‹ De la curation de quelques-unes des maladies les plus frequentes ou les plus de l'espece humaineChapitre 13 sur 18 · DES VENINS ET DES MALADIES VENIMEUSES · texte numérisé non relu

DES VENINS ET DES MALADIES VENIMEUSES

In physiologie morbide et pathologique, plus peut-être que Qs aucune autre science, les meilleures théories ont leur infisance et ne peuvent rendre raison de tout. Si, comme le Qsait Liébig, comme il le pense peut-être encore aujourd'hui, car les esprits distingués n'ont pas moins de peine que les très à abjurer leurs erreurs,— les venins étaient des ferments, n ne serait plus facile que d'expliquer l'action de l'acide énique sur quelques-uns d'entre e\i\, sinon sur tous. Nous rions classé les phénomènes morbides qu'ils déterminent Ds l'une des sous-sections précédentes, et nous les aurions crits comme ceux du miasme paludéen ou du forment charmneux. Il n'en est point ainsi.

Liébig a pu, à l'aide d'une théorie qui n'en était point une^ à l'aide d'un accroc à la logique de cette prétendue théorie, ire rentrer les venins dans la classe très-compréhensive de s ferments; ce qui n'était pas possible même alors, l'est en* re moins aujourd'hui. Le caractère du véritable ferment est ise multiplier, dans les conditions propres à son développeent, presque toujours de se transmettre, ou tout au moins de >uvoir s'établir d'une manière plus ou moins durable sur les rties qu'il envahit et où il trouve des conditions d'existence, s miasmes, qui ne se reproduisent pas, mais qui ont celle rnière propriété, peuvent à la rigueur, ainsi que nous l'avons k, être considérés comme des ferments, car, sauf la iransmism, ils ont la plus grande ressemblance avec les ferments ^prement dits. Us ont surtout avec eux cette ressemblance, i est une des propriétés essentielles des ferments, d'exiger

délrnîMiit lui-même, (^e n est aoac point la, e* ferment. Qu'est-ce donct Si nous en croyons eer c'est un < liquide délélire lécrètè par certains aHi 1ère ponr les autres toutefois. La diiSnition n'est mais elle est peu instrnctive; ccUe-ci ne l'est gui mais elle est plus nsive, quoiqu'elle soit de H. peut-être un peu, — bien peu, — de H. Litlré. kumevrt, > — (pourquoi humeuTt et non liquide) leuri propriitii à des lubitaiteet organiqiui ttatut par etrtainei glande* et dont it exiite autant ffeipic pu d'animaux venimeux, ■ Il paraîtrait, d'aprfe: salive, U bile, le suc ftaucréatiqBe, le aperine i leurs propriétés à dei tubtlancet organiques nal des substances inorganiques on turnatvrellttr et

lus Lapalissades qui condaiscnt à l'insli

antichambres des ministres impériaux etrépubl: Cette déBnition devait évid(?niment plaire à elle lui a plu ; elle lui a plu, savez-vons pourquoi prouve que • les venins appariicnnent an groui quite forment pendant la vie (1), et que ces vet grande anslogie avec la myrosine, la diaslase v maie, la pcctnse, la pepsine, etc., • lesquelles, a

APPUGATIONS THÊRAPEDnQUES D8 L'ACIDE PHÊNIQUE. 239

pÊndê analogie avec des ferments qui ne sont point des ferments! kk\i est' qu'elle ne ponvait guère prouver que quelque chose «omme cela. Il serait inutile de suivre M. Lemaire et ses autorités dans des définitions et des discussions hors de leur portée; H vaut mieux, car c'est plus utile, s'occuper des quelques faits fse H. Lemaire parait avoir constatés. Disons cependant, pour •B terminer avec la question des venins et des principes des fsrmentations sinapisique, glucosique, etc., considérés comme ferments, que, si Liébig a eu tort de les considérer comme tels, M n'aurait pas moins tort de les regarder avec M. Lemaire — (ànn certain moment, car il ne lui faut souvent que le temps de tourner un feuillet pour changer d'avis) — comme des corps à réactions purement chimiques. Le caractère essentiel des combinaisons chimiques, c'est de se faire conformément à la loi des équivalents; or, c'est ce qui n'a lieu ni pour ladiasttse, ni pour la pepsine, encore bien moins pour les venins : Qoe partie de diastase peut transformer, paralt-il, deux mille parties d'amidon en glucose, et quant à l'action d'un venin sur QD organisme vivant, il n'y a là rien de comparable à ce qui ae passe entre deux corps qui réagissent l'un sur l'autre par suite de leur affinité chimique. Du reste, l'action des venins sur l'économie n'a aucune analogie avec celle des poisons chimiques : les venins mortels décomposent avec une extrême rapidité les humeurs animales et surtout le sang, et sous ce rapport, ils ont vraiment de l'analogie avec les grands ferments morbides, comme ceux du charbon, du typhus bovin^ du choléra, etc.

