témoignages que nous avons invoqués en faveur de l'acide phénique ont donné des résultats bien autrement avantageux. En résumé, pourtant, et sauf les (ie^ttierata que laissent les faits signalés par M. Calvert, il ne parait pas moins résulter de l'ensemble de ceux que nous avons cités, que l'emploi de l'acide phénique comme prophylactique du choléra et d'après le mode d'emploi imparfait que les expérimentateurs ont adopté jusqu'à ce jour, a donné des résultats satisfaisants entre les mains de tous ceux qui l'ont essayé moins le docteur Pigeon qui, il est vrai, parait le condamner d'inspiration.
C'est une imagination très-riche que celle du docteur Pigeon! Si un grand nombre d'expérimentateurs ont mis en pratique nos idées sur la prophylaxie du choléra, nous ne sachons pas que personne les ait encore appliquées à la thérapeutique de cette maladie. Tout est donc encore à faire sous ce dernier rapport, sauf un petit nombre d'essais que nous avons tentés nous-méme dans notre clientèle, dont deux seulement portent aur de vrais cas de choléra et dont l'un était extrômenent grave ; tous les autres se rapportent à des cholérines; mais nous devons le dire avec une profonde conviction, quelque peu nombreux que soient ces essais, ils nous paraislent gros d'espérances; si nos prévisions ne nous trompent pas, It thérapeutique du choléra est appelée à subir la plus heureuse des révolutions. Seulement, nous ne croyons pas que l'a- . cide phénique en soit le seul agent; le nouveau parasiticidc auquel nous avons déjà fait allusion y jouera sans aucun doute ^ un grand rôle; il nous faudra donc attendre, pour que cette ^ l'évolution s'opère, d'avoir pu appliquer nous-môme la nouvelle
\ii DE L*ACIDE PHÈNIQUE.
niéihodc et le nouveau moyen parasiticide, à moins que l'idée ne vienne à quelqu'unde l'expérimenter avant que nous l'ayoDS fait connaître, ce qui est peu probable. Au reste^ cette idée vînt-elle à quelqu'un, j'ai pris des précautions, cette fois, pour m'assurcr le droit de priorité, en déposant, le 31 mai 1869, un pli cacheté à l'Académie des sciences. Et à ce propos, je dois dire que ce qui confirme surtout mes prévisions, c'est qu'elles sont déjà réalisées en partie. Quand j'imaginai l'application du nouveau parasiticide, j'avais principalement en vue la curation du choléra, et je fondais mes espérances sur des déductions théoriques qui me semblaient presque équivaloir à une démonstration expérimentale : si, en effet, me disais-jc, le choléra, ainsi que je l'ai dit dans celte soussection, est le résultat d'un développement abondant de parasites à évolutions rapides, comme doit Têlre toute évolution de parasites dans les maladies à marche foudroyante, il me paraît infiniment probable qu'en faisant pénétrer ins* tantanément dans le sang une quantité de substance pani' silicide suffisante pour détruire une grande partie des parasites, sinon tous, on pourra nuire à leur reproductioi rapide, on replacera l'organisme supérieur dans des conditions qui lui permettront de détruire, par ses propres forces, les microzoaires ou microphytes inférieurs que le médicament n'aura pu atteindre. Pour agir avec promptitude, il faut posséder un parasiticide puissant, et un mode d^administralioo qui le fasse pénétrer promplement dans le système circulaire, quelles que soient les conditions dans lesquelles se trouve l'économie. L'acide phénique et surtout mon nouveau médicament me paraissaient bons pour atteindre le premier bot; les injections sous-cutanées devaient inévitablement atteindra le second. Ainsi donc, quand j'entrepris le traitement de I* pustule maligne, du charbon, du sang de rate, de la cocotte c'était pour contrôler d'avance une doctrine thérapeutique bie» arrêtée, et conçue surtout en vue du choléra. Je me croyais d'ailleurs, si assuré des résultats que donnerait ce conlrôle,gfl<?F lors de mon excursion en Auvergne, j'annonçai par avance*» résultais dans le pli cacheté ({ue j'adressai à l'Académie, aifl« 1 que je le démontrerai le jour où je prierai l'Académie d'oavnr |^^
'LICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNÏQUE. 113
insi, la curation du charbon, celles de la cocotte, du ovin, de la fièvre typhoïde n'ont point été l'effet du ha- 2s ont été la conséquence d'une théorie nellemenl forli, dans mon esprit, s'appliquait surtout au choléra, et r cela que j'ai Tcspoir, encore plus fondé aujourd'hui
huit ans, de combattre avec succès la terrible épidéicns essentiellement à faire ici cette déclaration, car il le qu'il est plus satisfaisant pour la science de possévérités démontrées à la fois par la théorie et par les 3 des vérités d'expérience pure, brutales en quelque
laissant qu'incertitude et confusion dans l'esprit; on toujours, quoi qu'on fasse, à trouver la raison des lussi, nous tiendrons-nous, le c^s échéant, à la dispo- 3 nos confrères ou des administrations des localités où t à sévir une épidémie cholérique, pour appliquer me notre méthode, jusqu'à ce que la lumière, dont ons parlé précédemment (voir l'article Typhus)^ soit ir tous les yeux. :Ce n'est pas notre faute, du reste, si )mmencement de l'année dernière, nous n'avons pas expérience qui aurait pu être décisive. Quand nous s que le choléra sévissait, avec une certaine intensité, 1, à Saint-Pétersbourg, nous fîmes demander, par un le nos amis, à M. le Minisire de l'instruction publique, non, s'il voudrait nous charger d'une mission pour dier l'épidémie ct^surlout traiter les malades. A cette nous venions d'éprouver des pertes sérieuses, de faire p de sacrifices pour étudier d'autres questions; M. le
nous fit répondre que sa caisse était absolument à l'il ne pouvait, par conséquent, accueillir immédiateire proposition, mais que, comme président des cinq 3s, il tâcherait de la leur faire accueillir, quand le iment serait de retour à Paris. Cependant, le désir d'alquer notre méihode était ardent ; et, après quelque itlente, nous primes la résolution de nous imposer un sacrifice et nous priâmes un ami commun d'écrire au
de l'Académie médicale de Saint-Pétersbourg pour lui r s'il consentirait à nous faciliter les moyens d'expé-
notre traitement sous son patronage ou sous celui
114 DE L^AGIDE PHÊNIQUE.
d'un de ses collègues. Mais, pendant mes démarches, l'épidémie déjà à son déclin s'éteignit, et notre projet en resta là.
Aujourd'hui, nos devoirs professionnels et aussi l'éiat de notre santé ne nous permettraient peut-être pas de nous transporter si loin, et cependant nous avons l'ardent désirde mettre nous-môme, de nos propres mains, notre méthode à l'épreuve, car le passé ne nous permet malheureusement pas de dealer que, si nous contions l'expérimentation de notre idée à d'autres, on arrivera, ou bien à se Tapproprier à l'aide d'une modification inutile ou nuisible, ou bien à prouver que notre traitement n'offre rien de nouveau, ou qu'il est inefficace. Que ceux donc qui sont animés à la fois du sentiment de la justice eD de l'amour de l'humanité, entendent notre appel : dans la mesure de nos forces, nous mettrons i leur disposition tous les moments de liberté dont nous pourrons disposer, pour aller expérimenter, avec leur concours et sous leurs yeux, notre méthode, en cas d'épidémie cholénque. Cela dit, nous allons faire connaître en quelques lignes les résultats des essais que nous ayons tentés.
Ainsi que nous l'avons dit, ces essais portent tous, à l'exception de deux, sur des cas de cholérine, maladie que l'on parvient à guérir presque constamment par les moyens ordinaires; nous croyons donc inutile d'exposer en détails les faits que nous avons observés. Nous nous contenterons de dire, non* seulement que tous les cas que nous avons traités ont été guéris, mais que plusieurs de ces cas, môme parmi les plus graves, ont été arrêtés instantanément; cette circonstance remarquable place la nouvelle méthode à une grande distance des autres, quoique celles-ci, du moins les plus rationnelles d'entre elles, puissent aussi guérir la cholérine ; à cette rapidité, à cette puissance d'action, on devait prévoir que la méthode ne serait pas impuissante contre le choléra; et le cas suivant vint justifier nos prévisions.
Dans la nuit du 16 au 17 août 1871, à trois heures du matin, on vint me chercher en toute hâte pour un malade qu'on disait atteint d'une attaque de choléra. Je me rendis sur-le-champ auprès du patient, où je fis les constatations suivantes :
Lebra, rue Tailbout, 62^ est âgé de 37 ans, et d'une santé
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE LWCIDE PHKNIQUE. H5
uellement délicate; il a eu des hdmoptysics, il y a un
ivait été pris de diarrhée, il y avait quatre jours, lorsque hier ir il s'y joignit d'abord de la courbature dans les jancbes, des crampes dans les jambes et dans les mains, qui, bienicquirent une grande intensité; il y eut un léger relâche- Ue dix heures à minuit; mais elles revinrent après cette e; il semblait au malade que les os de ses jambes étaient tés par la violence des contractions; les douleurs étaient ômes.
land j^arrivai auprès de lui, tous les muscles du corps ou l^ près étaient dans un état de contraction violente et doumse; le malade ne respirait pas sensiblement, les mouves de la poitrine étant impossibles; ses amis l'avaient porté au milieu de la cour pour lui donner de Tair; il était [noins sous la menace d'un étouffement. La peau était vio- , froide, couverte d'une sueur visqueuse; les yeux étaient ndément enfoncés dans leurs orbites; le malade a « une Tie dans le cerveau ; • pendant toute la nuit et une parla journée de la veille la diarrhée et les vomissements lé incessants; ils se sont un peu calmés depuis quelques s ; les urines sont supprimées depuis 24 heures. Toutes rsonnes qui sont autour du malade ont reconnu le cho-
uatre heures du matin, je pratique quatre injections sousées avec de l'eau phéniquée à 1 pour 100 associée au au médicament; chacune de ces injections est de 5 nés de liquide. Je prescris en outre mon sirop phéniqué L l'intérieur, dès que le malade pourra le prendre. Iques minutes après les injections, une amélioration ordinaire se manifeste et fait à chaque instant des pro- Vers dix heures, une réaction violente se déclare avec lies apparences typhoïques ; je pratique trois nouvelles ions, et, au bout de quelques heures, le calme se relaie soir, le malade éprouve un véritable bien-ôtre; il deî et prend un bouillon, qu'il supporte bien.
luit du 17 au 18 est très-bonne, sans diarrhée ni vomists. Quelques jours après, Lebra reprend ses lTa\aiiiT.»
ne DE L'ACIDE PIIÉMQCE.
11 ne s'agit sans doute, dans ce cas, que d'un choléra spon* dique, — ((uoique l'on fût à une époque où l'épidémie régnait en Europe et semblait vouloir S3 déclarer à Paris, — noosne pensons pas que personne soit tenté de révoquer en donleli frappante efficacité du traitement; on n'ignore pas, CDeffet,qiie les choléras sporadiques graves ne sont pas beaucoup moins dangereux que le choléra épidémique, et qu'il n'est pas rare d'en voir qui amènent la mort en quelques heures. On a vacoD' mcot était morte la sœur de notre distingué correspondaDt, M'i* Gerher-Kcller, 25 ans après avoir été quasi miracolcuscment guérie par la créosote. BI. Lebra a donc été guéri parla médication nouvelle, cl guéri — on pourrait bien le dire ici, sans exagération — comme par enchantement.
Le second fait que nous avons observé, moins grave qoele précédent, mais encore assez grave cependant, se présenta quelques jours après chez M. Masson, avenue Bossuet, no 7, â§^ d'environ quarante-trois ans. Le 8 juillet 1871, il fut pris, à deux heures du matin, de diarrhée abondante, liquide, à détritus rhizi formes, et de vomissements incessants ; à six heures, il s'y joignit des crampes dans les jambes. On m'envoie chercher, et je puis voir le malade à neuf heures. Les phénomènes précédents duraient encore; je constate la nature des déjections, et^ en outre, la suppression des urines et un refroidissement général de la peau, .sans cyanose.
Je pratique deux injections sous -cutanées d'eau phéoiquéc à 1 p. 100 et je donne en boisson mon nouveau médicament et du sirop à l'acide phénique pur. Les symptômes cessent bientôt, et le malade se rétablit avec rapidité.
Je viens d'être appelé de nouveau il y a quelques jours (19 août 1872) auprès de ce malade pour une diarrhée médiocrement intense (quatre selles dans la journée), une assez forte céphalalgie qui a duré, sans interruption, toute la nuit, et des évanouissements qui se sont répétés trois fois, pendant que le malade mangeait un œuf; ces symptômes ont, ensuite, <5'^ suivis de quelques vomissements et d'une douleur le long ^"^ nerf sciatique gauche. — J'ai prescrit uniquement du sirops l'acide phénique, et aujourd'hui, 24 août, tout est rentré daus l'ordre. Mais j'ai appris que, depuis la première atteinte de
APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHENIQUE. 117
l'année dernière, M. Masson avait conservé de la délicatesse d'estomac.
Deux cas de choléra sporadique ne forment pas sans doute un contingent bien décisif; mais ils n'en doivent pas moins laisser, ce nous semble, l'espoir que la nouvelle méthode tiendra contre le choléra épidémique tout ce que nos prévisions, fondées sur les plus légitimes analogies, nous ont permis d'annoncer. Nous le répétons encore, la méthode nouvelle nous paraît devoir apporter dans le traitement du choléra une véritable révolution. Il s'agit donc de formuler, dès à présent, les règles de cette méthode.
Avant de présenter cette formule, nous rappellerons d'abord dans quels termes nous la résumions, dans la première édition de ce travail; la comparaison de celle-ci avec la formule actuelle montrera les progrès accomplis depuis huit ans :
€ Afin d'empêcher, disions-nous, le développement des infusoires — parasites vaut mieux — du choléra, nous conseilions :
» De respirer des vapeurs de substances parasiticides, et tout particulièrement les vapeurs d'acide phénique, soit en arrosant les appartements d'eau phéniquée, soit en portant sur soi un sachet ou un mouchoir imprégné de cet acide, mais surtout en ouvrant nuit et jour dans les appartements un émanateur de M. Sax, dont les lames seront trempées dans un mélange de goudron et d'acide phénique brut (200 grammes d'acide pour t litre de goudron).
» De recevoir toules les déjections des malades dans des bassins contenant une substance phéniquée, ou un mélange de charbon et de sulfate de fer, comme l'indique M. Bonjean de Chambéry:
» Poussier de charbon de bois .... 1 kilog.
» Sulfate de fer (vitriol du commerce). . 500 gram.
» De se préserver de toute indigestion et de tout refroidissement;
» Dé s'entourer de soins médicaux pour la plus légère indisposition :
rm DE L'ACIDE PHLlltH-E.
• Fnfin, ai l'nn est pris au d«îpaTinni an monLOit ^cae alfct/{a<^, non* con*%<*illOQ3 d'avaler tont de 5«iitc uixefKliciéei jv>npft d*al^,oo! camphré. — Ce moyen Tiolent prodvH d'uni HUA vraie A^n.^aiioa de brulare dans restomae^ mai» îi stÎBile fa viuHié et peal ramener la chaleur.
' tn même temps, oa frictionnera le malade arec la lântare Aé ptmettt dît enragé, et on l'enTeloppera anssdldl après dus dfi h laine chande on dn sable pres4:[ne brûlant.
» Ce genre de traitement n'empêche en ancaoe ^çon Tnsige ifeft potions et boissons habilnelles, stimmiantes et opiacées, 000 plas <{\i(i celui des lavements de tonte natnre.
• 5oo» cons/^illons d'ajouter à tontes les potions ordinaires, fin pet] d'acide phéniqae, à la dose de I gramme d'acide crisi^itlifté poor ^Ty() grammf^s de liquide. >
ie terminais ces conseils en rappelant et affirmant de nonifiHU qnrr l'acide phéniqne, les phénates alcalins (on dn moins \ft% m^;langfïs alors réputés tels), les coaltars, le goudron soo( ian mr;illenrs moyens connus pour empêcher le déTeloppement dr!« parasites cholérigènes; j'aurais pu y ajouter probablemeol le» ftAptialtes (1)« les biiumcs, les huiles minérales, etc., et, certainement, le nouveau moyen que je me réserve de faire connaître ultérieurement.
Cet ensemble de préceptes dont M. Lemaire s'est... inspiré
(i) A propoi (rnaphnltrii ci do bitumes, toici one note que j'ai trouTée diDS in (ttilillcnlioii (Idiil )(• iM* nie rappelle pas sûrement le nom, le Moniteur sdeniify}!* (lu U' (}iWtnw\]\U\ jf vAui% :
• f,(t|)' MHIdicl, (lo la Trinilé (Antilles anglaises], a fait les obsenrations soitatilca. Il y N (jiK'lqufu NntK^ofi, lorsque le choléra fit dans Ttle de grands raTSgei.
• f«'llii N l)fiHii(-ou|i ioufr«M t, (lit-il, mais il y a eu des exceptions :
• hnii« 1(« (liMlricI 4l(* la Hri^o, où se trouve un lac bitumineux, il n'y a pas ^ liii «rul CRM (In ('lii)l(^rn, (|iioi(|ufl les paysans de la localité soient pauvres et du» lin Ir^aiiiniivnUcii condilions liy0i(^niques.
M DmiM In vlllo de Son Kcrnuiido, où le choléra a sévi, une grande quantité d'aïptinlh* avait i^lt^ ri^pniidiK* autour d'une maison; les habitants de cettemaison spuh n'ont pan ^\6 nitt iiit<i.
M I.OM rhiiiiibrcH lr(*H-mal ventilées de la prison de San Fernando sont dallées «Il nHptiiilln. («I 11 n'y n pas (mi un soûl malade dans la prison. »
l.n [)* Millrliol 80 diMiiando »i l'asphallo serait un préservatif du choléra. Ce
qu'on piMil lui n^pomlre et ce qu'il auiail dû savoir, c'est que les asphaltes e(tn«t
"•*- ondlogui^H nont dos dostructeurs de parasites, démontrés tels par Eirini d'Ef*
M dflpuls lui, par plusieurs observateurs; et il aurait pu ajouterians com*
rc Non autorité que, suivant touies probabilités, le choléra est causé par
>ppciurnt do parasites dans l'organisme.
(2me édition) — (on peut bien rester, une fois, parlementaire), — pour proposer une nouvelle thérapeutique du choléra, peut être ou plutôt doit être aujourd'hui modifié et quant aux médicaments à employer et quant aux procédés d'administration. Quant aux médicaments^ je fonde les plus grandes espérances, sur le nouveau parasilicide que je n'ai point fait connaître encore, et que je me propose de ne faire connaître que lorsque ses propriétés et la priorité de son application auront été constatées et reconnues authentiquement, soit par une commission ad /loc, soit par la pratique générale; une seule circonstance pourrait me faire dévier de cette ligne de conduite, ce serait l'invasion de notre pays par une épidémie chol^ique grave; je ferais sans doute, dans ce cas, passer les droits de l'humanité avant ceux d'auteur; mais il faut bien espérer qu'en cas d'épidémie, on finira par trouver une demi-douzaine de médecins assez amis du progrès et de l'humanité pour assister à des expériences qui ne sauraient être bien longues. Ce ne sera pas, en tous cas, ma faute, si on ne les trouve pas. A Theure où j'écris ces lignes, comme lorsque j'écrivais celles de la première édition relatives au choléra, une épidémie semble nous menacer; je ferai en sorte d'ôtre prêt; que mes confrères de bonne volonté le soient de leur côté.
Je conseillerai donc d'associer à l'acide phénique le nouveau parasiticide en boisson et en injections sous-cuianécs.
Je conseillerai aussi, j'ai à peine besoin de le dire, d'administrer ces médicaments, à la fois, parles voies gastriques et par la méthode sous-cutanée, comme je l'ai fait chez le malade de la rueTaitbout. Dans le choléra plus que dans toute autre maladie cette méthode est indiquée, et assez souvent même indispensable^ puisque le flux gastro-intestinal abondant qui caractérise cette maladie rend difficile et parfois complètement impossible — ce fait a été expérimentalement établi — l'absorption par la muqueuse digeslive.
Nous croyons que l'action puissante des injections, telles que nous proposons de les pratiquer, jointe à celle de l'acide phénique donné pur l'estomac, quand les vomissements ne seront pas trop fréquents, pourront dispenser de l'ingestion de la dose d'alcool camphré que j'avais conseillée dans la pre-
lit r£ L -VlirC FEEMOUE.
mière é-ii-ioa d»? 'Hl o^vro^e. d'après les bons résultais que ce rs^OT-:::. ç-e^t-iîr* U2 p-îu iro^ violenU paraisssait avoir ensà
O'iint 131 îrL'lîons exe: '.JE les, et particulièrement à celles faites avec le pîmect ean^é, qai paraissent avoir produit a exceLenls effets i Ji^a, où l'épi J«5inie était très-grave, nous crojoas Tn'on doit les faire, daas le cas oii toute force de réaciion pamit presque aaéinlîe;on les suspendrait dès qae celle réaction cocimeucerait à s'opérer, car on sait que la période de réaciion est pirfois aussi dangereuse chez les cholériques, que la période alj^ide eMe-môme. La rapidité de la guéri-
là 3
"m son empé:hc du rosle celle période de réaction, qui est sans |içj doute le résultai des efforts de l'organisme pour l'éliminalioB l^; de produits transformés qui ne sont plus éliminables on quio^ |b le sont que bien diiHcilemenl. La même chose s'observe dans It îi^^i fièvre typhoïde. Du reste, si nos prévisions, confirmées d'ail' Içji, leurs par le fait do la rueTaitbout, sont fondées, la réaclloD w^^^ doit bien rarement manquer de se produire, prompte et éDe^ lis: gique, à la suite des injections sous-cutanées avec l'acide phé- lu; nique associé au nouveau médicament. m
Nous répéterons, au surplus, ce que nous disions dans nette |l: première édition, c'est que notre méthode, même modifiée par les progrès de l'observation, n'empêchera pas les médecins qû auraient confiance dans d'autres médications de les employer concurremment avec la nouvelle. Nous serions cependant porté à exclure des moyens anciens les préparations opiacées, aa moins au début du traitement, parce qu'elles nous paraissenlde nature à contrarier la réaction, — dans les cas, il est inutile de le répéter, où l'absorption intestinale s*opère. — Seulement, lorsqu'il existe des crampes très-violentes, on pourrait administrer la codéine ou le chlorhydrate de morphine avecTeai phéniquée par la méthode sous-cutanée, et il est infiniment probable que les crampes seraient calmées pronr.piemenl. Sauf ce cas particulier, nous croyons qu'on devra s'abstenir des opiacés. Du reste, nous l'avons déjà dit à propos d'an- Iros maladies, quand la médication parasiticide agit, elle agit promptcment, surtout dans les maladies aiguës, .et les effets rendent bientôt inutile l'emploi de tout autre moyen. Que les
APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DE L'AHOE PHEXIQUE. «1
du progrès enlendcDl donc notre appela et nous ne ns pas nous aventurer en leur donnant Tassarance qu'ils it à s'en louer.
ir la prophylaxie, les préceptes que nous donnions, il y a ans, sont encore pleinement applicables, et ils doivent 'er d'autant plus de confiance aujourd'hui, qu'ils ont été }ués sur une assez grande échelle pendant la dernière épis qui a sévi en Allemagne. La Gazette médicale de Paris a donné, dans son n» du 8 juin 1872, un compte-rendu som- 3 d'un congrès de médecins et de naturalistes allemands i eu lieu à Rostock, à propos du choléra. Une foule de dé* étants des déjections cholériques, le sulfate de fer et de , tous les sels mélalliqucs à réaction acide, divers acides, Qt proposés par plusieurs médecins distingués; mais on iorda généralement à reconnaître, d'après de nombreuses iriences, faites à Leipzig, en 1866 et 1867, par le docteur oder, que l'acide phénique était seul convenable pour cette Dfection. Nous verrons, du reste, à l'article plaies que l'Aile- De a profité autrement que la France de nos recherches ; une triste vérité que nous sommes obligé de constater. rs composés phéniqués ont été proposés dans ce congrès ne devant remplacer l'acide phénique, entre autres un }Osé informe de phénate de chaux, sorte de phénol-Bor, où une chaux impure remplace la soude impure; mais nense majorité du congrès s'est prononcée en faveur de le phénique. C'est avec d'autant plus de raison, suivant , que pour la désinfection des excrétions, des cloaques itres lieux où peuvent s'opérer des putréfactions, l'acide lique brut peut parfaitement suffire, et qu'ainsi la raison )nomie n'est plus un obstacle, car l'acide brut n'est pas cher que les pbénatcs impurs, décorés ou non du titre de lois.
i désinfection dicecle des matières fécales et des foyers de éfaction quelconques n'empêchera pas de placer dans érleur des appartements des vases remplis de liquides phélés, d'acide brut ou pur, suivant qu'on aura l'olfaction ou moins susceptible, ou de solutions alcooliques, éthérées romatiques, si l'on u'est pas obligé d'avoir égard au prix.
m DE LWCIDE PHÉNIQUE.
Ces dernières solutions sont préférables, parce qu'elles donnent lieu à des émanations plus abondantes.
A Tinlérieur on pourra prendre chaque jour deux, trois, quatre ou cinq cuillerées de solution pbéniquée à il i ou Ijl pour 100, ou plus commodément de i à 4 cuillerées de notre sirop phéniqué titré à 0,iO.
Art. IV. — DE LA DYSSKNTERIB ET DE LA DIARRHÉE.
Les conditions dans lesquelles se développe la dyssenteriechaleur humide, mauvaise alimentation^ excès de fatigue, etc., — ne permettent guère de douter que cette maladie ne soit due à la présence de parasites dans le sang ou dans le gros intestin. Mais aucune observation directe n'est encore Tenue confirmer les données de la théorie. M. Lemaire, cependant, s'est livré, dans une obsenalion que nous allons reproduire, à un examen microscopique des matières dyssentériqaes qui lui a fait découvrir c un grand nombre de corps linéaires de longueur régulière ressemblant à des vibrions. » Cette obse^ vation unique, et ne renfermant d'ailleurs qu*une descriptioi insuflisante, ne peut être qu'un premier jalon jeté dans l'histoire micrographique do la dyssenterie ; à l'avenir d'achever cette première ébauche.
Mais si la nature parasitaire de la dyssenterie peut encore paraître problématique, l'efficacité de la médication parasilicide ne le paraîtra à aucun praticien qui l'aura expérimentée avec quelque soin.
Un professeur de Montpellier, suivi de quelques imitateurs, a voulu récemment exhumer la créosote, pour l'opposer à l'acide phéniqué, dans le traitement de la fièvre typhoïde; la tentative ou du moins l'inspiration aurait été moins malheureuse si, an lieu de fièvre typhoïde, il s'était agi de dyssenterie. C'est, en effet, contre cette maladie surtout que la créosote a été appliquée avec succès à ses débuts, et à ce sujet, on ne lira pas sans intérêt quelques détails que nous extrayons d'une lettre que nous écrivait, à la date du 18 octobre 1871, un chimiste lanufacturier, qui a, le premier, fait connaître en France le m^
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L*ACIDE PHÉNIQUE. Itt
re de Reichenbach et qui a, le premier, préparé en France la >sote (1). Ces détails, outre leur intérêt historique, renferit une leçon à l'adresse des médecins routiniers dont ceux- 3 garderont bien de profiter, mais qui, à cause de cela môme, i est que plus intéressante pour l'observateur philosophe.
< Bàle, ce 18 octobre 187i.
En 1834 régnait dans plusieurs villages des environs de house une dyssenterie très-pernicieuse, qui enlevait nombre personnes de tout âge. Beaucoup d'habitants de ces villages raillaient dans nos fabriques et surtout dans celle où j'étais ployé comme chimiste. Voyant que le mal augmentait, et kUl eu d'excellents résultats eh appliquant l'eau de créosote à 10 grammes par liire), tant par le haut qu'en lavements fcilagineux, à quelques sujets qui guérirent rapidement, ngageai plusieurs chimistes d'autres établissements à dont à leurs ouvriers malades le môme remède. Le succès fut , qu'en peu de jours tout le public en parlait. Heureuse-* ^nt, nous trouvâmes un médecin (un seul sur 15, et le plus 5) « — (absolument comme à Corbcil, voir ci-dessus, article ^^phygus) — » qui prit en main cette cause humanitaire, raola, suivant l'âge et la constitution des sujets, les doses à îndre; et, au bout d'un mois, cette épidémie ou contagion lit disparu, et très-peu de malades qui suivirent ce traitent moururent.
► Un autre fait, antérieur à ce qui précède et qui me touche très-près, ^oit encore ôlre relaté.
» Ma sœur, alors âgée de 13 ans (c'était en 1833), fut, à la île d'un refroidissement et pour avoir mangé des fruits non
1) C'est devant celle utile « société industrielle, » de notre belle et noble Mulise, toujours française de cœur, que M. Gerber-Kellcr, de Bâle, notre honoracorrespondanl, fit connaître dans un rapport, qui en renfermait la traduc- D complète, le mémoire de Reichenbach. On va voir comment sa lecture y fut ueillie par les médecins. Le mémoire de Reichenbach est intitulé : « Beitrage f nahem kenntniss ter trockenen Destination organiscfier Korper. Von D»" ICBENBACH. M Ce mémoire se trouve dans le journal de Schweiggcr, intitulé:
ues Jahrbuch terhtimie cund physic Vom D' Fr. W. Schweigger-Seii>ei,,
lie, 1833, pages 57 et 399.
1S& le l'A :10a: iia^accE.
mûT^. £.Up.mi( luhï Ciarriiéf TJiùisiiie, qfiL mn bout de trois nmiis. àrviDi s&i^m:T}ni(*x)f.. Il niElaiiie éuiiarriTée au sixième 1Ilnl^ . lE mbiaiH- ^ fifiL.iiiiss&j: of jcus «c plus; elle éuit d'nae in&i{rr{>.UT nf r^nsif fi; umiim.; obus xx -mansTne complet. Qaalre oc cmo iiituifirji2f 5 cvaim: j*srtz jf-nr Iiiin. Cest alors que j>i2s >vii;nE»siLBnf ûfïf^ méniniT» ôf Ef^f2)eBtiach. Je coosaltû sr. 7*tiErmarJrx. do. le; £i«r iciérfâ e» icémoires. Je prépani ^n:^ ôf k sr^nsrur selss ùnou' je jtrcoLi^re qui ait été préparée m Fteoc^ : onss «lUiLiotiLiDiis > sr«BT«am i>einède, taot en pihiJK^r p&r jf hasv. An >imi; àt çnatrf jdï», chaogemeDt corn* v]ciiz îcs à(.Mfr^{ii2S icben; jxqi 1 jim la oossistance et la coqif^nr Burmai» : Tajtiiéiiî revîxi, -ei. am bout de deax mois, i^Mi^ jioiDr iilit st trojLVhii àati l'état de santé le plus florissLU. KJi «li arrj^'ét à Ti^rf of 4^ ans, et elle est morlc £'xrf i:iBçof îrè>-vjrij«ij£^ cf cbrùéra sj^oradiqne.
) Ile iD^tM 4FD^ jf crfïis {crr i* preonitt', en Franee, qoi aie pré^^aré la «^xisoir^ ûf TLème je pense que ma sœur est la îirNnière iterîiôiiDe îraii^e j»ir «rue saKsiance; il y a Irenle- Lxii a£5 de cela !::... ei cf x'esi q:» depuis quelques années qite ] .&eiie pbéoqve faix scm elteadsi. Je me rappelle encore parfAJteiDeiit^ qnasà je ]x:s ma tradsction à la Société indMir îridh^ les xnises m^qnexses ^ d/nlaî^eftses des quelques médecins qui assistaient à la scanc? comme poar dire : < D< qBoi se mêle eet imbécàîc ! »
M. Gerber-lîeljeT s'arrèie ji, il ne fait pas la moindre réflexion snr les < mines « des médecins qni le pienaient pour an imbécîie s*in|:éraBt de médecine ; c'est £:énéreax à Ini. Si qaelqnesuns de ces médmns vivent encore, il doivent sans doute, comme le doetenr Pécb^lier, être des préconisatenrs ardents de la créosote et garder leurs « mines » pour les propagateurs de l'acide phi^niqne. Ainsi va le progrès et surtout le progrès médical : le métier d'iniiiaieur uliie serait vraiment trop beao, si l'on ne rencontrait pas de ces c mines > là snr le chemin* M. Gerber-Kelier, qui les a rencontrées, se garde bien de les renJrc à l'acide pbéniqoe; il a accueilli le nouTeau venu avec aolaot de faveur que s'il n'était pas.ponr ainsi dire, un second père de la créosote ; en quoi il est doublement digne d'éloges.
^s avons déjà eu l'occasion de reconnaître les mérites de la
^sote; mais nous n'avons pas hésité à dire que son rôle est B depuis les applications de l'acide phénique. La dyssenlerie
fait pas exception à toutes les maladies dont il est ques-
■ dans cet ouvrage; les faits déjà observés, non moins
t. les données théoriques, en sont garants. Voici, d'abord,
»8ervation de M. Lcmaire à laquelle nous avons fait al-
on :
M. 6., âgé de dix-huit ans, étudiant, né à Cayenne, où il lé élevé, fut pris brusquement de frissons^ de' vomissements • -abondants et de diarrhée.
Le 18 septembre dernier, jour où la maladie débuta, il eut 3 de trente garde-robes. La fièvre s'alluma, le ventre était loureux, et le malade était agité. Pouls à 110.
Traitement, — Eau albumineuse édulcorée avec le sirop ioings et coupée avec de l'eau de Seltz. Potion gommeuse 3 cinq centigrammes d'extrait d'opium et deux grammes de s-nîtrate de bismuth. Lavement d'amidon. Diète.
i9. — Les vomissements sont arrêtés, mais la diarrhée tinue; des épreintes très-opiniàtres obligent le malade à se tre sur le vase à peu près tous les quarts d'heure, le jour a nuit. La quantité d'excréments rendus est peu abondante; sont presque entièrement formés de matières muqueuses, Ihéliales et de sang. L'urine est rare et rouge.
> 20. — M. B. est agité. Le pouls à 110. Cet état a persisté ndant huit jours malgré l'emploi de l'extrait d'opium à la >sede dix centigrammes par jour, du sous-nitrate de bismuth, i lavements avec 50 centigrammes d'alun et laudamisés.
> le malade s'affaiblissait beaucoup et se décourageait.
> Le 29 septembre j'examinai au microscope les matières cales, j'y vis un grand nombre de corps linéaires d'une ngueur régulière, ressemblant à des vibrions; mais tous aient immobiles. Me rappelant que les protozoaires périssent 'omplement, lorsqu'on les relire de l'intestin, je me demani\ si ce n'était (sic) pas ces petits êtres qui provoquaient s épreintes et l'agitation de ce pauvre malade.
» Du papier de tournesol et de curcuma furent (toujours sic) nprégnés de matières rendues. Elles furent sans action sur w; {sic). Puisqu'elles étaient neutres, elles ne pouN^veuV ^x^-
daîre de l'irritation. Ces faits me décidèrent à donner nDhT^ ment ainsi composé :
» Ean distillée de laitue ifô grammes.
» Acide phéniqne cristallisé .... 40 centigraffloei
> Ce lavement a été mal pris; de plus, la garde l'avait éienè d*eau, et il fut administré en deux fois. Malgré cette irréfé^ rite de la prescription (sic), il (sic) produisit un soulagemeil immédiat : les épreintes furent moins fréquentes, le malade pit dormir plusieurs heures.
