MALADIES DONT LE PARASITISME EST UNE GOMPUGATION
CONSIDÉRATIONS 0ÊNÊBALE8. ^
On s'apercevra sans peine, au premier coup d'oeil jetésnrla liste des maladies que les imperfections de la science nous obligent à réunir dans ce groupe, que notre classification est toule provisoire, et que la présente section se modifiera oa peutêtre disparaîtra dans les progrès de la science. Mais notre elts* sification a toujours, sur les autres^ entre autres avantages, celui d'avoir conscience de ses défectuosités, et de ne pas se croire invulnérable à l'action do temps et du progrès. Dès aujourdlir/^ nous aurions même pu diviser cette sous-section en deux autres, assez naturelles, l'une qui aurait compris les inflammations qui se déclarent spontanément, et Tautre celles qui suivent des violences ou des blessures physiques. Cette section, en effet, comprend presque toutes les maladies que les nosologistes ont appelées et appellent encore aujourd'hui des inflammations; c'e^ la classe nosologique quo, depuis Broussais, on a considérée et Ton considère encore comme la plus naturelle et, par conséquent, celle qui fournit le plus d'indications thérapeutiques. Rien n'est plus éloigné de la réalité qu'une pareille opinioui la réaction a, du reste, commencé contre elle depuis plusieurs années, et elle est sur certains points portée à ce degré que, de toutes les inflammations spontanées, celle qu'on a longtemps considérée comme le type^ pour ainsi dire, de l'inflammation, la pneumonie franche, au lieu d'être traitée par les saigoéos
mples on coup sur conp« est traitée en Angleterre et même ms qnelqnes services des hôpitanx de Paris, par Talcool à dose odérée, en attendant les hantes doses dn doctenr Danet ; >mbre de Bronssais a dû frémir à la vne de ces prescriptions l'il n'aurait pas hésité à qualifier de prescriptions d'assassin ; (pendant son élève Bonillaud, malgré son âge, n'en est pas ort d'apoplexie. Qnant à nous, ces révolutions subites ne nous it causé aucun étonncment : aussi longtemps que la médene continuera à marcher sans flambeau dans les ténèbres, ces ivolutions n'étonneront que les esprits bornés par l'horizon roit d'une école contemporaine. Ne faut-il pas, en effet, être 3solument aveuglé par l'esprit de système pour pouvoir elas- !r, dans une môme catégorie, l'inflammation dyssentérique, inflammation typholque, l'inflammation rhumatismale, Tinammation dartreuse, l'inflammation syphilitique et beaucoup 'autres non moins hétérogènes? Et ce sont pourtant ceux qui Qt admis cette classification, qui même l'admettent encore en )ut ou en partie, qui se permettent d'envisager avec dédain, u haut de leur grandeur ou plutôt de leur absurdité, la docrine ou, comme ils le disent, ^ ceux qui sont polis, — l'hypo* hèse parasitaire. Qu'y faire? Leur rappeler simplement que eurs ancêtres ont considéré de même la découverte du quinpiiDa et à peu prèstoutes les découvertes qui ont fait de la méiecine autre chose qu'un thème de vaines discussions et d'in- ^oyables absurdités, qui souvent ne sont même pas, comme lisait Bichat, dignes dun homme de bon sens.
La nouvelle doctrine ( ou du moins établie sur de nouvelles l^ases) ne saurait partager ces erreurs, et si elle range dans iQe même catégorie une série de maladies qui presque toutes ■Ont des inflammations, c'est uniquement parce qu'il faut un *rdre pour la commodité de l'étude, mais sans s'abuser sur la aleur de sa classification, et avec la conscience des modificaîons que l'avenir lui réserve. La nouvelle doctrine n'ignore pas ne plusieurs de ces inflammations sont causées probablement ar des parasites divers, qui doivent former autant d'espèces lorbidcs, et sans arriver même aux espèces, il est une distincon que nous devons faire, dès à présent, entre deux grandes itégories d'inflammations, à savoir : celles qui succèdent à
S8 m L'ACIDB PHfanQUB.
des violences exlérienres et celles qui se déreloppent ipoiii» * nément, ce qui vent dire senlement sans cause eonniie, i« moins sans cause dite prochaine. Quelques explications m ce point sont indispensables.
