CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
insi que nous l'avoDs dit dans les remarques générales que s avons présentées en tôte de la sous-seclion précédente, sieurs des maladies classées dans celle-ci seronl probable- Lt rangées ullérieurcment dans la catégorie des maladies agieuses; la plupart d'entre e.les sont même déjà consi- !es comme telles par beaucoup de médecins, la fièvre ty- Ide, la fièvre jaune, la fièvre puerpérale, le choléra, par nple, et d'autres encore. Nous-môme nous croyons à la >art de ces contagions ; et, si nous n'avons pas classé ces maes dans la première sous-acction, celle des maladies à conon nqn virulente, c'est uniquement pour ne pas mettre Toîon môme la plus probable à la place des vérités démontrées, tassi, un peu par respect pour les grandes autorités et pour tradition, qui ne croient encore ni à la contagion de la fièvre ihoide, ni à celle de la fièvre jaune^ du choléra, etc. lu reste, qu'on retranche de la présente sous-section une, ax ou même dix maladies pour les faire passer dans la preère sous-seclion ou dans la précédente^ il n'en restera pas ins une scctiqp importante de maladies miasmatiques non itagieuses, et par conséquent une comparaison intéressante lire, au double point de vue de la doctrine et de la prale, entre les miasmes et les virus et surtout entre les miass et les ferments.
.es miasmes ne seraient-ils donc point des ferments? ne aient-ils pQÎnt des parasites microphytes ou microzoaires? Lemaire, qui a abordé ces questions et qui, en les aborit, a été obligé d'embrasser des horizons beaucoup trop lar- ; pour son élroit cerveau (1), prétend avoir démontré clai-
I) Voici uo échantillon, pour nous borner à un, du galimatias doubl*) auquel se e M. Leraaire en parlant de ces questions, après avoir lu, probablement tant n que mal, ce qu'en disent les Berzélius, les Dumas et d'autres : « Toutes ces Qsformations perpétuelles, admirables, qui prennent aujourd'hui des molécules
rcmcnt, malériellemenl, irrévocablement, avoir « fait loucher du doigt » que les miasmes sont des c ferments vivants. > Cela vient tout simplement de ce que mon saponinique imitateur prend pour des ferments tous les microphyles ou les microzoaires, au moins tous ceux qui occasionnent des maladies (quoiqu'il ne fasse pas môme celle réserve). Or, c'est là une erreur. Que jusqu'à présent des médecins, qui n'avaient gaère que de vagues analogies pour se guider, aient considéré certaines maladies comme causées par des éléments qui se dégagent de substances animales ou végétales en décomposition, et qu'ils aient confondu ces éléments sous les noms génériques de ferments, de virus, de poisons, cela se comprend; mais, aujourd'hui, ces confusions ne sont plus acceptables; le mot ferment a pris un sens qu'il avait déjà depuis longtemps, il est vrai, mais qui s'est précisé et surtout affirmé davantage, et qu'on ne peut détourner sans tomber dans des confusions fâcheuses. M. Lemaire se donne un mal assez inutile pour séparer les gaz, ceux qui se dégagent des volcans notamment, des miasmes avec lesquels, dit-il, on les confond; nous ne savons qui peut faire cette confusion, mais ce n'est, assurément, aucun vrai médecin ; ce n'est donc pas contre elle qu'il faut se prémunir, c'est contre celle qui confondrait les miasmes avec les virus elles ferments.
Le propre du ferment, son caractère essentiel, admis depuis qu'on fait le pain avec du levain, ce caractère, c'est de se reproduire, on peut dire en toutes proportions et indé6nimentdaDS le temps. Les virus offrent ce caractère, puisque le vaccin qui couvre aujourd'hui le monde entier vient de la lancette de Jenner (nous croyons pourvoir négliger le cow-pox du professeur Depaul et de quelques-uns de ses pareils, qui ont d'ailleurs peu de qualités communes avec Jenner); ce sont donc des ferments, mais des ferments spéciaux et qu'il convient de distinguer, parce que leur existence, leur évolution tout au moins, est cir-
pour les rendre demain, me paraissent être aux corps simples et composés, ce
qu'est la vie à la lumière, au calorique, à rélcctricité »!!! Voilà dans quel pathos on tombe, quand on lit et copie mal ce que l'on com*
prend de môme. Gomme je désire être juste avec tout le monde, Je dois ajouter, pourtdiit, que les points d'enclamallon sont de moi. En cette occasion, M. I^' maire ne s'est pas admiré lui-même.