Les 'Venins forment donc une classe de principes à part, lesquels ont bien quelque analogie avec les vrais ferments, mais qui en diffèrent par des caractères essentiels; qui ont aussi des analogies plus grandes avec les principes des transformations — (et non fermentations) — peclique , sinapisique, etc., mais qui paraissent en diîTérer aussi par un caractère important, et c'est précisément ce caractère qui fait qu'ils ont leur place marquée ici. M. Lemaire a fait quelques expériences pour s'assurer si les fermentations sinapisique, pectique et glucosique s'effectuaient en présence de l'acide phénique, et il a constaté que ces réactions n'étaient en rien trou-

blées par cet acide (1). A partir de ce moment, il falla ou rayer les réactions dont il s'agit de Tordre des ferm supposer que les ferments qui les provoquent sont ins à l'action de l'acide phénique; mais cette dernière ait étant déjà contraire à tous les autres caractères des ri c'est à la première qu'on devait définitivement se ra tout en constatant que ce ne sont point là des phéi d'affinité chimique ordinaire, et qu'il y a matière à d santés recherches.

Quant aux venins, à ceux du moins qui ont été expér ils ont, au contraire, été neutralisés par l'acide phéniq montré, sous ce rapport, une analogie avec les vrais f En sera-t-il de même de ceux qu'on n*a point expéri Nous n'oserions l'affirmer positivement, et il y a mém( decins qui l'ont nié à l'avance, par cette raison que venins n'ont pas exactement le même mode, on devra dire la même promptitude et surtout la même force Nous croyons, au contraire, que l'analogie de tous le est extrême, et que l'agent qui en neutralisera un nei très-probablement tous les autres. Mais ce n'est là qn' somption et, en somme, c'est à l'expérience à décider tion. Jusqu'à présent cette expérience n'est pas très-i nous allons en faire connaître les résultats, en les i d'après l'ordre alphabétique des animaux qui prodo venins; nous mentionnerons ensuite quelques autr ronces entre les ferments et les venins.

Abeilles. — M. Lemaire rapporte qu'en 1860, il fi l'oreille d'un cochon d'Inde par deux abeilles qui y I leurs aiguillons. Quelques minutes après, il appliqu: piqûres, après avoir enlevé les aiguillons, de l'acide i pur, à l'état liquide. Immédiatement, la peau devint d' laiteux, puis se rida, prit un aspect parcheminé; sa s ne revint qu'après quelques jours. Une heure après ce de cautérisation, l'oreille cessa d'être sensible, et l'ai parut pas incommodé.

(1) C'est dans ces expériences qu'ont été sacrifiés ces trois on qui pots de confitures, qui ont fait porter aux nues la générosité du i Ghaumelle. (Voir ci-desius p. 102.)

APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L*ACIDE PHÉNIQUE. fil

Lamôme expérience fut faite au bout de quelques jours sur *eille opposée du môme auimaU avec celte différence qu'on ppliqua point d'acide phénique : peu de temps après les ares, l'oreille se tuméfia, devint livide, douloureuse au tour; l'animal devint brûlant, ses artères battaient avec préitation; en un mot, il avait la fièvre; ses mouvements étaient I assurés; pendant 24 heures, il refusa toute nourriture, et se rétablit qu'après trois jours.

[. Lemaire a eu Toccasion de faire, sur l'homme, une obserion dont le regrettable professeur Gratiolet a été le sujet, savant distingué fut piqué par une abeille à l'extrémité palire du doigt indicateur de la main gauche; l'aiguillon resta )s la plaie. Une vive douleur se faisait sentir et le doigt nmençait à gonfler, quand dix minutes après l'accident, une ]tte d*acide phénique pur fut appliquée sur la plaie, d'où 1 avait préalablement enlevé l'aiguillon. Quelques instants :ès l'application la douleur cessa, et aucun phénomène innmatoire ne se développa.

[Irapand. — Le venin du crapaud a été longtemps contesté ; st à d'ingénieuses expériences faites par le même professeur Uiolet et par M. Cloëz qu'on doit la démonstration de la ililé de ce venin. M. Lemaire en a fait l'objet des expénces suivantes :

H virus pris sur un crapaud vivant fut inoculé à la région Icordiale d'un moineau que M. Lemaire appelle domestique, nimal vomit, tomba bientôt paralysé et mourut 40 minutes rès l'inoculation.

Une inoculation semblable fut pratiquée avec le plus .grand Q sur un autre moineau, et la piqûre fut immédiatement prégnée d'acide phénique pur. Deux minutes après l'animal promenait en chancelant dans sa cage : un peu plus tard, il nba sur le côté et agita ses membres pendant une demiire; il paraissait en proie à une grande souffrance. Peu à I, CCS accidents se dissipèrent, et au bout de trois heures limai mangeait et ne paraissait plus souffrir. I. Lemaire pensa, avec toute apparence de raison, que les Inomènes observés sur le second moineau étaient dus^ non venin^ mais à l'acide phénique. Pour s'en assurer, il appli-

ia DE L'ACIDE PHÊNIQUE.

qna sur deux antres moineaux, sur Tan, deux gonttes d'aeide, comme sur le précédent, et sur Taulrc, quatre gontles : le premier de ces deux moineaux fut malade absolument comme le . second inoculé, et celui qui fut imprégné avec quatre gouUes succomba, une demi-heure après l'application. M. Lemaire trouve ce fait curieux, et il est, en effet, remarquable que quatre gouttes d'acide pbénique appliquées seulement sur la peau et non inoculées suffisent pour tuer un moineau.