Quand les chairs sont ditisées par un instrument très4ranchant, un rasoir bien affilé, par exemple, et que les deux surfaces de la division sont exactement affrontées et maintennei en contact, elles se réunissent pour ainsi dire immédiatemeat et sans douleur, si l'on n'exerce sur elles aucune pression et qu'on ne leur imprime aucun mouvement. Lors donc qn'ass inflammation survient, que du pus se forme, c'est-à-dire ips des parasites apparaissent, — car il est à peu près démontré que ce sont des parasites qui provoquent la formation da pas, comme la fermentation alcoolique et toutes les fermentatioas, — on peut dire que ces parasites sont une complication de la plaie ; mais sont-ils une complication de l'inflammation? éri* demmenl non, puisque ce sont eux qui déterminent l'infisBmation. Il en est de même, et à fortiori^ des inflammatioBi^ dites spontanées, même des plus franches, comme la pneast* nie type, qui sont aussi, selon toutes les probabilités, candei par Taction de parasites spéciaux, dont la présence dans lii tissus précède toute manifestation symptomatique. Les tenan du titre de cette section ne sont donc pas rigoureusement exael% môme appréciés aux seules lumières de la science actuelle; fluis il fallait évidemment séparer les maladies que comprend eelll section des maladies à ferments proprement dits, à vims et I venins, et c'est uniquement dans le but de rendre cette sépait» lion frappante que nous en avons fait une section à part. lio#{ aurions dû peut-être la diviser elle-même en deux autres, eeOtj des inflammation s traumatiques et celle des inflammations diMi| spontanées; il nous a paru qu'il suffisait d'indiquer cette tinction dans ces généralités, cela suffit aux exigences de doctrine, et quant à celles de la pratique, elles sont compU ment désintéressées dans la question, puisque, dans l'im] bilité de classer les espèces morbides de chaque section d'a[ leurs affinités naturelles, nous avons dû nous résoudre I ranger dans l'ordre alphabétique. C'est sous le bénéfice et la réserve de ces considérations que nous allons passer
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L*AGIDE PHÈNIQUE. 250
Lvement en revue les maladies que nous avons placées dans la présente catégorie.
Art. I. — DES ABCÈS.
Au point de vue du traitement, les abcès, lorsqu'ils sont superGcielSy par conséquent faciles à atteindre, ressemblent beau- «mp aux plaies et aux ulcères , aux plaies quand ils sont dbaads, aux ulcères quand ils sont froids; ce que nous dirons au articles consacrés à ces deux maladies leur sera donc applicable. D'un autre côté, les abcès survenus dans certaines Bonditions spéciales, tels que ceux qui sont la conséquence d'inlltrations urineuses, d'engorgements lymphatiques, sont trop litimement liés aux causes dont ils dépendent pour en pouvoir Mre séparés, pas plus au point de vue de la thérapeutique qu'au ^int de vue de la pathologie. Ceux dont nous a\ons quelques Misa dire ici ne sont donc que ceux que le bistouri ou les Busiiqnes ne sauraiehl transformer sans danger en plaies impies, aiguës ou chroniques, qui restent anfractueux, et
laos lesquels, par conséquent, le pus séjourne et tend à s'al-
'* — ■rer.
Cest dans ces abcès que H. Haisonneuve a obtenu, dès 1862, k remarquables succès à la suite d'injections pratiquées, sur •M indications, avec de Teau phéniquée variant de i à5 p. iOO, Aivant le degré d'excitabilité des parois des foyers purulents; HKun autre traitement n'avait, à beaucoup près, donné des Vitultats aussi satisfaisants.
Au dire de M. Lemaire, M. Campbell de Morgan (nous no sa- Hmis'il s'agit de M. Campbell l'accoucheur, que nous neconittssons que sous le nom de Campbell, tout court) aurait em- ^é la solution phéniquée saturée avec non moins do succès |ie M. Haisonneuve.
biant à M. Lemaire lui même, il a obtenu, dit-il, dans son
IVitfé de l'acide phénique^ d'excellents effets du < coaltar
mfanmè et » — (on devine le reste de la phrase) — < de
bride phénique. » Pour notre compte, nous avons obtenu des plÉllats infiniment plus satisfaisants de l'acide phénique que
MO hE L'ACDB PHÈHIOUB.