consente dans une $écrétion spéciale, et ne s'opère pas dans toutes ou presque toutes les parties de l'économie. Quant aux miasmes que nous éludions dans cette sous-section, ceux des fièvres intermittentes, de la peste, de la fièvre jaune, du choléra même, ils ne se reproduisent pas ou ne se reproduisent que très-imparfaitement; ils peuvent bien se développer dans un organisme animal qu'ils envahissent, quand il s'approche des lieux où ils évoluent naturellement, mais ils ne s'y multiplient pas et meurent probablement avec lui ou sans lui s'il résiste à leurs atteintes (i).
Est-ce à dire, pour cela, que le miasme, parce qu*il n'est pas un ferment, ne soit pas un parasite vivant? en aucune façon. C'est encore une autre erreur que de considérer le parasite comme un ferment : ferment, c'est ce qui se communique de proche en proche, c'est contagion ; parasite, c'est ce qui vit sur autrui et presque toujours aux dépens d'autrui, soit au point de vue de la santé, soit au point de vue de la substance. Un taenia, un lombric sont des parasites, ce ne sont pas des ferments ; l'agent producteur de la fièvre intermittente est certainement un pa* rasite, etc., ce n'est pas un ferment non plus.
Mais est-on autorisé à dire que les miasmes soient certainement des parasites? pour ceux qui veulent, avant de conclure, tenir la preuve matérielle de l'affirmation sur leur porte-objet, non assurément; mais pour ceux qui croient pouvoir compléter les preuves matérielles par les lumières de l'induction, je ne crois pas qu'il puisse être permis de conserver des doutes.
Où se développent les microphytes et les microzoaires ? Partent où il y a des matières organiques en décomposition.
Où se développent les maladies miasmatiques, et par conséquent les miasmes ? partout où il y a des matières organiques en décomposition.
Mais dans ces localités, où il y a des matières organiques en
(1) Pendant que ces lignes s'imprimaient, une grande autorité, celle de M. Dumas, dans un remarquable travail lu à l'Académie des sciences, admet pourtant des ferments qui ne se reproduisent pas. Ce travail arrive assez tôt pour qu'il nous soit permis de le discuter dans notre introduction qui n'ei>t pas encore rédigée à l'heure qu'il est, quoiqu'elle doive figurer en tête de ce livre, mais avec one pagination différente.
décoapoBJiknL ne peai-Il pis se développer satre dMiieqve des p«T»sicie&? neppol-ii pu s't produire des particoips loiiqsB Bm i-iviiiies, qai empoisonneol récBsoaîe à la ■amière doBi le» pariiciiies de piomk, de mercBre on de pbuplioreeiipoîsmoeBil les osirîtTB qm ixinnieBt les ii— po^gi de ces OBups? Aimai tui em oek a*esil pis impossible; mais cela est-il prakaiie ? lAcattleHableBCDi nn ; œla esi imème si iaiproba' kle, çse sons le consiàénms comiDe îapossible.