Sur le virus du crapaud, M. Lemaire a encore fait uneaitre expérience : il a mélangé une petite quantité de ce viroa avec partie égale (et non parties égales eomme il le dit) d'aeide pbé* nique, et l'a inoculée à un moineau frère des précédents ; il t manifesté des signes d'impatience; mais il n'a point chancelé, et est rentré dans Tétat parfaitement normal, au bout d'uoe heure.

M. Lemaire fait remarquer que les expériences préeédeotes ont été faites au mois d'août, époque à laqueHe le venin du crapaud est le plus énergique, et que les moineaux étaient âgés de deux mois.

Coosini. — Pour ne pas séparer les expériences faites sur le Tenin des abeilles de celles faites sur les crapauds, nous avois sauté par-dessus les cousins ; il faut revenir à ces hôtes fûrt ificommodes dont les piqûres, si elles ne compromettent pas lolie existence, la rendent au moins fort désagréable pendant une partie de l'année, surtout dans les pays chauds. Ces animaii sont déjà fort incommodes, à l'époque la plus chaude de Isanée, dans les campagnes qui environnent Paris on mémeqni sont situées beaucoup plus au nova» Ce serait donc un véritable service rendu que de trouver le moyen de guérir les piqârc^ de ces petits animaux et surtout de les prévenir.

La question de la eu ration est résolue scientifiquement pv l'application de l'acide pbénique. Mais elle ne l'est pu IA>' à fait pratiquement. Une goutte d'acide pbénique pnr déposée sur le point qui vient d'être piqué par un cousin détruit l'action du virus; mais il reste l'action de l'acide, qiût dans certains points de la peau, chez les femmes surtout, ade sérieux inconvénients, qui laisse des traces assez longte0p* persistantes, ainsi que nous l'avons dit ailleurs; somme toil^

remède est pire qne le mal ; cela est vrai quand od n'a à aiter qu'une seule piqûre; c'est bien pis encore quand il en iste plusieurs, ce qui n'est pas rare. Cet inconvénient dispa» ttrait si l'on pouvait obtenir avec une solution phdniquée gère ce qu'on obtient avec l'acide pur; malheureusement, il en est point ainsi ; la solution aqueuse ne diminue sensibleeot ni le gonflement ni la durée des démangeaisons, et le laigre phéniqué lui-même n'a pas une action beaucoup plus icace. Nous ne connaissons que deux préparations qui prolisent à peu prèsles effelsde l'acide pur sans en avoir lesinconnients; ce sont: la liqueur contenue dans les flacons de poche Guenon, et la préparation de Gaudin, dite Eau de Montecristo. On aurait pu penser que des lotions sur la peau avec une lution faible auraient pu éloigner les cousins à défaut de lérir leurs piqûres; il n'en est rien ; les cousins piquent la au lotionnée à peu près comme l'autre; du reste, la volatié de l'acide phéniqué ne lui permet pas de rester longtemps r la peau. En définitive, à part l'eau de Montucristo, un moyen ratif et préservatif des morsures de cousins est encore à )uver, M. Lemaire^ encore, ici, plus royaliste que le roi, ne ratt pas se douter de ce besoin; il parle de l'action de l'acide énique, à propos des venins et de celui du cousin en particu- !r, comme s'il réalisait tous les desiderata de la thérapeutie ; mais ce n'est pas la première fois que nous faisons obserr combien peu notre courtois imitateur se doute de ce qu'est médecine pratique ou théorique.

Dn s'est demandé comment agissait l'acide phéniqué, pour utraliser les venins, et nous dirons nous-même deux mots de Ite question à la fin de cet article; bornons-nous ici à la mtionner^ à propos de faits qui ne sont pas de nature à en militer la solution.

Frelons et guêpes. — La grande analogie d'organisation de 5 insectes et des abeilles pouvait faire prévoir que l'acide énique aurait la même action sur les venins des uns et des Lres. C'est ce que l'expérience parait avoir confirmé. M. Lelire rapporte les faits suivants^ aussi remarquables pour le >ins que ceux relatifs aux piqûres d'abeilles : K M. Lef.... fui piqué au bras et à l'avant-bras par une

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gaêpe (1) : une douleur vive, de la rougeur, du gonflemeoti en un mot tous les phénomènes de Tinoculation du venin se manifestaient déjà. Un peu d'acide phénique pur appliqué, quelques minutes après, sur ces deux piqûres, fit cesser, sur-lechamp, la douleur et les phénomènes inflammatoires.

> Hiio G... a été piquée au doigt par une guêpe. Rougeur, gonflement immédiat; une douleur vive se manifesta jusque dans le bras. Deux gouttes d'acide phénique pur appliquées sur la piqûre firent cesser en quelques instants les accidents. >

M Lemaire rapporte encore deux observations semblables recueillies à Paris; il dit que M. le docteur Bert en a recueilli de semblables, et il cite ensuite les suivantes, recueillies dans uo climat plus chaud :

c Le fils de M. Lucien Biard et sa domestique furent piqués l'année dernière au Mexique, par des guêpes. De la rougeur et du gonflement survinrent. Une douleur très- vive les incommodait. M. Biart appliqua deux gouttes d'acide phénique pur sur ces piqûres. Tous les accidents cessèrent presque instantanément. Ces piqûres n'eurent pas d'autres suites. »