du coaltar c saponiné, > que nons aTions employé assez sovrent, avant d'avoir appliqué le premier de ces moyens. Hoas aTons encore en ce moment sons les yeux un abcès froid qsi s'est développé très-lentement chez un enfant lymphatique de cinq ans, et qui s* est ouvert un peu au-dessus dn pH de l'aioe après avoir acquis un volume énorme et avoir simulé pendant assez longtemps une hernie interstitielle ventrale; cet abcès, dont les ramifications remontaient très-haut, et qui pouvait &ire craindre une lésion osseuse, n*a pas acquis de l'odeur un seal instant^ quoique l'air y entrât et en sortit librement, et aijourd'hui, quinze jours après son ouverture spontanée^ il ne reste qu*un pcrtuis très-peu profond , qui permet de préfoir une cicatrisation complète d'ici à quelques jours. — Dès le premier jour de l'ouverture, des injections avec de l'eauphénlquée à 2 p. iOO ont été pratiquées dans la plaie, et de la cbarpie imbibée de la môme solution à 1 p. iOO a été constamment maintenue sur la plaie et recouverte d'un taffetas gommé pour empêcher l'évaporation du liquide qu'on renouvelait, du reste, deux ou plusieurs fois dans les 24 heures. Le foyer, malgré son étendue considérable, démontrée par la grande quantité de pus fourni le jour de l'ouverture (un tiers de litre environ), n'eus donné depuis qu'une quantité insignifiante, et depuis plusieurs jours, il s'écoule seulement quelques gouttes de liquide séreux, roussâtre.
Nous croyons que l'histoire de cet abcès sera celle de tons les abcès analogues lorsqu'on leur applique avec soin la même médication , et seulement cette médication , car nulle antre actuellement connue n'aurait une pareille influence. Nousborncronsà ces quelques mots ce que nous avions à dire des abcès. Les remarques qu'exigent les rapports de la nouvelle méthode avec la suppuration seront mieux placées à l'article Pus, -
Art. II. — DE l'adénite.
Cette affection, comme tout le monde sait, est une des manifestations les plus coii&\^tv\.^%d^\^ «<&cQCule; il en sera question,
qnand hoas traiterons de cette dernière maladie. La syphilis en- Tahit aussi très-fréquemment les ganglions; nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de ce symptôme syphilitique, à l'article Syphilis; enfin quelques autres maladies , comme la peste à bubons, par exemple, qui ne doivent pas nous occuper ici, établissent aussi plus ou moins fréquemment leur siège sur le système ganglionnaire. Mais en dehors de toutes ces adénites , il en existe un assez grand nombre qui paraissent idiopatliiques, comme on dit encore dans le langage de Técole, c'est-à-dire qui ne paraissent liées à aucun état général. Ces adénites affectent quelquefois la forme aiguë, mais beaucoup plus souvent la forme chronique. Les médecins militaires, et en particulier H. Larrey , qui a publié sur ce sujet un travail distribué à grand nombre, comme tout ce qu'écrit M. Larrey, nous ont fait connaître cette particularité, extrêmement inté> ressantc, que cetie dernière forme s'observe fréquemment chez les jeunes soldats sur les ganglions du cou (adénite cervicale); ils paraissent avoir constaté, en outre, mais ce fait est peut-être encore insuffisamment établi, que cette adénite des jeunes militaires ne s'observe presque jamais dans les régiments de zouaves, ce qui ne pourrait tenir qu'à l'absence de cravate, puisque c'est par cette absence que le vêtement des zouaves dififôre essentiellement de celui du reste de l'armée. Au point de vue étiologique et hygiénique, ce fait est, sans contredit, un des plus remarquables et des plus utiles qu'on puisse observer. Mais nous n'avons pas à insister, ici, sur ces deux points de vue; ce qui doit nous occuper, c'est la curation de l'adénite, et Tin* fluence que peut avoir sur elle la nouvelle médication.
Sons ce rapport, les recherches de nos confrères de l'armée, M. Larrey y compris, ont été moins heureuses que souâ le rapport pathologique; les moyens qu'ils ont mis en usage ne diffèrent pas de ceux qui sont appliqués communément par les médecins civils, et il faut malheureusement ajouter qu'ils n'ont pas eu de meilleurs effets. Tel est le motif pour lequel nous avons dû songer à appliquer la médication phéniquée au trai- . tement de Tadénile, comme à une foule d'autres maladies dont le parasitisme ne devait pas, de prime abord, ^Vt^^^^^^^^cvs^^. Mais c'est le propre de toutes les médicalions tiou^^V«.^ ^^\^-
ta DB L*AGIDB PHtNIQUI.
cueillir les cas contre lesquels les anciennes se sont épuisées en \ain ; ce n'est qu'ainsi, du reste, que les véritables indications de chaque médication peuvent s'établir définitivement.