QBaod les peâatres on les oérosiers épn»sieiit-4Is des eoliqoes on des ODXTnîsions? gnand les alroopha^rs tombenl-ils dams le délire Iremblaiil? larsqnt après de loags tnTa« om de jOBfis akns« ils ont éfnùaé les laraes élinîoaijicaes de réeono* aie : nue dose de pjOBLk on d'alcool pent ^poxoonoer; auis si elle a'empdsoriie pas. le laolson, le poison «igamîqne snrioit, est proBptemenl élimiiié, brn^ déirait. H, ii a en reste pas tnoe dans J'éoooomie. En est-il de neate des poisons miisaaûqnes? en aMn» façon : qnelqnes jo«rs pnsids, nne seile omit ateie, SOT les Bnis paaùns on dans les Tems basses pelaient i«ns donner une £HTeînteTMmcnle rebelle onmnefiène janne monelle; e; oela, non pas« oominie avec le plomb om Faleool. à llnsiant mCme oà rempoisonnement s'opère. c'esUdire oà le nùasao pénètre dans le corp^ mais qneU|nes joon qnelqnes seonines, même paiiais. d'après certaines obsemtions. qnel^nes »ms après, c'est-i-^ire à nne époqne oà aae snKslance ^nHcm^ne ci. à fërûorL nne snbstanee oreaaiqBe morte senît depnis l«n|Scmps éliminée on transformée. Le miasme n*est ni éliminé xi tnnsformé, parce qnll a trcwTé dans for^pnîsme des conditions de fie fa combles on snpportibl«s« paree ^*il a pn t &ire non nid^ y accomplir son éfola-
Si Tons ajontea à ce nîsonnemenu déjà décimf, qne Ms cenx qai ont ftîi des ivciMckes sar I atmospbère des manis, des riiière*. des salines, lasuii. Boassinganlt, Léon GifOl (de Levrt«nx\ e:c., ci. af>rè$ cnx« X. Lcmaire, om constaté, dans cette atmosphère, la prédfcce de nomVreax débris or|^iqaes, et de corpu>vaIes. qai sont :rès- probablement les corps reprôdaetcnrs de mici^phytes et de micro>£OiinLS. — car de aombreax dévc Joppeireats d^ cenx-cî ne taidcnt pas à se Gùre dans l'eiv
OÙ l'on place ces corpascnlcs,— vous arriverez inévitablement à la conclusion que ce sont ces corpuscules ou les microzoaires dont ils sont les germes qui causent les affections miasmatiques. Ainsi s'explique aussi la puissance de l'acide phénique dans la plupart des maladies miasmatiques, dans toutes, peut-être, puissance plus grande que celle qu'il a coLtre les virus, ce qui se comprend au moins en partie : les virus se localisent dans des sécrétions spéciales, dans des points spéciaux des organes; pour aller se localiser sur ces points, il faut que le parisiticide traverse tout l'organisme et passe dans la sécrétion morbide, ce qui n'est certainement pas facile, ce qui n'est peut-être pas toujours possible; il faudrait donc donner des doses de parasiticide dangereuses pour en faire arriver assez dans le tissu sécréteur du virus; nous disons dans l'organe sécréteur, et oon sur la sécrétion; car en n'agissant que sur la sécrétion on peut bien détruire le virus sécrété, mais non le virus à sécréter, e'est-à-dire la sécrétion, c'est-à-dire la maladie. Peut-être estee là la raison de l'influence bornée de l'acide phénique sur la syphilis, quoique la syphilis ait toujours été l'écueildes pathologistes.
Quoi qu'il en soit, nous résumerons ces considérations par les propositions suivantes :
11 y a trois grandes classes de parasites morbigènes : Les ferments proprement dits, qui infectent tout l'organisme, ^Qi fermentent dans tous les liquides, dans tous les organesou '^ peu près^ qui se communiquent au contact ou à distance, »>ais presque toujours au contact et à distance;
Les virus, qui infectent bien tout l'organisme, mais qui ne /^rtnenfent que sur un point ou sur des points limités; qui ne se insmeltentque par le produit spécial sécrété dans ces points, 't> qui ne se transmettent à peu près jamais qu'au contact ; re xitdcs ferments fixes, tandis que les ferments proprement ^its (les ferments morbides, bien entendu) sont presque touirs, peut-être toujours, volatils;
£nfin,les miasmes, qui ne fermentent pas ou ne paraissent fermenter dans l'organisme, qui y accomplissent seulement révolution ou une partie de leur évolution, et qui ne se osmettent ni à distance ni au contact.
89 DB LUCIDE PHÉinQUB.
Cela dit, nous poavoDS passer à Tëtude partienlière desiur ladies miasmatiques. Noos dirons ultérieurement ce qo'ilbit penser des venins que quelques médecins, quelques iibysi* logistes et quelques chimistet ont également considérés coone des ferments.
Art. !•'. — de l'acrodynie et de l'ergotisme.