» Le lendemain, ce succès m'enhardit; je portai la doie d'acide phénique à oO centigrammes (1) avec recommandatisa de n'y rien ajouter. Le malade ,put le garder pendant trois quarts d'heure; il dormit toute la nuit.
c II n'éprouva plus que de rares épreintes, les matières D'é» talent plus sanguinolentes, le mucus devint très-rare, la gaieté revint; je trouvai la peau fraîche et le pouls à 80. Il eut einf besoins de garde-robe dans les 24 heures. Il demanda à maiger. C'était une véritable transformation.
» Continuation du lavement phénique.
» Je dois dire que le malade n'a ressenti aucune soaffraDCt ni aucun malaise à la suite de l'emploi du lavement pbéniqué.
» Trois jours après, le malade, allant bien, va passer sa coo* valesccncc à la campagne.
« Les garde-robes sont naturelles et les digestions se foal bien. > (Lemaire, De l'acide phénique^ 2^ édit., p. 533.)
(1) On sait, car nous Tavons dit à saliélé, que M. Lemaire qui reproche inc'*' meut aux autres d'omettre quelques dates à leurs observations, n'en metàpo près jamais aux siennes. Mais d'après ces mots : c Au mois de septembre 'C*' nier, » on doit supposer que le fait de dyssenterie se passait en 1865, puiaq*'" livre de M. Lemaire (2'"* édit.) a été publié tout à fait à la fin de cette même » née 1865. Mais, se fût-il passé en 1864, il n'en résulterait pas moins qaliUft de 4864, M. Lemaire avait besoin d'être enhardi pour prescrire l'acide pM* que à la dose de 50 centigrammes, quand il afûrme ailleurs Tavoir pris Ui-itéMi longtemps, à la dose d'un gramme par jour, et l'avoir prescrit à un phannacici de ses amis, à la dose de quatre grammes {roïr ci-dessus, p. 192). Je l'ai déjà*»' nombre de fois, mais on ne saurait se lasser de le répéter pour l'édificali^ des dupes qu'a faites M. Lemaire, ses afûrmalions suent le mensonge par toosi^ pores.
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÈNIQUE. «ff
/anteur ne fait suivre d'aucune remarque ce fait, qui aut eu une grande importance en d'autres mains que les ones; mais, nous l'avons déjà fait remarquer, M. Lemaire se d justice in petto, et il attache à ses observations moins le X qu'elles valent en elles-mêmes que celui qu'elles emprunt à la personnalité de leur auteur. Nous serons nous -môme ire de remarques, mais nous en ferons quelques-unes cepen* )t, non pas tant pour faire ressortir l'efficacité de l'acide unique contre ladyssenterie, efficacité qui ne peut échapper ucun lecteur, que pour montrer une fois de plus combien Lemaire est étranger aux notions médicales les plus éléntaires, et combien il est non-seulement improbable, mais possible qu'il ait jamais pu prendre une initiative médicale ionnelle quelconque : les travaux de M. Lemaire, ceux qui t un intérêt réel et auxquels nous avons rendu justice, sont IX d'un pharmacien qui a quelques notions de chimie et listoire naturelle; ce ne sont pas ceux d'un médecin. La e de BL Lemaire, comme celle de certains professeurs, au e de M. Broussais, « est absolument vierge de toute idée dicale. »
javez-vous pourquoi les matières dyssentériques ne peuvent )duire aucune irritation sur l'intestin ? Un médecin ne s'en 'ait jamais douté ; mais le pharmacien défroqué le devine >le-champ : c'est parce que ces matières sont neutres, c'est-àe parce qu'elles ne modifient la couleur ni du papier de irnesol ni celui de curcuma ! A ce compte, le sublimé corro- ' et vingt autres caustiques, sans en excepter l'acide phénique -môme, ne devraient produire aucune irritation sur Tintes- I, car ils sont neutres aux papiers colorés ! et pourtant ce at c ces faits » qui décidèrent!!. Lemaire à employer l'acide énique contre la dyssenterie, et non la présence de microaires dans les matières intestinales! et voilà un raisonneur i se donnerait volontiers pour l'initiateur de la doctrine paraaire ! risum teneatis t
SI. Lemaire ne paraît avoir appliqué qu'une seule fois la idication phéniquée contre la dyssenterie.
Le docteur Andrew Fergus, de Glascow, dit l'avoir employée isieurs fois et notamment sur trois enfanta powx àe^ li.^^ ^^
It8 DE TACIDE PHÉNIQUE.
diarrhée grave; mais comme il rapporte celte diarrhée àliiiè' vre typhoïde, il en sera question ailleurs.
Quant à nous, nous avons appliqué notre méthode beaacoip trop de fois, dans les cas de diarrhée et de dyssenterie, pw |l que nous puissions rapporter ici même une faible partiedei faits que nous avons observés; non-seulement, nons itou appliqué nous-méme notre médication, mais nons avons été plus heureux avec des personnes étrangères à la scienee qi*!* vec les médecins ofliciels ; nous avons pu la faire appliqtff nombre de fois avec succès, notamment pendant le siège, a graod bénéfice de nos malheureux combattants. Voici nnelettre que nous recevions, à la date du 8 novembre 1870, d'ui valeureux officier avec qui nous nous étions rencontré plmiein fois au Moulin-Saquct, poste périlleux où jamais nousnerei-
contrâmes ni le chef ni le sous-chef des ambulances; ^
revanche, nous aurions pu les rencontrer dans les cérémonies où il fallait parader, ainsi que dans toutes les distribatioosâe croix; mais c'est là, qu'à notre tour, on ne nous rencontre pu»
Voici donc la lettre de notre officier :
« Villejuif, le 8 novembre 1870.
> Mon cher Déclat,
> Vous me feriez un bien sensible plaisir de me renvoyer de l'acide phénique, car j'en ai eu les résultats les plnssalisfaisanls; depuis qu'au Moulin-Saquet, où vous m'avez donué votre ordonnance des mélanges d'alcoolature d'aconit, d'extrait thébaïque et d'eau phéniquée, les dyssenleries et diarrhées sont coupées dans ma compagnie et dans les compt' gnies voisines, comme par enchantement et sans retour; l< tout en 24 heures au maximum; aussi ne puis-jc assez vooseo faire l'éloge. J'espère donc que vous voudrez bien me renvoyer au plus tôt de l'acide phénique.
» Je puis dire que j'ai guéri au moins vingt-cinq à trente
dyssenteries ou diarrhées qui avaient résisté au sous-nitraledc
bismuth, etc.
» Signé : J . de Verchère,
» Capitaine de la 6* compagnie,
» 1er bataill. 13o régiment de mobiles (Saône-et-Loire).
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. Ii9
P. S. Envoyez-moi une quantité suffisante, car maintenant >Tiis devenu, pour ces maladies, le médecin de tout le batailty devant les résultats certains et immédiats que j'ai obtes. »
Quoique cette lettre n'émane pas d'un médecin, nous aurons Il de chose à y ajouter quand nous aurons reproduit la subsicedela note que nous adressions au Courrier médical à la fin
l'année 1870, et qui a paru dans le seul numéro de ce jour- Iqui ait été publié pendant les mois de novembre et décembre
cette année. Nous avions intitulé cette note : moyen facile
presque sûr d'arrêter la diarrhée et la dyssenterie spéciale s soldats qui sont saisis par le froid et par l'humidité. On il qu'en parlant d'un moyen presque sûr, nous étions aussous de l'opinion que le capitaine de Verchère se faisait de Ire moyen, d'après son expérience personnelle. Nous avions
reste, à l'époque, adressé une note à l'Inslitut, afin que chan pût employer le moyen, et la plupart des journaux nous itèrent le concours de leur publicité; nous avons lieu de >ire que notre moyen a été appliqué sur une assez large lelle et que nous avons soustrait à la dyssenterie beaucoup de s malheureux soldats, dans les tranchées où la maladie sé- ;sait.
Quant au moyen, il consistait, comme il consiste encore, à re boire aux malades, deux jours de suite, en dehors des 3as, un demi-verre d'eau dans lequel on met suivapt la graé : pour la diarrhée, de huit à douze gouttes d'acide phéni- Q cristallisé (rendu liquide par l'addition d'un dixième Bilcool), de dix à quinze gouttes de teinture théba'iquc, et de ÛDze à vingt gouttes d'alcoolature d'aconit(i) ; pour la dyssenrie, la môme dose d'acide pbénique, de quinze à vingt gouttes i teinture thébaïque, sans y ajouter d'aconit, qui, dans ce cas, iinble avoir une action plutôt défavorable.
J'ajoutais dans ma note, car il s'agissait d'abord d'être utile
(1) Ce mode d'administraliou n'est guère applicable qu'en campagne ou par les édecios de village qui n'ont pas k leur portée une pharmacie. Mais dans les lies et les localités possédant une bonne pharmacie, il sera préférable de préside le sirop phéniqué, tilré à 10 centigrammes d'acide par cuillerée de sirop,' d'en donner de 5 à 1 cuillerées, c'est-à-dire 0,50 à i gramme d'acide, suivant la ravilé des cas.
ÎM tm, LACnB PHÈSOQGS.
à ccmx qw défeDdaieat l'hooneur ei les intéréU de la Frtiee, et dont on a si mal vUlisé la bonne Tolonté (i), que faviis expérimenté axée saceès ma médication an Monlin-Saqueteti rii3b:;laiice Croix>NiTert, et qu'elle l'avait été également à Vil* lejnif ; mais j'aurais pu ajouter qu'elle n'avait pas été iMiss efficace dans nmclienlèle de la Tille, où elle continue à me doi* ner les mêmes résultats. Parmi tous les faits que j'ai obsenà, je me contenterai de citer le suirant qui a en pour témoiin de mes honorables et distingués confrères, le docteur ÏAaA Pendant une courte absence que je fis, j'avais prié ce bienvôl' lant confrère de voir un petit dyssentérique> âgé de dix-hit mob et arrivant de l'Inde, dont Tétat ne laissait pas qie ^ m'inspirer quelques inquiétudes. Le docteur Kûntzli n'écrivait ce qui suit, dès le lendemain du jour où la médieitiN phéniquée fut appliquée pour la première fois :
c Cber et distingué confrère,
> Je viens de voir votre petit dyssentériqne. me Miroméoil,ii>> si mal hier au soir, à peine malade ce matin : garde-robes plus rares, sans douleur ni sang; de la fièvre, à peine. Jelsi ai permis des bouillons, car il criait famine. Je lui fais conii' nuer, à de plus grands intervalles, le sirop phéniqoé dont l'heureux et prompt effet, dans un état aussi grave, m'a vrtiment émerveillé.
» Recevez...
> KUNTZII. »
Ce que mon honorable et distingué confrère a observé dans ce cas, c'est ce que la médication phéniquée m'a donné dai> tous les cas de dysscnterie de notre climat où je l'ai appliqua
(1) Sans <ilre du métier, je crois pooToir me permettre d^exprimer «fAte «fl»"*» car j'ai vu nos soldats et même nos gardes mobiles à i*œiiyre dans presque toottf les affaires importantes, au Mouliu-Saquet, à Croissy, au Bourget, à CtaiaipifT' et à UuzeoTal, à Uontrelout et au Bourget, la garde nationale, dont la «m'*'' fui héroïque (voir ci-dessus, p. 49i); et j'ai pu m'assurcr, car c«la n'était pii*^
' difficile, que ce n'est point leur faute si leurs efforts n'ont pas été coarwo^ de succès, d'un succès local, tout au miùns, car je ne prétends juger qne M4^
J'ai vu.
fi
ae lui reste donc qu'à recevoir la consécralioo de l'expérience nire les dyssenleries terribles des pays chauds; mais je ne *iite pas que cette expérience ne lui soit favorable tant, us le rapport prophylactique que thérapeutique. Je crois ulement qu'on pourra parfois être obligé d'augmenter un 11, mais jamais de plus de 50 centigrammes, la dose d'acide ténique, surtout quand on agira thérapeutiquement; quand sdyssenteries se compliqueront de vomissements, de réaction irérale et de fièvre, on commencera par appliquer l'épica ; pourra, ensuite, aussi recourir aux injections sous-cutanées as préjudice de Tadminislration du sirop; on injectera, une, iix ou môme trois fois par jour, cinq grammes d'eau phéoi- ^e au centième. Tout me fait espérer qu'à l'aide de ces moîcalions, on obtiendra contre les dyssenteries des pays auds, sinon tout à fait les mêmes résultats que contre les de nos climats, au moins des résultats encore trèsorables, et meilleurs que par aucun autre traitement actueinent connu.
Art. V. — DE LA FIÈVRE.
)n ne s^attend pas sans doute à nous voir passer ici en reî, même sommairement, toutes les conceptions fastidieuses, arres, déraisonnables et parfois quasi insensées, dont la re et les fièvres ont été l'objet. II faut laisser ce soin aux toriens philosophes qui s'occupent des aberrations de prit humain. Ce que nous voulons, avant de passer à l'étude plusieurs maladies qui ont pour litre générique le mot re, c'est de chercher à déterminer ce qu'on doit entendre iourd'hui, raisonnablement et pratiquement, par ce mot ; si de déterminer quelle médication il convient d'appliquer élat fièvre, si tant est que cet état comporte en lui-même une Idication, et si cette médication peut être ou doit être celle e nous étudions spécialement dans ce travail. Le mot fièvre s'entend aujourd'hui de tout élat de l'économie 3s lequel il y a augmentation de chaleur, accélération des tements du cœur et malaise général. A ces phénomènes géiques se joignent ordinairement d'autres symptômes dé-
132 DE L'ACIDE PHÈEfIQUB.
pendant de lésions d'un ou de plusieurs organes on syatèics: nous disons ordinairement quoique plusieurs médeciosi léK parmi ceux qui ne sont pas disciples de Broussais, prélO' dent encore qu'il n'existe pas de fièvre essentielle, c'esl-à^ d'état dans lequel les trois phénomènes que nous TesM d'énumérer existent sans lésion locale d'un ou de plosietf organes. La fièvre, suivant eux, serait donc toujours sjfBft matique.
Au point où en est aujourd'hui la science médicale, ectt question, qui a soulevé des flots d'éloquenc«$ et fait répaBi>|ii des flois d'encre, encore au commencement de ce siède,» n'est plus qu'une question de mots. A part quelques rares illi'|< minés mystiques, qui croient aux maladies du prineift ou môme de l'âme, il n'y a pas un homme de bon sens pense qu'un phénomène physiologique ou pathologï puisse être autre chose que la réaction ou l'action d'aoot plusieurs organes, appareils^ tissus, où se passent des mo lions matérielles; seulement ces modifications intimes ne passent pas toujours, môme principalement, et ne se jamais exclusivement, dans une partie locale, circoi et s'il fallait, pour élre organicien, croire à des ta< exclusivement locales, à toutes leurs périodes, on ne pou rester dans l'organisme sans sortir de la raison. De méine si Ton cessait d'être organicien pour croire à l'existeoce phénomènes morbides, de la tièvre notamment, en l'abseoee toute lésion locale appréciable, aucun observateur sérietix*' serait organicien. Tous les troubles et surtout tous les UH* blés généraux, comme les phénomènes fébriles, sont nécess»* rement dus à l'introduction dans le sang, non pas, comme « le dit par routine, de corps étrangers — (car tous les corfi qui entrent dans le nôtre lui sont nécessairement étraBgfl|» môme ceux qui le nourrissent, jusqu'à ce qu'ils soicnl afl^ miles), — mais de corps étrangers antipathiques au sysl^ nerveux, peu ou point ou difficilement assimilables par '* organes. A part les agents dits impondérables, tous les ml^ passent par le sang avant d'atteindre et de transformer 9^^^ organe; le sang, qui est le grand, l'universel véhicule de W"* les éléments bons ou mauvais qui s'introduisent dans l'orge
me, est donc plus ou moins malade avant aucun organe, vent sans qu'on puisse constater en quoi consiste la modition qu'il a subie, et quand cette modification est considéle, la vie peut être suspendue, avant qu'aucune lésion lires organes se soit produite. Ce ne sont plus là, aujouriii, des questions à discuter ni sur lesquelles môme on ve insister.
oui ce que nous devons faire ici, c'est d'examiner si la re est, non pas essentielle ou symptomatique, mais une inition ou une contre-indication de la médication phénîie. £n y réfléchissant un seul instant, le lecteur s'apercevra s peine que cet examen est fait d'avance. La variole, la geôle, la scarlatine, le charbon, le typhus et d'autres malas encore que nous avons déjà étudiées, sont des fièvres, e* 1 sait quelle action a sur elles la médication phéniquée. Or, va voir que l'action est à peu près la même dans celles que as allons étudier. Mais toutes ces fièvres sont caractérisées r d'autres symptômes que les trois phénomènes fébriles idamentaux; elles sont déterminables comme des espèces ihologiques ; mais dans les cas où tout se borne, ou i moins presque tout, aux phénomènes génériques, ou land ces phénomènes sont très-prédominants, la médication léniquée ne serait-elle pas contre-indiquée? Ne devrait- on s craindre son action irritante? Ne faudrait-il pas recourir, ibord, aux antipblogistiques et aux émollients? Toutes ces estions nous paraissent oiseuses. Sur les irritants, les antilogistiques, etc.,etc, nous renvoyons aux quelques mots que us avons écrits sur la classification des médications (voy. g. 168). Quant aux fièvres qui se bornent aux phénomènes nériques, essentiels, elles deviennent de plus en plus rares,* nesure que l'observation devient plus précise; tout nous au- *ise à croire que ces cas déjà rares disparaîtront complètement, que chaque fièvre comptera assez de symptômes spéciaux, 1 isolément, soit par leur ensemble, pour être distincte de lies les autres. En attendant, rien ne permet de supposer 'elle soit due à d'autres causes générales que les fièvres que%^ us connaissons, c'est-à-dire à des parasites (1). Dès lors, la
l) Nous croyons à peine utile de faire une réserve pour U ùfe^ve Vtw4SB»NÀ5V^^\
134 DE L'ACIDE PHENIQUE*
médicalion phéniquée ne saurait être contre-indiquéè,toalaii contraire. L'acide phéaique, qui, d'ailleurs, il ne faut jamais le perdre de vue, n'est pas un acide, employé rationnellement^ ne peut Jamais avoir d'inconvénient et ne possède aucune action irritante, 11 n'y a donc de contre-indication à son emploi ni dans la fièvre ni dans aucun autre état. Il peut, à la rigueur, être inutile, il ne peut pas être nuisible. Ainsi, qu'on soit fixé sur l'espèce morbide d'une fièvre ou qu'on ne le soit pas, l'acide pbénique pourra être employé sans inconvénients, d'après les règles que nous avons tracées, et du moment qu'il peut être employé sans inconvénients, il doit l'être, car il existe do grandes probabilités qu'il aura une action favorable.
(L'article VI, curation des Fièvres intermittentes, esl^liré séparément et forme une brochure à part.)
Art. VII. — DE LA FIÈVRE JAUNE.
Ce n'est que par analogie que nous pouvons conseiller k traitement phéniqué contre cette grave endéo^o -épidémie, que nous n'avons jamais eu l'occasion d'observer ni, par conséquent, de traiter. Mais l'analogie est,ici,asses grande pour qu'on puisse espérer qu'une médication qui réussit d'une manière si admirable contre les fièvres intermittentes les plus graves réussira également contre une maladie, qui n'est vraiment qu'une sorte de fièvre intermittente particulière , produite très-probablement par des parasites très-voisins des parasites paludéens, sinon tout à fait semblables (i). Comme la fièvre intermittente,
on verra à l'article plaies ce que peDse de cette fièyre le professeur Hosétig, de Vienne, et VinflueDce qu'a sur elle l'acide phéniqué.
(1) L'identité de cause de la lièvre jaune, quelques modiflcaliaBs qu'elle présente dans sa forme, — et ces modifications sont généralement peu impertaàtes, — s'accorde peu avec le galimatias médical admis, toutes les fois que le médecio, n'ayant en sa possession aucun bon remède, en conseille plusieurs très^difféfeols, suivant le cas. t'est ce qui est encore arrivé a propos d'une invasiou modérée Je fièvre jaune qui a eu lieu en Espagne à la un de 1870 : Un médecin qui ^occupe beaucoup de peste, de fièvre jaune et de grandes épidémies, éeriTuit encore iMt récemment, à ce sujet : < Le caractère de la fièvre jaune est très-variable,seleol«si«' calités et selon les épidémies, et le traitement varie avec lui. J'ai tu en effetréosiiTi alternativement, contre cette maladie, les saignées ioealet ou générales, le xtiffate de quinine à haute dose, les antispasmoaiqueSf les évacuants, etc. ; » l'etc.
la fièvre jaune — qui, du reste, revêt quelquefois le type întermitteut et assez souvent le rémittent — se développe exclusivement dans les contrées chaudes et humides oii se trouvent des matières organiques, et plus spécialement sinon exclusisivement végétales, en décomposition; quand on peut faire disparaître ces conditions, on fait généralement disparaître la fièvre jaune, comme on supprime les fièvres intermittentes en desséchant les marais. La fièvre jaune est donc, on peut 1 affirmer a priori, une maladie parasitaire et contre laquelle, par conséquent , Tacide phénique aurait probablement une action favorable. Le traitement devrait être dirigé comme nous l'avons indiqué à propos du choléra; peut-être notre nouveau parasiticide serait-il utilement associé à l'acide phénique ; nous le tiendrons à la disposition de ceux de nos confrères qui sont à même de traiter la fièvre jaune, dans les cas où ils voudraient l'essayer avant que nous l'ayons fait connaître publiquement.
Art. Vin. — DE LA FIÈVRE ou SUETTE MILIAIRE.
Voici une maladie qui pourrait nous donner de la tablature, si nous écrivions un traité de pathologie, et dont la cause n'est pas aussi facile à déterminer que celle de la fièvre jaune et des fièvres intermittentes. Mais nous traitons exclusivement de la thérapeutique parasiticide phénîquée, et nous ne pouvons étendre sans nécessité notre sujet, qui s'étend malheureusement beaucoup déjà par tes affinités naturelles. Nous nous bornerons donc à dire que les analogies nombreuses de la suette avec les fièvres éruptives nous ont fait penser que le traitement phénique — si utile contre ces dernières— pourrait être essayé contre cette bizarre endémo- épidémie. Du reste, un principe plus général nous engagerait encore à Tes-
ett de Fauteur et non de moi. Ce sont là de ces formules banales, de ces commérages médicaux qui font de la médecine une science de portières; le jour où Ton aura une médication réellement utila contre une maladie, tous ces verbiages fastidieux disparaîtront, comme ils ont disparu delà thérapeutique des fièvres inter- Diitlentes, au moins chez tous les esprits sensés. On ne guérit pas plus une même maladie avec deux médicaments contraires qu'on n'éteint également le feu avec d« Teau et avec de l'huile.
IJf DE L*ACn>E PHÉMQUK.
sayer : c'est celui qui a engagé M. Descos à ressayer contre la variole et — qui pi os est ~ à essayer contre cette dernière maladie la saignée et le quinquina, l'opium et l'alcool, etnae foole d'autres médications qui s'harmonisent aussi bien. Noos ne poussons pas l'application du principe jusque dans ces conséquences, mais nous croyons qu'on peut toujours essayer une médication nouvelle contre une maladie où toutes les antres médications ont échoué, pounru, toutefois, qu'on soi( certain que la médication nouvelle ne seraxpas nuisible. U saignée et les sangsues ne sont malheureusement pas dod* velies, mais nous ne sommes pas certain qu'elles ne soient pas nuisibles dans la variole, comme dans la fièvre jaune oa même dans la suette où on les a cependant employées. Quant au traitement phéniqué, nous avons l'absolue certitude, malgré les bulles d'excommunication des chimistes iroyens et les objurgations des compères Bobœufs (voir ci - dessus Tarlicle Ta* riole), qu'il ne sera jamais nuisible, lorsqu'il sera prescrit conformément à nos préceptes, et qu'il ne sera pas administré à la dose de dix grammes dans égale quantité d'alcool, comme 1( prescrivait ce pharmacien normand (voir, ci-dessus, l'article Rage), d'après son prophète Dorvault, ce fameux prophète où le fameux Sanson, l'homme aux treize côtes, est allé « tirtr* les fameux « aperçus des proportions pour,., » (voir ci-dessusi p. 431 et 432). Nous engageons donc ceux de nos confrères qui auraient à traiter des cas de suette à essayer la médica* lion phéniquéc; il y a quelques raisons d'espérer qu'ils s'en trouveront mieux que de toutes celles qu'on a conseillées jusqu'à ce jour, et auxquelles les praticiens sages préfèrent aujourd'hui l'expeclalion.
Art. IX. — DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE ET DES ACCOUCHEMENTS-
Ici, ce n'est plus par induction que nous aurons à raisonner; c'est par expérience, et d'après une expérience qui a permis de constater des effets que nous ne craignons pas de quJ* lificr d'admirables. Pourquoi faut-il qu'à côté des grandes satisfactions que font éprouver les bienfaits de la médecine à celui qui a le bonheur de les répandre, se trouvent presque
jours les déboires de la confraternilé ! Hélas ! il paraît en ir été toujours ainsi, et ce n'est pas nous, probablement,
changerons le cours des choses; mais nous l'expliquerons, 30 dans ce moment, du moins plus tard, non pour lechan- , mais parce que nos intérêts moraux l'exigent. Ce n'est en passant que nous pouvons, aujourd'hui, toucher ce sujet, 'agit ici de fièvre puerpérale, d'une maladie, qui, dans ceras moments, fait mourir par centaines, dans les hôpitaux ians les cités populeuses, de jeunes femmes dont la mort porte un trouble grave et un grand deuil dans la famille, et ise un égal préjudice à la société; le sujet est important; 'aut, sans se laisser détourner du but, le traiter avec tous . développements qu'il comporte.
Et d'abord, nous devons rappeler, aujourd'hui, en y insistant core davantage, ce que nous disions il y a huit ans, dans la emière édition de cet ouvrage, c'est que la fièvre puerpérale i la péritonite puerpérale, comme on l'appelle souvent, parce le, en eflFet, la vaste membrane péritonéale est gravement teinte dans cette maladie, la fièvre puerpérale donc est cau- € par des miasmes, et même des miasmes qui se rapprochent 5 la catégorie des ferments, car ils peuvent être transportés r les personnes qui se trouvent en contact avec des malades,
c'est même ainsi, comme nous le dirons dans un inslant, 16 la maladie se propage dans les villes populeuses. Ce iasme, ce ferment, ce parasite, enfin, ne se développe que ez les personnes qui portent de vastes plaies et chez les noulles accouchées, — dont l'utérus, après l'accouchement, rcsmble tant à une plaie, à sa surface interne — et dans les lolités où se trouvent des agglomérations humaines, surtout des unions de nouvelles accouchées, car la fièvre puerpérale est Bniment plus rare dans ,1a campagne que dans les grandes les, plus rare dans les villes que dans les hôpitaux, et plus 'e, sauf de rares exceptions, dans les hôpitaux ordinaires que ns les hôpitaux d'accouchements.
Sous citions, en 1864, un mémoire sur le Dr Grisar, dans ieel cet observateur consciencieux établissait que les médcis-accoucheurs et les sages-femmes sont les principaux )pagateurs de la fièvre puerpérale dans les villes, comme
nous avons démontré que les médecins sont partout les propagateurs de beaucoup de maladies, de la scarlatine et dneroip entre autres (voy. article Croup). Ce que l'honorable D' Gristr avait établi par des recherches personnelles, une vaste enquête dans l'hôpital de la Maternité de Vienne Ta confirmé pleinement^ en prouvant que médecins, sages-femmes et étodiaits transportaient le ferment partout où ils allaient, et en déiDOiitrant^ en outre^ que, moyennant certaines précautions hygiéniques, les personnes qui avaient été en contact avec des 1112ladcs atteints de fièvre puerpérale pouvaient se débarrasserdi ferment dont elles s'étaient imprégnées, et cesser ainsi d'être des foyers de contagion. Beaucoup de médecins ont étééebirés par ces faits et partagent aujourd'hui les convictions de M. Grisar et de tous les praticiens de Vienne, ou à pen près; cependant quelques-uns résistent encore à l'évidence; doqs n'osons pas dire qu'ils feignent d'y résister, quoiqu'il soit bien difficile d'admettre que des hommes qui ne sont pis dé» nues de tout bon sens puissent méconnaître la significalien des faits révélés par M. Grisar et par l'enquête de la Matenité de Vienne. Ce qu'il y a de certain, c'est que des chirurgien prétendus éminents, des accoucheurs en renom continuent, ei sortant de voir des malades atteints de fièvre purulente M puerpérale, à visiter d'autres femmes en couches^ sans prendre les précautions que la science prescrit aujourd'hui, et à leur apporter ainsi le ferment qui peut lés tuer. Nous avons qnel* ques motifs de croire, cependant, que ce fait est moins habituel aujourd'hui qu'il y a dix ans. Peut-être n'avons-nous p« élé complètement étranger à cet heureux changement. Espérons que le progrès de la science et de la moralité professionnelle et la pression de l'opinion publique, qui a bien voix au chapitre en celte circonstance, feront disparaître complét^ ment, dans un temps très-prochain^ des habitudes aussi fatales aux nouvelles accouchées. Notre espoir est tel sur ce point, que nous ne jugeons pas utile d'entrer dans tous les détails d'observation qui mettent hors de doute l'opinion du D»'Grisar; dans l'étal actuel de l'opinion médicale générale en Ett* ropc, il nous suffit d'avoir affirmé que celte opinion est audessus de toute contest^îtion sérieuse.
Mais, si l'opinion du Dr Grisar est incontestable, il est tout ssi incontestable que la fièvre puerpérale peut se déve- >per spontanément chez les nouvelles accouchées, sans que médecin, ni sage-femme, ni garde-malade, ni domestique , ient apportée. Ce développement, très-rare à la campagne^ . plus fréquent dans les grandes villes, et d'autant plus frètent, toutes choses égales d'ailleurs, que les villes sont plus ipuleuses.
Il ne faut donc pas seulement se préoccuper de prévenir la Wre puerpérale, il faut songer à la guérir quand elle s'est Jclarée. Occupons-nous d'abord de ce dernier point. Jusqu'à ces derniers temps on n'avait fait que peu de chose — Dur ne pas dire rien — pour la curation de la fièvre puerpérale, eu de chose d'utile, bien entendu; c'est ce qui ressort de la iclure des ouvrages sérieux sur la matière, et aussi d'une disission qui a eu lieu, il y a quatre ans, à l'Académie de méecine de Paris, à propos d'un fait de M. J. Guérin que nous ions faire connaître et discuter dans un instant. Aujourd'hui, un très-honorable praticien de Paris croit avoir Ouvé un moyen à peu près infaillible de guérir la métro-pélonite, — comme, du resle, toute inflammation , — par une étbode qu'il appelle isolante, et qui consiste à isoler du conct de l'air la surface correspondant à la surface enflammée, lia recouvrant d'une couche de collodion dit élastique, qui la propriété de ne pas se fendiller spontanément ou dans les Duvements du corps et par conséquent de la peau recouverie isolée. Il n'entre pas dans notre objet de discuter les faits niques ni les bases scientifiques sur lesquels repose cette Uhode inventée et soutenue avec beaucoup de talent, et au )ins autant de persévérance et de vigueur, par un honorable ofrère de Paris, M. Robert de Latour. Nous nous bornerons ilement h faire observer que, dans la métro-péritonite puerraie, la méthode isolante n'isole que la peau tandis qu'elle sse en contact avec l'air toute la surface interne de l'utérus, Qt on considère, à juste titre suivant nous; le contact avec r comme bien autrement dangereux que celui de la peau du itre. Tout le monde comprend pourquoi ; nous le disons, du le, explicitement, dans l'article suivant; dans celui-ci, nous
T:xL.sxf i.i.xî r»iir*-lx'rr» xxi riesùoBS pntiq[aes. C'est dans XI i-x: zm^rxi^ rK ac^xs iTWXi scaî^g^é ces mots qui appari:«^xf x: i xiC!« ^«afrè-r». rjmmi Âerns i;jmU imfUiiMmation. C'est ci"*r ef*-- iCTT -~i':»:-i:ï2j» M, Robert ée Litour, il s'agit, i resTr-^ o»l3.>^ icxr 2ïr&iX£s&5$. à* déirûre rinflammilion ; or, E*ï5 cr&To-ii — i p»?i wès ivee to«t le monde anjoard'hni qiie i :xf irx!=3t:^>!x <â s^&B-sesI'^BeDt mn phénomène toujours seeoaiii*?. 3XiÎ5 xx p!&££«sè3e — (om si l'on Tenl un ensesble à« pbrx<Ls^*«« — ^séralement peu important dans lis ailid:-«s s»>eii£ée$ : u t a inflammation dans le rhaaia< tisme articnliire ai^n : il y en a dans la fièTre typhoïde, daos la d3rssenier:e. dacs !e eharhon. dans le typhus, dans laTarioIe, dans la syph: Js, dans le caneer. dans la phthisie ; mais de quelle importance y est -elle, et qui donc croirait pooTOir guérir toates ces maladies en tnîLint l'inflammation? Nous n*insistons pas, et nous ne nous opposons pas. du reste, à ce qu'on applique il méthode isolante, même dans la fièvre puerpérale, aux malades qui pourront la supporter; car, explication à part, il estdiffidte de croire que l'honorable M. Robert de Latour ait pu se &iff illusion au point d'accorder à sa méthode une efficacité presque io faillible,, si; en effet, il n'avait pas obtenu des résultats Sivo* râbles. Nous-méme, du reste, nous avons obtenu un bienfait réel du collodion élastique, auquel nous avons ajouté iOp. i^ d'acide phénique. Nous ne nous opposons donc pas, nonsle répétons, à ce qu'on applique la médication de l'habile et honorable inventeur de la méthode isolante ; maisnous voulons qa^ elle comme aux autres, on associe la méthode parasiticide, (pii guérit les inflammatioas, du moins les inflammations fermeotaiives, si l'on noas permet ce mot, d'après les principe deMorgagni, en en détruisant les causes (1).
(1) Comme noas croyons que ces causes 5ont identiques à celles de la fièvre pi"^ lente, ou, si l'on aime mieux, que les parasites qui déterminent Tone etrtu'" flévrc sont les marnes, nous ne nous appesantirons pas ici sur les coDsidértb»' qui militent en faveur de notre opinion, renvoyant, pour éviter les répéliti<n'îi* l'article suivant; nous dirons seulement que dès 1869 (602. méd. de Strasboi^ 10 févr. 1859) M. Coze avait fait les constatations suivantes sur Ies«o|o(t nialarles morts de péritonite puerpérale : « Ce sang était caractérisé parunefl** tité très-considérable de leucocytes, une certaine dit'Huence des globules rongei^ la |>r(^8cncu de nombreux points isolés ou disposés en chalaelles (iofasoif^ ' Seulement, M. Coze ajoute que « c« dernier caractère appartient aussi aa 8«f0* tepticohémlc et de la fièvre typhoïde. Nous ayons eu occasion réeemmenti ^t*ili
Jn praticien qui ne craint pas l'inflammation , c*cst celui
guérit les fièvres purulentes à l'aide de l'eau-de-vie, à la e d'un litre ou d'un litre et demi par jour et du sulfate de nine. Mais comme c'est surtout contre la fièvre purulente prementdile que cette médication est conseillée, c'est dans ticle suivant que nous en dirons quelques mots. Infm, la méthode qui a eu les honneurs d'une discussion Académie de médecine, est celle que propose le Dr Jules ^rio, et qui consiste dans l'aspiration des liquides de la ité intra-utérine, à l'aide d'un appareil particulier, lequel pèche en môme temps l'aspiration inverse que , dans l'état inaire , la matière exerce (indirectement) sur l'air extéar, pendant les mouvements dé la respiration ; c'est une sorte pplication de la méthode sous-cutanée , et c'est bien ainsi e Tentend M. J. Guérin ; c'est aussi une sorte de méthode lante et d'une isolation — (le mot est déjà créé) — assuréînt plus rationnelle, à première vue, que celle de la peau, ûsqu'elle isolerait la muqueuse utérine du contact de l'air térieur. L'observation sur laquelle M. J. Guérin s'appuie , lire les données théoriques, pour établir l'efficacité de sa 3thode, est d'un grand intérêt pour nous; nous allons donc
reproduire telle que notre distingué confrère l'a commuquée à l'Académie.
t Obs. — M«»e C... (de Courbevoie) est accouchée, sans le 30urs de l'art, le lundi, 10 août dernier (1868), à deux heures
matin, après deux heures seulement de douleurs marquées, liait sa seconde couche. Le délivre était sorti complet en parence. Les journées du lundi et du mardi s'étaient passées is accident aucun. Les lochies coulaient, mais une portion
membrane inodore, de 15 centimètres de long, s'était uvée parmi les évacuations. Lo jour suivant, .écoulement
le sang d'une femme morte de septicohémie au servicede M. le professeur S chûtberger; il renfermait les mômes éléments que ceux que nous venons de signaiaos le liquide sanguin puerpéral. Nous devons faire la môme observation pour ïng d'un cheval morveux, qui nous a et '^ fourni par notre confrère M. Engcl. » tefois, M. Coze semble reconnaître ailleurs que ces corpuscules ne sont pas jreusementles mêmes, ou que du moins il n'en est pas absolument certain. Il smande aussi s'ils sont cause ou effet, questions que nous n'avons pas à examiici après les dévâoppements que nous leur ayons donnés ailleurs dans notrç >duction .
régulier, sans odeur. Mais le lendemain, jeudi, 13, quatrième jour de raccouchemenl, évaenalion de noarelles portions da membrane de mauvaise odenr, qui se répète les deux jom suivants jusqu'au dimanche 16.