C'est exclusivement contre l'adénite de forme chronique (da moins parmi celles qu'on peut qualifier d'idiopathiques) qve nous avons essayé notre médication ; ces essais ont été plus heureux que les tentatives faites avec d'autres moyens, et nou autorisent à prédire que lorsque nos confrères de rarmée Tondront bien suivre notre exemple , ils délivreront les soldats d'une maladie qui ne laisse pas que de prendre, parfois, dei caractères fort sérieux* Mais l'armée ne profitera pas seule di nouveau traitement, car si elle est plus fréquemment atteinte que la population civile d'adénite chronique^ elle n'en a pas le privilège exclusif.
Abt. III. — DES ANGINES.
Nous disons des angines et non de l'angine, en nous conformant à un usage aujourd'hui adopté par tous les médecins^ qui ont fini par comprendre que toutes les angines ne se ressemblaient ni dans leur marche ni par leurs causes, même en laissant à part l'angine couenneuse, la plus spéciale et la plus grave de toutes. Celle-ci a été étudiée à l'article Croup; nous n'y reviendrons pas. Quant aux autres, abstraction faite même de celle qui complique quelquefois la phthisie laryngée et dont nous parlerons ailleurs, quoique dues sans doute à des causes diverses, ces causes étant présumées plutôt que connues, elles peuvent être comprises dans une étude générale, surtout au point de vue du traitement , car l'acide phénique a été employé à peu près contre toutes avec de remarquables succès.
M. Lemaire parait avoir traité plusieurs de ces cas simples, si fréquents chez les jeunes gens des deux sexes, mais surtout chez les garçons, et dans lesquels l'inflammation se concentre principalement ou exclusivement sur les amygdales. Il en a, dit-il, obtenu la curation très-prompte par un simple gargarisme phénique composé d'eau à 1/2, rarement i p. iOO, avec ou sans addition de ^ucie e\ ^'wwNvcLgjLlème de vinaigre.
rious croyons qu'en effet, pour les cas bénins^ ce traitement peut suffire.
Le même observateur rapporte Thistoire sommaire d'un malade atteint depuis huit jours d'un rhumatisme articulaire aigu, et qui, sans être sorti de son lit^ fut pris d'une angine violente, sans que cependant la tuméfaction de la gorge fût extrôme ; le larynx participait à la maladie; le pouls était à iiO. Deux litres d'eau phéniquée à i/2 p. iOO employés dans les 48 heures firent raison de cette angine, et le malade, qui n'avait pas dormi depuis le début de la maladie, put dormir pendant plusieurs heures dès le premier jour de l'emploi du gargarisme.
Quoique l'angine rhumatismale^ malgré ses apparences parfois inquiétantes, sôit peu grave, et malgré le prompt succès obtenu dans le cas précédent, nous ne conseillerions pas de s'en tenir à des gargarismes phéaiqués , dans des cas analogues. Lorsque les phénomènes sont aussi violents, nous croyons plus prudent d'associer aux gargarismes notre sirop phéniqué à l'intérieur, et môme les injections sous-cutanées, comme nous l'avons fait dans le cas suivant :
0b8, — Le jeune Vassar^ âgé de 14 ans, me fut amené du Lycée par sa mère, le 29 mars 1872 : il était affecté d'une angine violente et spéciale qui me fit diagnostiquer une scarlatine ; les parents m'apprirent alors que celle-ci régnait dans l'établissement et que Ton avait, à cause d'elle, avancé les vacances de Pâques, pour disperser les enfants : il y avait une extrême chaleur de la peau déjà un peu violacée ; le pouls était à 120; la gorge était fortement gonflée, surtout les tonsilles, et d'un rouge intense.
Je pratiquai immédiatement deux injections sous-cutanées de 5 grammes d'eau phéniquée à 1 p. 100, additionnée d'une petite quantité du médicament nouveau, et je prescrivis un gargarisme phéniqué avec de l'eau à 1 p. 100 et un peu de teinture thébaïqae.
Le lendemain 30, la peau est encore rouge, mais le pouls était à 75; l'enfant, qui la veille était triste et très-souffrant.
164 DE L'ACIDE PHÊNIQUE. «f
a repris de la gaieté. Sirop à l'acide phéniqae et continaalloo du gargarisme.