Quoique ces deux maladies soient décrites comme distiodi dans les traités, elles nous paraissent n'être que denxTari^ d'une maladie identique au fond, et différant seolemeDlft l'intensiié, ce qui veut dire, pour nous, par le nombre d l'énergie des parasites qui l'occasionnent. Est-ce bien,eDefitit un parasite que ces affections sont dues? Pour rergolisiDei n'en saurait guère douter, si, comme il est très-probable, loft* nion qui attribue la maladie à l'ergot de seigle est fondée;!^ si l'ergotisme est parasitaire, il n'est guère douteux que 1*10^ dynie ne le soit aussi, puisque, nous le répétons, ellened'A* du premier que par l'intensité de ses symptômes et parsa{i>^i vite. Dans l'acrodynie, les lésions des extrémités se borne&l^ des rougeurs ou à la chute del'épiderme ou d'une faible p&^ de l'épaisseur de la peau; dans l'ergotisme, l'inflammation^ jusqu'à la gangrène, et celle-ci peut s'étendre jusqu'aux mefl^ bres, quoique ce cas paraisse fort rare; l'ergotisme est eD<i^ mique, puisqu'il a reçu le nom de mal de Sologne, quoiqu'il neso pas beaucoup plus fréquent dans ce pays que dans les autres mais il est plussouventcncoreépidémique, comme l'acrodyni Celle-ci n'est à peu près jamais mortelle, tandis que l'ergoiisi Test souvent; mais c'est là une différence d'intensité. Ni l'une l'autre affection ne parait être contagieuse, nouveau po de ressemblance. Enfin, un dernier caractère i?ar lequel el se ressemblent encore, c'est qu'on n'a dirigé contre ellcsauc traitement qui ait paru avoir la moindre efficacité : conseill comme l'ont fait certains médecins, les évacuations sanguii contre l'ergotisme, c'est, suivant nous, travailler dans le mê sens que la cause morbide, môme quand le pouls a de l'a pleur et de la force; car le pouls qui a de l'ampleur et la force indique qu'il y n, dans l'organisme, de la résistanc
Taction morbide: el vouloir diminuer Tampleur et la force du pouls, c'est tenter de diminuer cette résistance. Quant aux narcotiques préconisés dans la forme convulsive, c'est une médecine de symptômes qui peut avoir son utilité comme elle peut avoir ses dangers ; l'expérience n'a pas prononcé. Nous devons dire seulement qu'à priori^ il faut toujours être réservé sur l'emploi des narcotiques dans les maladies à caractère gangreneux prononcé ou seulement à tendance gangreneuse, car, dans ces maladies, la résistance vitale dont nous parlions tout à l'heure est peu développée et les narcotiques la diminuent, tout comme les émissions sanguines. En résumé, pour tout dire d'un mot, le traitement de l'acrodynie et de l'ergotisme est nul. Cette raison pourrait suffire pour qu'on essayât un moyen qui sortit des sentiers battus; mais il y avait une meilleure raison, c'est que ces maladies ou ces deux formes d'une même maladie sont, d'après toutes les probabilités, ainsi que nous l'avons dit, causées par des parasites, et que les moyens de curation rationnels doivent être cherchés parmi les parasiticides. Nous pensons donc que ceux de nos confrères qui auront l'occasion d'observer l'acrodynie ou l'ergotisme, feront biea de recourir à l'emploi de l'acide phénique, et de l'administrer comme nous l'avons indiqué à propos de la pustule maligne, et comme nous l'indiquerons pour les fièvres intermittentes, la dyssenterie, etc. Peut-être, dans les cas graves surtout, l'acide phénique sera-t-il insuffisant, et conviendra-t-il d'y joindre le nouveau médicament que nous nous réservons de faire connaître.
Art. II. — DE LA CAniEXTE AQUEUSE OU POURRITURE.