» Le lundi, 17, premier frisson vers deax heures, et snft des locliics, qui avaient continué à présenter une maoniiB odeur jusque-là,
> Le 18, deuxième frisson à deux heures du soir. L'éooolement lochial avait reparu deux fois dans la journée, maisaitt une odeur infecte.
> Le lendemain, 19, suppression complète des locbies; taméfaction considérable du ventre; douleurs dans les aioei, dans le milieu du ventre et dans les reins, le tout accompagié de nouveaux frissons. Le médecin ordinaire , M. le D^ Lantier, avait fait pratiquer depuis deux jours des injections etérioa.
> C'est dans cet état que je vis la malade, le mercredi, 19) à quatre heures et demie. L'utérus était à deux travers dl doigt au-dessous de l'ombilic. Le pouls était déprimé, trèiaccéléré et à peine perceptible. Je ne pus méconnaître, daai l'ensemble de ces symptômes, le début très-accentué d'sM péritonite puerpérale,
» En attendant de soumettre la malade à l'appareil qoej^ vais indiquer, je la fis placer dans un bain tiède, en ayant sflta d'établir une libre communicatîon jusiju'à l'utérus, à i'ai^* d'une canule placée dans le vagin.
• De retour auprès de la malr.de , je me mis en mesure de pratiquer l'aspiration utérine à Taidc do l'appareil soivad, auquel j'ai donné le nom d'aspirateur utérin.
» Cet appareil se compose de trois parties principales:
» lo D'une forte canule en caoutchouc vulcanisé, de 2 cen^ mètres environ de diamètre , longue de 20 centimètres, àoi' vertures latérales, et destinée à être introduite jusqu'au fo»! du vagin ;
» 2<> De deux ampoules en caoutchouc, placées sur le trajet de la canule, et susceptibles de se remplir d'air au moyen d'tn insuflateur; ces deux ampoules, mobiles suivant l'axe de la canule, devant servir d'obturateurs du vagin, l'une placée i rintérieur, l'autre à l'orifice du canal ;
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PIIÉNIQUE. Uë
3^ D un système d'aspiration composé d'un lube conducteur Dbinet, sur le trajet duquel se trouve un tube de verre per- Ltant de constater le passage des malièrcs aspirées, et sjou- Ht dans un ballon en verre, destiné à recevoir lesdites ma< Tcs, et aboutissant à une boule aspiratrice à soupapes.
L'appareil introduit et assujetti de façon à exercer une ion aspiratrice dans la cavité du vagin, je commençai à tirer les gaz et Talr qu'il renfermait. Immédiatement après, misTorilice extérieur du lube, préalablement fermé par un 3iQet, en communication avec le tube d'un irrigateur Ëgui- .T, rempli d'eau phéniquée. Le robinet ayant été ouvert, l'eau il'irrigateur se précipita dans la cavité vaginale. Après dix inutes, je remis le tube vaginal en communication avec i'asrateur, lequel amena immédiatement dans le ballon le liquide jecté, légèrement trouble, mais avec une notable quantité de u. Je réitérai immédiatement l'introduction de trois cents "ammes d'eau pbéniquée, et, cinq minutes après, l'aspirateur beoa dans le ballon, avec l'eau injectée, des matières puru- Cites jaune-rougeâtre, tenant en suspension des cailiots d'une leur infecte. En môme temps que ces phénomènes se prolisaient, la distension du ventre diminua à tel point, que, opération terminée, le ventre était réduit presque à son volume dinaire. Dès ce moment, l'écoulement lochial continua morément avec sa couleur ordinaire et sans odeur remarquable, entourai le tronc de la malade d'un bandage de corps^ exer- 23t une pression modérée sur le ventre.
» Aux frissons qu'avait éprouvés la malade succéda une forte aleur suivie de sueurs considérables. Le pouls se releva mme subitement; la fièvre et le délire ont duré une partie ' la nuit. Vers le malin, la malade s'endormit, et, à son réil, dans la matinée du jeudi, le ventre était tout à fiiit dé- >iiflé ; les lochies coulaient modérément sans odeur; le pouls ait à peine fébrile, et la malade demandait à manger. Il est noter quo la sécrétion lactée, abondante avant les accidents, vaii été complètement supprimée durant ces trois derniers ours.
» Je commençai, dès le jeudi, à alimenter la malade. Quel^ [nés bains généraux et quelques injections vaginales furent
lu DE L'AUDE PHÉXIQUE.
les seuls moyens employés pour dissiper un reste de sett* biiilé (lu ventre, et le quatrième jour après rapplieatioi ^ l'appareil tout était rentré dans Tordre : la malade mansc^ digérait, dormait, et la sécrétion lactée éiait compIétaiO' rétablie et assez abondante pour l'alimentatioa de son eBfiil>
» Depuis cette époque, M™e C. . . a continué à jouir de 1» plus parfaite santé. »
Il y a, dans ce fait, trois questions principales à eiamicer* la question de l'exactitude des détails rapportés, celle dadiaf nostic de la maladie, et celle de la médication à laque&ei faut rapporter le résultat obtenu.
Nous insisterons peu sur la première question, que dd»* confrères, académiciens et autres, avaient soulevée avec ces* liment de bienveillance confraternelle et de convenance, fJ»* licrc aux Depaul et autres protecteurs austères de cow-fiï«|* d'eucalyptus et d'une foule de produits, en général, moitié commandables que recommandés. M. J. Guérin dut reeourirtf témoignage du mari de la malade, qui confirma, point ^ point, tous les faits essentiels qu'il avait mentionnés; c^ faits sont donc constants; on peut seulement regretter^ M. J. Guérin ne les ait pas exposés d'une manière plus prw* encore qu'il ne l'a fait : par exemple, M. Guérin noleqnap* l'opération de l'irrigation, la fièvre et le délire ont duri^ partie de la nuit; or, il n'avait pas été question préalable^** de délire, et, pour durer, il fallait nécessairement qu'il exist*^ le délire n'est pourtant un symptôme à négliger dansant" cas, mais .surtout en pareil cas; il ne concourt pas médioCK* ment, quand il offre certains caractères, à confirmer le diaî* gnostic dans la fièvre puerpérale. Malgré celle lacune, '* diagnostic de M. Guérin nous paraît infiniment probable» sinon absolumcnl certain, et ceux qui, par des nioti»» peut-être médiocrement scientifiques, l'ont contesté, aurait' dû dire ce (|uo pouvait bien être cette fièvre grave, si f' n'était pas une fièvre puerpérale.
Les deux premières questions écartées, reste la trois cib«' à quoi rapporter l'heureuse révolution qui s'est opérée à^^ M'u«C .., aussitôt après l'opération pratiquée par M. Guént»* Sous ce rapport, nous croyons qu'on peut n'ôire pas ou piû^
At>PUCATlONS THÈftA!>EUTIQUËS DE L^ACIBE PBÊNÎQUE. 445
n ne peut pas être deTavis deM.Gaérin;il y avait, dans son *ation, deuxélémenls de caration dont l'un, que M. Guéria al en vue, est illusoire ou à peu près, et dont l'autre, qu'il ige, est seul important. Dès que l'observation de notre ngué confrère eut été publiée, nous nous empressâmes ni signaler son erreur, dans la lettre suivante :
f Cher et éminent confrère.
Tons avez une connaissance trop approfondie de Tesprit lain pour ignorer la tendance qu'a chacun de nous à trouver i les faits la confirmation des idées qu'il peut avoir. Vous serez donc pas étonné que je n'aie pas envisagé tout à fait aême point de vue que vous l'intéressante observation de tonite puerpérale que vous venez de communiquer à l'Acalie de médecine. Je ne me permettrai pas de discuter jusi quel point ce fait vient confirmer la savante théorie que is professez sur la doctrine de la fièvre puerpérale, et je mierai même pas d'apprécier la part qu'a pu avoir, dans beau résultat thérapeutique obtenu dans ce cas, l'ingénieux )areil que vous avez imaginé. Mais ce que je crois pouvoir rmer, aussi bien d'après les faits que j'ai publiés dans mon •e sur l'acide phénique, que d'après ceux, beaucoup plus nbreux, que j'ai recueillis depuis, et dont la catégorie la s intéressante sera très-prochainement publiée (i), c'est ) les injections d'acide phénique que vous avez pratiquées 1 Mme c. .. n'ont pas été sans influence sur sa guérison. Ma ifîance dans la médication phéniquée est telle, que je suis s-porté à croire que les injections phéniquées seules, mais étées un peu plus fréquemment que vous ne l'avez fait, les 3Ctions continues surtout, triompheront à peu près constam- Dt de la péritonite puerpérale, dans les cas analogues à celui MmeC... En avançant avec confiance celte opinion, je ne X, en aucune façon, bien entendu, détourner les praliciens l'usage de votre ingénieux appareil. Mais, pour ceux qui ne
} Je faisais allusion aux observations de curation des maladies organiques de ingne^ qui, en efTet, ont été publiées peu de temps après, i vol. gr. iu 8», it, chez Adrien Delahaye, éditeur, place de l'École-de-Médecioe.
le posséderaient pas encore, an moment ofl one fi&rre puerpérale se présenterait dans leur pratique, je crois de?oirles engager à user, d'après les règles que j*ai tracées, de la médication phéniquée. J'ai la certitude que les résultats répoodiQBt à leurs espérances. >
H. J. Guéri n se plaint souvent des mauvaises passions à ses adversaires; mais il ne paraît pas se douter qu'il n'est pu lui-même exempt des faiblesses humaines ; s'il a étudié beu* coup de choses, il n'a pas proBté de toutes, notamment du pré* cepte du sage, puTt otaurcv : H. J. Guéri n n'a pas l'ombre è connaissance de lui*môme. Quant à moi , je le connaissais o peu, et j'avais édulcoré ma lettre en conséquence, quoiqoeliifl persuadé que Timpartial directeur de la Gazette médicaliè Paris ne l'insérerait pas, malgré le miel dont elle était endvti^ Je ne me trompai point : M J. Guérin est un esprit beaicMf plus large et plus libéral que la presque totalité de 8ese# gués, académiciens et autres , mais à condition que sonlik^ ralisme ne le conduira pas à permettre qu'on mette en questin ses théories. Sur ce point, il est intraitable ; ma lettre ne fiatdsit point insérée. Puisque sa publication a été retardée joaqa'àct jour, j'en profiterai pour la com^éter, en ce qui content l'interprétation de l'observation de M^^e G..,
Je crois pouvoir passer sous silence , sans aucun ineoaTénient, la théorie aspiratrice de M. Guérin. Ge distingué eoifrère, qui a fait beaucoup de vitalisme, a par trop oublié lu éléments de la physique; M. Poiseuille et beaucoup d'aotm physiciens le lui ont pourtant rappelé souvent; mais il contioiii à ne rien entendre, et à soutenir que la matrice aspire fur pendant les mouvements abdominaux imprimés par la respiration ; c'est parfaitement contraire aux lois de la pesantenTi la contexture des parois du ventre , qui n'étant pas solideSi comme les parois d'un tonneau, ou même comme celles da thorax, s'afiaisscnt à chaque inspiration et ne permettent pss au vide de se faire sous elles; c'est, par conséquent impossible, absolument impossible^ comme Ta répété à satiété M.Poi' souille; M. Guérin n'en démord pas , et, qui plus est, il cite des expériences pour prouver que la matrice aspire, c'est-à-dire que les pierres qu'on jette en l'air s'élancent dans les esp&ces
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PH£NIQUI. ikt
lestes, au lieu de tomber sur la terre. Qu'y faire? Laisser tre distingué confrère avec sa physique, et expliquer ses servatioos par la physique et la physiologie du commuii s martyrs. L'explication du succès obtenu chez Mme G... ist pas difiBcile à donner sans la physique de M. Guérin , il aurait certainement, — je dis certainement, — été obtenu ssi bien, si ce n'est mieux, sans appareil qu'avec Tappareil mpliqué de notre savant confrère, appareil dont personne se servira jamais, nous ne craignons pas de le lui pré- *e. Ce n'est pas, en effet, la présence dans le vagin ou dans matrice des gaz extraits par cet appareil qui prouverait 'il ait été indispensable ni même utile ; non pas qae je nie 'il n'y eût des gaz dans les organes générateurs de Mm® G..., ime abstraction faîte de ceux que M. Guérin y a probableint introduits, pour peu qu'il ail négligé la moindre pré- Qiion dans l'ajutage et le fonctionnement de l'irrigaieur, et Sme malgré toutes les précautions voulues; nous admettons irfaiiement^ et avec nous tout le monde, croyons-nous, que de lir peut s'introduire dans le vagin et môme dans la matrice, issilôt après le travail de l'accouchement, et que cet air déterinant un mouvement de putréfaction, d'autres gaz, résultant ) la fermentation putride, se développent dans les parties êmes; enfin, des gaz peuvent même se développer naturelleent après le travail de l'accouchement, comme il s'en déveppe chez certaines femmes^ môme hors Fétat de gravidité, it déjà remarqué par Martial , qui plaisantait un peu gros- ^rement , à la manière romaine , une de ses maltresses qu'il ait congédiée— ou viceversa'^:Offendor cunni garnditate tuU lis, dans tout cela, il n'y a pas ombre d'aspiration, et point isi utile de placer dans le vagin un appareil compliqué, nr prévenir l'introduction ou la formation de ces gaz , la Ssence d'un tel appareil dans le vagin, après l'accouchement, avant avoir beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages, qui est utile, c'est de détruire les ferments putrigèues qui uem la fièvre puerpérale , et c'est ce que M. Guérin a fait iz Mme G... en lui pratiquantdes injections phéniquées Ce qui luve, entre autres raisons , que ce sont bien ces injections ; ont agi favorablement chez M™o G..., c'est que les symptd«
148 DE L'ACIDE PHÊNIQUE.
mes morbides si graves qn'elle ëpronvait ont cessé proqse subitemeat. Or, comment un appareil qai aspirerai! — et tiîiincomplétement, cela va sans dire — les liquides et même ki solides et les gaz que peut renfermer le vagin el même la m* trice (chose doateuse), pourrait-il empêcher les symptômetie se continuer pendant un certain temps jusqu'à ce que la sécrétion morbide se soit peu à peu tarie, car il est impossible qu'elle se tarisse instantanément; il n'y a qu'une chose ijû sdit instantanément possible , c'est la destruction du miasoe puerpéral, et c'est précisément cette destruction qu'opère l'acide phénique; aussi, agit-il, non-seulement d'une manière piii*sante, mais d'une manière toujours presque instantanée; c'est là un des caractères essentiels de la médication phéniqiée appliquée à la curation de la fièvre puerpérale et à beaueoip d'autres affections miasmatiques et fermentatives ; on le vent dans deux autres faits que nous allons rapporter. Les eoobidicteurs de M. Guérin , qui lui ont opposé beaucoup d'argiments, les uns mauvais ou honteux, les autres bons, n'ont fui songé au meilleur de tous, soit parce qu'ils ignoraient les piopriétés de l'acide phénique, soit parce qu'il leur en eodUii encore, en 1868, de les proclamer publiquement ; aujourd'bii qu'elles se font connaître sans le concours de ces honorables académiciens, ils essayent de s'en attribuer om de s'en fane attribuer la découverte. La manœuvre est habile et probablement aussi honnête qu'habile, dans ce fameux code de morale, que le professeur Depaul ne peut manquer d'éditer un de ces jours.
En résumé, la théorie de l'aspiration de notre honorable confrèjre J. Guérin est une hérésie physique , ce qui est moias excusable, logiquement parlant, qu'une hérésie religieuse ; soo appareil est pour le moins inutile, pour combattre la péritoaite puerpérale ; M^e G. • . a été guérie, non par cet appareil, mv^ par les injections phéniquées.
Nous allons maintenant rapporter un fait de guérîson, sios appareil , chez une dame qui se trouvait dans une sitoatioi bien autrement grave que M"*» G... Ge fait a été déjà publié sommairement dans la Tribune médicale du 24 septembre Wi \ n'avons qu'à le reproduire ici à peu près textnellemist*
APPUCÂTIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÈNIQUE. 149
Le 13 juillet 1851 , je fus appelé auprès de la femme d'un eonfrère qui pratique avec la plus grande distinction l'art dentaire. Cette jeune et charmante personne, nouvellement accouchée , se mourait d'une péritonite puerpérale ; elle se mourait tellement, que l'un des deux confrères avec lesquels je me trouvai en consultation auprès de la malade, et qui est fort à la mode dans la pratique des accouchements, me dit, en sortant de l'appartement, « elle sera... décomposée avant d^étre morte > — (il se servit d'un mot moins scientifique mais plus énergique ). Comme je manifestais l'opinion que ce pronostic ne me paraissait pas tout à fait aussi certain qu'à mon confrère, en face des nouvelles conquêtes de la thérapeutique, je me hasardai à proposer l'application immédiate de ma méthode; il s'empressa de se rendre à mes désirs , mais en accompagnant son acquiescement de ce pronostic peu encourageant : < Faites, cher confrère, tout ce que vous voudrez; le eoUodion , l'acide phénique, rien n'y fera, > ajoutant avec une pantomime significative : < dans quelques instants , la malade n'en sera pas
moins morte et décomposée. » Malgré ma confiance dans
la médication phéniquée, je n'étais pas, je dois le dire, sans de grandes appréhensions , d'autant plus grandes, que j'avais (et que j'ai encore, Dieu merci!) une vive sympathie et d'excellentes relations avec le mari de la pauvre moribonde : outre le pronostic désespérant de mon honorable confrère, qui a nécessairement une très-grande habitude de ces maladies, ce que je voyais moi-même ne pouvait manquer de m'alarmer gravement : l'altération des traits était effrayante ; le nez était pincé; la malade avait déjà cette respiration saccadée, profonde, ne se faisant que par intervalles éloignés , qui précède parfois de très-peu l'agonie caractérisée; le pouls était à 150, à peine sensible; les lochies étaient supprimées ; il ne s'écoulait qu'un peu de liquide roussàtre, d'une odeur infecte ; on sentait les ganglions du ventre volumineux et douloureux; il y avait de temps à autre un léger hoquet. Notre malheureux confrère, le mari, voyant la condamnation prononcée irrévocablement par mes deux co-consultants, consentit à me laisser appliquer la médication nouvelle, ce que je fis avec plus de conscience encore et d'anxiété que d'espoir.
UO OE L'AdDB FHÊNIQCI.
Il était onze heures do matin Je pratiquai cpiatre ioje^
tions sons-cntanées de 5 grammes d'eaa phéniqaée àlp.iOOi et je prescrivis à l'intérieur deux cnillerées de mon sirop t l'acide phénique tontes les heures. 20 mmutes après les iljections, le ponls tomba à 120; une amélioration générale le déclara ; dans la journée^ vers deux heures de l'après-nidi, je pratiquai de nouveau deux injections sous - cutanéei de 5 grammes, et je fis continuer Tusage du sirop , et faire des injections intra-utérines avec l'eau phéniquée à l;4 p. i^
Le lendemain, le principal consultant et moi noas ita» réunis; mon honorable confrère trouva la malade non pasdé- GompO'ée, mais ressusciiée; mais le plus étrange de l'affiure^ c'est que ni lui ni l'autre confrère n'en parurent pas coitsidS* rablement surpris, et qu'ils me félicitèrent peu de ce saecèi regardé, au moins par le plus compétent des deux, d'après toatei les apparences, comme absplument impossible. Depuis ceinoment, je me suis trouvé de nouveau en consul t ation avee ce même confrère, jamais il ne m'a rien dit qui m'ait fait supposer que le fait extraordinaire dont il avait été témoin ait laissé tue impression quelconque dans son esprit (i). Il semble en avoir absolument perdu le souvenir. Il n'en est pas heureusenteiit de même du mari qui, à l'affection dont il m'honorait, joiil aujourd'hui une vive gratitude.
Ce succès extraordinaire ne devait pas, malheureuseioeil pour le mari, mais heureusement pour la médication phéoi* quée, être le dernier que j'obtiendrais chez Mme d'O... Ew.
Le 19 mars 1872^ à 2 heures de relevée, cette jeune femae accouchait de nouveau d'un enfant mort; le placenta avait été extrait par lambeaux avec la main, mais entièrement, car il n'en sortit pas depuis; dans la nuit une hémorrhagie sunrieot; une injection vaginale d'un litre d'eau phéniquée froide ^ 1|4 p. 100 est pratiquée ; l'hémorrhagie est supprimée.
Néanmoins, le 20, le pouls varie de 110 à 120; àdeuxbetires de la nuit un léger frisson se manifeste.
Le 21 , malgré une injection phéniquée sous-cutanée el l'usage de mon sirop phénique, de nouveaux frissons plu*
(1) Noat a? ODi apprit atee pltisir qae depols cette époque ee confrère te i0* ■oaTent d'eau phéniquée pour le< injections qu*U prescrit après les aocouclisaMtt.
rts apparaissent; le pouls est à 142, 144; le visage est conistionné, le venre ballonné, très-douloureux, la respiration liftante; les lochies sont supprimées; un écoulement noirâtre
déjà d'une mauvaise odeur les remplace; insomnie comète, la nuit dernière; l'anxiété de la malade était grande , Qsi que les appréhensions de son entourage.
Dès le malin, on m'avait envoyé chercher; mais, étant déjà rti pour visiter mes malades, on ne put me joindre qu'à vx heures ; je me rendis en iq^ie hâte auprès de Mme Ew...,
je trouvai le docteur américain Prat, gendre de mon célèbre li, le docteur Sims, qui avait bien voulu m'assister pendant ccouchement. Sans plus tarder, je pratiquai en sa présence >is injections sous-cutanées de 5 grammes d'eau phéniquée l p. 100, et prescrivis deux cuillerées de mon sirop phéniqué ré par heure.
20 minutes après les injections, un sommeil réparateur de iisieurs heures se manifesta, après lequel la malade se trouva nsiblement mieux; elle reposa encore pendant la nuit. Le 22, au matin, toute crainte avait disparu et tout, ycomis l'écoulement lochial, était rentré dans Tordre. Le docteur Prat fut frappé de cette transformation rapide, li, nous l'avons dit plusieurs fois, est de règle, après la mé« ication phéniquée, quand elle triomphe des maladies aiguës, omme est de règle aussi la brièveté des convalescences. Cette ^gle ne trouva point une exception chez M<o0 Ew..., car, peu e jours après, elle retrouvait toute sa santé et toute sa force ont elle jouit encore à l'heure qu'il est.
Depuis le fait publié par M. J. Guérin et le premier de ceux ne je viens de rapporter, un honorable accoucheur — • le nôme qui professe la théorie orthodoxe, mais peu anatomique, es onze côtes de l'homme — a guéri aussi une péritonite puerérale grave à l'aide de plusieurs moyens employés de concert, ^ais parmi lesquels se trouve l'acide phéniqué; c'est, trèsrobablement, le seul qui ait été utile et sans lequel la malade
aurait pas guéri.
Ainsi, dans quatre faits connus ^ en laissant de côté celui eM^' B..., où l'infection purulente n'était peut-être pas auffi- ^mment caractérisée, — et dans lesquels on a a\^\^lv(^<& Va.
M DE L'ACIDE PHÉNIQDS.
médication phéniquée, — fort inromplétement, dans deux, on a obtenu quatre succès. Le nombre d'expériences estasnrément bien restreint ; mais elles n'en ont pas moins, sainot nous, une importance capitale. Ce n'est pas, en effet, le seil r<^su)tat définitif qu'il y a à considérer dans l'action coratire des médications, c'est la promptitude de cette action, qui permet de rapporter sans hésitation les effets aux causes; ete'est aussi le raccourcissement des convalescences, qui prouveqie la médication détruit radicalement les causes de la maladie. Devant l'impuissance des médications tentées contre la fiètre puerpérale, c'est encore un immense progrès accompli qae l'application à cette grave affection de la médication nouvelle. Nous avons parlé de l'impuissance des médications employées contre la fièvre puerpérale; il y aurait pourtant ue grande exception à faire, au dire de notre honorable confrère, M. Robert de Latour, en faveur de la méthode isolante, qu'il! imaginée. Quoique nous ne puissions établir dans ce travail le parallèle de toutes les médications, nous ne pouvons noosdi»penser de dire quelques mots d'une méihode qui, entre les mains d'un duo composé des docteurs Hervieux, Depanl et 0^» —duo harmonique peut-être, mais peu mélodieux, — a échooé dans tous les cas, tandis que, entre les mains du docteur Ozaae, chirurgien de l'hôpital civil de Versailles, et aussi dans les mains de l'auteur, elle a réussi dans tous les cas. Ainsi, riei que des insuccès d'un côté, rien que des succès de l'autre. Le hasard ne peut évidemment expliquer des résultats aussi contradictoires. M. Robert de Latour les explique d'une façon qui mérite d'être connue. « Dans la salle d'accouchement de V\^ pital civil de Versailles, dit-il, le collodion a constamtÊttl échoué^ tant que le médecin en a confié l'application à ses internes; mais il a constamment réussi lorsqu'il s'est chargé luimême de cette application , et que, s' astreignant à retoaroer plusieurs fois le jour à l'hôpital, il a pris soin, en surveillant de ses propres yeux la couche isolante, d'en maintenir l'iai^ grité. C'est que la médication isolante, et c'est là en vérité vne proposition bien naïve, ne saurait avoir d'effet qu'à la condition de réaliser l'isolement. > (Voir pour plus de détails ^ Tribune médicale du 9 juin 1872.)
Cette remarque du coDsciencieux auteur de la méthode isolante dévoile ou plutôt confirme, car le fait est depuis longtemps connu, rimperfectioD des soins donnés dans les hôpitaux et la réforme que cet état de choses réclame. Mais ce ne seront ni les Depaul ni les Joulin qui opéreront ou provoqueront ces réformes ; il n'y a pas là la moindre fabrique de cow-pox à protéger. Mais les succès de M. Robert de Latour, —comparés aux insuccès des aides de ses confrères, — prouvent nécessairement une autre chose, c'est que la méthode isolante, pour isoler, exige des soins assez minutieux et continués longtemps. Ce n'est, assurément, point là une raison de proscrire, une méthode qui produirait d'aussi beaux résultats que ceux annoncés par un honorable confrère dont les paroles nous paraissent absolument dignes de foi ; mais c'est une raison de lui préférer une méthode d'une application beaucoup plus facile, plus à la portée de tout le monde, et dont l'action est d'ailleurs plus prompte et plus radicale. Toutefois, l'amourpropre d'auteur, nous l'espérons, ne nous aveuglera jamais; la méthode isolante se présente sous un patronage trop recommandable, pour que nous voulions la proscrire au profit de la médication phéniquée; nous croyons que l'expérimentation devra être continuée sur l'une et sur l'autre; nous demanderons seulement que, dans le cas où l'on voudrait les essayer toutes les deux de concert, on commence par les injections pbéniquées hypodermiques et intra-utérines, car leur action est parfois si rapide, que l'inutilité de recourir à un auxiliaire frappe bientôt tous les yeux. En résumé, la médication phéniquée ddit être l'avant- garde, et la méthode isolante le corps de réserve. Nous ajouterons encore qu'il y aura probablement un certain avantage, quand on voudra appliquer la méthode isolante, de préférer le collodion additionné de 10 p. 100 d'acide phénique au collodion simple du savant auteur de la méthode en question.
Appendice, — Accouchement prématuré. — Avortement, — N'ayant aucun motif de faire des articles sur l'accouchement et l'avorlement, nous croyons devoir placer ici, comme appendice à l'histoire de leur plus redoutable complication^ quelques
mots sur les précsuMons i prendre açt^% Yil^^^^w^^^^ ^
m 0K L'ÀCIDK PHÈNIQUK.
sur une cause d'avortemeoty encore insuffisamment démontrée peut-être, mais que les parasiticitites les plus absolus n'auraient peut-être pas soupçonnée. Cette cause a été l'objet d'no mémoire développé, de la part de M. Zandel, vétérinaire très-distingué de Mulhouse, mémoire résumé par M. Bouley, dans une communication faite par ce dernier à l*Académie des sdeoces, le 9 octobre i87i, et dont voici le résumé :
c La cause d'avortement étudiée par M. Zundel, qui peut avoir une très-grande importance pour les pays d'élevage, a été découverte, suivant M. Zundel, et même démontrée expérimenUlement, par M. Frank, de Munich.
1 Pour faire comprendre toute l'importance de cette déeoaverte, M. Bouley a présenté un rapporta l'Académie des seieo' ces, le 9 octobre 4871, et dont voici le résumé :
t Je crois devoir, dit M. Bouley^ communiquer à l'Acadéinie une courte note qui peut avoir une grande importance pov les pays d'élevage ; elle résume un mémoire qui m'a été transmis par M. Zundel, vétérinaire très-distingué de Mulhouse. H s'agit daus cette note de l'avortement des vaches, dont la cause» au rapport de M. Zundel, aurait été découverte et démontrée expérimentalement par M. Fraok (de Munich).
1 L'avortement, dans l'espèce bovine particulièremeoti revêt souvent un caractère que Ton a appelé enzootique. Oai constaté, en effet, depuis bien longtemps, que, lorsqu'une vacbe avorte dans une étable habitée par des femelles de son espèce en état de gestation, cet accident ne reste pas un fait isolé; qu'au contraire, et trop communément, les autres vaches avortaient à leur tour et successivement, comme si un principe contagieux s'était dégagé de la première et communiqué à loates les autres. Il y a effectivement une telle similitude entre les accidents qui se manifestent et se suivent, en pareil cas, et ceux qui caractérisent la propagation des maladies contagieases, que l'idée de laconiagion de l'avortement, ou tout au moiosde sa transmission par voie d'infection, existe depuis longtemps dans les esprits. Mais la démonstration expérimentale de lajaS' tesse de cette idée n'avait pas encore été donnée.
> M. Frank (de Munich) serait parvenu à faire cette démenshlion d'une manière qui paraîtrait laisser peu de place au
APPUCATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. i»
le : il aurait établi, par des expériences, qu'il suffirait d*inuire daDS le vagin d'une femelle pleine, des matières renies sur le délivre d'une femelle qui vient d'avorter, pour oquer l'avortement de la première.
Suivant M. Frank Tavortement serait provoqué, en pareil par des microcoques ou des bactéries qui existent en qnanextraordinaire sur les enveloppes fœtales et concourent à décomposition. Ces microcoques ou ces bactéries, une fois oduits dans le vagin, s'y multiplieraient, pénétreraient dans irus et y commenceraient le travail de décomposition dont )rtement serait la conséquence. D'après M. Zundel, M. Roaurait constaté, de son c6lé, que l'avortement qui se pro- 3 dans les étables résulterait de Tintroduction dans le vagin natières salies parle délivre des vaches dont l'avortement il accompli; matières qui se trouveraient dans le purin et la rigole de la litière, et dont l'action directe sur la muuse vaginale provoque une certaine rougeur et de la tuméion, qui précèdent toujours la manifestation de l'accident. 11 y a longtemps, ajoute M. Bouley, que l'on a fait jouer émanations des enveloppes fœtales putréfî<^es un rôle prinil dans la propagation de l'avortement; mais on admettait 3lles étaient nuisibles surtout par les gaz méphitiques qui \ dégageaient.
Si M. Frank ne s'est pas trompé, le mystère de ce qu'on a elé la contagion de Vavortement se trouverait peut-être déié; et les praticiens, sachant désormais où s'en prendre, par- Qdraient, sans grande difBculté sans doute, à détruire lé icipe contagieux et à préserver les vaches de ses atteintes, It^sinfectant les étables, et en faisant usage, comme le pres- M. Zundel, d'injections légèrement phéniquées, ou mieux ae solution de permanganate de potasse, pour laver le vagin vaches pleines et détruire les agents de la contagion qui rraient y avoir pénétré.
Mais ces expériences demandent à être vérifiées. Cette i a pour but d'appeler sur elles l'attention, dans les pays où onement est souvent enzootique, comme la Nièvre, par nple. »
elle est en substance Ja note de m. Bçule^, \aquc\V^ ^"^VX v
M DE L'ACIDE PHENIQUK.*
nalyse, diUl, du mémoire de M. Zandel» mais où M. semble cependant avoir mis du sien, sans qu'il soit bien fadle de disiingiier ce qui lui appartient de ce qui ne lui appartient pas. Uu'il nous soit permis d*y ajouter aussi un peu du nôtre.
M. Bouley, d'après M. Zundel, conseille de faire dans le Tigio des injections légèrement pbéuiquées ; dans cette circonstance légèrement n^est pas suffisamment précis. Nous croyons que l'eau pbéniquée à i/2 pour 100 serait très-convenable ponrees injections ; mais, pour être définitivement fixé sur ce point,uoe expérimentation attentive serait indispensable.
M. Bouley — et ici on ne distingue pas bien s'il parle en son nom ou en celui de M. Zundel — croit qu'on pourrait injecter de l'eau légèrement pbéniquée ou mieux une solution de permanganate de potasse dont il n'indique d'ailleurs point le degré. Nous croyons que, dans ce cas, le proverbe serait appli* cable^ qui dit que le mieux est Vennemi du bien. Le permangt' nate de potasse pourrait détruire la mauvaise odeur, s'ilea existe dans le vagin, parce qu'il agit directement sur les gaz et les émanations odorantes ; mais il n'agit point ou n'agit qu'à peine sur les causes qui les produisent, c'est-à-dire sur les fer* ments vivants qui occasionnent la putréfaction ; et, par conséquent, ce sel ne détruirait ni les microcoques ni les bactéries, et ne préviendrait pas Tavortement si ce sont les microzoaires qui le provoquent. Il faudrait, dans ces cas, s'en tenir à l'acide pbénique ou tout au moins le prescrire concurremment avec le permanganate de potasse.
M. Bouley s'en est tenu à la médecine des animaux, c'était son rôle; le nôtre est d'en sortir, pour entrer dans celle de l'bomme ou du moins dans celle de la femme, dans ce cas particulier. Nous ne sachons pas qu'on ait observé chez les femmes des avortemeots endémiques, à moins qu'on ne veuille considérer ainsi ceux qu'on observe chez les filles de joie dans les premières années de leur exercice, car bientôt, ce n'est plus Vavortement qu'on observe chez elles, mais la stérilité. Seraitil néanmoins impossible que les avortements humains, qn'oa ne voit pas endéaiiquement, mais qu'on voit fréquemment se
' éter chez les mêmes Iftmmfes, Çkft\^\V-\\. \n\^ossible que ces
ment, fussent produits par des miasmes vivants? Assurément, non, et l'influence qu'exerce la syphilis sur la gestation serait déjà un commencement de preuve en faveur de l'opinion de M. Frank, partagée, parait- il, par M. Zundel. Quoi qu'il en soit, il n'y aurait^ croyons-nous, aucun inconvénient à faire pratiquer des injections vaginales phéniquées aux femmes sujettes à Tavortement, et même à leur administrer l'acide phénique à l'intérieur, pendant la durée de leur grossesse. C'est une vue que nous recommandons aux confrères qui s'occupent d'accouchements.