Le cas suivant se rapporte à une piqûre de frelon:

c Au mois de septembre 1864, le professeur Gratiolet, eo chassant les insectes dans le Périgord, fut piqué à la maio droite par une guêpe- frelon, une douleur vive en fut la conséquence. Mais comme il ne sortait pas sans avoir un pelit flacon d'acide phénique dans sa poche, il cautérisa immédial^ ment la piqûre avec cet acide. Tous les phénomènes toxiques et inflammatoires cessèrent sur-le-champ. »

Les frelons, on le sait, ont un venin d'une action plus intense que celui de la guêpe, soit qu'il soit plus énergique on qu'il en dépose dans la piqûre une plus grande quantité ; il est donc remarquable qu'il ait été neutralisé aussi facilement qos celui de la guêpe et de l'abeille, si toutefois c'est biei un frelon que M. Lemaire a voulu désigner par les mois guépe-fr^on'

(I) Est-ce bien par la môme? Il est bien rare de Toir le inéaie insedc Ui" deux viqùies conséculives. Ce n'est pas que la question ait une bien grande !■* portaucc; mais Tabscnce do toute remarque h cet égard prouTe que notre io»' taleur ne comprend pas la portée de ses observations ou les rédige arec bcaacoip de légèreté.

Mouches. — Les mouches causent parfois des accidents bien autrement foronidables que ceux des guêpes et des frelons; mais c'est en inoculant des principes qu'elles ont puisés ailleurs et dont elles n'ont été que les véhicules. (Voir article Charbon.) Nous ne connaissons pas bien positivement dans nos climats de mouches qui aient à proprement parler un venin. On parle cependant de mouches qui posséderaient en propre des principes très-déléières; Livingslone parle d'une mouche, dont le nom nous échappe et qui causerait des accidents sérieux dans certaines contrées de l'Afrique. Mais la cause précise de ces accidents^ à les supposer réels, n'est pas déterminée.

Malgré l'incertitude qui règne à cet égird, nous croyons qu'il sera toujours prudent de cautériser le plus tôt possible avec l'acide phénique toutes les piqûres de mouches, car ce précieux agent n'a pas moins d'action, s'il n'en a pas davantage, sur lés ferments transportés et inoculés par les mouches que su;- les venins eux-mêmes. Aussi conseillons-nous à nos lecteurs de suivre l'exemple de Graliolet et d'avoir toujours dans leur poche, en été, un flacon de p chc de Guenon.

Salamandres. — C'est encore aux recherches du regrettable professeur Gratioletetdc M. CIccz qu'on doit la démonstration positive du venin de la salamandre. L'acide phénique paraît avoir sur ce venin la môme îfclion que sur le venin des crapauds. Nous ne sachons pas qu'on ait expérimenté sur la salamandri> fluviatile ou triton ; mais il est à peu près certain qu'on obtiendrait les mêmes résultats que sur la salamandre Icrrcstra.

Scolopendre. - Si l'on en croit l'opinion généralement accrédiiée aux Indes et aux Antilles, ce petit animal, du genre des myriapodes et de l'ordre des chilipodes, ne se rapprocherait pas seulement par l'ordre alphabétique du scorpion, mtis aussi par le venin qu'il sécrète, et par la douleur des {nqûrcs qu'il fait quelquefois à Thomme. La seule espèce qui paraisse sérieusement venimeuse parmi celles qui habitent le midi de 1 Europe, est la scolopendre cinguléj, très-fréquente en Italie et au sud de la France. Cependant les piqûres de cet insecte sont bien rares, ei nous ne savons si l'histoire de la science en renfermait des exemples b'en authentiques, quand le docteur Sébas-

tîani en publia deux cas, il y a quelques mois. D'après le nom de l'auteur, il semblerait que ces deux cas doiYent avoir été > observés en Corse ; mais la Tribune médicale à laquelle novs ' empruntons l'analyse du travail du docteur Sébastiani ne donne ' aucun renseignement à cet égard. Un autre défaut de l'analyse où nous puisons ces renseignements, c'est que le docteur Sébastiani, au lieu de décrire les phénomènes qu'il a observés chez les deux malades piqués, un enfant de 8 ans et un homme de 49 ans, décrit ces symptômes d'une manière générale, en sorte qu'on ne sait si c'est une description d'après les auteurs qn'il trace, ou bien d'après ce qu'il a vu. Dans ce dernier cas, deux faits seraient insuffisants pour autoriser une telle description, Quoi qu'il en soit, voici ce que dit M. Sébastiani, du moins d'après l'auteur de l'analyse :

c Aussitôt après la piqûre, le blessé éprouve une démangeaison à laquelle succède une douleur vive qui s'étend à lont le membre. La piqûre forme une tache rouge qui s'agrandit pen à peu et devient noire au centre. L'escarre, dans le second cas, avait les dimensions d'une pièce de cinq francs.

> Les accidents généraux sont effrayants : anxiété préeordiale, douleurs articulaires, fréquence et irrégularité du ponls, vertiges, céphalalgie intense^ et vomissements de matières bilieuses. Vers le second jour, l'aspect de la blessure présente tous les caractères de la pustule maligne ; il est môme trèsdifficile de ne pas s'y tromper.