Cette maladie s'observe quelquefois chez les bœufs, mais elle est presque exclusive au mouton, sur lequel on l'observe le plus ordinairement à l'état enzootique. C'est une des maladies qui ont reçu le plus de dénominations, puisque, outre les deux principales que nous avons inscrites en tête de cet article, on la désigne encore sous le nom de mouton pourri, mal pourri^ mal de foie, bouteille, boule, bourse, goitre, cloche^ h^daiidA^ dou-^ùt^ games, ganathe, Jaunisse, anasarque, et etiCOt^W'^ ^ôi^^e\t*\^
88 DS L*AaDE PHÉNIQUK.
De donne pis tous ces noms pour faire de la science d'érodilion, qnl se trouve dansions les livres, mais ponr que les agricuUcnrs, parmi lesquels ces noms sont encore usités, sachent de quoi il s'agit ici.
Nous n'avons pas, tant s'en faut, parcouru toutes les contrées de France où l'on peut observer la pourri/ur^ ; mais, dans deu voyages que nous ftmes en Sologne» aux Bardes et à HopeDU, cette maladie nous parut coïncider si exactement avec la fiérre intermittente de l'homme, que l'idée nous vint que fièvre et cachexie pouvaient bien être produites ou par le même pansite ou par dos parasites habitant les mêmes localités; les informations que nous avons prises depuis ne font que nooseoo firmer dans nos premières présomptions. Il nous paraît même assez singulier que celte pensée ne se soit pas présentée! l'esprit des auteurs vétérinaires qui ont parlé de la cachexie aqueuse et qui, pour la plupart, l'attribuent à la maavaise nourriture et à Thumidilé, qui pénètre au sein de l'écoDomie, suivant les expressions de M. Bouley, « par toutes les foies d'absorption 9 {peau, intestin, poumon). Le même auteur n'hésite môme pas à donner comme un fait positif que Blackewel apa faire naître à volonté la cachexie aqueuse en plaçant les troopeaux sur des pâturages qu'il arrosait chaque jour. Nous o'eo croyons absolument rien, à moins que les arrosements ne se fissent dans des conditions à pouvoir déterminer des décompositions de matières organiques.
Quoi qu'il en soit, l'opinion qtfe nous nous fîmes en Sologne, sur Tétiologie de la pourriture, nous donna l'idée d'essayer contre celte aflfectioii, pendant que nous expérimentions sur la fièvre interoiiltente de l'homme, la médication pbéoiquée, i laquelle nous nous proposâmes d'associer, au besoin, notre nouveau parasiticide. Nous ne risquions pas grand'chosc en expérimentant une médication nouvelle, puisque les médications généralement employées t sont loin d'être toujours efficaces, » suivant le langage euphémique des thérapeutisies officiels aux abois. Notre séjour en Sologne ue devait pas être long et nous n'avions pas grand temps à donner à la recherche de nos sujets d'expériences. Nous trouvâmes heutcusement dans M. Ménard, cultivateur des plus distingués à Hupenau,
près Beaugency, un homme fort disposé à se prôter à des expériences qui pouvaient concourir au progrès agricole. Il n'eut heureusement point à se repentir de ses généreuses dispositions : quatre moutons pourris qu'il mit à notre disposition et auxquels furent pratiquées, le 6 mars 1870, des injections phéniquées (20 grammes d'eau phéniquée à 1 p. 0/0) éprouvèrent, dès le lendemain, une amélioration sensible que M. Ménard prit la peine de nous confirmer par une lettre en date du 26 mars. Le fils du docteur Pandellé, qui voyait souvent M. Ménavd et que nous traitions pour une maladie assez rebelle, nous avait déjà écrit de Beaugency, à la date du 12 mars, une lettre dont nous extrayons les lignes suivantes :
c M. Ménard que j'ai vu hier vendredi est enchanté du mieux survenu depuis dimanche dans l'éiat de ses moutons. Gomme je pense que vous serez heureux d'apprendre cette nouvelle, je m'empresse de vous l'annoncer. Dès le lendemain, ainsi que vous l'aviez prédit, une amélioration sensible s'est produite; aujourd'hui la rumination se fait bien ; la poche d'eau est moins volumineuse; l'œil est encore pàle^ mats tend cependant à se colorer; l'état général est bien meilleur et les animaux sont gais, etc. »
Nous ne pensons pas que de pareils résultats eussent été obtenus ni avec le quinquina, ni avec la gentiane, la centaurée, le fer, que conseillent les professeurs de thérapeutique, et encore qu'ils conseillent contre la pourriture, tout en déclarant que, môme à cette période, c'est surtout sur l'émigration qu'il Tant compter. Nous croyons donc que la médication phéniquée apportera un progrès signalé dans le traitement d'une maladie qui, sans avoir l'importance du charbon, cause cependant à l'économie agricole un préjudice assez sérieux, qu'on pourra éviter, en grande partie sinon entièrement, par l'application de notre méthode : injections sous-cutanées de 20 grammes par mouton et quelques cuillerées du mélange glycophéiiiqué de M. Guenon dans de l'eau ordinaire.