Le l«r avril, malgré la fraîcheur de la température, l'enfanl est sans fièvre, presque sans rougeur et sans douleur de la gorge; il a toute sa gaieté et de Tappétit; en un mot, il est guéri.
Il s'agissait, il est vrai, dans ce cas d'une angine de natare scarlalineuse, dont on connaît les dangers soudains, aa moment I où l'on s'y attend le moins. L'effet de la médication fat vraiment merveilleux, et certainement plus important qu'un sarcès analogue obtenu dans une angine rhumatismale; mais cependant, même dans cette dernière, lorsque les symptômes sont violents, nous agirions comme chez le jeune V
Obtiendrait-on des effets aussi satisfaisants dans les cas {[raves anciennement et vulgairement connus sous le nom d'esqninancie ? Nous n'en saurions guère douter, après les nombreai succès que nous avons eus dans l'angine scarlatineuse, carie
cas du jeune V n'est pas, tant s'en faut, le seul semblable
que nous ayons observé. L'occasion ne s'étant pas encore présentée à nous de traiter un de ces cas très-graves, c*est noe expérience que le hasard pourra réserver aux praticiens qai entreront dans la voie que nous avons ouverte et en grande partie frayée.
L'angine ne revêt pas toujéurs, tant s'en faut, la forme aigaë: en dehors même de l'infection syphilitique, d'autres causes mal déterminées fixent sur les amygdales, le voile et le pharynx une inflammation chronique qui cause, sur le pharynx surtout, des granulations très-rebelles et même des ulcérations.
Aux moyens que nous avons indiqués pour la forme aignCil convient d'ajouter, pour la curation de la forme chrorique, des cautérisations légères, soit avec la solution aqueuse saturée, soit avec la glycérine phéniquée et îodurée du doctrurAnié, connue sous le nom de keiméline et plus spécialement dest'n'c à la guérison des engelures, soilmême avec une solution alcoo lique portée directement sur les granulations ou les ulcérations à l'aide d'un pinceau en martre; il faut surtout avoir recours aux pulvérisations qui, produites par lin bon appareil, font pénétrer la poussière phéniquée dans les pliis petites aofrac-
luositéset coûtribuenl ainsi puissamment à la modification des surfaces, et à la cicatrisation des points ulcérés; c'est ainsi que nous avons obtenu deux guérisons difficiles, notamment chez un barbiste, M. H .., dont la gorge mamelonnée était luisante comme si elle eût été vernie.
Dans Tangine gangreneuse, dont l'existence contestée pen • dant longtemps, après !a découverte de la dipbthérite par Bretonneau, est a^ijourd'hui reconnue comme très-réelle, les mômes moyens devraient être employés. Cependant M. Lemaire, qui parait avoir observé cette forme rare , dit avoir réussi à ramener promptement les ulcérations gangreneuses à Tétat simple par une seule application soit d'eau vinaigrée pbéniquée, soit d'eau pbéniquée à 2 ou 5 p. 100, et la cicatrisation s'est eusuile opérée promptement. Celte manière de s'exprimer implique que M. Lemaire a observé des angines gangreneuses pour le moins 4 fois dans sa pratique; c'est peut-être beaucoup, pour une maladie aussi rare. Toutefois^ le hasard a de singuliers caprices, et nous croyons volontiers que M. l^emaire dit vrai, quand le contraire ne nous est pas démontré.
Art. IV. — DES aphthbs.
M. Lemaire a cru lire dans les micrographes qu'on avait souvent trouvé dans les aphlhes des champignons du genre leptomitus La vérité, c'est que quelques micrographes, auxquels M. Robin sert d'interprète, dans un langage nous
allions dire qui n'appartient qu'à lui, mais qui appartient malheureusement à beaucoup de ses émules allemands et même non allemands, ont trouvé des leptomitus non pas dans les aphthes, mais sur une foule de muqueuses ulcérées et même non ulcérées. M. Lemaire n'a pas compris les micrographes ; mais il est excusable en cela ; de plus sagaces que lui porrraient s'y tromper. Où il n'est pas excusable, c'est quand il dit t son tour : «( L~s micrographes ont souvent trouvé sur ces ulcérations des ch:m])ignons du genre leptomitus. Nous r.vons vu l'action puissante que l'acide phénique exerce sur ce& \^^llU êtres Est-ce à leur mort que Ton doU aVltïbuw \^ x^^\^\V.^ ^^
iU . DE L'ACIDB FflÈXiaCB.