> L'auteur, chez ses deux malades, nota l'engorgement et rinflammation des vaisseaux lymphatiques du membre el des ganglions de l'aisselle; caractère qui ne manque jamais dans la pustule maligne.

> Le traitement local consiste en application de compres- ■ ses trempées dans une forte décoction de feuilles fraîches de noyer.

» Comme traitement général, acide phonique à la dose de 2 1 gramme, et 2 grammes de chloral dans une potion de ilO | grammes. y

> Les phénomènes généraux ont cessé assez rapidement, et ;; après la seconde potion, les deux malades étaient hors de danger, p (Tribune médicale, 5 mai 1872.) ^

APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L*AC1DE PHÈNIQUE. Ul

Anx observations dont nous avons fait précéder cette narration nous ajouterons les suivantes :

L'auteur établit que le traitement local consiste en Tapplicatlon, etc. Consiste signifie que ce traitement est une règle établie par l'assentiment général ou par la tradition ; or, nous ne sachons pas que ni l'un ni l'autre soient acquis à la décoction, même forte, de feuilles de noyer; M. Nélaton n'a pu la faire accepter pour la pustule maligne ; nous ne pensons pas que I. Sébastian! soit plus heureux pour la morsure de la scolopendre; nous pensons donc que les applications locales d'acide phénique seraient préférables à la décoction de feuilles de noyer.

La rédaction de l'auteur ou du résumcur indique que le trai* tement général est également établi classiquement et consiste dans 1 administration de i gramme d'acide phénique et de 2 grammes de chloral. C'est encore là, évidemment, une manière de s'exprimer, car personne, excepté le docteur Sébastiani, n'a probablement employé encore l'acide phénique contre la piqûre de la scolopendre. On pourrait donc tout in plas dire que le traitement doit consister. Nous croyons ^'en effet, l'acide phénique est indiqué à l'intérieur en même temps qu'^n applications locales ; nous croyons seulement que dans une piqûre, qui, malgré les douleurs qu'elle cause, ne parait pas mettre la vie en danger, 50 à 60 centigrammes d'acide suffiraient, et qu'il y aurait avantage à les dissoudre dans plus de 140 grammes d'eau. Quant à l'association du chloral à l'acide phénique, association imaginée, probablement, dans le but de calmer la douleur, nous croyons que le chloral n'a pas assez bien soutenu la réputation qu'on a voulu lui faire à ses débuts, pour qu'on doive le préférer jusqu'à nouvel ordre aux autres calmants; nous aurions donc plus de confiance dans les alcaloïdes de l'opium.

Quant à la difficulté extrême qu'il y aurait, suivant M. Sébastian!, à distinguer, au deuxième jour de la piqûre, la lésion qu'elle cause de celle de la pustule maligne, notre honorable confrère n'a donné aucun détail descriptif qui justifie son opinion, on plutôt il en a donné quelques-uns qui doivent empêcher de l'adopter.

Si8 DE L'AUDE PHENIQU&

Scorpions. — Le venin des scorpions a une répuUlioo sinistre qui n'est point justifiée pour les scorpions d'Europe, lesquels habitent à peu près exclusivement les coolrées riveraines de la Méditerranée; leurs piqûres paraissent même moias dangereuses que celles des guêpes et des abeilles. 11 n'en est pas de même des grands scorpions des pays chauds, dobt les morsures peuvent être mortelles pour de grands animaux comme les chiens. Des essais d'application de l'acide pbéoiqae contre les morsures de ces grands insectes ont été faits as Mexique, par M. Biard, et paraissent avoir eu le même saeeèi que ceux relatifs aux morsures d'abeilles et de guêpes. Voici les notes que publie, sur ces essais^ M. Lemaire, d'après M. fiiard :

c Un de mes élèves fut piqué à la main par un scorpion. Je touchai la piqûre avec de l'acide phénique pur» et l'élëTe continua son travail sans le moindre accident.

9 Quelques jours après une de mes servantes était atteinte au coude. Cette fois encore l'acide phénique neutralisa le poison.

> Enfin, un maçon qui remuait des pierres, depuis longtemps amoncelées, mit en fuite une douzaine de ces petits scorpions blonds qui vivent en compagnie des cloportes, reçut deux piqûres à la fuis, et continua son travail sans rien dire. Une demi-heure après, tout l'avanl-bras, gonflé oolre mesure, lui semblait être sur des charbons ardents. Je caalérisai immédiatement les piqûres. Le lendemain notre bomoie reprenait sa tâche, ce qu il n'eût pu faire avant trois jours ao moins, sans les merveilleuses propriétés de l'acide phénique.»

M. Jousset a observé dans de nombreuses expéricnC'S sur les grenouilles avec le venin du scorpio occitanus, qu'il a inoculé à leurs pattes. Il a observé l'action sur le sang, inoculé! difi'érentes doses, et il a résumé les expériences dans lescooclusionà suivantes :

c lo Le venin du scorpio occitanus agit directement sur les globules rouges du sang cl ne parait agir que sur eux;

j> 2o Son action a pour résultat de faire perdre aux globules la propriété de glisser les uns sur les autres;

> 30 En perdant cette propriété, ils s'agglatinent les ucs

APPUGATIONS THÉRAPEUTIQUES DK L'ACIDE PUÉNIQUE. 249

9Wi antres et aux globules sains de manière à former de petites masses qui obstruent l'entrée des capillaires et mettent obstacle ^ la circulation.