M vkcnm PBiRiQiii.
Art. UL «* du cholCrâ. I o-
ir--
Depois It première édition de ce tniTtll la doetrioe puni' taire a fait de grands progrès, en ce qnl eoneeme le choIéaSi dans presque tontes les antres maladies, elle ne compte qne^B adfersaires, ici, elle n'épron?e que l'embarras dachoix«|M* choisir ses parasites, dans le règne ?égétal on dans le rèpc animal.
A Tépoqne de notre premier travail, les parasites réels n snpposés dn choléra se bornaient aux corps anntkirtt^ Swayne et anx cellules du choléra de Britton et Bodd. CeitA 1819, on se le rappelle, qne Swayne signala dans lesdéjeeti*** cholériques des corpuscules panicuUers, auxquels il doDBtle |tr nom de corps annulairet ; et, presque aussitôt, Britton et Hi^ 1 1 annoncèrent qu'ils trouvaient leurs cellules, non seulemeotiti* les déjections cholériques, mais encore dans Tairet diosTen des pays atteints par l'épidémie. M. Budd crut pouvoir afii^ que ces cellules étaient vivantes, de nature végétale, ^^ les désigna sous le nom do champignons du choléra (eho^ fungi). Comme ces corpuscules présentent des différeneei^' sidérables de forme et de volume, il pensa, et M. Swayoet^^ lui, que ces différences marquaient les diverses phases de^' veloppement de ces productions nuisibles. Ces cellules porteo** en effet, quelquefois, des bourgeons faisant saillie et i)^^ quelque analogie avec le bourgeonnement d'autres végétaiio^^' celle du ferment de la bière, par exemple; on les reneoDi-^ plutôt près de l'estomac que dans toute l'étendue de l'iniesiiB* dans les vomissements des cholériques, ils sont presque toU' jours rompus, comme s'ils avaient subi un commencement (i^ décomposition.
Celte dernière circonstance a fait rejeter, par M. Ch. Robio» l'opinion que ces corpuscules fussent la cause du choléra; i^ nie, du reste, qu'ils soient de nature végétale. Sa manière de voir est d'ailleurs conforme à celle du collège des médecins <i<^ Londres, qui na pas admis la manière de voir de MM. Swayo^* Britton et Budd.
Malgré l'opinion de la savante compagnie, nous n'en pos^'
' APPLICATIONS THÉRAPEUnûUBS DB L'ACIDE PHÊNIQUE. tl
0168 pas moins en fait, dans la première édition de cet ouvrage, et en nous fondant snr l'analogie plus encore que sur Tobservation directe, que le choléra est causé par un ferment, c'està-dire par l'introduction dans l'organisme d'êtres microscopiques, végétaux ou animaux.
M. le Dr de Vauréal a été plus catégorique que nous : il affirme positivement {France médicale, 10 octobre 1866) que < la nature du miasme cholérique est celle d'un ferment putride, spécial à rinde, du genre Vibrio. Le produit de cette fermentation est analogue à l'acide butyrique. »
Nous ne savons sur quelles observations se fonde l'opinion si précise du docteur de Vauréal. Dans le seul article que nous avons pu lire de lui, Topinion se présente dénuée de toute preuve.