lear goériion? > Ceci e$t an peu plas fort que les micrognphes et même que M. Pradbomme. An fond « M. Lemaire a en l'intention de dire qu'en touchant nne fois par jour les aphihes avec an pinceau imbibé d'eau pbéoiquée au centième, on les goérit trH-rapidemeut, ce qui est presque vrai. La proposition sera plut vraie encore , quand on l'aura modifiée ainsi : des lotions répétées plusieurs fois par jour, trois fois tout au moins, avec de l'eau pbéniquéc à 1 p. iûO font disparaître très-promptement les apbthes. Quand ces petites et douloureuses uleén* tions retiennent plusieurs fois de suite à des intervalles rapprochés, et trahissent ainsi une disposition morbide générale, on se trouvera bien d'associer aux lotions et de continuer après la disparition des apbthes l'usage du dentifrice phéniqaéde Grillon (i) et celui de notre sirop phéoiqaé titré, à la dose de 2 à 4 cuillerées par jour, soit de 20 à 40 centigrammes d'a< cide, suivant l'opini&lreté de la disposition morbide, et sur* tout s'il y a coïncidence avec une affection intestinale ancienne.
AbT. V. ~ DES ABTHBITES.
Les remarques que nous avons faîtes à propos des angines sont applicables aux arthrites ; il est donc inutile de les répéter ici, et nous pouvons entrer d'emblée dans la question thérapeutique.
Dans Yarthrite traumatique^ du moins dans celle qui est assez intense ponr pouvoir faire craindre une suppuration , il serait d'un grand intérêt d'appliquer la médication phéniquée et de voir si l'on ne parviendrait pas ainsi à prévenir la suppuration. Cette expérimentation, ainsi que nous le dirons ailleurs, n'a pas été faite. Mais en revanche, l'arthrite déjà suppurée a été traitée avec le plus remarquable succès par l'acide phéoiqne. M. Lemaire en rapporte un des plus beaux cas que l'on paisse observer :
Une dame de o9 ans fit un faux pas, le 3 juin 1863, qui provoqua une violente douleur dans l'articulation tibio*tarsienoe
(1) 25, rue de Giauuuont.
gaache. Aucun soin ne fut pris d'abord; l'articulation gonfla considérablement; un rebouteur consulté exerça des manœu* 'vres très-douloureuses sur rarliculalion ; la maladie continua I s'aggraver. Elle datait déjà de sept mois quand M. Lemaire vît la malade. Du liquide, en quantité notable, existait alors dans l'articulation; le tibia était enflé dans son tiers inférieur, la peau autour de l'articulation était amincie et luisante ; les douleurs étaient très-vives , la marche impossible. L'appétit se perdait ; des vomissements avaient eu lieu ; il existait de la flè^ vre. On avait dit au mari que c'était un cas d'amputation. — Les moyens dits émollients et calmants furent employés, entre antres des cataplasmes de ciguë ; une amélioration notable fut obtenue. Mais le développement d'un érysipèle vint l'entraver; il s'étendit à tout le pied et à la jambe jusqu'au genou ; les douleurs de l'articulation redevinrent violentes, et le 25 octo* bre, du pus se fit jour à l'extérieur au niveau de la malléole interne.
Des lotions émoUientes, des cataplasmes, etc., furent appliqués jusqu'au 5 novembre sans grands avantages, parait-il, car ce jour-là M. Lemaire remplaça l'eau émoUiente par l'eau pbéniquée au millième pour laver la plaie , et < avec le seul but, dit>il, d'enlever l'odeur du pus et d'assainir les parties. » Mais la malade lui ayant dit qu'elle avait ressenti beaucoup de soulagement après cette lotion» et qu'elle avait un peu dormi, ce qu'elle ne faisait pas auparavant , malgré Tadministralion de 5 centigrammes d'extrait d'opium chaque soir, ce résultat c appela l'attention » de M. Lemaire ; à partir de ce moment, il continua ces lotions et appliqua à demeure sur la plaie un gros plumasseau de charpie imbibée de la même solution. En très-peu de jours le pus diminua, puis devint séreux. Les douleurs cessèrent complètement; l'état des parties s'améliora graduellement, et à la date du iO octobre 1864, la malade s'exerçait à marcher avec des béquilles, parfaitement guérie, mais avec une ankylose incomplète.