• C'est par ce mécanisme et en s'opposant à la plus indispensable des fonctions^ que ce venin place Téconomie animale dans des conditions incompatibles avec la vie.

I II résulte encore des nombreuses expériences relatées dans ce mémoire qu'une quantité déterminée de venin est nécessaire pour que l'animal soit empoisonné. Le venin de scorpion, eomme tous les autres venins probablement, n'agit donc que quantitativement et d'une manière purement chimique, ce qui le différencie des virus dont l'action parait analogue à celle des ferments. » (Courrier médic, n» de novembre-décembre 1870.)

Les expériences très-curieuses de M. Jousset l'auraient été davantage encore, si, après avoir inoculé le venin, il avait injecté sous la peau une petite quantité d'acide phénique, et s'il avait observé ce qui se passait dans le sang des animaux en expérience. Peut-être cela nous aurait-il appris quelque chose sur Taclion antivenimeuse de cet acide, quoique la grenouille 3oit bien éloignée des mammifères.

Qoant à ce que Thonorable expérimentateur dit de l'action parement chimique des venins, nous en avons déjà dit deux mois et nous y reviendrons à la fin de cet article.

Serpents. — C'est surtout sur le venin des serpents que se concentre le grand intérêt des substances antivenimeuses : JDsqu'à présent peu de résultats avantageux ont été obtenus; l'ammoniaque est le seul agent qui conserve quelque réputation^ quoique les faits qu'on cite en sa faveur ne soient pas «lécisifs. Quant aux cédrons et au guaco, les observations ^n'on cite en leur faveur, quoique dignes d'êlre prises en considération, laissent cependant à désirer.

Il est remarquable qu'en 1854, le docteur W. Clarke, convaincu de rincerlilude de ces résultats, essaya la créosote sur les serpents et sur leurs morsures, en obtint de bons résultats et conseille son usage ou l'usage de composés analogues.

C'est, inspiré par ces données, que M. Frayer, chirurgien de l'armée du Bengale, essaya l'acide phénique et communiqua à M. Calvert une note que le Moniteur scientifique du docteur

SO DE L* ACIDE PHiMQUB.

Quesneville publia dans sa livraison du l^r septembre Dans cette note, le docteur Frayer rend surtout compU périences, au nombre d'une quinzaine, qui prouvent qn* gouttes diacide phonique insinuées dans la bouche de reptiles de grosse espèce les tuent promptement, et que plusieurs gouttes mises en contact avec leur peai vent les tuer aussi. Pour prouver ce dernier point, le ( Frayer rapporte l'expérience suivante, qui est la ihP de l

Expérience no 14. — c Je versai quelques gouttes pbénique à l'entrée d'une grande cage de bois avec de^ fils métalliques, dans laquelle était un grand bunyarui tes. Le serpent ne fut pas dérangé, et bien qu'il tou tête, l'acide pbénique ne put pas pénétrer dans la t immédiatement, le bungarus détourna la tôle de l'end était l'acide^ éprouva une excitation et des convulsioi marquées : après quelques instants, la queue devint toi rigide; au bout de trois minules, l'animal se tourna su et resta presque immobile ; après environ 5 ou 6 aut nutes, il était complètement mort. Ce serpent, qui n cinq pieds de long, était très-vigoureux, et en môme très-lent, comme l'est, je crois^ le bungarus, mais trëi quand il se réveillait. Après la mort, la muqueuse de la avait conservé son aspect ordinaire, tandis que la mi d'un cobra tué par l'introduction de quelques gouttes dans la bouche, était blanchie; le venin sorti des c était en outre coagulé. >

D'après ces expériences,!. Frayer pense que l'acide pi est un bon moyen d'empôcher l'introduction des serpei les habitations, et c'est dans le but de rechercher c( qu'il les avait entreprises. Il n'en a pas fait pour étudi tion de l'acide phénique sur les animaux mordus par pents si redoutables. Mais il fait mention d'observati auraient été faites par les docteurs Tessier et Boyd, qui haut intérêt pour nous, celles du docteur Tessier parti ment, puisque cet honorable confrère aurait appliqué poisonnement par le venin des serpents la mélhode s tanée.

c Je partage Topinion du docteur Frayer (1), dit le publica- ^r de la note, M. Calvert, que l'acide phéuique possède la Vopnétë de coaguler le venin des serpents; mais je crois qu'un lri$Qltat plus avantageux » — (plus avantageux que quoi?) — ^serait obtenu par la méthode suivante, mise pour la première ^s en pratique, avec un grand succès, par le docteur Tessier, #f!le Maurice, en 1863. La méthode du docteur Tessier consiste â'injecter sous la peau une solution de trois quarts de grain (2) 4'acide phénique dissous dans 20 (3) minims d'eau. »

M. Calvert n'est pas obligé de savoir que la méthode souseotanée n'est pas la méthode du docteur Tessier ; mais il n'en tpas moins bien fait de mentionner la pratique de cet honorable praticien; il aurait mieux fait encore s'il avait publié en détail hs observations que M. Tessier a pu recueillir. Les renseigne- Dents qu'ajoute encore le savant fabricant de Manchester ne fluinquent pas d'intérêt, quoiqu'ils pèchent un peu par excès ûe laconisme.