M. Lcmaire devait naturellement penser de même que nous, et c'est en effet ce qui a eu lieu. A propos d'une note, publiée dans le Courrier médical (no 41, année 1869) et où il exprimait cette opinion déjà émise dans son livre et dans plusieurs autres journaux, M. le docteur Peujade, de Caylus(Tarn-et-Garonne), crut devoir réclamer la priorité de l'idée : c Depuis bien longtemps, dit-il, j'ai péremptoirement démontré, dans un travail expjrofeno^ que le choléra est toujours produit par ces insectes microscopiques désignés sous le nom à'infusoires. Cette idée se trouve également développée dans un mémoire adressé^ il y a bien des années, à l'Académie des sciences.
< Je n'ai pas l'espoir que jamais l'Institut s'occupe des recherches d'un modeste praticien de province, mais permettezmoi au moins d'employer la voie de votre estimable journal pour revendiquer la priorité de l'opinion émise par M. J. Lemaire sur les maladies zymatiques (probablement zymotiqnes). >
Nous n*avons pas eu la bonne fortune que le travail ex profesio du Dr Peujade soit tombé sous nos yeux; nous ne pouvons donc assurer qu'il ait on qu'il n'ait pas péremptoirement démontré l'existence des infusoires générateurs du choléra; mais nous devons dire que nous craignons beaucoup qu'il ne s'abuse sur les véritables caractères d'une démonstration péremptoire; s'il Ta réellement faite, il a, en cela, mais eu teW *eu\««ittiX^'^^
vérikikle «iztHt «w ^'aciuf nr S. Lefluire, s«r moi et sur bien 4'aiKlR!k Ki» $r« «Maokr tKÎm i^ics poi^l trop probable, sa déitttitntwii je iiirae ;i lune ^kUw. il s'a pas pins k réclamer la pffMrtfeé nr B. Lmcùce^irae »r aaoi ; car ni moi ni M. Le- ■oir^ n'aidas lie aiérl&e i'ain^r iac^né les ferments vivants, <|adÎ4|ne X^ LMKuxe <m ail kîes «a pen la prétention ; mais il eft a tant ^antres» «^'luie lie pl«s en ée moins ne compte pas. Si W présent enira^ Wolie snns les Tenx de mon honorable CMifr^re de Tart-e^-^irvine, il pomrra se conTainere que bien d'anui» atant k<hks Met un anx fe imen ts vivants; mais, quant à ks avw Aigmintrfi péfempivirement on démontrés simplement« celte i^Mre a âê réservée à X. Pastenr, en ce qui concerne dn moins les ferments pkvsiolopqnes. Qnanl itux ferments patbolo^v|nes. je crois avoir, en groupant mieux peutêtre qn on ne Tavail £ùt !es motifs qne nons avons d'y croire, rendn lenr existence p!n> probable ; mais nons sommes obligé de convenir qne« ponr nn frind nombre de maladies, cette existence reste encore à IVtat de probabilité, état qui, au point où nons lavons établi, équivaut, du reste, ponr nous, à pen près k la certitude expérimentale.
Si Ton en crovait le D^ Hallier, cette certitude existerait déjà pour le choléra, comme ponr la scarlatine (voir ce moi) et pour beaucoup d'autres maladies ; mais, malgré la démonstration p^ rtmpioire du bf Peujade, le ferment du choléra serait une mocédiuée, au lieu d*étre un infusoire. Nous n'avons pu prendre nue connaissance complète des recherches de H. Hallier qni n'ont pas été, que nous sachions, traduites en français ; d'après ce que nous en dit le Dr Kirschlegcr dans la Gazette médicale de Stroi^oury (octobre 1869), ces recherches sont fort importantes (1), et comprennent des détails nombreux, indiqués par les titres des chapitres suivants :
I. — Observations sur les matières végétales trouvées dans les déjections alvines chez les cholériques (a : Recherch. surUf déject, oryzi formes dans lépid. de Berlin^ 1866; b. Rech, suritt mat. vomies par les chol. épidém. d'Elberfeld, 1867).
(1) Dan choléra-contagium ; botanische i/u5r«ac^tin^«n, ^rzlen und Nilnn* forchen mit^etheilt; von D' E. Hallier, professor In lena. Mit einer KapfertifiH; Leipzig 1867, bei EngelmaDO. — Un toI. in-8 de 40 pages, prix 2 fr. 70.
II. — > Essais de callure des déjeclions et des matières vomies;