AbT. X. — DE LA FIÈVBB OU DE l'iNFECTION PURULENTE.
L'infection purulente ou la fièvre purulente n'est, comme nous l'avons donoé à entendre, qu'une fièvre puerpérale traumatique : la surface à vif est, ici, une plaie faite accidentellement ou par la main du chirurgien, au lieu d'être une sorte de plaie physiologique : l'une et l'autre se développent dans les agglomérations de malades et ne se développent presque que là; l'une et l'autre sont dues au passage du pus dans le sang (1); et la formation primitive de ce pus dans les vaisseaux de la matrice dans un cas^ dans les vaisseaux d'une plaie accidentelle ou artificielle dans l'autre, est causée par des ferments ou par des miasmes, qui se forment en abondance partout où se trouvent des agglomérations humaines, et qui s'introduisent dans les veines et les lymphatiques béants qu'on observe surtout à la face interne de la matrice, après l'accouchement, et sur les surfaces des plaies, à la suite des opérations par les
(1) La démonstration clinique du passage du pas dans le sang a été faite, pour la fièvre puerpérale, par M. Ducrest, et dans Tinfection purulente en général, par IIM. Dncrest et de Castelnau. (Mémoire sur les abcès multiples couronné par l'Académie, Paris 1844.) —Ce qui n'empêche pasque^ dans une discussion interminable qui a eu lieu récemment à TAcadémie de Médecine, pas un mot n'a été dit de ces travaux, par les émineuts professeurs de chirurgie, de morale et d'autres choses, qui ont pris longuement et itérativement la parole dans cette fastidieuse discussion. Dans un livre que vient de put^lier, il y a quelques jours A peine, M. Legouest, cet honorable chirurgien attribue cette découverte à M. Sédillot, bien que notre illustre malire.eût déclaré dans son livre {de Tin/eciioiv ipUTuletvtA^ o^a^^ les expériences de MM, de CasJeJnau et Ducrest éiaVeui aïil^t\«M«% wv %\«w\^% JIMsJfit ftêtteoTi comme l9§ «epUJref sppt loujouct v^v» To^%\\%>^M(^^>ft'^x
ISB hE L'ACmK PHÈnOUI.
instroments tranchanls. Toatefois le miaame de l'infeetia purulente oe paraît pas avoir une grande inflaence directe su l'ensemble des symptômes qui constituent la fièvre ou Tinfeetion purulente; c'est en provoquant la formation du pasqvH agit, et c'est le mélange du pus au sang qui, à son tOQr,ctiise l'ensemble si grave des phénomènes qui trahissent cette iDfe^ tion. Peut-être est-ce là ce qu'a voulu dire M. Lemaire enéeri* vant que c l'infection purulente, que je ne confonds pusTK la résorption (i), me parait ôire le résultat de Vaetûm éêttrment du pus sur l'économie. > (De 1*^4 c. phén.^ p 2i, 2« édiL)Ge qu'il a voulu dire vaudrait alors mieux que ce qu'il a dit; car c'Cdt bien le pus et non le ferment pyogène qui cause lafièire purulente; les expériences de MM. de Castelnau etDacrestne peuvent laisser aucun doute à cet égard. (Voy. Mém, turlu abeis multiples, dans : Mémoires de l'Acad, de méd. ann. 18iii chez J -B. BaiUière.) Chaqoe fois qu'ils injectaient une petite dose de pus dans les veines d'un chien, un frisson se manifestait au bout de quelques minutes, plus ou moins fort, et prolongé, en général, suivant qae la quantité de pus injecté éiiit plus ou moins considérable; le frisson était suivi d'une fièvre qui ne tardait pas à se dissiper, quand on ne renouvelait pu l'injection ; mais quand celle-ci était renouvelée plusieurs fois, on observait les frissons successifs et tous les phénomi^nes ((li caractérisent la fièvre purulente, y compris la terminaison &taie. C'est donc bien le pus lui-même qui est la cause des phénomènes de l'infection purulente, et même c'est la partie solide du pus. Les expériences de MM. de Castelnau et Ducrest ont prouvé aussi, en effet, que le pus filtré ou seulement décanté, injecté dans les veines des chiens, ne cause à peu prèsaaciut trouble, quand le pus est frais et louable, et produit des phénomènes plus ou moins graves, quand il est putréfié, mais qui ne
(1> Toujours même ignorance en matière de pathologie. La rétorptUm pvf* lente est une explicaiiun, imaginée par Maréchal et soutenue par Veipeao, de Tii' trodu^tion du pus dans le système circulatoire ; mais ce n'est point It mabdit elle-même. Mais si Ton entendait par résorption purulente la maladie causée pir la présence du pus dans le sang, ou en d'autres termes la maladie i|ui e»iM il petits tbcës nmltiples dans différents points de l'économie, résorption et infeetiM feraient tt)solument synonymes. Mais le moyen de faire entrer des faits et dei idéef titfsi simples dans de« cerceaux. netf^e« Aa VouV^ %ûa« notion médicale! ^
r APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHENIQUE. 1B9
Ht pas ceux de TinfectioD purulente. Ce sont donc les gloules purulents qui occasionnent l'infection purulente et les ces multiples dits mélasiatiques par les partisans de la rd- •plion (1).
Des expériences nombreuses, faites par M. le professeur dillot avec toutes les conditions de précision qu'on pouvait endre de son habileté consommée et de son excellent jugeant, ont pleinement confirmé les résultats obtenus par MM. de stelnau et Ducrest.
Hais, de ce que les phénomènes de Tinfcction purulente sont usés par le pus lui-même et, mieux encore, par la partie solide ce pus, doit-on tirer cette déduction que tout miasme, tout rment, tout parasite, en un mot, est étranger à la production i la maladie? Quelques académiciens ont pu le penser et le re, pendant la dernière discussion, au nombre desquels H. Chas.saignac et Chauffard. Mais leur opinion n'est point nne arantie de vérité, quand môme elle n'aurait pas contre elle opinion de plusieurs autres académiciens, notamment celle n petit professeur Verneuil qui, difficile à contenter et n'étant diot satisfait des anciens miasmes ou des anciens virus, a eu ingénieuse inspiration de cré'T pour son usage particulier un iVtts traumatiqiie, c'est-à-dire un parasite créé par la bacbe, le >upp ou le Chassepot. Les hétérogénistes n'avaient pas pensé à e mode de génération. A propos d'hétérogénistes, il en est un uquel on n'aurait guère songé, — si toutefois sa réputation 'orthodoxie est méritée, ce que nous ignorons, — c'est le docsur Chauffard ; pour lui, il n'y a pas de miasme, c parce que... » - I9ous vous recommandons le parce que — < les altérations 0. sang sont spontanées dans leur cause vxTuoLOGiçtVEj quoique révoquées par le travail morbide de la plaie l > Ainsi^ il est ien entendu, que si les altérations du sang consistent — et ila est hors de doute — dans la présence, dans ce fluide, de
(!) On 8ait que dans ces dernières années, M. Cbauveaa, professeur à l'École lériiiaire à Lyon, a généralisé par de nouvelles eipèrknces fort iuléressantes, I Itits observés par MM. de Casteinau et Ducrest, en constatant que tous les rus — ceux du moins sur lesquels il a eipériuienté ; virus vaccin, claveleux, irveux même, etc., ~~ étaient intimement unis à la partie solide des sécrétioiif *ttleuits. 11 a^met, et e'eat trèt-pro^leoMiit afee rai«oii,«i^^VtM«%^^^ est de même de tous les autres riras.
1«0 DE L'ACIDE PHÊNIQUEw
microcoques, de Tibrions, de bactéries, etc., ces alténtîMifii ce qui est la môme chose, ces parasites sont spontanés, e'o^Adire se développent spontanément. Il est vrai que le protav Chauffard pourra répondre que ces parasites ou ces ahértiiiK ne sont spontanées que c dans leur cause pathologique, >i quoi les lecteurs qui ne seront pas familiarisés aveelalfCM de l'Apocalypse ne trouveront probablement rien à répODdrt^ si ce n'est que l'Apocalypse ne fait pas encore partie dip* gramme de l'étudiant en médecine.
Quanta l'honorable M. Chassaignac, il admet voloitienit miasme c pour expliquer Tinfection putride, mais non HiIK' tîon purulente; > etsa raison pour Tadmettre dmunmd le repousser dans l'autre, c'est que c dans l'infectioa pstA il n'y a pas d'abcès, tandis qu'il y en a toujours dansTinfedi* purulente. > 11 est assez difficile de comprendre la portée M telle raison; heureusement cela n'est pas indispeasible'»!* mêmes raisons qui l'ont fait admettre dans la péritooitefi^ pérale doivent le faire admettre dans l'infection punileiti^ probablement dans toutes les espèces de suppurations: 3^ probable que la seule différence qui existe entre les tuf^ tiens diverses, c'est que les unes se font dans des foyertcff' conscrits, tandis que les autres se font dans les vaissetft^ peuvent ainsi infecter le sang^ quand les caillots ou lesi^ tiens plastiques qui tendent à les circonscrire vienneni^' rompre. M. Lemaire avait annoncé, dans la seconde éditioB* son ouvrage, une découverte probable qui lui aurait fiH P^"* d'honneur que ses tentatives d'accaparement» c'est celle » faire du pus à volonté, par conséquent, sans doute, d'aioif^ terminé le miasme ou parasite qui détermine la formatioee* pus. « La question de la pyogénie, dit-il, est une despl»^ ciles à résoudre que présente la physiologie. • ~(Patholo{i!^ toutefois.) — € Des expériences que j'ai commencées me^ nent l'espoir de pou voir faire du pus en dehors de rorgaDisi>^' C'eût été là sans contredit une des plus belles décovverieif^ peut-être des plus utiles de la pathologie; M. Lemaire t*|'* annoncé dans son livre un travail dans lequel il l'exposeriii' ainsi que toute sa doctrine touchant la pyogénie; mai* ^
ff'avopa pas appris c^ue ce Vt^N«^\\ ^Vv ^uc^^e ^ara. Il f«Bt
APPUCATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÈNIQUE. lOt
US résigner à ignorer, jusqu'à nouvel ordre, l'espèce de parae qui produit la fermentation purulente, et nous contenter la notion qu'il en existe un, qui est celui de la p(^ritonile erpérale. L'identité de conditions hygiéniques extérieures ns lesquelles se manifestent les deux maladies, l'analogie de ndition des malades atteints, la parfaite similitude des sympcnes, de la marche et de la terminaison de la maladie, et des .ions anatomiques qui la caractérisent, tout prouve que le Ime ferment, le môme parasite, la môme cause prochaine ocsionne les deux maladies ou plutôt les deux formes de la ^me maladie.
Hette similitude, on* peut dire cette identité de causes, imque nécessairement une identité de moyens curatifs. Mais, iqu'à présent, c'est là une déduction purement théorique, r à l'exception de quelques cas, presque aussi rares que les racles, et auxquels on est obligé de croire comme à ceux-ci, it malade atteint de fièvre ou d'infection purulente a toujours S un malade mort. Dans la dernière discussion qui a eu lieu ^e sujet à l'Académie, et à laquelle nous avons déjà fait allum, on a vu M. Chassaignac déclarer glorieusement qu'il avait blié une observation de guérison d'infection purulente, il y ait vingt ans; mais il n'a pas dit qu'il eût renouvelé son ploit depuis. Une guérison en vingt ans dans une maladie i est loin d'ôtre rare, cela peut bien passer pour de l'incubilité (i). Il est du reste visible que c'est^ in fetto, l'opinion
1) Qael(iue8 ehimrgiens ortteurs, M. Chassaignac entre autres, s'imaginent, si qae nous l'aTons déjà fait remarquer, que, puisque Tinfection purulente est tduite par l'introduction du pus dans le sang, il ne peut y avoir de miume; a prouve qu'à l'exemple de beaucoup de ses collègues, sinon de tous, U n*a nais songé à se faire une idée des miasmes et de leur action : sans doute le pus termine Tinfection purulente, mais le miasme du confinement détermine la fortlon du pus, et voilà comment en détruisant \» miasme on empêche la forma* n du pus, et par conséquent l'infecUon purulente. D'autres prétendent qu'il saurait être question de miasme dans l'action du pus, car cette action est puremi mécanique, comme celle de tous les corps étrangers, qui, introduits dans s tissus et dans le sang, déterminent des abcès. Mais ceux qui font de pareilles iectiuns prouvent tout simplement qu'ils n'ont pas lu les expériences faites sur ce jet, ce qui ne les empêche pas toujours d'en parler et même d'en faire le point >ppui de leurs opinions. Or, ces expériences faites par MM. de Castelnau et Duest, et répétées par notre éminent maître, le professeur SédUIot, prouvent que ( corps étrangers qui agissent physiquement — ceux du moVat «siocL %^ «s^(6r
m DE L'ACIDB PHÉRIQUB.
de tons eeax qui ont pris la parole dans cette pauvre diie» afon : M. Alphonse Gi>érin guidé par rintermiltence det frii* sons a deviné qu'il devait guérir l'infection pomlpote pirb sulfate de quinine, et croit, en effet, en avoir goéri «a m; V. Cbassaignac, inspiré on ne sait trop par quoi, avait guérill sien avec Talcoolalure d'aconit (1); M, Lcgouest, inspiré pv l'éclectisme, c'est-ft-dire par le pour et par le contre, eni qu'on peut la guérir à l'aide d'un ensemble de moyens, Iteii' térisation, les lavages au perchlorure de fer, les toniques, efe, mais il ne paraît pas que cet éclectisme ait jamais agi vù»^ ment qu'en imagination. Ce qu'il y a de remarquable, t'eAft de tous ces chirurgiens orateurs qui, en nombre, ont diiwrlf sur Tinfection purulente, et qui ont inventé une foole éi choses, entre autres le petit docteur Yernenil, qui a enreipnt — on sait qu'il en a beaucoup, du moins il le croit, «d'iat* giner un c virus trautnatique, > pas un n'a dit qu'il eûtexpéri* mente l'acide phéoique, probablement parce que c'est le led moyen qui, jusqu'à présent, ait donné des résultats posilivemeil favorables, au moins comme moyen prophylactique. C'est a que nous établirons nettement en parlant des plaies doniriifection purulente n'est qu'une conséquence^ et sur làspuSê nous reviendrons à ce propos.
Mais par cela même que l'acide phénique est nu présemfl presque infaillible de l'infection purulente, nous n'avons goèie eu l'occasion de traiter celle-ci, et nous n'oserions affirmeripe le moyen soit aussi bon pour guérir la maladie que poorlt prévenir : en effet, pour guérir l'infection confirmée, il nesiA
mentét, cbtrbon impalptble, lulfure de mercure, etrbontte de plomb, coulant, etc. — n*occt«ioDuenl ni lef symptômes de réactioo pbysiolo|pqae^b pyohémie, ni même presque jamais la formalion d'abnès, et encore okhim d'afti'* ayant la forme de ceux de l'iijfection purulente. Ainsi, rapborismf formaléf* quelques médecins bons observateurs, que le pus engendre le pua est ptffiib' ment vrai; il le sera complètement quand on aura ajoiilé que le pus **ta|urf« parce qu'il est cau>é lui-même, comme la fermentatiun de la bière, par on tean^t particulier, le ferment des grandes agglomérations bumaiuea et peat-ein tfi* maies.
^1) M. Cbassaignac ne se croit pas sûr, il a la francbise de TaTouer, qœcciii Falcoolalure d*aconit qui ait guéri son malade, mais il croit pouvoir altiibacrà* médicament qu'il prescrit tuujours préveniivemeut k ses opérés, d'avoir pa ftii as opérations gravas sans avoir eu un seul cas d'infection purulente. Le Ciit c|l iffacUf emeat trèa-digne d'attention et noua nous (tisons un devoir de le Bfialtf
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'AGIDB PflËNIQUE* lO
9 de détruire le miasme purulent (1), il &ut détruire la partie ide, le granule du pu$ qui peut être, surtout quand il se iive en abondance dans le saog, réfraciaire aux forces de composition et d'absorption interoiicielles, et devenir, ainsi, s cause de trouble incompatible avec la vie. Nous ne nous énonçons donc pas catégoriquement sur l'efficacité de Tacide unique employé comme curatif ; mais nous n'hésitons pas à e qu'en présence des admirables résultats qu'il a donnés itre la fièvre puerpérale, de l'inefficacité de tous les autres ^ens expérimentés, et des inductions de la théorie, tout furgien qui ne sera pas aveuglé par l'ignorance ou l'esprit système ou de coterie, devra recourir à la nouvelle médica- :m, et l'appliquer comme nous l'avons fait dans les cas de rre puerpérale que nous avons guéris.
Yous avons dit, en parlant de celte dernière maladie, qu'un .ticien à Paris prétend avoir guéri plusieurs cas d'infection rulente en administrant aux malades Teau-de-vie à haute ie; ei, par haute dose^ il n'entend pas moins de un litre et ^me un litre et demi de ce liquide par jour; il ne dit pas à el degré il la donne.
C^e qu'il y aurait tout au moins de remarquable dans cette range médication, c'est que celte dose énorme d'eau-deî, qui suffirait et qui a suffi souvent, comme l'ont prouvé cerines gageures de buveurs idiots, pour tuer des hommes rolistes, ne produit môme pas l'ébriéiéchez les malades atteints B fièvre purulente; cette résislauce à l'action eoivrante est léme ce qui sert de guide pour la prescription du médicalent : quand la tendance à l ébriété se manifeste, il faut susendre l'eau-de-vie ; la guérison est, alors, obtenue. L'auteur, I docteur Danet, appuie sa médication sur des théories que }us n'aurions pas à discuter ici, quand même elles seraient i&cutables ; mais ses faits, s'ils sont bien observés, valent ieux que ses théories, et ils méritent, sans contredit, de n'être tint perdus de vue. On a, du reste, déjà cité d'autres faits ot itat d'alcoolisation dans lequel se trouvaient les individiis
1) n est yrai que M. Chassaigoac croit avoir trouvé le moyen de prévenir la ladie, ce qui vaut encore mieux que de la guérir. Nous parleront de «on moyen 'article plaiet.
164 DE L'AGIDB PHÉRIQUI.
avaient empêché raction de certains ferments et aifli ài |h: venins de reptiles, et Ton a expliqué cette préservttîMtiiK par l'état de quasi-insensibilité dans leqnel ralcoolisationflMi le système nerveux, soit par une action directe de l'alcool itf les ferments. On sait, en effet, que l'alcool détruit les fenaeili ou du moins empêche leur action (i), non pas au mémo deffé que Tacide phénique, mais à un degré qui peut cependanttti utilisable. Encore une fois donc, nous ne condamooM p>» malgré son étrangelé, la médication du docteur DaDet,ctii* en aurions probablement fait Tessai, quoique avec prtdoM^ si nous n'avions dans l'acide phénique un moyen qui lUW* dispense*
11 nous faut ajouter, cependant, que celle que nouspré^M n'a pas été directement consacrée par Texpérience, car n* avons toujours été assez heureux pour éviter, dans nouop* tique particulière, l'infection purulente, et nous n'arooi I* encore été appelé pour traiter celles que d'antroi c** frères ont laissé développer, comme cela nous est arritéfi' deux cas de péritonite puerpérale. (Voir Tarticle précéd»^)
Une fois cependant, pendant le siège de Paris, noasfV** traité un cas d'infection purulente développé dans Ydm\i^^ du Théâtre-Français, dirigée par les D" Richet et Coqa^' mais c'était un cas fn ej;tremi« dans lequel toute méthode ii* vait être fatalement impuissante ; tout ce que nous sToaip faire, c'est de prolonger la vie du malade et de lui lenàtt^ peu d'espoir, ce qui nous a valu de petites tracasserie auxquelles nos honorables confrères ne sont sansdoitef* restés étrangers et qu'il est utile de faire connaître au pablietfl*
(1) C'est Ik un fait depuis longtemps avéré et hors de tnute eontestiliii: ^ comme le Dr Pigeon n'est pas le seul de son espèee, il s'est trooTénn D'^^ pouilloD — (nous ne savons si c'est le défenseur d'Hulin, l'assassin do fossé fc*** cennes, ou un autre), ^ qui prétend que Valcoolisme bâte la potréfactioi,ei^ sant, — retenez bien l'explication — « en abaissant la vitalité des tissas aw^^ MORT 1 » Et cette belle explication a été communiquée, s'il vous platt, à ^^^^^^f des sciences dans la séance du 25 mars 1872, tout comme la découverte da D^ geonsur l'action varioligène de Tacide phénique et la non-contagion de h fi* bovine t Et les comptes-rendus officiels des séances de l'Académie l'ont inr^'^^
sans roucpr, comme pourrait dire M. Lemaire! Nous ne voulons pu dircF^^ que les individus qui éprouvent des accidents dans l'état d*ivres«e ont la w/0 énergie de réaction que les autres, ce qui est une tout autre question, (â) Kous devons même ajouter que, désespéré par l'état du malade et
Al»t»LICÂtIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. 165
ici, en effet, ce que nous écrivit M. Tadministrateur du Sàlre-Français, à propos des soins que nous avions donnés malheureux blessé^ M. Sej^este :
« Monsieur^
n s'est passé au Théâtre-Français un fait sur lequel il ne sst pas permis de ne pas m'expliquer avec vous. La famille M. Edmond Seveste vous a prié de vouloir bien visiter ce tvre jeune homme ; c'était son droit, mais à la condition une démarche serait faite auprès du Dr Richet, ainsi qu'au* s du Dr Goqueret, les chirurgiens de notre ambulance, dont premier lui avait amputé la jambe, dont le second lui dont des soins journaliers, et qu'on prierait ces messieurs de iloir bien vous adjoindre à leur consultation. Aucune dérehe de ce genre n'a été faite. Deux médecins que leur mi recommande sans doute, mais qui n'appartiennent pas corps médical de la Comédie, se sont présentés à notre amance sans môme que j'en aie été prévenu, se sont approchés Q blessé dont l'état était notoirement en voie d'amélioion, ont levé un appareil qu'ils n'avaient pas mis, et, refai« Il le pansement de M. Edmond Seveste, se sont substitués ' là aux médecins de la maison. Ce procédé me surprend, je roue. Que la famille de M. Edmond Seveste confie notre tssé à votre expérience, rien de mieux ; mais, alors qu'elle prenne chez elle ou qu'elle le place chez vous, puisqu'aussî BD, nous ne pouvons plus le soigner, médicalement du moins, isque notre ambulance n'est plus pour lui qu'une sorte de nsion bourgeoise, et qu'enfin, chose grave, s'il lui arrivait accident, la nuit, notre aide-chirurgien serait hors d'état de porter secours. Si donc vous trouvez que M. Seveste puisse e transporté chez lui, donnez à sa famille le conseil de l'y irer. S'il en est autrement, si nous devons le garder et si is lui continuez vos soios, veuillez, je vous prie, avancer sure de votre pansement du soir, et le faire entre cinq et
eut ému de ses souffrances, nous n'avons pas employé la médication avec e l'énergie que nous y aurions mise dans d'autres circonstances. C'est iw 9TÛê qui ne nous quittera pas de Ipugtemps»
m DK L'AGIDK PHÈRIQUI. .^
six heareSy afin que le blessé qui est auprès de 1. Seioleil lu . soit pas troublé dans ton repos. Vous savez mieux qne wâi$ ||, ; qni convient à des malades. J'ai le regret d'entrer en îéàÊ |j^ avec vous par une letire comme celle-ci, mais vous eomfitt' drex que j'ai dû vous l'écrire, et vous vous étonnerieiiMi' wpimême si je ne vous rappelais pas que radmimsin^ii K^^ Théàtre-Français doil être comptée pour quelque cboie te |^ son ambulance, et si, devant une situation qui impreanom péniblement notre cher blessé, je ne dégageais pas maresiNi* sabilité de ce qui s'est fait sans mon aven.
n Agréez, etc.
> En. Thukxt. >
Au reçu de cette letire, oâ les sentiments de HI. les diirv* giens de l'ambulance se montraient beaucoup plus qie ^ spontanéité de M. Tadministrateur de la Com:Mie Françiiie,^ répondis immédiatement les quelques mots suivants:
c Monsieur l'administrateur,
> Votre lettre a évidemment fait fausse route et vous neFii' riez sans doute pas écrite, si, avant de céder à un mouvesMtf ou à une instigation regrettable, vous vous étiez informé dect qui s'est passé.
> Pour vous fournir les éléments d'une appréciation éqBtable, je ne puis mieux faire que de vous renvoyer à W*'^ vart et à M. l'interne de service. M. Rousseau voudra bienff joindre à eux, et alors, vous serez renseigné mieux que 1«0 ne l'avez été.
> Agréez, etc.
> Déglat. t
M. radministrateur ne savait nullement on savait fortailf en effet, ce qui s'éiait p»ssé,«et il serait fort superflu, aujosr* d'bui, de le lui rappeler, si cette histoire ne renfermait n enseignement triste mais utile, sur les agi<isements de-certaifli médecins, professeurs ou non, et sur la manière dont ils corn-
aent leurs devoirs envers les malades. Gomme j'avais cédé nsUnces de mon excellent et généreux ami, M. Em. Rous- , en me rendant auprès du malheureux et bien intéressant é, M. Ed. Seveste, je laissai à M. Rousseau le soin de recies erreurs dont on avait nourri H. l'administrateur de la Sdie-Française; M. Rousseau envoya en effet une lettre à esse de M. l'administrateur et m'en transmit la copie que
< Monsieur,
Mon estimable ami, M. le Dr Déclat, me communique une *e que vous lui avez écrite, le 26 janvier, sous l'influence reurs qui tendent à lui attribuer des torts dont il n'est pabie en aucune façon. Gomme j'ai seul proposé d'appeler )éclal auprès de Se veste, il m'appartient de vous exposer les i tels qu'ils se sont passés.
J'aimais ce pauvre Didier comme un père aime son enfant, ^enu, seulement par les journaux, de sa blessure et de son ur à l'ambulance des Français, j'allai le voir le mardi matin suivit son amputation ; il était déjà fort mal, quoi que l'on s en ait dit ; il avait une grande fièvre, saignait par le nez z abondamment et crachait également le sang. Nous urnes le soir, mon fils et moi, et nous le trouvâmes fort abattu. 3 la salle de garde, je rencontrai sa sœur, qui l'avait vu le in seulement, et là, avec les personnes présentes, parmi lelles il y en avait de compétentes^ on me confirma dans cette lion que j'avais déjà conçue, qu^il était perdu! Il était f heures du soir, je crois ; c'est alors que désespéré pa^ e fatale assurance, je tentai de nous rattacher à la seule Qche de salut qui nous restait, et cela, veuillez bien le re , non pas au hasard ni de parti pris, mais après les îxions suivantes : J'entendais dire que, malgré les soins oués donnés pnr vos dames avec autant de cœur que mégation^ votre ambulance était frappée de malheur^ et pas un seul de vos amputés n'était sorti guérit tandis que oyais qu'à l'ambulance du Gorps Législatif, on ne perdait peu de malades. Yeaillez ajouter que je venais moi«méiELe
M8 DE L*ACn)E PHÊNIQUS.
d'apprécier le mérite et le dévoaeiaieni de M. Dédat povr mi malades, et qae ma confiance dans sa science médietle est sans limite. Je proposai donc, séance tenante, de le faire wr. On y consentit. Mais sachant ce que les convenances exigeot, entre confrères médecins surtout, en dehors même des bil»tudes d'un galant homme, je proposai de prévenir immédiat»* ment les deux médecins qui donnaient leurs soins au malade et de les prier de se trouver avec M. Déclat. On prévint sv l'heure M. le Dr Coqueret, qui prit la peine de venir et avec lequel J'eus un entretien qui ne me laissa aucune arrièr^ pensée sur la parfaite observation des exigences de politesse et de convenance confraternelle. M. Coqueret fut d'une largeur de vues et d'une bonté parfaites.
» Restait à voir M. Richet. Voici ce qui fut dit, conTeoael fait :
> Mil» Seveste m'ayant dit que M. Richet ne devait venir le lendemain voir le malade que si on lui envoyait une voitare,lt sienne lui faisant défaut en ce moment et lui-même se trot' vant trop souffrant pour faire le trajet à pied, je me mis ait disposition du Docteur pour aller le prendre avec mavoitn^ au sortir de sa clinique et l'amener au théâtre ; ce qvi ^ accepté. Les exigences de mon service ne me permettant ftf d'aller prévenir moi-même H. Richet, je lui envoyai dire, iMW par un domestique, mais par une personne bien élevée, qu'il* sortie de sa clinique il trouverait ma voiture à sa disposition cl que moi-même je serais à ses ordres. La manière dont LRiehel reçut mon offre et la personne que je lui avais envoyée ne n traduit pas. J'aime à croire, pour son excuse, qu'il était son le poids de quelque grave préoccupation. Il ne vint pasànotf.
» D'un autre côté, la veille au .soir, après la visite di Dr Coqueret, nous avions envoyé prévenir M. le Dr Déclat, (pj se rendit à notre appel avec un empressement dont nouslo sommes tous reconnaissants. Il était minuit. Ce fut alors qaV près avoir entendu la narration de tout ce que nous avions fit et résolu, il écrivit sur votre bureau Tinvitation à MM. les docteurs Maisonneuve, chirurgien de l'Hôtel-Dieu^ et Mosétig (1)«
(1) Le motif poar lequel je choiiU pour eonsuIUnti, MM. Maisomesie^v*
APPLICATIONS THÊRAPBUTIÛUES DE L'ACIDE PHÉNIQCB. M
ebirnrgîen en chef de l'ambulance du Corps Législatif, de vou* loir bien se trouver en consultation avec lui le lendemain matin à dix heures; je joignis mes instances à celles de I. le Dr Déclat. MM. Maisonneuve et Déclal purent seuls se trouver au rendez-vous, à onze heures et demie; ils se consultèrent et agirent.
• Je n'ajouterai rien à cette trop longue lettre, et je vous laisse à décider. Monsieur, quels sont ceux qui ont manqué aux convenances envers leurs confrères
> Agréez, etc.
« En. Rousseau. »
Je supprime la fin de la lettre de mon bienveillant ami, i. Rousseau, laquelle ne concerne que moi. Nos lecteurs en etiendront, je Tespère, les faits essentiels, tant ceux qui y sont ^primés en toutes lettres que ceux qui en découlent naturelement :
Le premier, c'est que M. l'administrateur avait été fort mal tuseigné sur la façon dont on m'avait appelé auprès d'un ies malades de son ambulance, et qu'il avait eu le léger tort le s'en rapporter à des renseignements peu dignes de coniance;
Le second, c'est qu'il n*avait pas été mieux renseigné sur ^* < état notoire d'amélioration » du malheureux malade, pour ^€qiiel on m'avait demandé en consultation, état que M. l'administrateur ne pouvait personnellement apprécier, et qu'il 'le pouvait connaître que par ce qu'on lui en avait dit; or, il Staii si peu notoire que le malheureux M. Seveste fût en voie l^'améiioration, que toutes les personnes présentes lors de la ^site de M. Rousseau, et dont plusieurs étaient compétentes, ^avaient déclaré perdu. D'ailleurs, M. Seveste, comme ses kialheureux compagnons d'infortune, a succombé à une ineelion purulente, et les conseils de M. l'administrateur ne Parviendraient probablement pas, j'aime à le croire, à le per-
Migf (^tait bien naturel : Celaient les deux seuls chirurgiens à Paris, qui| k ma ^nnaissance, avaient expérimenté ma médication et avaient pu en apprécier les ^ii, {Note de l'Auteur.)
m DE L'ACIDE PEfaaçm.
snader que nos pansements aient pn donner une infeetionprulente aux opérés de son ambulance ;
Le troisième fait, c'est que M Riche! trouvait fort convenable de ne venir voir ses opérés mourants que lorsqu'on TeoTonit chercher en voiture; qu'il trouvait encore non moins eooTenable de ne venir les voir que quand cela lui plaisait, méae lorsqu'on lui envoyait la voiture demand<^e ; et qu'il troanit, enfin, toujours convenable de refuser d'une façon c çn'oik traduit pas > une consultation demandée par la famille d'o blessé, dans l'intérêt de celui-ci \ Est-il nécessaire d'ajoitff pour montrer le mépris de toute humanité que professent eertains chirurgiens dont les fonctions sont de donner des lecotf aux autres, qu'un jour comme celui de la bataille de Boieatili bataille annoncée partout à ratwnee et particulièrement dm tontes les ambulances, jour, par conséquent, où chacun deiti être à son poste depuis le matin jusqu'au soir, un chef d'ti* bulance arrive à son service à huit heures du soir, eomm U^ M. Rithet, et que là, sans prévenir la famille et contre ISTOloil^ des amis du blessé, il ampute eelui-cl d'autorité, loaion Hi uv SBUt DBS OPÉSÉS de M. Richet n'aoati mieorB èéhapipè à k mort t La malheureuse famille de Seveste apprit le leadewiit à la fois, par un journal, et la blessure et l'amputation de ri** fortuné jeune homme! N'est-ce pas là se jouer de tois In sentiments humains et faire des blessés un sujet d'expénesce in anima vili f
Nous aimons à croire qu'un homme qui a l'honneur d'être administrateur général d'un établissement qui s'appelle 1> Comédie-Française ne partagera pas l'opinion de son < p^' sonnel médical > en matière de convenances, et qu'il eoosil' tera à l'avenir, quand il voudra traiter ce sujets moins ^ personnel que son immortel prédécesseur le grand Poqselii* Et môme, si M. l'administrateur nous en croit, il donnent son personnel médical le conseil — en échange de ceux <f<^' en a reçus, — de publier le compte rendu exact de la gestiof administrative et scientifique de l'ambulance des Fraoçais;s<Hi honneur d'administrateur est même intêress»é à la pnblietii^ de ce compte rendu : c'est en lisant, seulement, et ooa et écoutant les commérages d'une partie de son personnel, 4^^
APPUGATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'AGIDE PHÉNIQUE. 171
M. radministratenr, — et aussi le public, — pourront se faire une idée des beaux résoUats humanitaires qu'engendre la doc* trine de M. Richei sur les convenances médicales. Un mot encore, et co sera fini, sur un point de cette doctrine que M. l'udminîstrateur a paru s'approprier, et qui nous semblerait un peu bien étrange chez un successeur, sinon un rival de Molière.