t La valeur de l'acide phénique, pour prévenir les effets nortels de la morsure des serpents venimeux, est pleinement démontrée par les intéressantes cures effectuées, en 1868, par le docteur Boyd (de Warnambog), et publiées dans les journaux australiens. Le docteur a administré à trois personnes mordues de faibles solutions d'acide phénique dans de l'eau-de-vie. »

Tels sont les documents que nous connaissons sur l'action de l'acide phénique sur le venin des serpents et sur les serpents eux-mêmes. N'ayant aucune expérience personnelle sur la matière, nous ne pouvons rien ajouter à ce qu'on vient de lire; nous dirons seulement que la rapidité d'action du venin des serpents, et le quasi-impossibilité d'agir immédiatement après la morsure, indique expressément l'emploi de la méthode souscutanée, ainsi qu'a eu l'excellente idée de le faire le docteur Tessier; mais nous ajouterons que la dose d'acide qu'il injecte

(t) Le journal imprime, tantôt Frayer^ tantôt Fayrer^ en sorte que nous ne MTons pas au juste conunent s'écrit le nom de notre estimable confrère. Nous lui lûsons ici toutes nos excuses de ne connaître son nom que par la note pi^ijiiée par M. Cal?ert; il est probable que M. Frayer ou Fayrer a publié d'autres tra- Taux utiles.

(S) Un peu moins de 4 centigrammes.

(3) 20 gouUes.

â.â DE L'ACIDE PUÈNIQUÊ.

est un peu faible : le cas dcbdaut nous ferions trois ou quatre injections, en une seule séance, de cinq grammes d'eau phéniquée à i et même à 2 ou 3 pour iOO, soit 20 à 90 centigrammes d'acide ; encore donnerions-nous en outre quatre à cinq cuillerées de notre sirop phéniqué dans les 24 heures.

Nous ne clorons pas ce que nous avons à dire, quant à présent, sur le venin des serpents, sans faire remarquer que la créosote a, ici comme dans la diarrhée^ la dyssenterie, la fièvre typhoïde, etc., précédé l'acide phéniqué; qu'elle en a môme inspiré l'emploi, mais qu'elle doit aussi lui céder la place. Nous renvoyons à la fin de cet article quelques autres remarques sur les expériences relatives aux serpents.

Tarentule. — Cest en quelque sorte pour mémoire que noas | mentionnons ici cet insecte venimeux dont on a beaucoup exagéré jadis la puissance délétère. Non-seulement le taren' tisme parait lui-même être un roman, mais la piqûre de la plus mauvaise des deux espèces de tarentule parait à peine atteindre en danger celle de l'abeille. Il n'en aurait pas moins été fort intéressant d'expérimenter l'acide phéniqué contre les morsures de cet arachnide ; l'occasion ne doit pas en manquer à nos confrères de la Fouille et de la Galabre ; espérons qn'ils ne tarderont pas trop à en profiler.

Dans les quelques remarques que nous avons présentées an commencement de cet article, nous avons dit en quoi les venins se rapprochent et s'éloignent des ferments, en quoi ils sont, quant à présent, un embarras pour la doctrine parasitaire. Après les faits que nous avons notés à propos de certains venins en particulier, quelques remarques sont nécessaires encore.

Les venins n'étant point dos ferments ne renferment proliablement pas de microphytes ni de microzoaires, et par conséquent, ce n'est point en tuant ces êtres microscopiques qoe Tncide phéniqué les neutralise. Comment donc agit-il ? M. 1er maire pense que ce pourrait bien être en formant une conobi" naiscn avec eux ; ou bien encore en paralysant les vaisseavi

APPLIGATipNS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. 253

capillaires^ ou en coagulant ralbumine et le sang du corps muqoeux, qui — (le corps muqueux sans doute) .— en cet état, ne permettrait pas Tabsorption; ou bien encore d'une autre façon sur laquelle M. Lemaire se prononcera quand il aura d'autres expériences.

L'explication que M. Lemaire se propose de donner quand il aura reçu les expériences c quHl attend, » sera peut-être la bonne; quant à celles qu'il donne, sans y attacher, d'ailleurs^ plus d'importance qu'elles n'en ont^ elles ne valent évidemment rien.

Sans doute, si l'acide pbénique étail appliqué sur la peau ou dans une piqûre en même temps que le venin, il empêcherait l'absorption de celui-ci en tannant momentanément la peau^ comme nous avons vu qu'il empêchait l'absorption du sulfate de strychnine sans agir chimiquement sur lui (voy. p« 22i), mais ce n'est point ainsi que l'acide a agi sur les patients qui avaient été mordus par des animaux venimeux : l'acide a été appliqué dix minutes, une heure et même plus longtemps après la piqûre; à ce moment l'absorption du venin éiait faite Boit en totalité, soit en partie; quelquefois tout un membre était déjà tuméfié, comme, par exemple, chez le malade de l'observation rapportée h Tarlicle scolopendre, et cependant l'acide pbénique a,. dans ces cas, arrêté les accidents.