11 serait difficile de trouver dans l'histoire de la chirurgie un plus beau fait que celui-là , une plus belle preuve de l'action puissante que peut exercer la médication phéniquée, quoiqu'elle n'ait pas été appliquée, ici, de la meilleure ma-
MO DE L'ACIDI ratmoUB.
Dîère possible, ainsi qvon le Yeirm à l'artiele Plaia, EUe ne | l'a pas été surtout assex tôt, et, à eet égard, on nous permettn nne remarque historique , qui prouYora une fois de phis que V. Lemaire, malgré ses nombreuses affirmations contndres, n'avait encore aucune idée de l'efficacité médicale et ehinirg'w cale de l'acide pbénique à la fin de 1864, quoique je l'eusse employé déjà a?ec le plus remarquable succès à la fin de iS^. et que M. Maisonneuye, sur mes indications, en eût bit presqie aussitôt usage à l'Hôtel-Dieu. Hon^seulement M. Lemidre l't pas employé d'emblée l'acide phénîque, aussitôt l'issue da pus à l'extérieur, mais lorsqu'il l'a employé 11 jours plus tard, e'est uniquement dans le but d'enlever la mauvaise odeur da pu et c éTatsainir les parties, » ce qui est un but fort nuageux; vm, a-t^l été surpris que les lotions pbéniquées aient fait plus qnll ne leur demandait, qu'elles aient donné du soulagement i la malade et transformé heureusement la surface du foyer po* mien t. 11 est certain que l'amélioration et la guérison défini* iive auraient été obtenues plus tôt, si la médication iTait été plus tôt employée et surtout plus énergiquement. Aurait-elle même prévenu la suppuration et tout ce qui s'en est suivi, si elle avait été appliquée dès le priocipe, ou seulement au moment où M. Lemaire fut appelé ? Sur ce point nous serons moins affirmatif ; tout ce que nous pouvons dire, c'est que nous n'tnrions pas hésité à l'employer intus et extra; rien de pis qne ee qui est arrivé n'aurait pu se produire, puisque maigri lessom de M. Lemaire la maladie n'a cessé de s'aggraver pendant près de dix mois (du 6 janvier au iO octobre 1864) pour arriver définitivement à la pire des terminaisons, à la suppuration; ei réalité cette suppuration a été heureuse, puisqu'elle a, — pv , hasard, ^ conduit à l'application d'un traitement qui a proenré une guérison inespérée, et que la chirurgie officielle obtiendrait à peine aujourd hui, après iO ans de luttes en faveur de la nouvelle uiédication. M. Lemaire a donc eu le réel mérite d'appliquer^ un peu sans le vouloir, le proverbe : mieux vai^ tard que jamais; il aurait eu un mérite plus grand de se rtppetcr qu'il vaut mieux agir tôt que ttrd, et qu'un des plos grands aphorismcs de la médecine est \eprineipiis obsta.
Varthrite scrofuleuse, qui devient si souvent une tumeur blanche , sera étudiée à l'article Scrofule.
Varthrite rhumatismale n'a pas^ que nous sachions, été traitée encore par Tacide phénique ; il serait difficile de prévoir Tefficacité que pourrait avoir sur elle ce médicament; mais Taction favorable qu^il exerce sur plusieurs fièvres justifie d'avance les easais qu'on pourra faire contre une des affections les plus fébriles qui existent.
Nous n'avons pas eu non plus l'occasion d'appliquer la médication phéniquée à Varthrite blennorrhagique. C'est un essai qu'il nous parait rationnel de tenter.
Quelques tentatives ont été faites contre Varthrite goutteuse ; elles n'ont pas jusqu'à présent donné des résultats favorables, il vaut mieux s'en tenir au moyen si actif et si inoffensif de l'association de la liqueur de Vamiral du docteur Gaudin de Vichy avec le sirop de café vert de Séverin de Bruxelles, et aux tisanes de frêne, de feuilles de cassis, etc., en évitant autant que possible les autigoutteux au colchique.
Art. VI. — DE LA BRONCHITE.