< Que la famille de M. Ed. Seveste, nous écrivait
M. l'administrateur, le prenne chez elle, puisqu'aussi bien nous ne pouvons plus le soigner, médicalement du moins,
puisque et qu'enfin, chose grave, s'il lui arrivait un acci*
dent, la nuit, notre aide-chirurgien serait hors d'état de lui por* ter secours, i
Comment donc! parce que la famille d'un blessé, et le blessé lui-même effrayés de la mortalité qui sévissait autour de lui* auraient demandé une consultation au docteur Richet, et que le docteur Richet l'aurait grossièrement refusée ; parce que les autres consultants auraient agi sans H. Richet, ne pouvant faire autrement et l'envoyer chercher par des gendarmes, M. l'aidechirurgien de l'ambulance laisserait mourir ce blessé sans lui porter secours 1 et cela se passerait, qui plus est, dans la maison de Holière! Ahl M. l'administrateur, permettez-moi de croire que, vous ausei, vous avez été sous le poids de quelque grave préoceupaiion, quand vous avez adopté, — en apparence seulement, fai besoin de le croire, — cette nM)n3trueuse théorie du maladus dût-il crevare; il serait trop pénible d'admettre qu'un continuateur de notre grand comique ail profité ainsi des exemples et des leçons de son inimitable modèle ! Exigez, H. Tadministrateur, ne fût-ce que pour détruire ces apparences déshonorantes, exigez, à tout prix, la publication du compte rendu exact de l'ambulance des Français : il est de votre honneur qu'on sache si, plus de deux cents aus après le ilfa/ad« imaginaire, on permet encore à la Faculté de professer, dans l'enceinte même de la Comédie-Française, qu'il vaut mieux mourir conformément à ses préceptes que de guérir en les violant 1 En attendant ia publication que je sollicite et qui serait faite depuis longtemps si votre personnel médical avait eu le sentiment de ses devoirs, vous me permettrez, M. l'administrateur^ de croire que j'ai rempli le mien» en me rendant i l'appel d'un vieil ami
m DE L'ACIDE PHÊNIQUE.
et d'une famille éplorée, et en faisant tous mes efforts pour réparer les fautes ou les erreurs d'un confrère mal inspiré. Si ces efforts n'ont pas eu le résultat que je désirais ardemment^ mais que je ne pouvais guère espérer» j ai du moins la conscience qu'ils n'ont pas été entièrement stériles, et la preuve que je n'ai pas été seul de mon sentiment se trouve dans une touchante lettre qui me fut écrite, après le fatal événement, par M»e Ed. SevestCy mais que je me dispense de publier, pour ne pas donner une plus grande étendue à un triste épisode de l'histoire des ambulances, épisode que j'aurais volontiers supprimé, si je ne savais que les passions haineuses de mes ennemis cherchent à faire arme de tout, et si, d'ailleurs, le public n'avait un grand et direct intérêt à être instruit de la manière dont on a usé, dans les ambulances, des immenses ressources mises à leur disposition. On a déjà vu, dans la lettre de M. Em. Rousseau, que, suivant le bruit public, les opérations faites à l'ainhalance des Français auraient toutes été suivies d'un résultat fatd; nous n'avons rien appris qui ait pu nous faire croire que ce bruit fût erroné; tout au contraire. Mais qu'il soit ou non exagéré, ce qu'il y a de certain, c'est que le docteur Richet avait proscrit systématiquement la médication phéniquée, et qu'il avait déclaré un jour au docteur Macé, ainsi qu'on le verra plus loin, que t l'acide phénique est une mauvaise chose, qui n'a jamais produit un seul bon résultat. •
C'est pourtant cette médication que nous appliquâmes chez M. Seveste et que nous conseillons contre tous les cas d'infection purulente. Quant aux détails de l'application, nous n'avons pas à y insister ici, après ceux que nous avons donnés à propos du traitement de la péritonite puerpérale ; les soins doivent être identiques, sauf quelques modifications locales exigées par l'état des plaies, et que nous indiquerons en traitant de ces lésions. Nous ajoaterons seulement une remarque que nons avons déjà faite bien souvent, c'est que l'application de la médication phéniquée n'empêche nullement l'emploi d'autres remèdes : ceux qui croient à l'effîcacité, ou du moins à une certaine efficacité, du sulfate de quinine, de l'aconit, de l'alcool camphré ou non, etc., peuvent parfaitement prescrire tous ces moyens concurremment avec l'acide phénique ; nous croyons,
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. t7S
pour notre compte, qu'ils sont à peu près de nul effet ; mais nous ne nous opposerions pas à leur emploi, dans une consultation, en tant qu'ils seraient prescrits de façon à ne pas empêcher Tapplicaiion complète de la médication phéniquée, c'està-dire l'administration à l'intérieur du sirop phéniqué^ les injections sous-cutanées phéniquées et, enfin, les pansements des plaies avec des préparations phéniquées. La possibilité, disons plus, l'extrême facilité de cette association ne fait qu'aggraver la responsabilité des chirurgiens qui ont repoussé et repoussent encore de leur pratique la médication phéniquée ; nous allons voir bientôt, à Tarticle Plaies, quelle est l'étendue de cette responsabilité.
Au moment même où nous corrigeons cette épreuve (24 décembre 1872) nous recevons du docteur Moséiig de Vienne une lettre datée du 21, dans laquelle le professeur autrichien nous annonce qu'il vient d'obtenir, au moyen des injections souscutanées d'acide phénique •— 1 gramme par 24 heures •— la guërison d'un cas d'infection purulente bien caractérisé.
Nous espérons recevoir à temps cette observation remarquable, et pouvoir la publier à l'article Plaies,
De Vinfection putride. — Il n'est guère de chirurgiens qui ne s'accusent mutuellement de confondre, quand ils citent des succès^ l'infection purulente, qui ne guérit jamais ou presque jamais, avec l'infection putride qui guérit souvent. La recommandation inévitable de tous les auteurs de pathologie, c'est donc de ne pas confondre ces deux infections. A celte recommandation, on devrait croire que rien n'est mieux déterminé que la maladie que l'on désigne sons le nom d'infection putride, et il en serait bien ainsi, en effets en s'en tenant à la description de P. H. Bérard, qui a surtout insisté sur cette infection, et Ta décrite et distinguée, sinon tout à fait le premier, au moins beaucoup plus nettement qu'on ne l'avait fait avant lui. C'est sa description qui a servi de type à tout ce qu'on en a dit depuis ; mais, malgré la netteté de cette description, on commence à concevoir des doutes sur la réalité de cette infection ou du moins sur son homogénéité; quant à nous, nous ne saurions admettre qu'avec toutes sortes de réserves la doctrine de Bérard, quelque satisfaisante qu'elle paraisse au premier abord. Cet
iO
â74 DK L'ACIDE PHÈHIQUI. | ^'
éminent profesMur dit : c J'appelle rèsarptùm putrik edkfi s'opère dans les foyers où le pas est vicié et fétide; fip^ infection putride l'état qui résulte de cette résorption. »(Dtd.è mid. en 30 vol. art. Pus,) La définition est courte, il ne rertt plus, po^r qu'elle soit parfaitement intelligible, qu'à délet* miner en quoi consiste cette résorption putride, ou, en d'aitttt termes, quels sont les éléments résorbés. Bérard nous kéil, à peu pris : c Nous avons vu, ajoule-t-il au paragraphe difii fétide, que le séjour de ce liquide dans les cavités où Tûr i accès y occasionnait la formation d*acide snlfbydriqne,d'»' moniaque et d'hytirosulfate d'ammoniaque Mous avons dits outre qu'il se développait de nouveaux principes organiiqm,m encore déterminés par les chimistes, mais appréciableiptf leurs effets sur Téconomie animale. L'absorption s'exereeeoM' tamment sur ces produits solubles de la décomposition dipn* L'imbibition les fait pénétrer dans le système vasculaire cmai elle y fait pénétrer tous les poisons. Le phénomène est kté» inévitable, i (Loc. cit.)
Malgré la légitime autorité de l'éminent professeur, uoaitt croyons pas que la résorption des produits dont il parle té aussi inévitable qu'il le suppose, et nous disons qu'il le tippose, car personne n'a jamais constaté matériellement la réalilé de cette résorption. Nous croyons surtout qu'elle est doiteut en ce qui concerne les produits gazeux de la fermentation^ tride, acide sulfbydrique, ammoniaque, sulfhydrate, carboBite et acétate d'ammoniaque ; quant aux produits solobles et tad^ terminés de cette décomposition putride, il est bien posâbU qu'ils soient en partie résorbés. Cependant les sympiômes,fort mal caractérisés, par parenthèse, que Bérard attribue à la résorption de ces produits pourraient à la rigueur être caotés par leur action irritante sur les parois du foyer purulent. Lei injections de liquides putrides faites par Gaspard, Lenret, Dapuis, et plus tard par MH. Gastelnau et Ducrest, prouvent bien que les phénomènes causés par ces injections ont quelque analogie avec ceux que Bérard attribue àTiofection purulente; mais il est loin d'y avoir entre les uns et les autres cetie fira|k pante ressemblance qu'on observe entre ceux de rinfeetioB purulente chez l'homme et ceux des injections fractionnées de
^aas les veines, chez les animaux. En r6sam6y rinfection nde — celle bien entendu qui résulte de la résorption, ^sles foyers purulents, des produits de la décomposition du â — est sinon complètement problématique, au moins trèsscnre, et par conséquent très-obscure aussi la médication à poser aux phénomènes qu'elle peut déterminer. Pour Bérard, .le médication était bien simple : empêcher le séjour du pus Ds les foyers; c'était une médication purement prophylacue II pst certain que cette prophylaxie est radicale: elle îvient la résorption ; mais elle ne nous apprend pas ce qu'il drait faire contre les phénomènes déterminés par cette réption, qu^nd une fois elle est effectuée. Si cette résorption }ère réellement sur les produits solubles, il est peu probable s ces produits renferment des ferments, et il est douteux,
conséquent, que Tacide phénique puisse avoir une grande facile contre un état qui est une sorte d'empoisonnement, ime celui, par exemple, par le gaz des fosses d'aisances ; et, ?ffet, les symptômes observés par Gaspard, MM. de Gastel- . et Ducrest, ont bien quelque analogie avec les empoisonlents : ainsi, ces symptômes suivent immédiatement Tinjeci; celle-ci n'est point suivie de frissons, et il n'y a rien qui ^mble à une incubation ; enfin, après le temps nécessaire à pulsion, par les émonctoires, des liquides injectés, tous les ibles fonctionnels disparaissent sans laisser de traces. Ces larques, cependant, ne s'appliquent qu'aux substances expélentées et notamment à la partie liquide du pus plus ou 1ns putréfié; mais comme les expérimentateurs sont loin voir injecté toutes les substances qui subissent la fermenlon putride, nous ne voudrions pas prétendre qu'aucune •slance soluble résultant de la putréfaction ne renferme des nents, nous entendons des ferments ayant une action sur onomie; nous disons seulement que cela est peu probable, et is nous fondons, outre les raisons d.^jà données, sur ce fait
ces substances sont elles-mômes le résultat de l'action d'un peut-être de plusieurs ferments sur les matières organiques, u'il n'est guère supposable que deux fermentations se sucent immédiatement et s'enchevêtrent, pour ainsi dire, l'une s l'autre. Cependant, tout cela est encore hypothétictue.
<t ^iMni» itt ■«KKOia nclwr c fccs plvs précises que ttiî^ ^ «ML 4bfc Ub» Huçt*^ pcésesl.
^ftfiiit ^ il «t «â; «fi» ttKftes «e» ^«estiMa eneore très-ardues, t» <|Qi MAiK «mîHHtt IkàcK étetairi, c*csl qu'il y a une retesML ^ «amt 4 «iAk <«&:« acs pMMaièaes mltribués à une ùtiltobML MEciifi» <c r^MnCïw te |hb dans des foyers puniiMtts^ ^ntÀn; «çtL. «litL est fMdule pur rmclion de fermenis ^tc««»K^ Ite( x r || H >tnit «K fniiHUfiBilf» les puisemenis pbéoi- «Hifet^^ÂK )>«ir^ ïiaruMift iium «aitte p#«r effet de prévenirb fitfN6bt«bm^ <t Ik j i c HKtmftM » cewwirtff par Bémrd sera aÎDsi tèO iiwni «^ttttll 4 Jfc «cimMft é» pfcig—ièaca déjà prodoits, il i*itoi«|:;Sindlh<r ^fei <(i»e Ifcmtiiicirîf pfcéaiqpée interne puisse Wi$ ^t«:îâi(r ui lits j^sp»««r; «t f a ms deac, sTee des chances iWTiXriy^trnf^k 9««ftiiMkMWfeC ap^pKfser cette médicttioii, dus W «fe( <i4 M( fJhfcWilenn ne ar :s<nieM pes dissipés spoottirfi a o c ai^c^ r^fiKiMbMi teel^ èeradde phéàiqiieàladéù»fc < t à > w i <à($ $l 'i U4 fiitiJIfto. La ■MkmtioB phéniquée sert dnwaiaeit «àeiaia ¥aifti|iaé% 4a» ce c«> <pie, Malgré la dii&we éK^ i:t i | » lii a ia làe r%afmMi piatiide cft de rùafeetioii pm" WialK U n» «ta p<ft li ^ it i U KS ig^faeae de les disUngaer Tue de fte^rè. H ^>m <» <iKeaftaiiea> la Bédicatioa phénifift rUp M ttail r«Te«r de di^me^ak qa'^ett amrait pa coDiBeiti& — ^(iMKS; a'^^mai^ ma à diie sar les procédés d*applieaUoD ie la Muatiille laMrt^aw aà ce aVst qM ees procédés doifentém eeax qee Mets atetts ùidiq«& e» perlaal de la fièfie pae^ |wraH!%
JLur« IL «- rs UL FaàTKS TmniDB.
La lèvre IrplMlde est aae des aaaladles à propos de lafacfle la doetriae parasitaire a lait et cmtiaoe dMqoe joar à tti*^ pies de partisaas. EteoaiBae la pratiqoe, qooî qa*ea ditodlei médeeias qai slatitaleat des praticieas pus» taX toajsiit*^ applicatioB d*aae théorie^ elaire oa eoaflasa, bioa oa vil ^ ^ilée, mie o« £«»»• U «édioitioa ptratitiiide, màff
le ko
mi
ne, désinfectante, comme on voudra l'appeler, prend chaque .r une extension nouvelle. C'est à qui trouvera, aujourd'hui, is le sang des typhoîques desmicrococcus.ûesbacteriumthermo ninetunij des monades et, comme dit M. Gaube, du Gers, des ^res c de toute forme. » Il n'a pas encore été établi quelle ou quelles sont, dans toutes ces espèces, celles qui doivent e considérées comme la cause spéciale de la fièvre typhoïde, *, ainsi que nous l'avons dit plusieurs fois, chaque groupe de nptômes spéciaux, ou, si l'on aime mieux, chaque maladie Relaie doit nécessairement être causée par des ferments spéux, ou tout au moins par un groupement spécial de fer- Dts divers. On peut espérer qu'un avenir peut-être prochain as éclairera sur ce problème intéressant ; mais il est permis, ( à présent, de considérer comme à peu près certaine la solu- D générale que nous en avions donnée, dès nos premières cherches sur les applications de l'acide phénique. Cette solu- D généralement acceptée (1), il était donc naturel de voir les idecins qui l'adoptent recourir à des médications para^îtiles, et renoncer aux vieilles médications appliquées à la fièvre »bolde; il nous parait probable que le savant professeur uillaud lui-même doit être devenu infidèle aux saignées coup * coup. Mais ce qui est, parait-il, non moins naturel et plus ste, c'est de voir les nouveaux convertis oublier systématiement le nom des converiisseurs, et marcher dans la voie iivelle, en se donnant tontes les apparences d'avoir été les îmiers à l'ouvrir. Nous ne nous lasserons pas plus de les rap-
1) Certains médecins, se faisant même déjà plus royalistes que le roi, acceptent i> notre doctrine^ car un des coUaborateurs au nou?eau dictionnaire de méde- 3 a écrit ce qui suit, il y a déjà plus de 4 ans : « Il y a lieu de remarquer que la re typhoïde, qui est à nos yeux le résultat de l'infection de l'économie par des tsme$ végétaux et animaux^ révèle souvent dans ses symptômes celle doable (ine. » (Ra(mbert. Recherches hist-sur le charbon.^ Gaz. mêd, de Paris, 7.) Nous n'avons paii à discuter ici le fait plus que douteux dont l'auteur appuie opinion; il nous suffit de constater qu'elle nous paraît trop généreuse de moitié ers les parasites. Nul doute que, dans «luelques années, ceux qui sont encore réitaires à la doctrine parasitaire, n'attribuent chaque maladie à une douzaine de rophytes, au moins, et à autant de microzoaires. Dans ce temps ni M. Plasse^ Qoi ni d'autres ne seront des illuminés; nous serons au contraire des retardaes, si toutefois, on consent k se souvenir que nous aurons contribué pour quel- ! chose à ouvrir la brècbe par laquelle tous les moutons sauteronl} et aussi pas l de loups.
t78 DE L'ACIDE PHÉNIQDS.
peler à TobsenratioD des lois de réqait6 qu'ils ne se IukmI de les violer.
CoDsidéraDt, ainsi que nous l'avoDS dît, la fièvre typIiéHi comme une maladie à ferments, nous lui avions appliqeéil médication phéniquée, presque dès le début de nosopé»! riences (1863) et nous tenons à montrer avec quelle réserreiM avions parlé de nos essais, dans la première édition deeetMk vrage. Ceux qui s'imaginent ou feignent de s'imaginer que Ml les inventeurs de médications nouvelles sont des moB<# niaques, qui ne rêvent que de leur découverte et vealesttt faire une selle à tous chevaux, se convaincroal, s'ils sootni' ceptibles de convictions sincères et éclairées, qu'on penllM initiateur et même initiateur ardent, sans cesser d'être prudent et sévère en observation.
c J'ai donné cinq fois, disions-nous, l'acide phéniqneàTiltérieur dans la fièvre typhoïde, et cela, lorsque les milite étaient atteints de symptômes apparents de résorption palrili; je l'ai employé à ia dose d'un demi -centigramme, répétli toutes les trois heures. Je fais réitérer cette admioistntiii aussi souvent, parce que l'acide phénique se combine titi" rapidement avec les liquides de l'économie et surtout am l'épithélinm, et son action est presque instantanée; mais i persiste une certaine évaporation qui doit continuer l'effet ii* tiputride, môme dans les intestins. J'ai pu juger souveit il persistance de cette évaporation dans les nombreuses if^ cations d'acide phénique que j'ai faites sur les muqaesiei accessibles. — L'épithélinm devient blanc presque instantii^ ment, la cautérisation est faite, et pourtant l'odeur persiste pri> d'une heure.
> Dans le principe, j'administrai 2, puis 3, et jnsquilO^ môme 15 centigrammes, dans les 24 heures; aujourd'hui, )( vais sans hésiter jusqu'à 50 et 75 centigrammes.
9 J'ai cru remarquer que les symptômes de putridité diflU' nuaient sensiblement sous l'influence de ce médicament. Ce qui est constant, c'est que, dès les premiers jours,, les pf^ robes perdent beaucoup de leur fétidité particulière. Josqn'i^t dès que le mieux s'est manifesté, j'ai toujours eessé l'usafc^ l'acide phénique, qui n'a pas pour lui la sanction de l'expo
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÊNIQUE. 17t
ice, mais qui, aujourd'hui, parait d'autant mieux indiqué,
l'on vient de trouver des monades et des vibrions chez les lolques.
Aussi, dans un sixième cas où je viens de l'administrer, -je pas hésité à augmenter la dose de l'acide phéniqueque portée à 50 centigrammes dans les vingt-quaire heures; le lemain à 60, le quatrième jour à 75 ; puis j'ai diminué dès
les .«ymptdmes putrides ont cessé. Le hoiiième jour, le mai prenait encore 10 centigrammes. Il continua à cette dose dant sept jours, en tout quinze jours d'administration.
Dans les cas dont je viens de parler, Tacide phénique sans ange a paru me donner de bons résultats.
Je ne vois dans la fièvre typhoïde qu'une contre-indication emploi de l'acide phénique à l'intérieur : c'est son action ciale sur le cerveau. Cette action n'a pas d'analogue. On t la produire en pulvérisant de l'eau fortement phéniquée le visage ; on est pris aussitôt d'une sorte de vertige, d'un ardissement qui ressemble à ce qu'on éprouve au commentent d'une ivresse. Nous avons appris dernièrement que le retté M. Gratiolet avait employé l'acide phénique en lavent dans un cas de fièvre typhoïde, et que (voir la France mè~ lie, 1865, no 22) ce lavement avait produit des accidents; Iheureusement on ne dit pas lesquels.
Quant à moi, je n'ai jamais observé le moindre effet nui-
le qui pût lui être attribué, ctc » {Nouv, applicat, de Toc.
niq., lr« édit., 1864, p. lil et suiv.) lomme on le verra dans un instant, je suis, aujourd'hui, lucoup moins timoré qu'il y a huit ans, et les résultats, que le crains pas de qualifier des plus admirables, m'ont appris î les accidents que je considérais comme possibles en 1862 en 1864, ne sont qu imaginaires; je ne les craignais alors que r un reste de l'influence qu'exercent pendant longtemps les ijugés d*école sur les esprits les plus indépendants, et dont e expérience attentive et multipliée peut seule faire secouer oug. Dans l'état physiologique, Tacide phénique excite le veau ; il faut donc s'en abstenir, dans les cas pathologiques le cerveau parait excité: tel était mon raisonnement, tel est :ore le raisonnement de l'école et des physiologistes expéri-
180 DE L*ACn)E PHÈNIQUE.
meotateurs ; rien n'est moins exact ; les faits tont bies le prouver.
Mais, avant d'arriver à l'exposé de ces faits, on noas permettra quelques remarques historiques sur les agissemeottie notre instructeur, M. Lemaire, relativement à l'applicatioB de l'acide phénique. Cette application, M. Lemaire a la génénâlé de nous en laisser l'initiative ; il ne Ta pas faite lai-méae; mais s'il ne l'a pas faite, il a eu ses raisons, et elks «ni curieuses. On a beau se croire habitué aux raisons de M. LeoiiR, on est toujours surpris quand il en donne de nouvelles; féÀ donc celles pour lesquelles il n'a pas employé avant 000 l'acide phénique:
« J'ai employé, dit-il, l'acide phénique sur quelques milidei atteints de fièvre typhoïde ; mais c'était dans des cas tacifnatff qui se sont terminés deux ou trois jours après par la morcD me répugne, 1» — écoutez bien ceci, — c il me répugne^ faire des essais au début d'une maladie qui prend si sosTenti rapidement, un caractère alarmant. 1 (De facidephéniq. 2«édit p. 684.)
On le voit, M. Lemaire ne renonce pas tout à fait àThoDnev d'avoir employé l'acide phénique contre la fièvre typhoïde, il ft employé un petit, tout petit peu, dans des circonstances où H était sûr que, s'il ne faisait pas de maK il ûe faisait pas de bien. On ne sait trop ce qu'il faut le plus admirer dans ce pt** sage, ou de la profonde ignorance de l'auteur ou de l'étrisgeté des motifs qui l'ont — (censé) — empêché d'agir. Qiut a l'ignorance elle est stupéfiante : il n'y a pas un roupiou (aes donné aux étudiants qui commencent un service bénéfole dans les hôpitaux) de deux mois, qui ne sache que la fiètre typhoïde est une des maladies aiguës dont la marche est Is moins rapide, au point, que les cas de mort avant le huitième jour seul presque sans exemple, et qu'ils sont encore rares, avant le quinzième jour. La fièvre typhoïde est donc une des maladies où le médecin, quand il la prend au début, a leplos de temps pour agir, et dans laquelle, par conséquent, il est le plus facile de juger l'efiicacité des méthodes thérapcutiqoes.
Quant à cette autre raison de notre étrange raisonneur, qa'il faudrait attendre, pour appliquer dçs méthodes thérapeutiques
APPUCATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHËNIQUE. 181
«etiyes, la période in extremis des maladies qui ont une roarehe
rapide, ce serait faire injure an bon sens de tout lecteur,
«nédecin ou non, que de la réfuter. Nous ferons remarquer
seulement que ce grand logicien, qui nous trouve si faible en
logique (voir ci-dessus, p. 68], qui ne veut pas qu'on essaye
l'acide phénique contre les maladies à marche rapide, conseille
^e l'employer, et insiste même — (après nous) — pour qu'on
l'essaye dans le choléra, qui tue quelquefois en deux heures !
Il n'y a tels que des logiciens et des médecins de cette force
ponr prétendre donner aux autres des leçons de logique et de
médecine. Laissons-les donc dans leur ornière et revenons à la
thérapeutique raiionnelle, progressive, efficace.
J'ai dit que l'application de l'acide phéuique au traitement. de la fièvre typhoïde m'a donné des résultats admirables ; le mot n'a rien d'exagéré ; on en conviendra sans peine, quand j'aurai dit que, depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, je n*ai pas perdu un seul typhdîque! (1) 11 y a à Paris des médecins vérificateurs de décès qui font leur service fort consciencieusement, — du moins ceux que je connais; — J'en appelle à leur témoignage (2) ; qu'ils disent s'ils ont constaté un seul décès, depuis sept ans, par suite d'une fièvre typhoïde traitée par moi. c Mais, dira-t-on peut-être, tout cela se réduit à une question de chiffres. Combien de typhoïques avezvous traités ?» Il est vrai que je n'en ai pas le chiffre exact ; mais il ne manque pas de médecins à Paris, qui savent que ma pratique est à peu près aussi étendue qu'elle puisse Têtrc, et qu'elle m'occupe exclusivement depuis le commencement jusqu'à la fin du jour, en fixant la fin du jour à une heure souvent fort avancée de la nuit. Or, comme je fais de la médecine générale, on admettra sans peine que je n'ai pas dû avoir moins
(1) Je donnerai plus loin l'obserration d'un seul cas exceptionnel, que j*aie vu depuis l'impre&sion du texte de cet article, mais qui s'est produit dans des conditions telles, quMl ne saurait infirmer en rien l'affirmation générale que j'ai formulée.
(2) Je rappellerai encore une fois aux personnes qui pourraient l'ignorer qu'i existe à Paris des médecins vérificateurs des décès, qui, lors de la constatation d'un décès qu'ils vont faire à domicile, inscrivent ed face du nom de la maladie qui a causé le décès, le nom du médecin qui a traité le décédé pendant sa dernière mala-lie. Rien n'est donc plus facile que de s'assurer de l'exactitude des renseignements que je donne.
tn DK L'ACIDE PHÈTTIQUE.
de lypholqnes à soigner que tons mes confrères dans une sitestion professionnelle analogue à la mienne. Eh bien, je le demande à ces confrères, en est-il un seul parmi eux, qui n'ait pas perdu un seul typholque depuis sept ans ? en est-il seBlement un qui n'en ait pas perdu quelques-uns pendant l'épidémie typholque qui a sévi sur nous pendant le siège de Paris et qui a si cruellement frappé sur Tarmée? Quant à nous, pis plus pendant Tépidémie qu'avant ou après, nous n'avons perdi, nous le répétons, un seul malade, et nous montrerons tout i l'heure, par deux exemples, que les cas graves ne nous ont pis manqué. Mais un mot, d'abord, sur les malades de l'armée, puisque nous en parlons. Nous allons encore, comme I propos de l'ambulance des Français, soulever une question grive; noas la poserons et nous la résoudrons avec notre franchise et noue ncUeté ordinaires, en faisant très-bon marché des personnes, de l'étiquette et de la bureaucratie, et nous préoccupant exeli' sivement des choses, du progrès, du bien public, de l'hnmanii^ enfin.
Pendant le siège, nous avons fait pour la fièvre typhoïde ee qu'avant et pendant le siège nous avons fait pour les pitiés: quand nous avons vu mourir par centaines les malhenretf soldats, nous nous sommes adressé au médecin en cbef di service de santé militaire, à M. Larrey; nous lui avons signiié nos résultats; nous lui avons demandé un service de typholqoes, si restreint qu'il fût, pour appliquer, î^ous ses yeux ou sons les yeux d'un autre confrère» notie méihodc de traitement. Ptf des motifs divers, tirés de l'étiquette, des règles, des usages, des convenances personnelles, nos pressantes et persévéraoïcs instances ont été rcpcussées, et l'étiquette a été obserfée, et les susceptibilités personnelles ont été ménagées, et les typbolques militaires ont continué à mourir... dans les règles ! Qjii^^ M. Larrey aura publié la statistique exacte, rigoureusement exacte, de la mortalité de l'armée par chaque maladie, noaslii dirons combien de morts typhoïques doivent peser sor si
conscience, que M. Larrey dit et que tout le monde croit étresi susceptible ; de môme que nous lui dirons, à l'article Plaif^ combien sa responsabilité doit endosser de morts par suite de blessures ; nous publierons, à la fin de cet article, la correspofi-
lance' que nous avons échangée avec ce très-honorable ol non aoins formalisle confrère, et Ton verra, là, comment il met en »ratique les préceptes qu'il a posés sur la responsabilité médiaie, car c'est un sujet que M. Larrey affectionne^ et qui a fait uC sa part Tobjet d'un discours académique qu'il a eu soin de aire tirer à part et de faire beaucoup circuler dans le monde ; n verra aussi avec quelle insistance nous avons cherché à faire m peu de bien sans y pouvoir réussir. Mais, en attendant que icus terminions l'exposé des comptes que M. Larrey doit à liumanité^ nous déclarons hautement, ici, que nos convictions ont si profondes sur l'extrême efficacité^ nous dirions presque olontiers, sur rinfaillibilité de la médication phéniquée, dans a fièvre typhoïde, qu'à nos yeux, tout médecin qui perd un Srpboîque, sans avoir tenté cette médication, est responsable de c^ mort, d'autant plus responsable que l'application de notre lélhode ne met aucun obstacle à l'emploi des moyens que haque médecin préfère — (et Dieu sait si ces moyens sont Ombreux!) — qu'elle n'apporte aucun trouble à l'action de Os moyens, qu'elle est une arme de plus ajoutée à toutes les utres, et qu'elle peut, suivant nous, se passer de toutes les Otres.
Pour compléter nos déclarations à ce sujet, sur lequel nous ppelons toute l'attention de nos confrères et, au besoin, toute attention des malades ou de leurs familles, nous déclarons U'aussi longtemps que notre médication héroïque ne sera pas uffisamment répandue, et malgré l'insuccès de nos déclara- ODS passées, nous nous tiendrons à la disposition de nos Onfrères, pour appliquer cette médication avec eux, dans les As qu'ils jugeront graves et même dans ceux qui pourraient 'Dr paraître désespérés ; nous osons leur promettre que, même ^ns ces derniers, ils obtiendront des succès que nulle autre Médication connue ne leur donnera. Nous ajouterons, avec Ouleur, que la déclaration que nous faisons ici, nous l'avons éjà faite au plus fort de l'épidémie typhoïque meniionnée ciessus, et que pas un confrère n'a fait appel à notre concours, Ssu«rément bien désintéressé. N'importe; quoique le mot soit
Un roi, nous le répéterons : t fais ce que doisy advienne que ^nrra, »
t(14 BK L'ACm PHËKIQCB.
Ooelqves brèves expUcalions, maintenant, snr l'applicaliofl de la médication.
On a TV qne la confiance encore limitée que noos aiaient donnée nos observations trop pen nombreuses encore, Ion de la pnblication de la preoiièie édition de cet ouvrage, nous avait fait admettre une contre-indication à l'emploi de Taeide pbéniqne dans la fièvre typbolde ; cette contre- indication coiaistaii dans Texifllenoe d*accidents cérébraux, et cela, pour des raisons qne noss avons exposées, et qui, dm reste, s'imposaieit pour ainsi dire à tout médecin non suffisamment éclairé psr rexpérience. Ce n*est pas que nous ignorassions que les aeei* dents cérâiraux ou ataxiques de la fièvre typhoïde ne sont nullement dus à une véritable inflammation du cerveau o« de jies membranes ; mais, même sans partager cette croyance erronée, tout médecin aurait craint, « priori, de traiter par an médicament qui produit des phénomènes d'excitation cérébrale une maladie, qui se complique précisément de ces phénomènes. L*expérience a disdpé ces craintes et renversé la théorie: Dus les cas graves de fièvre typhoïde ataxique que nous avois observfSs, Tacide phénique a triomphé comme dans les autres, plus difficilement sans doute, mais, enfin il a triomphé, et,dais deux d entre eux, il a, si l'on peut ainsi dire, ressuscité les malades. Ainsi donc, aucune contre-indication à l'emploi de Tacide phénique. Sans doute, il ne £iut pas attendre comae notre précepteur, M. Lemaire, la période t» exfrrastt poir appliquer notre médication pas plus que toute autre ; il hui même l'appliquer le plus tôt possible, car plus tôt la maladie est enrayée, mieux cela vaut pour le malade ; mais si l'on ne deit pas préférer la période ultime, il ne faut pas non plus recaler devant elle; car nous avons la conviction qu'on obtieadrs encore quelquefois des succès, quand tout paraîtra perdu.
La dose et le mode d'administration sont ceux que finis h déjà indiqués dans la première édition de ce travail; cqiei- h dant, je suis moins timide sur les doses, aujourd'hui fi* h l'expérience m'a appris à ne plus craindre les acetdenUeÂé> u braax ; je porte volontiers la quantité d'acide jusqnl ■> i gramme dans les 24 heures, simplement dissous dans da sirsf n
oolisé et non compris celui que j'administre par la mélhede i
APPUGATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'AGIDE PHÉNIQUE. 185
sons-cutanée. Pour pins de commodité et de sécurité, je me sers de préférence, maintenant, du sirop que je fais préparer sons ma surveillance par M. Guenon, avec un acide dont la préparation et la pureté me sont connues, et qui est titré à 10 centigrammes d'acide pur par cuillerée à bouche (20 grammes) de sirop. La dose est, suivant la gravité des cas, de 4 à dix eaillerées pour un adulte (40 centigr. à i gram. d'acide) ; de 2 à 5 cuillerées, chez les jeunes gens de 12 ans et au-dessus; de 1 à2cuillerées, au-dessous de 12 ans, soit pur, soit additionné d'une plus ou moins grande quantité d*eau, en guise de tisane.
Nous croyons que ce mode d'administration et la dose prescrite suffiraient pour guérir tous ou presque toas les cas de fièvre typhoïde de moyenne gravité et même d'une graviié tu-dessus de la moyenne, surtout s'ils sont à une époque rapprochée du début. Mais, dès qu'il parait survenir une petite aggravation, je fais une ou deux injections par jour, et même trois dans les cas très-graves, de 5 à 15 centigrammes chacune, que Je répète jusqu'à ce que la marche de la maladie soit nettement suspendue. Dans ce cas grave^ je considère comme obligatoire Fassociationdes injections sous-cutanées à la médication interne par les voies ordinaires, jusqu'à rétablissement d'une convalescence franche; on peut seulement diminuer graduellement les doses jusqu'à une cuillerée, que l'on continuera jusqu'à ce que le malade prenne une quantité réparatrice d'alimcnls.
La médication telle que je viens de la formuler est la seule
que j'emploie dans l'immense majorité des cas. Dans quelques-
ins où les garde-robes (qui perdent le plus souvent leur fétidité
kiorbide) ne me paraissent pas suffisantes, je joins cependant à
Cette médication une petite quantité d'huile de ricin préparée
à froid, 2 à 3 cuillerées à café, chaque 2 ou 3 jours. Dans des
Cas beaucoup plus rares, il a semblé que la médication phéni-
qaée provoquait des garde-robes exagérées; alors je lui associe
pendant quelques jours une faible dose d'extrait thébaïque,
Un demi-centigramme à chaque administration de deux caille-
t^s de sirop ; et, pour peu qu'il y ait somnolence, je renonce
%ax voies digestives et je m'en tiens aux injections sous-cuta-
taées de i à5 p. 100; ces cas sont, du reste, fort rares, et je ne les
186 DE L'AQDE PHOIQUI.
considère même pas comme constituant une contre-indiealioi formelle à l'asage de l'acide pbéniqne par les Toies digestifes.
Nous allons maintenant faire connaître nn petit nombre des principaux faits qui paraissent mettre en évidence la puissioee de la médication phéniquée; nous dirons ensuite quelques mots de divers traitements qu'ont proposés ou préconisés desno^ cinsqui paraissent moins préoccupés de faire mieux qoe lo autres que de faire autrement.