Dans certains cas, l'acide pbénique paraissaut (1) ne devoir pas lui-même être absorbé, ne peut aller entrer en combinaient à une distance de plusieurs décimètres de son point d'application; d'ailleurs, des combinaisons entre des produits probablement complexes et en tous cas indéterminés comme les venins (2) et un principe immédiat bien défini comme l'acide

(1) Noac disons paraUsant, car nous sommes loin d'être flxé sur ce po'.iit, cl à ynA dire nous sommes très-porté à croire qu'il y a toujours absorption du Tenin ^ans une proportion quelconque, même dans les cas de tannage de la peau le plos prononcé.

(%) On a isolé, il est yrai, dans le venin de la vipère, une sorte d'alcaloTdc «lu'on a nommé échidninef et qui empoisonne comme le Tenin lui-même; mais lien ne prouve encore que ce produit soit un véritable alcaloïde, et cncoie moins que Tacide pbénique entre en combinaison avec lui et le neutralise; nous ne sachons même pas que Tacide pbénique se combine avec aucun alcaloïde connu et que l'hypothèse d'une combiuaison avec Téchidnine ait pour elle-même une prélomptioD foadéc sur Taualogie.

miii, oatre ^ne robserration unique de H. Pra^e; ■•nie pour établir qne l'acide phéoiqae coagvle, it tu, le Tenin da cobra, il ne parait paa que le vinii i tnijnel H. Lemaire a mêlé de l'acide pbéaiqne, ail < El pais, la coagulation cût-elle lieu, quand on mé les deux liquides, il esl certain qu'elle ne pourrai dans les cas, par eiemple, comme celui du maçoi un scorpion [voir ci-dessus) dont tout le bras élail blemenl tuméfié et dont l'acide phénique appliqué i a fait disparaître le gonflemenl. Non-aenlement, <1 de ce genre, il est difficile d'admettre une combin le sens où l'entend la chimie, mais il est déjà d'expliquer la neutralisaiion du venin d'une façon i il parait évidemment nécessaire que, pour produii tralisation, une portion d'acide pbénique soit absoi le tannage de la peau que nous connaissons ; il y i d'iniéressanlcs et pcnt-éire importantes recherel mais les pbysiologialea expérimentateurs compreni expériences qui auraient un grand intérêt, de gra quenccs pratiques, cl les quelques praticiens qi prennent n'ont guère le temps de les faire. Aussi i)ti1i> mnrr',h(>.t-'>ll(> enrnm nlnc 1i>nli>ment mie l'aiil

APPUGâTIONS thérapeutiques de L'ACIDE PHÉNIQUE. lU

«omme un confrère vient de la proposer (l'alcoolisation) contre l'infection pnrulente (voir ci-dessus ce mot). Si les faits en £ateur de cette méthode avaient été mis hors de doute par une <è8ervation rigoureuse, il y aurait à les discuter; dans l'état ttànous les connaissons, on ne peut qae les mentionner; on peut ajouter seulement, que si l'alcool a agi efficacement, dans ces cas, ce n'est pas en neutralisant les venins à la manière de Facide phénique.

Enfin, un caractère que nous avons déjà mentionné, mais sur lequel nous devons insister de nouveau, après les expériences et les remarques de M. Jousset^ c'est qu'il faut une certaine dose de venin pour produire des effets déterminés, tandis que les ferments, tout le monde le sait, produisent tous leurs effets, dès qu'on en déposa une quantité^ si petite qu'elle soit, sur un ter* nin favorable à leur développement; et l'on ne comprend pas, i vrai dire, qu'en présence de ce caractère différentiel, Liébig ait pu considérer les venins comme des ferments.

Toutefois, de ce fait, qu'il faut une certaine quantité de venin pour produire une action déterminée, à la conclusion que cette action est purement chimique, il y a trop loin, suivant nous ; il manque à cette conclusion beaucoup de prémisses, et elle a contre elle plusieurs circonstances qui paraissent importantes, sinon décisives : telle est, entre autres, la marche de l'intoxication, qui ne ressemble nullement à celle d'une intoxication chimique, et la rapide décomposition du sang que ne produit aucun poison chimique, et que n'expliquent pas, du reste, les expériences du docteur Jousset; certes, l'altération des globules qu'il décrit est parfaitement suffisante pour suspendre la vie; mais elle ne rend nullement raison de la prompte décomposition des fluides de l'économie, décomposition fort analogue, ainsi que nous l'avons dit, à celle des grandes infections fermentatives. *Les venins ne sont évidemment pas des ferments;^ mais ils s'en rapprochent par quelques caractères, et il n'en pourrait être autrement pour qu'un esprit comme Liébig les considérât comme de véritables ferments.

Par ces remarques et par celles qui se trouvent au commencement de cet article, on voit quel sujet de recherches intéressantes il y a dans l'étude des venins. On a doue ^eiue à<^\nr

prendre que ces venins, dont un grand nombre sont pendant aoc bonne moitié de Tannée (pour ne parler que de notre ellmat) à la portée de tout le monde, soient aussi délaissés par les physiologistes expérimentateurs; espérons qu'il finira par s'en trouver un qui reprendra, sur une plus vaste échelle, les expériences de Gratiolet, de Cloêz et du docteur Frayer.

QUATAIËMfi SECTION.

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