Le 2ï octobre 1870 au soir, pendant le siège et en pleine épidémie, je fus appelé auprès de Mme Lefèvre, de Vitry, fill< d'un de mes clients, guéri d'un eczéma grave de la hogne, âgée de 30 ans, demeurant rue de Berlin, à Paris. Elle était atteinte depuis plusieurs jours d'une fièvre typhoïde, qui tvait fait de rapides progrès, et s'était compliquée de phéoomèoes cérébraux et pulmonaires graves. Mon confrère, M. leD'Piogîy. avait donné des soins à la malade; les prescriptions snitaBl^ indiquent le Iraitcincnl qu'il lui avait fait suivre :
io c Ipéca 0,io centigrammes.
» Tartre slibié. . . 0,05 —
> Sirop d'ipéca . . 30 grammes.
» Eau 120 —
» En trois fois, à 15 minutes d'intervalle.
> Infusion de fleurs de mauve entre les doses. 2o » Infusion de fleurs de camomille. >
18 octobre 1870.
c Limonade au citrate de magnésie, à 50 grammes, ^ demain matin. >
19 octobre 1870.
Sirops j
de launer-cerise.. ) ^^
, « ,. [ana. 25 grammes,
de fleurs d oranger \ *
• Eau de laitue 120 ~~
>» Une cuillerée Taprès-midi et le soir. >
20 octobre 1870.
c io Limonade au citrate de magnésie, à 50 grammes, pour
main matin.
» 2o Sulfate de quinine, i gramme.
> Diyisez en 6 doses. Une dose à il heures et à 8 heures.
» Pain azyme, b
22 octobre 1870.
« lo Vésicatoire camphré de 10 centimètres sur le côté gauche. » 2o Poudre de Dower, 1 gramme.-
» Divisez en 4 doses. Une dose à 8 heures le soir et à 11 heu* is, si le sommeil n'a pas lieu.
1 Pain azyme. »
24 octobre 1870.
Mon honorable confrère, on le voit par ses prescriptions, ''ait parfaitement constaté l'état des organes et la nature de la aladie. Pour combattre l'un et l'autre^ il avait suivi la voie la us généralement adoptée : contre la maladie, purgatifs moirés; contre la complication pulmonaire, tartre stibié, puis bicatoire; contre la complication vésicale, poudre de Dower ; ^ut-être, môme au point de vue classique, y aurait-il quelque ^serve à faire sur Topportunité de ce dernier médicament. Ce ii'il y a de certain, c'est que le résultat avait été aussi peu i-tisfaisant que possible. Quand je vis la malade, on n'avait pas is encore le vésicatoire, la fièvre était considérable, les sympmes ataxiques intenses, tout le poumon gauche était pris, et siège d'un râle sous-crépitant abondant; la forme ataxique ait, en un mot, des plus fortement dessinées et d'autant plus 'ave qu'elle avait marché rapidement, malgré une médication li n'avait pas laissé que d'être assez active. On se rappelle Taction spéciale et vive que Vacldû is^\i€x!Â^^
188 DE L'ACIDE PHENIQUE.
a exercée sur les poumons des animaux mis en expérience; cette action avait fait considérer les lésions pulmonaires comme une contre-indication à l'emploi de Tacide, et M. Lemaire croit encore à cette contre-indication. Ainsi, ^chez la malade dont nous racontons l'histoire, il existait les deux seules contreindications admises à l'emploi de notre méthode : complication cérébrale, complication pulmonaire. Mais en 1870, mon expérience était plus étendue qu'en 1863, 1864 et 1865; j'étais pins convaincu encore que l'expérimentation physiologique ne saurait être un guide sûr pour l'expérimentation thérapeutique, cl, du reste, j'étais convaincu aussi que les symptômes d'une maladie générale sont tous dus à It môme cause, à l'action des ])arasites par conséquent, si les parasites ne sont pas une chimère. Je n'hésitai donc point : sans crainte décongestionner le poumon et d'exciter le cerveau^ je pratiquai une injection hypodermique d'eau phéniquée de 5 grammes à 1 p. 0/0, et je prescrivis le sirop phéniqué, à la dose de dix cuillerées dans les 24 heures (soit 1 gramme d'acide).
Dès le soir môme de la première injection, il se manifesta du sommeil ; le lendemain^ à la môme heure, tous les phénomènes cérébraux s'étaient dissipés ; la congestion pulmonaire avait diminué d'une manière sensible; le 28 octobre, tout danger paraissait conjuré. Il est inutile d'ajouter qu'à partir de la première injection, la médication phéniquée fut, conformément à ma méthode, employée d'une manière exclusive ; on ne saurait concevoir de doute sur le moyen auquel on doit le magnifique résultat obtenu dans ce cas.
La convalescence de M^e L..., malgré la merveilleuse rapidité de l'amélioration obtenue, fut néanmoins longue; mais cela s'explique par le triste régime alimentaire qui était à notre disposition; la malade avait de la peine à digérer le peu de bouillon de cheval dont nous pouvions disposer; sa nourriture était tout à fait insuffisante. Enfin, on finit par pouvoir se procurer un peu de poulet et un peu de bœuf de l'administration, et, dans le courant de décembre, nous arrivâmes, enfin, à un résultat définitif; l'acide phonique avait été continué à doses décroissantes, jusqu'aux premiers jours de ce mois.
Le second fait qve nous allons rapporter est encore pios
frappant, s'il est possible, que le premier; il a été observé par un des rares confrères qui ont bien voula expérimenter notre méthode et qui, grâce à Dieu, n'ont jamais eu à s'en repentir.
La jeune B...,ftgée de 8 ans, fut prise, dès les premiers jours d'octobre i87i, de malaise général, de céphalalgie, bientôt compliquée d'une légère épistaxis, d'un peu de diarrhée; ces phénomènes prirent assez promptement de Taccroissement; et un médecin, appelé le huitième jour^ reconnut tous les phénomènes de la fièvre typhoïde; une médication composée de médicaments calmants et délayants fut prescrite; cette médication était à peine appliquée depuis deux.ou trois jours, qu'un jeune frère de la malade, âgé de 4 ans, commença, à son tour, à éprouver du malaise ; on prescrivit quelques tisanes adoucissantes; mais le mal fil des progrès rapides et s'accompagna dès le quatrième jour des phénomènes cérébraux les plus violents ; on considéra la maladie comme une fièvre cérébrale ; on fit appliquer deux sangsues derrière les oreilles, des sinapismes aux membres, on prescrivit des potions dont nous ne savons pas la composition exacte, et une tisane sédative. Les phénomènes s'aggravaient de jour en jour, presque d'heure en heure, lorsque le septième jour, un malheur de famille obligea brusqneftient le médecin traitant à abandonner ses deux petits malades. Un autre confrère fut alors appelé ; voici dans quel état il les trouva l'un et l'antre.
La petite fille de huit ans était dans un état de prostration extrême; son pouls était faible, à 125 ; la peau était chaude et sèche ; les lèvres, les dents, les gencives et la langue étaient couverts d'un enduit brunâtre, tenace, adhérent ; la petite malade avait toute sa connaissance, mais l'enduit buccal rendait la parole tout à fait inintelligible ; on comprenait seulement que la malade demandait très-souvent à boire ; il y avait un amaigrissement considérable, et la faiblesse était telle, que les bras pouvaient à peine être soulevés du lit ; la malade se sentait aller sous elle, mais ne pouvait ni se remuer, ni prévenir à temps pour qu'on pût la mettre .sur un bassin. Le regard, néanmoins, n'était pas mauvais, et la malade suivait des yeux avec intelligence ce qui se faisait autour d'elle, mais sans pouvoir rc-
160 DE L'ACIDE PUEMQUB.
mnerla télé. Elle prenait avec plaisir du lait et deTeaiirosgie ; la soif ôiait vive.
Le petit garçon était dans un état beaucoup plus alarmait Depuis 48 heures, il existait un délire incessant; le petit malade ne fixait ses yeux sur aucun objets n'entendait nilleineBt les questions qu'on lui adressait, ne reconnaissait persoDoe; depuis plus de 24 heures, au délire s'étaient ajoutés des cm souvent déchirants, qui se renouvelaient toutes les quatre ei cinq secondes, et des mouvements carphologiques des bras,qii cessaient à peine pendant cinq ou six minutes, en dÎTens reprises, dans l'espace d'une heure; au moment où il hin par le second confrère, les yeux n'erraient plus dans direfseï directions : saos être précisément convulsés, ils étaient dirigés en haut d'une manière permanente, et cachés sou kl paupières supérieures ; la peau était sèche , pulvéroleate, chaude ; le pouls était à peine perceptible et impossible à compter à cause de son extrême fréquence ; la respiration éUit haletante^ saccadée, à 40 ou 50 inspirations par seconde; Itf traits delà face étaient profondément altérés; les pupillesélaiot cependant d'une sensibilité à peu près normale à l'action delt lumière ; elles étaient égales et également contractiles ;lt déglutition s'opérait sans trop de difficultés, et Ton pouvait ùùie boire de temps en temps au petit malade quelques cuillerées! café de tisane; les selles étaient modérément abondantes, et s'écoulaient sous le petit malade, ainsi que les urines; la poitrine éiail parlout sonore; mais la fréquence de la respiration ne permettait pas d'entendre le murmure respiratoire. — En résumé, l'aspect général du petit malade, de môme que la nature des symptômes existants, faisait craindre un événement latal et prochain. — C'esi dans ces conditions qu'on prescrivit cinquante centigrammes d'acide phénique pur, en solution, à prendre dans de l'eau rougie ; on pratiqua une injection hypodermique de 4 grammes de solution phéniquée, à un et demi p. 100; enfin, on administra une potion renfermant 30 centigrammes de valérianate de quinine. Le traitement fut commencé et l'injection pratiquée vers une heure de l'après-midi; vers trois ou quatre heures, les cris et les mouvemeuts carphologiques cessèrent d'ôtre continuels; ils revenaient ptr crises
éparées par plusieurs minutes d'intervalle, quelquefois par n quart d'heure. Une seconde injection sous-cutanée fut pra« iquée à neuf heures du soir.
Dans la nuit, les cris et l'agitation des membres revinrent tar crises qui furent toujours séparées par un quart d'heure ;u moins, et, parfois^ par trois quarts d'heure de calme.
Le lendemain, une troisième injection fut pratiquée à dix leures du matin; la solution phéniquée continuée à la même lose. La potion au valérianate de quinine, qui n'avait pu être 3rise qu'à moitié, fut suspendue. Deux seules crises de cris et l'agitation, la première d'une demi-heure, la seconde d'un giuart d'heure, eurent lieu dans la journée. Une quatrième in- [ection fut pratiquée le soir. La nuit fut tiTOublée par quelques rares cris et par un peu d'agitation des membres, mais qui ne duraient que quelques secondes.
Le surlendemain, les cris et l'agitation cessèrent complètement; il ne fut point pratiqué de nouvelle injection ; on continua seulement la boisson phéniquée. La nuit fut entièrement Calme. Le pouls qui, depuis la veille, ne pouvait être compté, descendit à 120-125 ; la respiration à 30.
Le troisième jour, le petit malade reprit sa connaissance; il ■^épondait à quelques-unes des questions que la mère lui posait, •(suivait souvent des yeux les personnes qui l'entouraient.
Ce troisième jour, le petit malade parut hors de danger, et îfectivement, la convalescence s'établit au bout de quelques ours et ne fut entravée par aucun accident.
Quant à sa petite sœur, elle ne fut pas moins heureuse. L'un 3t l'autre jouissent aujourd'hui d'une .santé parfaite. — Un luire frère, âgé de quatorze ans, fut atteint à son tour, à la fin ie la convalescence du plus petit des deux premiers malades ; nais la forme de la fièvre, quoique parfaitement caractérisée par des taches lenticulaires, entre autres symptômes), revêtit me forme des plus bénignes, et la médecine expectante fut >eule suivie.
Le plus frappant des trois faits qui précèdent a en luinéme ses commentaires; il est impossible de voir plus clairement et plus promptement l'effet suivre la cause, et un malade arraché à une mort que tout indiquait devoir 4U^ «.>i%&v
I6S DE L'ACIDE PUÉNIQUE.
prochaine. Mais, eu thérapeutique, la relatioa des causes au effets est si difficile à établir d'une manière irrécusable, qve nous comprendrions encore, à la rigueur, le doute même a présence de faits comme celui qui précède, si ces faits étaient très-exceptionnels, et si l'ensemble des guérisons de typhoiques traités par la médication phéniquée était seulement ni peu plus favorable, mais un peu plus seulement, que celai des guérisons obtenues par d'autres méthodes. Telle n'est point ]a situation : il ne s'agit pas, ici, d'une différence de morttlité de un, de deux, de dix p. 100; il s'agit d'une mortalité ({li a toujours été sérieuse par toutes les méthodes employées avant nous, qui est nulle par notre méthode, ou qui du moiis a été nulle, jusqu'à* présent, entre nos mains, et entre les mains du petit nombre de confrères qui, à notre connaissance l'ont appliquée.
Comment expliquer qu'en présence de semblables résultats, que nous avons proclamés le plus haut qu'il nous a été possible, notamment lors de l'épidémie qui a sévi pendant le siège de Paris, que nous avons signalés d'une manière particullère,aiflsi que nous l'avons dit, à M. le chef du service de santé militaire, comment expliquer que des médecins civils et militaires, professeurs ou non^ cherchent à inaugurer de nouvelles médications ou à en rééditer d'anciennes, avant d'avoir pris la peine d'appliquer celle qui, entre les mains de quelques confrères ta moins, n'a donné que des succès sans un seul revers? Hélas cela ne se peut faire que par des motifs fort tristes à dire, et que nous avons déjà annoncé vouloir conserver pour un aatre travail, moins consacré que celui-ci à la pratique de la médecine, et plus à la philosophie de la profession médicale. Bornons-nous donc, pour le moment, à poser la question^ et passons, sans autre transition, à l'examen succinct des quelques méthodes qu'on a voulu substituer récemment, sans tropsavoir pourquoi, ou sans vouloir ou sans oser le dire, à la médication phéniquée (1).
(i) Quelques confrères commencent pourtant à céder à la puifsaoeedecfoilsii
'OMion publique : c'est ainsi que nous avons appris récemment ciuecenéfli
e «le Corbeil, qui s'était, de propos si délibéré, opposé à l'emploi de VêcH»
dtD5 un cas grave de pempbygus, qui s'est termioé par la mort, aiu i
Mais, auparavant, citons, pour ne donner prise à aucune eamnie. le seul cas d'insuccès, si on peut l'appeler ainsi, que lus ayons observé. Ce cas ne s'était point présenté encore land nous faisions appel à nos confrères et que nous étions L correspondance avec M. Larrey. Il n'implique donc aucune ntradiction entre les faits et ce que nous avons écrit à di* Tses époques. Voici ce fait:
A. Chevallier, rue Neuve-des-Petits-Champs, âgé de 30 ans, coter chez M. Leduc..., d'une constitution délicate, très-zélé, ^s-ponctuel dans son service, se sentit mal à l'aise vers le 15 féîer: il se plaignait surtout du mal de tête. Contre ses habitudes se couchait le soir aussitôt après son service, et môme dans la urnée, dans l'intervalle des courses qu'il faisait. Le 24 féier (1872), il prit définitivement le lit, disant qu'il avait gaie du froid sur son siège.
Un médecin du quartier appelé, déclare qu' c aucun organe est atteint, > que le ventre seulement était embarrassé, et le cène serait rien ; il prescrit de l'huile de ricin et des calaasmes sur le ventre pour ces maux de tôle {sic). Le malade >mit l'huile de ricin, et ne se trouva pas sensiblement plus al. Il se leva un peu le lendemain et les jours suivants; le indredi, U' mars, il descendit même un instant dans la cour; ais en remontant, il se remit au lit, ayant encore, dit-il, pris oid, et n'en scTrtit plus. Il se plaignait horriblement de la tôle, fait de temps en temps des frissons, toussait un peu et a ême craché quelques filets de sang. Le médecin venait le viter chaque jour, disait qu'il n'y avait aucun caractère de ma* die bien déterminée, et qu'il fallait attendre. On appliqua Qelques sinapismes sur la poitrine.
Le jeudi, 8 mars, M. Bassereau, médecin de la maison, est 3pelé ; il approuve le traitement, dit que le malade est (m- "is, mais qu'il n'y a rien de bien déterminé. On prescrit un bicatoire. . .
te nous l'avons appris il y a quelques mois (voir ci-dessus, art. Pemphyffus, 315), a eu recours à ce puissant niodificaleur pour guérir des plaies consécudTôs à
le fièvre typhoïde, chez le jeune P Espérons que le Dr Boucher, c'est le nom
ce confrère, mieux inspiré une autre fois» traitera par Tacide phénique la fièvre pboTde elle-même, et alors il n'aura plus de plaies typholques à guérir, attendu l'il en aura supprimé la cause.
Trois jours se passent sans autre médication.
Le dimanche 10 mars, le médecin ordinaire n'ayant encore porté aucun diagnostic, M. Bassereau revient, déclare qall existe une fièvre typhoïde très-grave et que le malade eit jierdi.
Je suis appelé le dimanche soir, et ne puis venir qneie lundi matin : je trouve le malade dans un délire dont ilôt impossible de le tirer; on ne peut, par conséquent, obtenir aucune réponse aux questions qu'on lui adresse, et c'est pir SCS maîtres que j'obtiens les renseignements qu'on vient de lire ; il existe des tremblements et des soubresauts des teidons. — Je pratique quatre injections sous-cutanées de cinq grammes d'eau phéniquée à 1 et i\t p. 100. Je prescris moi sTop à l'acide phéniquc et deux cuillerées à café d'huile de ricin.
Dans la soirée, il y a un mieux sensible ; le malade a reeoiiBi sa femme. La nuit est passable ; je fais une application de e«llodium élastique sur le ventre — continuation du sirop phéniqué.
Le mardi, 12, l'amélioration se maintient, moins de délire. Je pratique deux nouvelles injections.
Le 13, le pouls devient imperceptible; même état d'aiUesn.
Le 14, je trouve une amélioration remarquable ; le malade me parle; il prend un peu de lait que sa femme lui faitnunger.
Du 14 au 15, une grave transformation s'opère ; les rllei bronchiques ont pris un énorme développement; le malade meurt dans la journée.
Remarques. — Voilà donc, ainsi que je l'ai dit, le seul cas de mort par fièvre typhoïde que j'aie eu dans ma clientèki depuis que je traite cette maladie par la médication phéniqiée. La médication est-elle responsable de ce fatal résultat ? il fatdrait, ce nous semble, être d'une sévérité bien exagérée pour le prétendre. Quand je vis le malade pour la première foisiilgtf" dait déjà le lit depuis seize jours; quand il prit le lit d'une oi* nière définitive, il était déjà malade depuis une quinzaine; il était donc parvenu au trentième jour au moins de la maladif quand il fut soumis au traitement phéniqué. 11 était, enonMi itteint de la forme ataxique la plus grave; il était en proie! la délire continu dont on ne pouvait le tirer ; il avait des soi*
3sauts dans lés tendons, symptôme, comme on le sait, ijours mortel, d'après M. Louis ; tout, en un mot, ce qui Qonçait une terminaison fatale inévitable. J'ai vu, je puis le e, de telles merveilles opérées par la nouvelle médication, e je^ne désespérai pas, le premier jour du traitement, d'aiter un nouveau succès à ceux, en nombre considérable, que comptais déjà, et cet espoir dura même jusqu'au jour inisivement qui précéda la mort. Mais, dans la dernière nuit^ e transformation dont je ne m'explique pas la cause s'opéra isquemeot, et le lendemain matin il fut évident que le ilade était perdu. Tout ce que cet insuccès nous semble )uver, c'est qu'il arrive un moment où les altérations proites par la cause morbigène sont telles qu'il ne suffit plus de Iruire cette cause pour remédier aux effets, ou que la cause e-méme, les parasites, pour parler plus clairement, acquièitune telle vitalité ou deviennent si abondants, que les doses
parasiticide qu'il est possible d'introduire dans l'orga- ;me sont impuissantes à détruire ces ennemis aussi terribles e petits. Ces considérations me laissent la croyance, fondée, crois, que si la médication phéniquée avait élé appliquée elques jours plus tôt au malheureux Forestier, le résultat
traitement aurait élé tout autre. Mais il me reste aussi le 5ret de n'avoir pas renouvelé les injections le 13 et le 14 ; le teur pourra trouver étrange que je me sois arrêté, quand la idication produisait de si bons résultats ; je vais lui en dire raison, ou plutôt les raisons, car il y en a plusieurs, iîuelque grande que soit, depuis onze ans, mon habitude de .nier racide phénique, et quelque inoflfensives que soient ces ections, je ne puis cependant me défendre d'une certaine lidité ; l'action plastique coagulante qu'elles déterminent Ds les lissus injectés fait que je m'arrête dès que je puis Jérer que le secours apporté par le médicament permettra 3c forces organiques de résister à l'ennemi ; or, d'un aut côté, l'expérience m'a démontré qu'une fois qu'une amération est déterminée par l'acide phénique, elle s'accroît 3c rapidité cl conduit à uoe prompte guérison. Cette amération s'était produite chez ie malheureux Forestier, et je s concevoir l'espoir qu'elle se continuerait saus uouxeWû
196 DE L'ACIDE PUÉNIQUE.
ÎDJeetiOD. Une autre coosidéraiion, je puis bien ïnm^ me rendait timide dans l'emploi des doses de l'addeplé* niqne, .surtout par la méthode sons-cutanée : e'eit qii'éMl seul à employer cette méthode, qui me parait appelée à Mdre les plus grands senrices à l'humanité, je dénis ttiÊ^ entouré de malveillance comme je le suis, d*éproiiTerlen# dre accident qu'on pût rapporter à la médication^ ttâW qu'on ne manquerait pas d'exploiter contre l'auteur, et M la méthode elle-même souffrirait; ce ne serait pasiaprevli fois qu'on repousserait une excellente chose pour nuire àcdi qui l'a apportée. Aujourd'hui, je serais moins timoré etjei'U' siterais pas à employer^ en cas de résistance du mal, ànéfp tions de 2, 3 et même 5 p. iOO d'acide. Je découvre icitoei nos petites ou de nos grandes plaies ; mais le moyen d'enqv la curation des plaies sans les découvrir? Nous les décoatrM bien davantage dans un autre travail ; mais nous cberebeitv aussi à en indiquer le remède. Passons, maintenant, à TeniH sommaire des médications qu'on a voulu substituer kltwit^ cation phéniquée.
Celle de ces méthodes qui doit avoir les honneurs de U prf' séance est la méthode créosotée, puisqu'elle a été précooiiJB ' par deux professeurs, ou tout au moins par un professear et demi, un professeur civil, un demi-professeur militaire.
Pourquoi M. Pécholier, le professeur civil, a-t-il employé 11 créosote contre la fièvre typhoïde? Parce qu'il considère It fièvre typhoïde comme le résultat de l'altération du sanf pf** duite par un ferment organisé, et qu'il a voulu empêcher l'ef* parition ou la multiplication des ferments typhoïdes, en mcUiit à profit les propriétés aclifermentatlvci dont M. Béchamp — (■* autre professeur) — Ta rendu témoin.
C'est fort bien, à notre avis, de considérer, après nout^ après d'autres, la fièvre typhoïde comme une maladie à fenaeits — (inutile d'ajouter organiques, épithète qui signifie q«*il! a des ferments inorganiques, ce qui est plus qu'une errear)-! mais ce qui est moins bien, c'est d'avoir attendu les défflontralions de H. Béchamp pour expliquer les propriétés aotifer* mentatives de la créosote, attendu que ces propriétés éttieei fort connues avant que M. Béchamp eût pris la peine (fea
re témoin M. Pécholier, tout aussi connues môme qu'elles nt depuis. Si l'on veut se reporter à l'aperçu que nous s donné (voir ci-dessuç p. 637, article Dyssenterie) des oiresde Reicheubach, d'après la traduction de notre distincorrespondant, M. Gerbert-Keller, on verra que M. Péchoi*a pas eu de grands efforts à faire pour imaginer d'appiila créosote au traitement des maladies à ferments ornant- . €e qui est beaucoup moins bien encore que d'avoir attendu émonstrations deM. Béchamp, c'est, puisqu'on croyait utile ecourir à l'emploi de substances antifermentatives pour battre la fièvre typhoïde, de choisir la créosote, quand on t sous la main une substance antifermentative beaucoup i puissante et moins dangereuse que la créosote (1), et qui il déjà pour elle une certaine expérience. Mais peut-être périence des autres est-elle une mauvaise recommandation run professeur; ce qu'il y a de certain, c'est que, soit pour notif, soit pour tout autre, M. Pécholier a pensé que la créo- '■ « paraît devoir être préférée à l'acide phénique, qui semble oir pas donné des résultats satisfaisants et n'est pas tou- "s facilement supporté. » M. Pécholier paraissant n'avoir ais employé l'acide phénique, c'est par intuition qu'il sait
Une particularité qui nous a été communiquée par un de nos clients, 0rand ant d'étoffes peintes, et que nous ne ferons que résumer très-sommairenienl, à l'appui de notre remarque, conûrmée d'ailleurs par bien d'autres faits. Par uite de déductions et d'expériences qu'il serait trop long d'exposer, on avait mené à employer la créosote dans les fabriques de toiles peintes, pour empéla putréfaction de l'albumine qu'on y consomme en grande quantité, surtout s Papplicatioo du bleu d'outremer et des couleurs d'aniline. La créosote ;iiait en effet le but désiré; mais elle ayait un inconvénient plus grave encore elui de la putréfaction : elle formait dans les solutions albumineutes des coaions d'aatant plus abondantes qu'elle était moins impure. Hab cette obser- 1 même conduisit notre honorable correspondant k la découverte du prinagent à l'aide duquel on falsifiait la créosote, sans lui enlever ses propriétés utrides, mais en lui enlevant en grande partie ses propriétés coagulantes : ouva que ce principe n'était autre que l'acide phénique. De cette découverte $e de substituer cet acide Ji la créosote, il n'y avait même pas une enjambée; l'essai fut-il tenté aussitôt et couronné d'un plein succès. Aujourd'hui, on doie plus que l'acide phénique pour préserver l'albumine de la putréfaction, la coaguler.
Bt là un des motifs, parmi bien d'autres, de préférer l'acide phénique k la )te dans le traitement de la fièvre typhoïde; car il importe, dans une maladie I stases sanguines, stases pulmonaires, stases cérébrales, sont si firéqueutes pas introduire dans le sang des agents qui peuvent le eoa^lew
U£ L'ACIDE PUÈNIQUK.
qu'il n'est pas facilement supporté; mais rintuition n'est ptf heureuse ; nous le rappellerons .brièvement après avoir puli ~ des observations du demi-professeur.
Celui-ci, du moins, avait une excellente raison d'emplojB la créosote, c'est qu'un professeur l'avait employée; ans» pé* senta-t-il l'exposé de ses recherches à l'Académie des scieBCO^ à laquelle le professeur s'était déjà adressé, comme us cofr plément des recherches du professeur ; de Reichenbach, pv question. J'écrivis alors à l'Académie (voir les Compt.reai. è» séances de l'Ac. des se, 27 juin 1870) pour relever les entmi les inexactitudes du professeur et de son auxiliaire; cela l'i pas empêché ce dernier de reproduire les unes et les aitm dans une publication toute récente, qui parait n'être que b reproduction de sa note à l'Académie, peut-être un pea alimentée, mais nullement corrigée ; or elle avait, comme oa n le voir, beaucoup plus besoin de corrections que d'augner tations. Il y aurait trop à dire si nous voulions en discater,aa par un, tous les paragraphes ; nous nous bornerons donc i Texamen des principaux et à l'appréciation de la logique générale du travail. Quant à cette dernière appréciation, elle ae sera pas longue ; un simple rapprochement suffira :
M. Morache, tel est son nom, a employé la créosote daai 59 cas, et l'acide phénique dans aucun, a Le résultat de ees recherches, dit-il, appuyé sur les observations détaillées » - (il aurait mieux fait de dire sur Vobservation détaillée) — «âe chaque malade, peut être résumé ainsi qu'il suit : » — sniveat, en effet, par 1^, 2», etc., dix conclusions, dont la dixième de la teneur suivante :
c L'emploi de la créosote parait préférable à celui de l'acide phénique, qui n'a pas, du reste, donné de très-bons résultats. i
Ainsi, M. Morache a employé la créosote, mais n'a jamais employé l'acide phénique, et < des observations détaillées ^ chaque malade, » il conclut que la première parait préférable au second! C'est bien le cas ou jamais d'appliquer la formule'' ab uno disce omnes.
M. Morache veut bien, cependant, apprendre à ses lectears qu'il n'a eu que 5 morts sur 59 malades traités par le prodait découvert et appliqué avec succès par le docteur Reicbenbacb,
as les mômes cas que M. Morache, quoique M. Morache se spense de le rappeler. Cet expérimentateur de la dernière iure a donc eu 5 morts sur 59 malades, ce qui constitue une léthalité » — mot plus transcendant que mortalité — de 8,5 . 100, tandis que ladite léthalité est de 15 à 18 p. 100 dans s épidémies ordinaires de fièvre typhoïde ; il ajoute qu'il n'a Bs eu un seul cas de mort subite, <c alors, dit-il, que leur fréiience a élé remarquée pendant l'épidémie de 1869-70. » Il aratt bien que l'épidémie de 1870 a été signalée par des morts nbites, terminaison fort inusitée dans la fièvre typhoïde ; mais ousne croyons pas cependant que cette circonstance se soit résentée assez souvent, pour que son absence, dans une série mitée de cas, puisse être attribuée à autre chose qu'au hasard; lais n'insistons pas sur ce point trop nouvellement observé, t partons seulement de la « léthalité » constatée par M. Moichc. Cette léthalité, puisque léthalité il y a, est, en effet, peu evée , et semble prouver que le traitement créosote, sans iloir, il s'en faut de beaucoup, le traitement phéniqué, a une srtaine influence heureuse sur l'issue de la fièvre typhoïde. Ce "est pas, toutefois, cette léthalité qui touche M. Morache et ji sert de base à sa conviction; non, c il ne voudrait pas, it-il, attacher à « ce fait » — ce fait, c'est ladite léthalité — 36 trop grande importance, car nous n'ignorons pas combien !s évaluations sont délicates — (ces c évaluations > comme < ce iity » c'est toujours la léthalité). — « 11 semble logique » — î'est M. Morache, bien entendu, qui parle) — « d'insister bien «s sur les faits résultant de l'évolution clinique, caractérisée irune deffervescence plus rapide que de coutume, ce qui tenait à prouver que la créosote agit sur l'évolution virulente, ai constitue en définitive la maladie et se traduit à l'extérieur irla fièvre. »
Ainsi, ce n'est point parce qu'elle réduit la « léthalité » que créosote ;5araîf préférable à l'acide phéniqué, c'est t parce que 5 faits résultant de révolution clinique, caractérisée par une ffervescence plus rapide, tendraient à prouver qu'elle agit sur kolution virulente ! ! » C'est à rendre fou de jalousie, s'il ne fiait déjà de vanité, le clinic|en-logicien Lemaire. Assez, op peut-être, de cette étrange logique semi-professorale et
iOO DE L*ACU)E PHÉNIQUE.
de ce langage semi-officiel non moins étrange. M. loiadN^ après tout, ne parait pas être un homme de mauvaise foi, et il t semble , » malgré ses évolutions et ses defferveseenea, être en état de distinguer une fièvre typhoïde d'une autre nladie. On peut retenir, avec apparence de certitude, da bmil de M. Morache qu'il a réellement traité par la créosote 9 typboîques , sur lesquels il n'a éprouvé que 5 insueeèL Ci résultat est satisfaisant, et il est infiniment probable qu'oiv l'aurait obtenu ni avec les purgatifs, ni avec le sulfate de ffr nine, ni même avec les saignées coup sur coup, qui loat » jourd'hui, à juste titre, bien et dûment enterrées à leur tev» après qu'elles ont enterré elles-mêmes de nombreux milato- Mais si le résultat de M. Morache ne peut être attribué, emm cela paraissait d'abord possible (i), à l'acide phéniqne, eeiâci n'en trouve pas moins un certain appui dans ce rétalltt, par Tanalogie qui existe entre l'action de la créosote et eelk de l'acide ; cette analogie permettrait presque de conelBie é» guérisons produites par la créosote qu'elles seront eneoreptai nombreuses par l'acide phénique, et c'est effectivement ce qêt lieu. Aussi n'hésiterons-nous pas à déclarer que tout médeâi jaloux du salut de ses malades, et pénétré, conséquemmeit» de ses véritables devoirs, appliquera notre méthode, anot de recourir à celle de MM. Pécbolier et Morache ; et nous ajontm qu'après avoir expérimenté la nêtre, il ne sera pas tenté ity sayerla leur.
On connaît une des méiavcntures, presque célèbre ce\Mi d'un autre professeur ou plutôt de deux autres professein^ propos de coralline, car ils s'étaient mis à deux pour déaoi* trer, d'une manière absolument irréfragable et par les esp^ riences les plus rigoureusement mathématiques, lesénergiqi0
(1) Dans sa comiiiunication à TAcadémie des sciences, M. Moracbe aTaitivii^ dire de quelle créosote il s'éiait servi, et comme celle du commerce est et gns^ partie composée d'acide phénique impur, noui avions fait remarquer à TâcaJéa* qu'il n'était pas impossible que le mérite des résultats thérapealiquet obleusrcvkt à cet acide. Dans sa nouvelle publication. If. Murache, répondant à autre reflV que, déclare que la créosote dont il s'est servi proTenaitdelaphannacieceitnl''' hôpitaux militaires, et offre les garanties les pin» sérieuses de pureté. Son f*'* mettons yolontiers, quoique une analyse préalable n'eût peat-ètre ptsèlè tf^^ ment inutile; mais on regrettera toujours que M. Murache n'ait paa demie ce r*' •eignement avant toute observation de notre part.
propriétés toxiques de ce produit, deux professeurs, l'un civil, ^Mitre militaire, — (absolument comme pour la créosote) — ^.mi\ est M. le doyen Tardiea, le militaire est le chimiste fij^nssio. Ptr malheur pour ces deux professeurs impeccables, ESI simple volontaire, comme dirait le fleuri M. Lemaire, vint làghiontrer^ d'une façon plus mathématique encore, que la co- ■dline, si gravement accusée et condamnée par les deux pro- Bneurs associés, n*est guère moins innocente que le jus de ii^l^sse. Le fait est aujourd'hui avéré, grâce aux expériences .^^fieisives de M. A. Landrin (1), et, chose assez rare chez les ^iKofesseurs, il faut le dire à leur louange, ils se le sont tenu i-^mr dit. Mais l'un d'eux, au moins, a voulu se rattraper : ^Tltyant pu faire un agent destructeur de la coralline, il en t "^iilu faire un agent réparateur, un remède héroïque contre la i4kfre typhoïde. Tous les médicaments nouveaux trouvent des ^tsen leur faveur; ces faits n'ont donc pas manqué à la coraliae ; mais ils ne nous paraissent pas assez importants jusqu'à ^Yésent pour leur accorder les honneurs d'une discussion. Nous k'irouons même que, malgré notre peu de goût pour les juge- Kftents a priori, nous ne craignons pas de prédire que la coralise ne peut avoir qu'une influence extrêmement restreinte sur ^ marche de la fièvre typhoïde, comme toute substance qui ^*anra pas plus d'action qu'elle sur l'économie des mammi- ^res et sur les organismes inférieurs. En résumé, le profes- ^ur Tardieu, malgré sa dextérité non moins consommée que ^XDverbiale, n'aura fait ses frais ni avec la coralline toxique, kj avec la coralline curatrice. Mais il ne faut pas s'inquiéter de ^n sort : on peut êlre sûr qu'il saura retomber sur ses pieds. M. Pécholier, comme M. Morache, comme leur supérieur à Ous deux, M. Tardieu, pourrait être classé parmi les thérapeuistes calculateurs ; à côté de lui et de ses congénères, il y a les hérapeutistes fantaisistes. Ces derniers voyant la doctrine des
(1) M. Landrin a trouyé, il est vrai, des auxiliaires, M. P. Gayot, entre autres, iais lorsqu'ils se sont montrés, la besogne était faite. Quant à Fidée qui a poussé ^ If. Guyot d*altribaer à Tacide pbènique les accidents locaux produits par les haossettea teintes en rouge par la coralline, son opinion dénote une telle ignoiince des propriétés de Tacide phénique, qu'il aurait été beaucoup mieux inspiré, ■( laissant les professeurs Tardieu et Roussin aux seules mains de M. Landrin. t«it parfaitement capable de les mettre à la raison, sans auxiliaire.
m DE L'ACIDE PHÈNIQUE.
iiil'ociions, des fermentations, des parasites prendre pied pei à pou, éprouvent le besoin de se mettre à la mode du jour et d'informer le public de leur évolution; ils Tcn informent dose, et lui font part qu'ils ont eu recoure, pour combattre lafiëne lyplioïile, aux désinleclanls, aui antifermentatifs, — (pourne servir du mot d'un journaliste distingué), — aux parasitiddes. Uuanl au choix du parasiticide ou de rantifcrmentatifoiidi désinfectant, leur cœur balance ou plutôt papillonne indifféremment de l'un à l'autre : ceux-ci emploient les hypopboiphites ; ceux-là, les chlorures (ou plutôt les hypocblorites) et la poudre de charbon; ces autres, le permanganate dépotasse, le sulfate de fer, etc. ; enfin, il en est qui emploient tons eef moyens plus la créosote, voire môme l'acide phénique, soivut
le cas Mais ils ne spécifient pas le cas. C'est bien le cas de
s'écrier avec Broussais : c malades, pauvres victimes! > Ce cri, hélas ! nous le pousserons plus d'une fois encore, et c'est par lui qu'on dt^vra terminer tous les articles sur la fièvre typhoïde, tant que Tacide phénique n'aura pas été adopté comme trait^ ment principal sinon exclusif de cette maladie.
Y a-t-il cependant une exception à faire en faveur de la méthode isolante, dont nous avons parlé à propos de la fiène puerpérale, et que notre honorable confrère, M. Robert dektour, applique aussi à la fièvre typhoïde et, en général, à tooles les pyrexics, c'est-à dire à toutes les maladies qui ont poor caractère un accroissement de la chaleur physiologique ?Nons ne pouvons répondre expérimentalement à cette question, n'ayant pas appliqué la méthode isolante dans les cas de fiène typhoïde, prar des raisons qui tombent sous le sens, pnisqaela médication phéniquée nous a toujours réussi. Nous dirons sei* lemcnt que les faits rapportés pat- M. Robert de Latour avecooe conviction profonde et une bonne foi évidente doivent appeler raltenlion sérieuse des praticiens, et que nous-méme, nous serions fort disposé à mettre en usage la méthode isolante, si la médication phéniquée venait, dans un cas donné, à tromper nos espérances. Mais nous Tavouons, celte occasion ne s'est point présentée encore, sauf dans le cas que nous avons traité i* extremis et dans lequel nous ne pouvons pas plus mettre la mort sur le compte du collodion que sur le compte de lamédi'
on phéniquc. Quant à employer la méthode isolante d*em- ;, nous ne le croyons pas possible, pour quiconque compare deux méthodes, soit pour la facilité d'application, soit pour apidité des résultats obtenus.
aant à la facilité d'application, M. Robert de Latour nous ive qu'elle n'est pas très-grande, puisque c'est au défaut de is des internes qu'il attribue les insuccès constants de la salle icouchements, à Versailles, jusqu'à ce que M. le docteur ne se soit résigné à appliquer lui-même le collodion et à ter ses malades plusieurs fois par jour, pour réparer au }in les défauts de la cuirasse, c'est ici le mot propre. De 3, ce n'est pas une petite affaire que d'enduire tout Tabdo- 1 d'une couche bien imperméable, particulièrement quand st en partie couvert de poils; il est plus laborieux encore iduire toute la tête, comme le fait M. Robert de Latour, s les cas de fièvre ataxique; il s'y prend à plusieurs fois, s ces cas, pour porter la rasure à la perfection et pour que air chevelu soit poli comme une glace, condition nécessaire r que le collodion s'applique bien intimement dans tous points de la peau. Tout cela, assurément, n'est pas impose à faire, mais c'est beaucoup plus difficile que de faire Iques injections sous la peau du ventre et de prescrire notre p phéniqué.
uant à la rapidité des résultats, notre savant confrère se cite, non sans raison, d'avoir amené, en trente-deux jours, 1 état de convalescence franche une jeune dame atteinte lèvre typhoïde ataxo-adynamique. Certes, un pareil résulest satisfaisant. Mais quel ne serait pas son enthousiasme avait observé des faits comme le suivant, par exemple : n ingénieur civil des plus distingués, M. Frédureau, fon- ;ur des Annales iniustrielies, était appelé pour des affaires ortantes à Marseille, lorsqu'il fut atteint d'un commence- )t de fièvre typhoïde. Le malade, âgé d'environ 35 ans, (rigoureux^ mais replet, d'un tempérament sanguin, et d'une illente santé habituelle. Comptant sur la force du malade j le borne d'abord à l'expectation ; mais les symptômes font progrès rapides ; le pouls devient de plus en plus ' fréût, le ventre se ballonne, une céphalalgie pénible s'établit
104 DB L'ÀGIDB PHÊNIQUB.
en pennanence, le mtlade seul que ses idées lai édiifpMk la peau est sèche et acre, l'insomiiie absolue, et, enfin, le if» lire se déclare; on était arrivé eoTironau 8« jour (àpaitirM but dessymptémes bien manifestes); ilélaitérident (jneleiiiUi ne pourrait réaliser son projet de Toyage, n tant ât frt revint à la sanlé. — Je résolus, alors, de recourir à na toÈ^ ment parasilicide énergique : je pratiquai 4 injections fM^f >> quées de 5 grammes à 2 i/2 p. 100, en ajoutant, il est M à l'acide phénique une certaine quantité du nouvetn pné* ticide. Les injections terminées, le délire cessa pres(|ae Mf tanément; au bout de 4 jours, le malade put se lev^, et(pA ques jours plus tard, il risquait le Yoyage de laneille qA accomplit sans le moindre accident.
i'ai obtenu un résultat absolument semblable, chezksfrMi «le Passy, sur un enfant d'une dizaine d*annéei, le fliA M. Bernard, gendre de Bérard, l'ancien doyen et l'inventevA rélixir Bernard.
Tous les cas ne sont pas aussi beaux, et il est vrai qoe M ceux-ci j'ai associé à l'acide phénique un moyen qui es i^ croîtra peut-être besucoup la puissance curative. Mais, sM dans les cas où l'acide phénique a été employé seul, je sV jamais attendu 32 jours pour arriver à la convalescence; 0t ainsi que je le répète presque à propos de chaque uàA parce que c'est un fait de la plus grande importance, ce ^ « araciérise la médication phéniquée, ce n'est pas senlemol* nombre, c'est la rapidité des guérisons qu'elle donne, c'eilB brièveté des convalescences, c'est Tabsence des compliealioifc ^ si fréquentes, comme chacun sait, dans la fièvre typhoïde ^ Que mon honorable confrère veuille bien essayer la médiciiV pbéniqnée et il se convaincra promptement que la méÙ0
il) A propos de complications, nous avcas ea conaaitsmnce d*mi ^ - . ^ Qoe fois de plus les frittes mœurs de notre profession. Ce m^ae contrèw^j* une eonsaltation à Corbeil (voir ci-dessos, article Pempkygus), s^éiait <ffy remploi de Tacide phénique par des raisons qui ne pouvaient être qn*ia aT*tf* fa employé récemment pour panser, chea on enfant échappé ^ la nèTretypW*| des plaies qui étaient Tenues compliquer cette maladie. Qnand cet koi*!*' confrère, plein de conscience et sans doute aussi de scioiee, Toodra bioi ^'^r^ dans son particulier, sinon en consultation, l'acide phénique contre la fi^ ^ pholde elle-même, il n'aura plus à remployer contre les complicalioDf} eV"'' aura pu de complicttions.
)y dont je suis loin de médire, comme les Depanl et professeurs de même morale, deviendra inutile* au ans l'immense majorité des cas.
lonorable confrère voudra bien me permettre d'ajouter, linant, que la médication phéniquée, sans exiger ce rôme, indispensable pour assurer le succès de la méolante> doit cependant ôtre appliquée avec quelques ions, et par des gens qui aient bien voulu se donner I d'étudier ce que d'autres ont fait. C'est une précaution ucoup de confrères ne prennent malheureusement pas. inte de faire honneur aux innovateurs, soit pour d'auses, ils croient sans doute leur honneur engagé à mos médications inventées par d'autres, et que la force ses les oblige à employer; et alors, ou ils n'obtiennent fifet utile, ou ils causent des accidents et comprometlélhode. M. le docteur Carron s'est mis dans le pre« i, en prescrivant l'acide phénique à des doses insignicon fiant sans doute dans cette assertion de M. Lemaire fit de doses impondérables d'acide phénique pour déms les parasites ; M. le docteur Dufour s'est mis dans d cas, beaucoup plus grave, en prescrivant l'acide phé- )ntrairement aux règles que j'ai tracées, et en causant dents qui ont considérablement effrayé le malade et sa Le fait mérite d'être connu pour l'instruction des pereurs fantaisistes, d'autant plus que le docteur Dufour coré quelque temps après ; nous ignorons si c'est pour mble de faits analogues, car nous aimons à croire !ul n'aurait pas suffi pour appeler sur son auteur les de la République.
nation. — M. Alphandéry, frère d'un de mes clients, mt rue de Maubeuge, tombe malade après le siège de Q prend d'abord la maladie pour une grippe ; le docteor ;st appelé; après examen, il reconnaît une fièvre tyet il fait la prescription suivante :
Acide phénique 4 grammes.
Laudanum 4 —
Alcool de vin 20 —
Sirop de sucre 200 —
re par cuillerées à bouche» S fois par lour.
S06 DE L'ACIDE PHÈNIQUE.
\)bs la première cuillordc de cette mixtare, le malade épnmn une ardeur intense à la gorge, uoc excitation cérébrale prononc6q. n\Tc céphalalgie, de Tagitation; les yeux étaient ardentseC saillants; ces idiénomèncs se dissipèrent néanmoins an boit d'environ 2 heures; le malade prit la seconde cuillerée 6( lei m^mos accidenls se reproduisirent, cette fois, avec une teOe intensité, que la famille ne voulut pas laisser continuer koé' dicament, et que le frère du malade vint me chercher. Qaud j'arrivai auprès de M. A., je le trouvai dans une agitation » trême; il avait eu le délire, mais il n'en restait plus qte do traces, par moments; lesyeux étaient ardents, saillants bonto orbites, le pouls fort et fréquent, la chaleur de la peauextrêfle; de vives douleurs se faisaient sentir à la gorge; il semblaiin malade avoir avalé « une fournaise, » suivant ses expressiOBi; la respiration était haletante, et l'avait été plus encore; le bilade la comparait à celle d'un chien qui vient de faire ne longue course, par une température élevée; Tair expiré éliH brûlant, comme si, en effet, il sortait d'une fournaise. - b famille, plus que le malade, était au dernier point effrayée.
Ce tableau symptomatique ne me laissa pas de doute tsi^ cause à laquelle on devait l'attribuer, et comme^ en soDiiBe,U dose d'acide avait été modérée, je n'hésitai pas à rassurait famille. Après examen plus complet du malade, je eonsUlu l'existence d'une fièvre typhoïde légère, ou qui du moins l'fl»* devenue sous l'influence du traitement prescrit. Je meeoBlO' tai d'ordonner cinq cuillerées par jour de mon sirop pbéoi((B6 soit cinquante centigrammes d'acide phénique; la toni^ ccncesc déclara bientôt, et le malade fut promptement git^
Quelques très-courtes remarques suffiront pour présenrerto praticiens attentifs de la faute commise par le docteur î^^ et leurs malades des accidents en apparence formidables, et,ti tous cas, très-pénibles, éprouvés par M. A.... La dose présent* par mon confrère n'était certes pas très-exagérée, puisqie b mixiure qu'il avait prescrite devait durer cinq jours et qi»'^ ne renfermait que 4 grammes d'acide pbénique, soit 80 centifpar jour. Dans un cas où il ne paraît pas y avoir péril dansl* demeure, chez un malade dont on ne connaît pas les idiosy»* crasics, on ne doit pas, il est vrai, débuter par une pareille dose.
et le docteur Dufonr, s'il avait pris la peiue d'étudier la médication phéniquée, se serait contenté d'une dose moindre, de SO centigrammes, par exemple, sauf à l'augmenter en cas de nécessité. Mais ce que ce médecin aurait surtout évité, c'eût été de prescrire l'acide phénique à la dose de 40 centigrammes à la fois, et surtout, ce qui est plus essentiel encore, de le prescrire dans une solution où il se trouvait dans la proportion de 2 p. iOO. Or, à ce degré, une solution phéniquée est presque caustique, et les moindres notions; sur l'action physiologique de l'acide phénique auraient permis à M. Dufour de prévoir tout ce qui est arrivé, et, par conséquent, de Tévilcr. Nous ne saurions donc trop le répéter : l'acide phénique peut être prescrit à la dose d'un, de deux grammes et môme plus dans les 24 heures, mais à la condition d'ôlre donné en solution étendue, de façon à ce qu'il n'en soit pris que 20 centigrammes au plus à la fois, ou mieux encore iO centigrammes, dose que nous avons adoptée pour la cuillerée à bouche de notre sirop phénique. Nouvelle raison pour s'en tenir à la prescription de ce sirop, dans les cas peu ou moyennement graves, et d'y associer les injeelions sous -cutanées dans les cas très-sérieux^
Un médecin distingué de Marseille, avec qui nous nous sommes trouvé en consultation au moisde janvier dernier (1872), M. le docteur d'Astros, neveu et ancien chef de clinique de M. le professeur Rostan, voulut bien, dans notre entrevue, recevoir mes instructions pour l'application de la médication phéniquée ; et^ il y a quelques mois, je recevais la nouvelle qu'il avait déjà guéri promptement une fièvre typhoïde assez grave. C'est qu'en effet, nous ne saurions trop le répéter, on ne guérit pas seulement la fièvre typhoïde par l'acide phénique, mais on la guérit promptement, on abrège singulièrement la durée de la convalescence, et nous répéterons aussi, sans nous lasser, que devant des résultats aussi frappants, aussi constants, aussi utiles à l'humanité, les médecins qui persistent à proscrire la médication phéniquée, où à l'appliquer au hasard, sans études préalables, sont vraiment coupables de lèse-humanité. C'est pénétré de ce profond sentiment de devoir professionnel que nous allons raconter l'insuccès des démarches qu'à propos de fièvre typhoïde, nous avons faites pendant le siège de Paris.
Pièc$ijusîilicath>$$ reUUioet aux dénuurduê intUiUifaUmfm' guérir les malades de Varmée. — Nons avons terminé Tèxpoiéiie ce qne nons avions à dire snr le traitement et sur la euraimk la fièvre typhoïde ; e'est maintenant le moment de placer le hors-d'œuvre, instructif à bien des égards, et non meiottriste qn'instractif, auquel nous avons fait allusion au début de ee( article.
Un de nos anciens professeurs, collègue de M. Larrey. et qii n'est pas un innocent, M. Michel Lévy, a l'habitude d'appeler, en certaines circonstances, son collègue « cet innocent de Larrey. > M. Michel Lévy, malgré ^n habileté, moins grande encore qu'il ne le suppose, juge4-il bien son collègue? RoQSoe voulons pas nous prononcer sur ce point; mais nous ferau remarquer que M. Larrey est arrivé à s'asseoir sur un denifauteuil à l'Institut, et que M. Lévy arde encore du dé^ir de t'y asseoir, ne fûl-ce que sur la pointe d'un coupe-choux. Qie M. Larrey, du reste, soit innocent ou ne le soit pas, on a'idmet* tra pas, je pense, qu'il n'ait pas pu comprendre les lettres qooi ' va lire, et s'il les a comprises, le lecteur voudra bien tirer aice nous les conclusions.
Ainsi que je l'ai déjà dit, quand je vis nos malheureox soldats décimés par la fièvre typhoïde, j'eus l'idée de les faire profiter des progrès que j'avais réalisés dans le traitement de cette maladie, en prouvante tous mes confrères, dans un service pt* blic, les résultats que j'obtenais. Les circonstances me paraissaient favorables; j'avais été requis comme ancien médecin nilitaire; il me paraissait donc très-facile de créer un senricede typhoïques où j'appliquerais ma méthode jusqu'à ce qu'enfin U lumière frappât, bon gré mal gré, tous les yeux. Instruit de longue main, toutefois, du malheureux esprit de routine et antres qui régnent parmi les médecins et plus encore parmi cenx de l'armée, je crus devoir, après avoir toutefois parlé de mes intentions à M. Larrey, m'adresser à l'intendance, puisque h création d'un service nouveau concernait plus encore, dans l'état d'organisation actuelle, le service administratif qne k service de santé; mais l'intendance, comme on va le voir.oe renvoya au médecin en chef du service de santé. Sans perdre
de temps, j'adressai donc officiellement à M. Larrey la lettre suivante :
a A monsieur le baron Larrey, chef du service de santé militaire.
> Monsieur et honoré maître,
> Je vous adresse la copie d'une note que je reçois de l'in^ tendance relativement à la proposition orale que je vous ai faite de me charger d*un service spécial de fièvres typhoïdes. Vous m'avez dit que vous ne pouviez que recommander l'usage de Tacide phénique à vos collègues ou à vos subordonnés. Je me sais donc adressé directement à l'intendance^ qui parait disposée à créer ce service, si vous en approuvez la création. Je vous réitère, monsieur et maître, que n'ayant jamais perdu de malades atteints de fièvre typhoïde, depuis 1864 que j*ai eu recours à ce traitement spécial dont je vous ai donné la formule, je suis assuré d'avoir des résultats plus favorables que par toute autre méthode. Je vous réitère également que j'accepte la surveillance du confrère que vous désignerez à cet efifet, et qui vous tiendra quotidiennement au courant des résultats de ce traitement antiseptique, que je sais ino£fensif et que je crois spécifique.
» Veuillez agréer, etc.
> Dr Déglat. »
Ci-joint la note de l'intendance :
« Paris, SI janvier 1871.
> J'ai l'honneur de faire connaître à M. le docteur Déclat que j'ai entretenu un de MM. les soos-intendants adjoints de M. rintendant Blaisol, au sujet des malades atteints de fièvre typhoïde qu il désire traiter d'après sa méthode dans un local affecté spécialement à ce genre de maladie.
> Voici sa réponse :
» Comm^ c'est une question m6d\ca\c, \\ totvN\tt^^x^\V o^^
no D£ L'ACIDE PUÉNIQUE.
M. le docteur Déclat s'entendit avec M. le docteur Larrey^ de telle manière que la demande fût faite officiellement par le directeur en chef du service médical de l'armée, et qu'il pensait que M. l'intendant Blaisot prendrait en grande considération cette demande, et qu'il serait pris des mesures pour affecter an local aux malades atteints de la fièvre typhoïde ou du typhus. >
> Son dévoué serviteur,
> Signé : Deiormb, officier d'administration,
» employé sous les ordres de M. Blaisot, intendant militaire
» M. le docteur Déclat, 80, rue Taitbout. i
A celte demande et à cette note favorable de l'administration, l'une et l'autre très-claires, je crois, et que le plus innoeent pourrait comprendre, voici quelle fut la réponse de M. Larrej :
« Paris, 31 janvier IfcTl.
> L'inspecteur médecin en chef de larmée.
» Mon cher confrère,
• La création d'un service spécial de fièvres typhoïdes traitées par la tisane phéniquée ne serait possible, comme vous me le demandez, ni dans les hôpitaux ni dans les ambulances militaires, pas plus, sans doute, que dans les établissements civils, parée qu'aucun médecin ne peut imposer à d'autres ses croyances thérapeutiques. Saisissez l'Académie de cette question, soit par un mémoire, soit par une communication, ou bien publiez no travail à ce sujet, et vous obtiendrez plus que par la décision d'une mesure contraire aux égards bien mérités par les médecins des hôpitaux.
» Votre dévoué confrère,
» Signé : Larret. »
La réponse, on le conçoit, aurait pu passer pour plaisante si i circonstances avaient été moins sinistres. Malgré l'esprit ident qui lavait inspirée, aussitôt que je l'eus reçue, sans rdre une minute, j'adressai la lettre suivante à M. Larrey :
« Paris, 1er février 187i«
» Monsieur le baron,
» Le 2 janvier iSGo, j'ai eu l'honneur d'adresser à TAcadémie !S sciences un mémoire intitulé : Sur V emploi de l'acide phénique médecine (1).
» En octobre 1865, j'ai déposé à la môme Académie un ouage ayant le même titre et contenant les observations de six s de fièvre typhoïde, guéris par l'usage de l'acide phénique.
> En 1865 et 1866, j'ai publié plusieurs observations dans la 'ance médicale , le Moniteur d£S hôpitaux, relativement à mploi intérieur de l'acide phénique dans toutes les maladies s muqueuses.
> En 1868, 1869 et 1870, j'ai publié de nouvelles observations ns le Courrier médical, la Réforme médicale, la Tribune médi' le, etc.
» Le 27 juin 1870, j'ai adressé à l'Académie des sciences un uveau mémoire intitulé : Traitement de la fièvre typhoïde par cide phénique, mémoire relatif à l'emploi comparé de la créole et de l'acide phénique.
> J'ai donc, Monsieur le baron, suivi par avance le conseil le vous avez bien voulu me donner. Des commissions médiles ont été nommées, et cependant, depuis cinq ans, aucune périence sérieuse n'a été faite en dehors de moi.
> Je suis docteur en médecine de la faculté de Paris; j'ai l reçu avec des notes exceptionnelles.
> Je suis entré en 1848 dans la médecine militaire avec le 1 ; j'en suis sorti par mesure générale de licenciement,
> J'ai été requis en novembre dernier par l'intendance comme
I) Mémoire accaeilli avec la faveur que Ton sait par PiUastre el regrettable solaire perpétuel Flourens. (Voir ci-dessus, p. 75.}
Sis DE L*AGa>E PHENIQUE.
médecin civil traitant» et j'ai pn soigner quatre malades ty«| pholqnes à Tambalance Croix-Nivert. Malgré rin8alvbritédeii| salle, qu'on a dû évacuer, ces malades sont gnéris. J*ai donc li| droit d'appliquer moi-même la méthode qne je préconise dfr* puis cinq ans.
> J ai trop le respect de la liberté scientifique ponr TOiloir imposer à d'autres ma manière de voir et les convaincre aitn» ment que par la persuasion et par les faits» et c'est jastenol pour cela que je vous demande la chose la plus shi^ Il monde et qui serait en même temps la plus hygiénique :
• Gomme médecin requis, désignez-moi un service fiA* conque et faites que Ton dirige dans, ce service les nabÉi menacés ou atteints de fièvre typhoïde. Gela se laitpoirli variole; il serait hygiénique» je le répète» de le faireprark fièvre typhoïde.
> Pardonnez-moi d'insister, Monsieur le Baron; votre pw* tion de chef me force d'avoir recours à vous, et si ks &ili confirment dans l'avenir l'importance du traitement phéoûsii dans la fièvre typhoïde» je ne voudrais pas vous avoir mk responsable devant la science et devant l'humanité du reUfd apporté à l'application de cette nouvelle méthode dont j'assone toute la responsabilhé.
> En janvier 1870, la mortalité par fièvre typhoïde a été de 24^«!3^20— i6-i6 par semaine, soit i03;
> En janvier 1871 elle a été de 150—150-300-375-303 par semaine ;
> Différence, en un mois, 1175» soit 1278!
> Je demande à prouver le mouvement en marchant dcnal vous; autorisez-moi à marcher, puisque je suis
• Votre respectueax subordonné
» Déçut. >
A cette seconde et plus instante sollicitation» voici qaelle fil la réponse de M. Larrey; elle est» je crois, digne de passerait postérité, jet doit être conservée religieusement dans les archiva de l'histoire médicale et dans celles de la diplomatie.
« Paris, 9 féfrier 1871.
> L'inspecteur médecin en chef de l'armée.
» Monsieur et cher confrère»
» Puisque vous n'avez négligé ni les communications acadéttiqnes ni la publicité médicale pour préconiser l'emploi de 'acide phéoique en médecine, et particulièrement dans la lèvre typhoïde, vous pourriez maintenant obtenir son emploi lans le service des hôpitaux ou des ambulances, de la part de [uelque obligeant confrère. Mais comprenez bien que je ne leurrais prescrire ni même recommander cette médication péciale aux médecins, pas plus que je ne pourrais faire prévaloir telle méthode ou tel procédé opératoire dans la praiqoe des chirurgiens.
> Je souhaite vivement la réalisation de vos espérances à 'égard de Tacide phénique, mais, encore une fois, je ne puis >n imposer l'essai à personne.
> Agréez, monsieur, l'assurance empressée de nos sentiments confraternels,
• Le médecin en chef de l'armée,
» Signé : Laruet. »
L'honorable médecin à qui était confiée la santé de l'armée Kie presse instamment de comprendre qu'il ne peut prescrire Kia méthode aux médecins ses subordonnés; mais il y a une •liose que tous les hommes de bon sens s'étonneront qu'il n'ait »as comprise lui-même : c'est que je ne lui ai jamais demandé le prescrire ni de recommander ma méthode à personne; il est Qôme si étonnant qu'il n'ait pas compris cela, que la seule opinion possible, — parce que c'est la seule qui ait le sens ^mmun, — est qu'il n'a pas voulu le comprendre.
Quel catéchumène ne comprendrait, en effet, des choses aussi •impies que les suivantes :
Je demande à l'administration militaire, pax \^(v^<^<^\v%^^
214 DE L'AQDE PUÈMQUE.
été requis» la création d'an service spécial pour traiter les typboîqaes» qui mouraient par centaines chaque semaine, elifie j'avais la prétention, fondée sur une expérience constammeit heureuse, de guérir.
L'administration me répond qu'elle est fort disposée à aecueillir ma demande, mais qu'elle voudrait que la propositioB lui fût faite par le chef du service de santé, la mesure était trop exclusivement médicale ;
Je demande au chef du service de santé de vouloir Ma ordonner ou demander la création de ce service;
M. Larrey me répond de m'adresser aux acadéndei, à h presse scientifique, parce qu'il ne peut imposer une tUlkù è traitement à personne t
Je lui réponds qu'il n'est pas plus question d'imposer M traitement à qui que ce soit que de convertir le Grand'Uat; qu'il s'agit uniquement de me donner un service spécial pMf y guérir des typhoïques que tout le monde laissait moarir;
Il me répond encore avec une sérénité imperturbable, qu'A ne peut imposer une méthode de traitement à perscooe!! absolument comme cet accusé de cour d'assises , affligé ée cophose, répondant imperturbablement au président, qui lu demandait son nom : € Merci, monsieur le Président, VappétitiA bonne, > La différence, c'est que l'accusé étaii un sourd de It catégorie ordinaire, tandis que M. Larrey était de la catégorie de ceux qui ne veulent pas entendre. Eh bien, nous lui dirons nettement, avec une franchise qui doit luifplaire, car il aimebetscoup la franchise, dit-on (i), que la surdité dont il est atteiil
(1) Nous ne Youlons en rien contettter la franchise 4e M. Ltrrey, cepcndnts* oomine il est naturel de le croire, la franchise et la clarté marchent or^naireio^ de compagnie, M- Larrey serait une grande exc^tion à la règle. Void, ftrai*' ple^ la conclusion qui couronnait le mémoire sur la responsabilité mèdiak*' quel nous avons déjà fait allusion. H. Devergie avait eu une de ces idées biiM^ Buet qui lui sont familières et il avait posé en principe que, pour éfiter li (■' ponsabilité qu'on voulait faire peser sur eux, dans les cas de mort par éIhériS' tion, les médecins devraient éthériser k Taide d*un appareil mécanique do dm de M. Dev ergie. M. Larrey combattit, comme beaucoup d'autres, cette biQtfV^i et conclut ainsi, dans un discours envoyé aux quatre points cardinaux et à MV les points intermédiaires : « Je conclurai eu disant : La doetrine émise par IL D^ vergie ne saurait être accefitée sans de plus grands périls que réthérisalioad^ même. La conscience de l'homme de Tart, engagée ainn, n'aurait plu* kdnil'' le condamner ou de l'absoudre^ à elle seule, si, au lieu du libre ariiitR àtu*
stpcrniciense à tous les points de vue, mais surtout à celui des |!raYes intérêts qui lui sont confiés. Nous avons non pas la ^omptiOD, mais \bl certitude que, si nous n'avions pas guéri bnsles lyphoïques qui auraient été traités dans le service dont I9US demandions la création, — et que l'administration était ti$po$ée à créer^ — nous en aurions guéri infiniment plus que Mirles traitements ordinaires. Pour sauver quelques centaines h soldats, M. Larrey n'avait aucune initiative à prendre, auiline démarche à faire; il n'avait qu'à donner, par un mot, son li^ntiment à la création demandée ; en refusant obstinément iti mot, par des considérations de prétendues convenances con- 'hternelles, il a placé des préjugés professionnels ridicules ctt-dessus des sentiments d'humanité; il a voué sanshésiter, ;Tatuitement, des centaines de soldats à la mort; si cette mort «i est légère, c'est qu'il n'a pas la conscience moins dure que 'oreille. La patrie et les familles des victimes l'auront eue irobablement plus susceptible.
B. — Be la lièvre typbofde ehéz le obeTal*
Les traités de médecine vétérinaire que nous avons par^ lourus ne parlent pas de la fièvre typhoïde du cheval ni môme les animaux. On pense bien que nous n'aurions pas pris sous lotre respoosabiiité d'introduire une maladie nouvelle dans le ladre nosologique de la médecine comparée ; mais le diagnostic )orté, dans les cas que nous allons faire connaître sommairenent, a fort heureusement une garantie plus compétente que, la lôtre, c'est celle de l'honorable M. Bouley et d'un de ses confrères, I. Chapard, de Chantilly. Laissant donc à ces savants vélérilaires la responsabilité du diagnostic porté, nous nous occulerons surtout de l'application que nous avons été appelé à aire, dans ces cas, de Tacide phénique et du nouveau parasiti-
igjemeDt, elle était soumise aux rouages d*an appareil mécanique et kla jarhHc on d'un tribunal compétent. » — Nous n'avons changé ni un point ni une vii*ule; que le lecteur juge de la franchise de M. Larrey, si elle ressemble k sa liniidiiéi (Larrey, de VéthérUation sous le rapport de la responsaMlitè tnédii/6, broch. in-8», Paris, 1857, p. 28).
cide, et des effets qa'il est permis d'attribuer à ces agents puissants. Nous ferons remarquer seulement que les analogies assez grandes, entre les symptômes et les lésions de la maladie qualifiée par MM. Bouley et Chapard de fièvre typhoïde et ceux de la fièvre typhoïde de l'homme^ semblent justifier le diag* nostic de nos confrères en médecine comparée.
Le matin d'un des premiers jours d'octobre 1871» au moment où je montais en voiture pour aller visiter mes malades, M. Bouley vint me demander si je voulais aller avec lai à Chantilly, faire une nouvelle application de ma méthode, dans les circonstances suivantes :
Un des grands éleveurs du Jockey-Club, M. Delamarre, avait vu ses écuries envahies par la fièvre typhoïde ; trois chevanx d'un grand prix, Cloi^Vougeotj Boa, Ninive^ avaient succombé malgré les soins les plus assidus de MM. Bouley et Chapard; trois autres de la même écurie avaient été atteints en Angleterre et avaient également succombé. Une autre notoriété, du nom de Porphyre^ venait d'être atteinte également et paraissait devoir éprouver le même sort que les autres; M. Bouley désirait voir si l'application de ma médication nouvelle pourrait le sauver. J'avais peu de chose à refuser à M. Bouley, encore moins ce qu'il me demandait. J'allai prier un confrère de visiter mes principaux malades, je quittai tout, et je pris le train de Chantilly. Chemin faisant, nous parlâmes diagnostic, et mon savant interlocuteur me fit part de quelques doutes qu'il avait eus sur la nature de la maladie, lesquels n'étaient même pas entièrement dissipés; il n'était pas absolument convaincu que la maladie ne fût pas la maladie de sang ou charbon du cheval, quoique les symptômes ne fussent pas précisément ceux de cette maladie. — « Si c'est le charbon, lui dis- je, je crois pouvoir vous assurer d'avance que notre succès est certain. > — Mais il fut bien établi^ plus tard, que ce n'était point le char* bon ; car outre la différence de symptomalologie, M. Bouley eut recours au contrôle de l'inoculation sur le mouton , on sait qne chez cet animal l'inoculation du sang charbonneux provoque presque inévitablement le sang de rate; or, l'inoculation dn sang des chevaux morts à Chantilly n'eut aucun résultat.
Arrivés près du malade, nous le trouvâmes dans un état q'ii
ne justifiait que trop les appréhensions de M. Bouley ; j'acceptai l'essai à titre d'expérience, mais sans vouloir prendre, pour une bête de cette valeur, la responsabilité d'un événement fatal. il fat ainsi eonvenu, et je pratiquai à Porphyre quatre injections d'eau phéniquée à 1 p. 106, additionnée d'une faible proportion du nouveau médicament parasiticide dont il a été maintes fois question ; les injections, espacées les unes des autres de plus d'un décimètre, furent de 125 grammes chacune, en tout 500 grammes. Je prescrivis l'administration en boisson de deux litres d*eau phéniquée à i/2 p. 100, soit dix grammes d'acide dans les 24 heures. M. Ghapard s*étant chargé de continuer le traitement. Je repartis pour Paris.
Dès le lendemain, je reçus la nouvelle qu'une amélioration sensible s'était déclarée. Elle se continua les jours suivants, et j'allai la constater moi-même, 3 jours après le début du traitement. Suivantla règle de ce qui se passe après la médication phéniquée, le malade entrait déjà en convalescence ; seulement trois des quatre piqûres d'injection avaient provoqué un gonflement inflammatoire, qui menaçait de se terminer par suppuration. J'appris quelques jours après que la suppuration avait eu lieu en effet, et que les abcès avaient été ouverts par M. Bouley; la cicatrisation s'en était d'ailleurs faite très-rapidement et régulièrement. Nous reviendrons^ un peu plus loin, sur cette complication qui se présente parfois, chez les chevaux, autour des piqûres d'inoculation.
Porphyre n'était pas encore tout à fait guéri, que M. Bouley était rappelé à Chantilly pour un autre cheval, qui subissait à son tour les atteintes du mal. Arrivé près c du malade, > en l'ab* sence de son confrère M. Ghapard, M. Bouley laissa à ce dernier l'instruction suivante : « Le cheval commence à être pris comme les autres. J'ai fait mettre la moutarde et on entretiendra l'engorgement avec un cataplasme à demeure. — Donner l'essence de térébenthine à 30 grammes en 3 doses — séton sous le poitrail; demain, si le pouls est tendu comme aujourd'hui, petite saignée.
» Télégraphier des nouvelles. Je ferais venir le docteur Déclat^
si la maladie avait l'air de prendre une mauvaise tournure. >
La tournure devint, en effet, si mauvaise, que le 13 octobre,
Ai^ taBTtt du aoir. jr reçiiï. de M. Bouler un lélégnmne qii K'irvixau è panir immédiaipineDi ponrChtnlilly.poarytniter ut. ttarxR\ {rmvmnflni auoim de fièvre typhoïde. Je pirtis aussilAo. mziL*^ ir léHupramnie m'éuit v-riré trop Urd, et je mtnqui kL rMir Ht snir Jlr iirit^ Re*ui dn leDdemais inzitiD^deybeves Xli r: u lus ri'i.di: aniirt^s de I animal à 9 be ores, en conpapiir ht Vtinrondùr H. Chapard. Voiri diDS quel éUl noss miuvAmi» Il RKiiudt. qui ('««an un ]»ou]aiD bai dedeoi ass, «uiin> iirt^irui nut soi rnnjamdr Por^-byre, mais d'âne grande ^ni<*u^, rr non uni l.
Lr nnnif ^ln\: «. pr:ii. qn pd pouviit à peine le lroiiTer;U TftutiTaiinr U;4t:'iLiut ; \a mcùijé du ponmon droit était iopcrméahtt* . unt- imriir lin ^aurbi- i'éiail é^alem^nt, par iofiliraiinr rviiRsUaiii nr . ne stérum jennàlre s'éconlaitgontteigootK mr ifs naatttKa^ ii lAte ct;t Itasse. comme celle des b<Ba& alicinfr iir ïyiiiîu.-< Vanimal essaye cejftendant de lai donner de larnn^ rx u>n^i^ De« jiDsiûons qui facilitent l'entrée de l'air dut» it» pnnninus. LeFmn.,nensrs éiaient cyanosées; Taninal {«mu:itsui; r.t phiî^ haK. ~ Je praliqnai immédiatement eiiui i^^meiinns nnus^rcianées de 1!5 p^mme^ d'ean pbéDiqnée mddiiiDD&éf CÎ1I nocxf.nn jiara&iiicide, et je presemis, pov adiii:L»trrr pa: la boncbe. deux l.ircs d'eau pbéuiqnéeà !î 1. iiNt soi: 10 {ran:mes d'aride ; H. Cbapard TOnlot bien se rJiu-^T f' apphqner la sniie dn liaiiemenl et de me tenir»» nurui., 4M^> ^^tiDwnrj:!^. Lr li'D demain, an soir, il me télégr»iitiiai; rx r.n: suii : * (Ibeval mieux; coloraUon des mnqoeises moiiiii ïriOït-nrër; aj^|«étit. Vous attends demain. »
i.ai.iitissti:; Ittriion de mon traitement, une fois qu'il»* p'^n;l^•T tmtvîoraUMi e&l oîaeLue, et ma présence à Paris éual iWts-ifi. :, .»e irlApTLphiai À M, Cbapard de continuer le lr»»' l^m^r; . :viïr.v;i. cl le Jetdemain, 16 octobre, je reçus dclniDDC )Nire ÙS.10C ùu nîî'.nr jour, iO beures du matin, ainsi conçue-
». Le lonîiiiL t'ûj est î»e au coup mieux aujourd'hui qu'hier»» î;«ui; iappe:ii r.u^.L£Lie el la vitV-oloralion ôcs muqueuses so-
» l'ani mal prendra donr, suivant ?os instniciions, le verre 3'da« Waaebe, celle û}»^^s-midî.
» A demain d*autres nou> elles. » Signé CHiPia»-
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. Si9
Le lendemain et les jours suivants, je reçus, en effet, des i^velles de plus en plus satisfaisaates ; nous croyons inutile le les publier; il nous suffira de citer quelques passages d'une altre de l'honorable vétérinaire de Chantilly, transmettant, en es résumant, à son maître, M. Bouley, ses impressions sur les ésultats des expériences auxquelles il avait pris part :
c Le poulain bai de deux ans affecté de fièvre typhoïde, que lous avons soumis au traitement de M. le docteur Déclat, dans
'état fort grave de cyanose prononcée esi parfaitement
fuèri. Je dois vous dire, très-honoré maître, combien j*ai été frappé de la rapidité avec laquelle Tamélioration s'est produite lur le sujet soumis à cette médication. > M. Chapard donne ici la marche progressivement rapide de l'amélioration observée sur le poulain bai, puis il ajoute :
( Le cheval bai brun âgé de 4 ans, nommé Porphyre, est également aujourd'hui en très-bonne santé.
» J'ai reconnu, très-honoré maître, votre génie médical, dtns l'inspiration que vous avez eue de laisser tenter cette nouvelle médication sur des chevaux de course d'une aussi ptode valeur que nos consultants, alors que taat de chercbeurs se présentent à nous pour appliquer les panacées rêvées parleur cerveau en ébullition »
M. Chapard avait renfermé sa lettre à M. Bouley dans un pli ga'il m'avait adressé à moi-môme^ avec prière de la faire parrenir à son adresse (1) ; en renvoyant à M. Bouley, je Taccom- ;iagDai des mots suivants : « J'espère, cher maître, qu'en voyant a confirmation de ces guérisons^ vous serez convaincu que j'ai lécouvert un moyen plus puissant que ceux dont dispose ac- Hellementla thérapeutique.
t Je me tiens toujours à votre disposition, pour les expéicnccs que vous voudrez tenter, afin d'arriver à une çonviclon pareille à celle de votre bien sympathiquement dévoué,
» Déclat. »
(1) Dans une lellre postérieure M. Chapard m'écrivait : « L'écurie comprend de à 30 chevaux, lous ou presque tou^ont subi rinflueDce du gcinie épizoolique; 'est certainement aux soins prophylactiques, boissons et lavages pbéniqués, de nous devons d'avoir pu échapper aux rigueurs de ce mal. »
m DE L'ACIDE PiJÈNlQlîË.
M. Bouley, qui m'avait vu quillcr avec empressement mes affaires pour aller faire à Chantilly des expériences fort onéreuses pour moi^ ne doutait sans doute pas de ma bonne volonté à les continuer, car il n'avait pas encore reçu la lettre où je me mettais à sa disposition qu'il m'adressait le mot suivant, à la date du 19 octobre 187 i :
( Mon cher Docteur,
> Voici une belle occasion de faire l'essai de votre traitement. La peste chevaline est dans la cavalerie du chemin de fer d'Orléans, dont M. Vatel est vétérinaire.
> Voulez-vous venir me prendre demain chez moi à neuf heures et demie ? Nous serons à dix heures à Tendroit voulu pour expérimenter.
» Votre bien dévoué ,
> Boulet. r>
t Quid, à Chantilly? Je n'ai pas de nouvelles depuis dimanche. >
On sait ce qui était advenu à Chantilly; voici ce qui advint à la gare d'Orléans.
Le 20, je me rendis à la gare d'Orléans où je trouvai MM. Bouley et Vatel et M. le chef d'exploitation de* la compagnie. Là , j'appris que la même maladie que nous avions observée à Chantilly régnait en effet dans les écuries delà compagnie, et qu'elle y avait malheureusement les mêmes conséquences , c'est-à-dire que presque tous les chevaux atteints succombaient. La forte race percheronne résistait cependant un peu plus longtemps à l'épidémie typhoîque que la fine race des pur sang, et de plus, elle offrait assez souvent une corn* plication que nous n'avions pas observée à Chantilly, la gangrène du poumon.
Deux chevaux, gravement atteints et arrivés à une période avancée de la maladie, furent immédiatement mis en expé* rience : je fis à chacun quatre injections sous-cutanées de 125 grammes avec de l'eau phé^iquée à 1 p. 100^ additionnée du nouveau médicament.
Un des chevaux se trouva si bien, au bout d'une demi-heurei
APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DE L*ACIDE PUÉNIQUE. S21
I ramélioration surprit tout le monde ; cet animai , tout à ure morne, abattu, étranger à tout ce qui se passait autour lui, se met à chercher du fourrage comme pour manger. Bouley, attentif et charmé à la vue d'un pareil changement, isit sur la planche de séparation des box, prit du foin dans main et en donna à l'animal; je m'étais absenté quelques lanls, et je trouvai dans celte position l'honorable acadécien, ce dont je lui fis mon compliment. — L'amélioration moins marquée sur le deuxième cheval.
Le lendemain , 21 , le premier cheval était non-seulement ivé, mais encore dans un état bien meilleur que ceux qui, r hasard , échappent spontanément à la maladie, surtout rès un état aussi grave, ce qui d'ailleurs ne se voit guère, iis se voit néanmoins quelquefois. Quelques-unes de mes »tes étant égarées, je ne puis dire comment se termina la iladie du deuxième cheval (1), et qu'iccomplétement ce qui riva sur quelques autres.
A défaut de notes, mes souvenirs me rappellent que deux très chevaux furent mis en expérience le 21, l'un au début la maladie, l'autre, dans un état si grave, qu'il pouvait à ine se tenir et qu'on eut beaucoup de peine à l'amener près i jour, pour qu'on pût voir clair à faire les injections; la ma< lie avait en outre causé la cécité; la verge était pendante comme un corps étranger, doublée de volume; on mit un irreau à l'animal comme, du reste, à beaucoup d'autres. Ne sespérant pas de triompher, môme d'un état aussi grave, je atiquai à ce dernier animal huit injections ; il fut pris prese aussitôt de symptômes d'asphyxie et d'un tremblement traordinaire tellement violent, que nous crûmes qu'il allait ccomber; nous diagnosiiqu&mes une embolie; il se remit pendant, mais succomba , ainsi que beaucoup d'autres non lités, à une gangrène de poumon.
Sur le cheval traité au début (no 858), je pratiquai six initions ; il éprouva quelques phénomènes analogues à ceux i précédent, qui se dissipèrent également ; mais il fut pris de curésie et d'une embolie dans le gros vaisseau de la cuisse
[\) Il me semble cependant que cet animal guérit aussi, maii qW« diCflA\toDBftA.V«
ta DE L'ACIDE PHÊNIQUS.
droite, et finalement il succomba d'une manière même rapide qu'un cheval non traité, et que trois de ses voisins, traités par dififérentes méthodes (saignées, térébenthine, etc.), que nous avions mis en expérience comparative, et dont deux échappèrent, paralt-il, à la mort; après cet échec, nonscesdi* mes nos expériences, auxquelles M. le chef d'exploitation ne paraissait pas très-sympathique, fâcheusement impressionné peut-être par un échec dont on ne pouvait donner encore noe explication absolument certaine.
Nous devions faire avec M. Yatel quelques autopsies de chevaux, notamment celle du no 858, sur lequel nous avions observé des symptômes d'embolie ; par suite probablement de quelques malentendus^ M. Yatel fit seul cette dernière et aneot deux autres, et voici quelles furent ses constatations, d'après une note que je pris dansune conversation que nous eûmes à ce snjcl*
Dans les points où avaient été faites les injections souscutanées, il existait des infiltrations de matière gélatinense, jaunâtre, semi-transparente ; les vaisseaux capillaires qui traversaient ces collections contenaient des caillots qui se prolongeaient jusque dans des vaisseaux un peu plus gros; ces caillots avaient une teinte noirâtre foncée ; les injections pratiquées sous le ventre avaient causé un épanchement qui avait décollé la peau du fourreau , et les caillots remplissaient les vaisseaux dans une longueur de 15 à 20 centimètres ; on aurait dit d'une préparation analomique, avec injection des vaisseaux, à la cire noire. L'état des tissus autour des piqûres d'injection donne à M. Yatel l'idée que le liquide injecté a pu ne pas être absorbé et être resté dans le tissu conjonclif environnant les piqûres. Un caillot obture le quart du calibre de la veine pulmonaire; il a la couleur et à peu près exactement la consistance des épanchements séreux qui entourent le> piqûres d'injection ; mêmes caractères d'un caillot renfermé dans roreillelte gauche. — Le poumon gauche était gorgé de sang avec plaques noires ou foyers ecchymotiques, qui paraissaient être le point de départ des gangrènes pulmonaires observées sur plusieurs chevaux morts de la même maladie que le no 858. Ces points ou épanchements ecchymoliqucs existent dans plusieurs mu^c\^% ^^ Vv^iq^<^ li^xi^ le tissu
du cœur. — Dans son ensemble^ le sang du cheval no 858 a paru à M. Yatel plus noir que celui des autres chevaux qui ont succombé à la même maladie que lui. Quant aux foyers d'épanchement qui entourent les piqûres d'injection, M. Vatel les compare à ce qu'on a appelé à tort, dit-il» les foyers purulents du charbon ou abcès charbonneux , puisque dans ces prétendus abcès, il n'y a pas de pus. Dans cette maladie, il y a des épanchements ecchymotiques et d'autres^ ecchymo-gélatineux dans les muscles, voire même le cœur.
Dans une maladie qualifiée de fièvre typhoïde^ il était intéressant de constater les lésions qui pouvaient exister dans !e canal intestinal, spécialement dans l'intestin grêle. Ces lésions, nous devons le dire, ne rappelaient que irès-imparfaitemcnt cei!es qui caractérisent la fièvre typhoïde de l'homme , ce qui a fait dire à M. Signol, qui a publié, dans le Recueil de médecine vétérinaire^ un travail intéressant sur cette afieclion , que bi Ton ne considère que les symptômes, le rapprochement entre la maladie du cheval et celle de l'homme est justifié, mais que s'il est nécessaire, pour constituer une fièvre typhoïde, que ies glandes de Peyer soient spécialement altérées, « toute comparaison doit disparaître. » L'honorable vétérinaire a peutêtre forcé un peu les dififérences. Les glandes de Peyer paraissent bien, en effet, n'être point spécialement atteintes chez le cheval dans la maladie dont nous nous occupons, mais tout l'intestin, et spécialement l'intestin grêle, est fortement congestionné; par places^ la congestion est remplacée par de petites stases sanguines qui semblent dues à jine extravasation du fluide sanguin, et où s'observent, parfois^ de petites plaques gangreneuses; c'est la répétition des lésions semblables qu'on observe dans les poumons et dans les muscles ; dans d'autres places, on voit de petites ulcérations disposées par groupes de trois, quatre ou cinq centimètres de diamètre; chaque petite ulcération a de deux à six ou sept millimètres de diamètre; elles paraissent formées comme par an enlèvement de la muqueuse à l'aide d'un emporte-pièce. Ces groupes , dont M. Signol nous a fait voir un intéressant échantillon sur une pièce qu'il conserve, ne siègent pas, il est vrai, sur les glandes de Peyer ; mais il ^ a c\\iLe\<\xv<i wviîNsi^è^^,
3» DE L'ACIDB PHENIQUE.
qniDi à l'isp^t, entre rtltération des glandes et ces j^i^tipes nlc^r^ qni ponmient bien avoir pour siège des follicules isolés. Ce siége^ s'il était bien constaté, établirait évidcmmenl une analogie anatomiqne entre la fièvre typbolde de l'hoinme et la milaJie ainsi désignée, cbez les chevaux, par MM. Bonley, ChapirJ, etc. C'est un objet de recherches de plus que nous signalons à nos confrères en médecine comparée.
Quelques remarques sont nécessaires sur les lésions anatoniques, constatées par M. Va tel.
Nous ferons observer, d'abord, qu*il n'est pas impossible que l'observation de l'honorable vétérinaire sur la nou-ahsorp(ion du médicament iajecté soi^tn partie fondée; je ne crois pas, cependant, que tout le médicament injecté ait été complètement inabsorbé ou plutôt, j'en ai la certitude, car c'est cer* taincment à lui qu'il faut attribuer la dureté des caillots, constatée non-seulement autour des piqûres d'injection, mais aussi dans des vaisseaux qui en étaient très-éloignés; je serais disposé à attribuer également au médicament la coloration plus foncée du sang, que M. Vatel a cru remarquer.
C'est, en effets une des actions les plus marquées du médicament nouveau que son action coagulante , et c'est à elle, suivant toute probabilité, que je dois Tinsuccès que j'ai éprouvé à la gare d'Orléans, insuccès qui rappelle celui que j'essuyai sur les moutons du fermier Rougeoreille (voir ci-dessus, article San^ de rate)» La conséquence pratique à tirer de cet insuccès et des constatations faites par M. Vatel , c'est qu'il faut, dans les cas graves, où la dose du médicament doit être, relativement, assez élevée , remployer assez étendu d'eau , et faire des injections multiples, de manière à ne pas injecter une trop grande quantité de liquide à la môme place. J'avais pris ces précautions poiir les chevaux fins et de grande valeur traités à Chantilly, et cependant. Porphyre eut plusieurs petits abcès autour des piqûres, mais qui n'eurent aucune suite grave. Je crus pouvoir me dispenser d'user des mômes précautions avec les gros colosses de la compagnie d'Orléans; l'évéoement me prouva qu'elles sont indispensables chez tous les animanx, mais surtout chez le cheval , le plus disposé de tous, comme on sait, à faire du pus. Cbez tous, mais surtout chez le chevali
une dose insuffisante laisse vivre trop de ferments et ne guérit pas; une dose trop forte tue les parasites et l'animal lui-môme. Je ne suis donc pas encore fixé exactement sur les doses et le mode d'administration à adopter pour les chevaux; c'est aux vétérinaires de progrès à m'aider dans cette recherche importante, car j*ai l'espoir qu'on devra obtenir sur la plupart des chevaux, typhoïques, les succès que j'ai obtenus à Chantilly. Après avoir rapporté les nouveaux succès obtenus par M. Chapard, je dirai comment il convient, selon moi, de procéder, dans l'état actuel de la science.
Mais avant de quitter l'autopsie de M. Va tel et la réflexion qu'il fait sur les foyers gangreneux des poumons^ nous ferons observer que rien de pareil n'a été observé sur \e9 chevaux qui avaient péri à Chantilly, avant nos expériences. Cependant, M. Bouley a bien jugé que c'est la môme maladie qui a sévi à Chantilly et à la gare d'Orléans. Il y a bien eu, à Chantilly, des engorgements séro - sanguinolents des pou* mon5, c'est-à dire des infiltrations hypostatiques, ainsi que cela s'observe si fréquemment dans la fièvre typhoïde de l'homme, mais jamais de gangrène. Sont-ce là des particularités locales, ou dépendant du degré d'énergie des ferments? C'est une question à étudier. Ce que nous devons dire, c'est qu'il nous a paru aussi, comme à M. Bouley, que c'est bien la mô ne maladie que nous avons traitée à Chantilly et à Paris.
L'honorable vétérinaire qui avait assisté avec M. Bouley et moi aux expériences de Chantilly, m'avait promis de saisir les occasions qui se présenteraient d'appliquer ma nouvelle médication ; ou a déjà vu à l'article Morve qu'il a tenu parole; mais ses observations de morve ne sont ni les plus nombreuses ni les plus décisives ; nous allons en résumer^ d'après une note qu'il a bien voulu nous transmettre, un grand nombre d'autres qui présentent un haut intérêt.
Le ier mars 1872, M. Chapard fut appelé par MM. Poiret , frères et neveu , filateurs à Saint-Ëpin (Oise). Il constata que leur écurie était atteinte de la môme maladie qui avait atteint, cinq mois auparavant, cere de M. Delamarre, à Chantilly. La maladie offrait, chez tous les sujets, la forme pulmonaire, c'est-à-dire qu'à partir du deuxième ou du troisième jour, les
t» DE L'ACIDB PHÊNIQUE.
poamoat étaient hypostatiqnement engoués dans une ma grande étendue. Malgré la séparation des sujets , les luarels, la désinfection des bfttiments et c tontes les précanlions d'isage» ■ 35 chevaux sur 45 tombèrent successivemeot malades dans l'espace d'un mois; seulement, les derniers atteintile furent moins gravement. Sauf l'habitat , les condiiiont bygié* niques dans lesquelles se trouvaient les animaux étaieol irètvariées, les uns faisant de rudes travaux de terrassement oi de transport des chirbons ; les autres, le service régslierie l'usine ; d'autres, enfin , jeunes élèves ou vieux chevaux^* gués, prenaient du repos tout le jour dans la prairie.
Les symptômes furent, comme chez ceux de Chantilly, ioippétence d'abord; pouls rapide, peu fort, puis faible; tremble* ments partiels des masses musculaires; marche titobaote; parfois chutes violentes sur le sol, quand il y a congestioD ta cerveau, ce qui a lieu chez plusieurs; muqueuses injectées, avec pétéchies , et souvent coloration ictériquê très-caractérisée; plus tard, plaintes, engouement, puis hépatisation by* postatique d'un ou des deux poumons, accompagnée d'an jetage qui a rarement la coloration rouillée caractéristique des poeamonies franches. Crottins coiffés dans les premiers jours, pois difiluents, mais peu abondants.
Devant cet ensemble de symptômes, le pronostic porté fui nécessairement grave.
Voici le traitement qu'adopta M. Chappard :
Déplélions sanguines dans les premiers jours, et véiicatoires ' sur et sous la poitrine ;
Injections sous-cutanées de trois décilitres d'rau phéoiqu^ tous les deux jours ;
Breuvages phéniqués, 2 verres chaque jour ;
Lavements phéniqués, tous les jours ;
Opiats au quinquina et à l'essence de térébenthine.
Sur les 35 chevaux atteints, 30 seulement, atteints grave' ment, subirent ce traitement sérieux, les autres n'étant afleclés que légèrement ; 3 moururent, 27 guérirent; c'est une pro* portion des plus satisfaisantes, dans une épidémie ou du moins dans une endémie aussi grave, et qu'on n'aurait cer* tainement pas obtenue sans l'emploi de l'acide phénique.
APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DE L»ACIDE PHENIQUE. 227
Denx mois après là petite épidémie de l'usine de Saint-Ëpin, la même maladie se déclara dans'les écuries de M. le baron Seillière, dont le château est situé à 4 kilomètres de l'usine. Huit chevaux furent atteints, dansl'espace de six semaines; ils offrirent les mômes symptômes que ceux de Tusine et de Chantilly, et furent traitésdemôme; M. Chapard obtint huit guérisons.
Ainsi^ l'honorable vétérinaire qui, avant le traitement de Porphyre, avait vu mourir, dans les écuries de M. Delamarre, tous les animaux atteints de fièvre typhoïde, n'en perd que 3 sur 38; c'est un résultat dont la meilleure des médications anciennes se glorifierait ajuste litre ; et cependant nous croyons que ce ne sera pas le dernier mot de la médication nouvelle, quand les vétérinaires se seront donné la peine de l'expérimenter et de l'étudier avec soin. Les beaux résultats, obtenus par M. Chapard, tiennent-ils à ce qu'il injecte Tacide phénique seul? cela me parait très-possible. Ainsi que nous l'avons dit, le cheval est très-disposé aux coacjulum et à la suppuration ; il se pourrait donc que le nouveau médicament ne puisse être que difficilement supporté par cet animal, ou que les doses à administrer exigent de nouvelles études.
Dans l'état actuel de la science, nous croyons que la médication devra être appliquée de la manière suivante :
On administrera chaque jour, par la bouche, de 6 à 10 ou peut-être 12 grammes^ suivant la force des animaux, d'acide phénique dissous dans au moins deux litres d'eau, et môme deux litres et demi, dans le cas où l'on prescrirait la dose de 12 grammes, ou mieux la nouvelle préparation glycéro-phéniquée d'acide phénique et de glycérine que M. Guenon, pharmacien, rue de la Coutellerie, 2, tient toute prête à être expédiée.— On pratiquera de 5 à 6 injections sous-cutanées, de 100 grammes (l'eau phéniquéc à 2 p. 100 chacune, en espaçant les piqûres l'une de Tautre d'au moins dix centimètres; plus elles seront espacées, mieux cela vaudra. Seulement, il faudra choisir la région de l'animal où une incision aurait le moins d'incon* vénient, dans le cas où la formation d'un abcès la rcndraift nécessaire. Mais cette nécessité ne se présentera probablement plus, si l'on se contente d'injecter l'acide phénique seul, qui a suffi à M. Chapard.
Qooi qu'il en soit, les doses qae doss TesoBS d'îmdiqier devront éire réduites dès qu'une smélioraiioB se sera ééelarfe, et quand cette amélioration sera assez pronoocée p««r penseitre de prévoir une guérison, on suspendra les iBJeclions pov s'en tenir aux breurages glycophéniqués. La eonTaleseeice, ainsi que nous l'avons répété plusieurs fois, mardiant très* vite, à la suite du traitement phéniqué, les breuvages euxmêmes pourront être supprimés, dès qu'elle sera franchene&t déclarée.
Art, XIL — de l'ophthauoe PURUusnE.
On observe assez rarement cette maladie dans la pratiqae civile; nous n'en avons eu à traiter que deux cas, depuis que nous avons appliqué la médication phéniquée. C'était cbex deax jeunes enfants, âge auquel on observe à peu prèsexclasivcmentla maladie, dans notre climat, en dehors des cas qui reconnaissent pour cause la blennorrhagie. Encore, est-il bien certain que^ chez les enfants, la syphilis héréditaire ne jooe pas un rôle dans le développement de l'ophlhalmie purulente? Qooi q l'il en soit, les deux petits malades que nous avons traités ont été proinptement guéris par l'application d'un topique composé de glycérine phéniquée au dixième, eau de roses et borax. Ce môme collyre nous a donné, ainsi que nous le dirons plus tard, d'excellents résultats dans les ophthalmies ordinaires.
On sait que M. Chassaignac a obtenu» il y a vingt-cinq ans, des succès remarquables par l'application des irrigations continues d'eau froide, qu'il avait instituées àThospice des Enfanls- Trouvés. Nous croyons qu'en pratiquant les irrigations avec de Tcau phéniquée au millième ou au J/2 millième, suivant les susccplibiliiés personnelles, au lieu d'eau simple, les résallats seraient encore beaucoup plus satisfaisants.
M. RcnéMarjolin a publié récemment un compte rendu clinu[\xe où il annonce avoir obtenu de très-bons résultats par des lotions avec une faible solution de nitrate d'argent. Cependant, CCS résultats paraissent moins satisfaisants que ceux annoncés par le docteur Chassaignac, dans une publication spéciale du doct' urRieux. M Marjolin n'établit pas, du reste, de compa^
APPLICATIOiNS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. 229
ison entre son traitement et celui de M. Chassa ignac, et ne sems même pas se douter de celui de son collègue. C'est^ du reste, Qsi que les officiels se traitent quelquefois, môme entre eux. Nous ne quitterons pas ce sujet sur lequel nous avons si peu i chose à dire, sans appeler sur la médication phéniquée ittenlion des médecins qui pratiquent dans les localités où !gne presque endémiquement l'ophtlialmie purulente, en gypte notamment. Il nous parait infiniment probable que application de notre collyre ou les irrigations d'eau phéniuée donneront des succès auxquels nos confrères de ces pays ^e sont pas habitués, ce qui peut-ôtrc leur permettra de purger eurs contrées d'une maladie qui s*est élevée parfois aux proportions d'un véritable fléau. Nous leur conseillerons seulement le commencer leurs tentatives par des solutions phéniquécs ïèsétendues, 1', J/2, i/3 de millième, par exemple, les yeux î tant des organes très-susceptibles à l'action de Facide phé- ^ique. Une cuillerée à café de la solution glycophéniquée do ^aénon par litre d'eau serait môme suffisante.
Art. XIII. — DE LA PELLAGRE.
Nous avons retranché la pellagre delà cUégorie des maladies ntaoées pour la ranger dans les maladies générales; nous courrions presque avec autant de raison en renvoyer l'histoire ans la section des maladies chroniques et organiques, car la urée de cetteaffeclion est presque toujours celle des maladiesles luschroniques. Cependant l'absence de lésions bien spéciales et urtout localisées, d'une part, la marche quasi aiguë, dans des as très-rares, il est vrai, d'autre pari, enfin sou développement confiné à certaines localités parfaitement déterminées, nfont par excellence, ce qu'on appelleune maladie infectieuse, yant beaucoup d'analogie avec plusieurs de celles dont il est uestion dans cette sous-section. Tel est le motif pour lequel ous lui avons marqué sa place ici, sans attacher plus d'im- Drtance qu'il ne convient à la place que nous lui donnons, ous nous sommes expliqué plusieurs fois sur la valeur que auvent avoir, à nos yeux, les classifications médicales actuelles; serait superflu d'y revenir.
no DE L'ACIDE PHÉNIQUB.
Nons avons, du reste, peu de chose à dire sur la pellagre <(m nous n'avons jamais en roccasion d'observer, de Irai ter nidefaire traiter par notre médication. Nous voulons seulement nppder les deux points les mieux établis de son histoire, pour en Urer une déduction pratique. Le premier, c'est qu'il paraît aféré aujourd'hui que la cause de la pellagre, comme celle do cba^ bon et sans doute de bien d'autres maladies, consiste daosiae alimentation malsaine. Quelques médecins ont pensé que efett à l'alimentation par le mais qu'on devait la pellagre; mais eette opinion nous parait avoir été victorieusement réfutée; tonlefoii, si la démonstration est faite pour le mais sain, elle ne l'estpoîit pour le mais malade; il en est probablement du maïs on de quelqu'un des autres produits dont se nourrissent les payipel lagreux, comme du sorgho^ qui est un excellent aliment qaaod il est sain, mais qui peut devenir et qui devient, en effet, nmsible quand il est malade lui-môme. Or, comme on sait qaelei plantes ne deviennent jamais malades que par leur envabissemcnt par quelque parasite, il est infiniment probable quec'eK par ce parasite qu'elles rendent elles-mêmes malades les animaux. C'est à ce point de vue que le premier fait avait de l'intérêt pour nous.
Quant au second fait, son intérêt n'est pas moindre, etceqni est peu consolant, c'est qu'on peut le constater à propos d'an grand nombre de maladies que nous avons passées en revneet de celles qu'il nous reste à étudier encore ; ce fait doulonreux consifitc dans l'inutilité à peu près absolue de tous les traitements qu'on a tenté d'opposer à la pellagre. Parasitisme probable d'une part, on pourrait même dire certain, impuissance de tous les traitements de Taulre, c'en est plus qu'il n'en fiOt pour faire songer à Tessai de la médication parasiticide par excellence; personne cependant n'y a songé. Espérons qncU publication de celle seconde édition y fera songer quelqnaa, ne fût-ce que pour s'attribuer à peu de frais le mérite d'aae découverte, à la manière des Sanson et autres parasites, pli* difficiles à détruire que tous les sarcoptes, tous les achorionset toutes les bactéries. Afin que ces habiles réinventears nesoieot pas obligés de se mettre l'esprit à la torture pour aller chercher dans un DorvauU quelconque c les inspirations des indicatioa<
iir... > (voir ci-dessus, nriide Charbon) , nous ponvons les Tormer que, sauf ratification après expérience, si nous avions traiter un cas de pellagre^ nous prescririons comme base du aiiensent demi à un gramme (suivant les susceptibilités des alades) d'acide phénique pur (bon goûi), dissous dans 5 à }caillerée8 à soupe de notre sirop phénique titré, dose que ous porterions progressivement jusqu*à 2 ou 3 grammes d'acide u 20 à 30 cuillerées de sirop, à mesure que l'estomac deviendrait plus tolérant, ce qui ne serait probablement pas bien loog. - Nous pratiquerions, en outre, de 4 à6 injections souscutaiéesde5grammesd*eauphéniquéede 1 à5p. 100. Ces injections i^raient renouvelées tous les jours dans le commencement du jrailement, et pourraient ensuite être espacées de plusieurs <>Drs, dès qu'une amélioration marquée serait obtenue. Cette unéiioration s'obtiendra-t-ellc on effet? En médecine, Texpéieoce seule a le droit de prononcer; ce que nous pouvons tssurer, c'est que la méditation que nous conseillons ne peut lyoir aucun inconvénient et que môme elle aura au moins pour >TaDtage à peu près certain de redonner quelques forces aux tellagreux qui les auront déjà perdues, en stimulant leur appéil et rendant leurs digestions plus faciles. Dans les cas d'affaiblissement, c'est là un effet presque constant de la médication »héniquée.
Art. XIV. — de la peste.
Il y aurait longuement à discutersur la peslo;onsaitpourquoi ous sommes obligé de nous abstenir de toute discussion qui a pas des liens étroits avec le but que nous poursuivons : la émonstration de la doctrine parasitaire et la cnration des maidies causées ou aggravées par les parasites. Nous ne faisons a'une exception pour défendre nos droits à la propriété de os travaux; mais ces droits ont été si maltraités, que nous Itendons quelque indulgence de nos lecteurs, pour nos Ionaesmais indispensables digressions.
Quoique d'une tout autre marche que la pellagre, comme le la peste est circonscrite dans quelques contrées cbaudes, lus chaudes que celles où sévit la pellagre; seuV^tcv^wV Va^ ^^*
332 DE L'ACIDB PHÈNIQUE.
lagre ne sort guère des limites de son empire; la peste»av contraire, autant ou plus que la fièvre jaune, mais moÎDs qoe le choléra, les franchit et va porter ses ravages dans des eonirées' voisines, parfois même dans des contrées très-éloignées de set foyers. La manière dont s'opère son extension est un des poioli qui ont alimenté le plus de discussions parmi lesmédeeias;ii n*Y a pas nécessité pour la doctrine parasitaire de les renouveler ici; nous retiendrons seulement deux circonstanees. dont Tune est à peu près irrévocablement prouvée, et dont l'afltie, admise par la grande majorité des médecins, est encore eoitcstée par quelques-uns.
La première circonstance c'est que la peste se développe très-rarement aussitôt qu'on s'est exposé à la contagion ou du moins aux émanations des foyers d'infection; nous ne saTOOS môme s'il existe un exemple bien avéré où ce dévcloppencot ait eu lieu. Elle a donc une période d'incubation, comme toutes les maladies parasitaires. Hais cette période, et c'est làlacirconslauce importante, qui est habituellement de qoe'qoes jours, ne dépasse jamais le neuvième, et n'atteint même que rarement le huitième; c*est sur cette circonstance que st>Dt babécs les mesures hygiéniques adoptées pour préserver de l'invasion de la peste les pays où elle ne se développe pas spontanément. Ces mesures paraissent efficaces.
L'adoption de ces mesures prouve que dans l'esprit des médecins qui les ont inspirées et des administrations qui les ont prescrites, la peste peut se transporter ou pour mieux direéire transportée d'un lieu à un ^utrc. Est-elle donc contagieuse? quelques médecins le pensent, mais la plupart le nieDt,et ceux-ci paraissent avoir pour eux les meilleurs argameots; elle serait seulement infectieuse. C'est donc à propos deU peste très-particulièrement, et plus peut-être à propos d'ancune autre maladie qu'a été imaginée ou du moins sontenne cette distinction un peu subtile, pour les maladies lransport^ blés, entre lacontagion eiYinfection. Nous ne reviendrons pas lO sur cette distinction; nous croyons avoir suffisamment appr^ fondi le sujet, dans notre introduction, pour pouvoir noos dispenser, de nous répéter ; ce que nous répéterons sculcmenti c'est que toutes ces circoiislanccs de circonscription géogri-
APPUGATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L*ACID£ PHÉNIQUE. S 13
[ne, de localisalion dans les contrées chaudes, d'incuba- » de transport, etc., imposent la doctrine parasitaire, et doi- Décessairement faire songer aux médications parasiticides. i serait un grand bienfait que d'en trouver une qui jouit ;uelque efficacité, car la peste est une des maladies les plus es, plus grave, dans la plupart des épidémies, que la va- ^ la fièvre jaune et le choléra, et contre laquelle toutes médications tentées n'ont eu aucun résultat utile. Tout, i de telles conjonctures, commande donc le recours aux mêlions nouvelles, et par conséquent à la médication phélée. Elle aurait déjà été employée avec avantage, si nous nés bien informé, par un médecin italien ou allemand, çant à Beyrouth; mais les détails qui sont parvenus à notre aissance sont insuffisants pour nous permettre d'apprécier ^sultat de ces essais. Ce médecin est en rapport avec le nt directeur du Moniteur scientifique; il serait bien à désiue le docteur Quesneville le pressât de publier des obserns détaillées sur les essais qu'il a tentés»
lUs pensons, en tous cas, que le mode d'emploi de la méion phéniquée, dans la peste, devrait être celui que nous s formulé pour le choléra, aussi bien prophylactlquement curativement. C'est dire que le nouveau médicament que ; n'avons encore point fait connaître trouverait probablet ses indictflh)ns. Nous le mettrons volontiers à la dispon des médecins de bonne volonté qui se trouveront en pon de traiter la peste.
Art. XV. — des piqûres et de l'infection putride