La bronchite est divisée par tous les pathologistes en aiguë et en chronique; nous nous conformerons à cette habitude, tout en faisant remarquer dès à présent, et sans préjudice de ce que nous aurons à dire au mot Catarrhe, où nous envisagerons les affections catarrhales d'une manière générale^ qu'entre les bronchites aiguës et la chronique il n'existe probablement d'autre analogie que celle du nom et du siège de la maladie. Les auteurs de pathologie parlent bien de la terminaison de la bronchite aiguë par la bronchite chronique, mais cette terminaison ne se voit guère qu'en théorie; en pratique , elle est fort rare, et si Tune et l'autre ne sont pas produites par des causes différentes (c'est-à-dire, probablement, par des parasites différents), ce qui est très-douteux, elles exigent certainement des prédispositions très- différentes.
a. — Bronchite aiguë, — Gomme toutes les affections aiguës des organes respiratoires, la bronchite aiguë est une affection
17« DE L'ACIDS PHÉNIQUB.
Saisonnière, qni se montre principalement avec les premières chaleors du printemps. Y a-t-il nn rapport entre cette cireonstance et le réveil des organismes hivernants, an retour dv printemps? La doctrine parasitaire pourrait trouver son compte à cette explication; nous nous contenterons, cependant, d'en constater la possibilité, car le fait seul d'être une affection saisonnière nous parait suffisant pour nous permettre de prévoir qu un jour ou l'autre, les progrès de la science placeront la bronchite aiguë parmi les affections parasitaires. Quanta présent, l'expérience la place déjà parmi celles que la médication parasiticide combat avec le plus d'avantages. Ce n'est pas que la thérapeutique classique soit plus pauvre de moyens contre la bronchite aiguë que contre une foule d'autres maladies ; elle est au contraire très-riche : saignée, sangsues, vésicaloires, émoUients, calmants, incisifs et autres moyens en grand nombre ont été préconisés ; mais leur efficacité se borne à peu de chose. Nous distinguerons cependant, parmi ees moyens, la teinture d'aconit qui, à la dose de 5 à 20 gouttes, calme très-souvent l'excitation bronchique^ et les vésicatoires volants, les pointes de feu, l'huile de croton, qui contribuent puissamment parfois aussi à déraciner des points d'irritation opinî&tres, points de départ de toux extrêmement pénibles. Mais les inhalations de poussière d'eau phéniquée à i p. 100, prolongées pendant un quart d'heure ou vingt minutes, et répétées an besoin deux fois par Jour, ont une efficacité bien plus considérable; elles ne doivent pas, du reste, dispenser des autres moyens, surtout de l'aconit, de la teinture thébaïque et de l'anacabuita (pectoral mexicain) associé à notre sirop phéniquéet mieux encore au sirop sulfophéniqué à la dose de 3 à 6 cuill^ rées à bouche s'il s'agit d'un adulte, et de 2 à 4 s'il s'agit d'an enfant. — Dans les cas de bronchite capillaire, la seule qui menace la vie, on pourra et l'on devra même, parfois, associer les injections pbéniquées sous-cutanées aux moyens précédents : on fera ces injections de 5 grammes d'eau à 1 p. iOO chez les adultes, et de 2 à 3 grammes pour les enfants ; on pourra les répéter une ou même deux fois par jour.
6. ^ Bronchite chronique. ^ Catarrhe pulmonaire. — Déjà, dans la première édition de cet ouvrage, nous avions signalé
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L*AGIDE PHÈNIQUE. 271
puissante aetion de l'acide phéniqne dans les hypersécrétions onehiqnes; des faits nombreux sont venus depuis huit ans afirmer nos premières observations. De son côté, M. Lemaire )bteDii de l'emploi de cet acide contre les diverses formes
bronchite chronique des effets qu'il qualifie de surprenants: lut a suffi, dit-il, d'une très-faible dose d'acide phénique ministre dans de l'eau sucrée pour faire cesser complétemt, en 24 on 48 heures, la toux et l'expectoration. Il raprte six observations, dont une due à un de ses confrères, et ns lesquelles l'acide phénique a agi, en effet, de la manière plus remarquable, quoiqu'il n*ait pas supprimé en 24 ni en
heures la toux et l'expectoration. Il nous suffira de résumer m de ces faits :
Une dame âgée de 64 ans était atteinte depuis 18 mois d'un tarrbe bronchique compliqué d'asthme héréditaire ; la mère i la malade avait été asthmatique. Depuis le début de sa madie , cette dame avait été traitée par une foule de médicaents, par les vomitifs et de nombreux purgatifs. Ces moyens ivaient soulagée un peu pour quelque temps, mais ne l'avaient imais délivrée complètement de sa maladie, môme pendant n jour.
Au mois de décembre 1864, quand M. Lemaire vil la malade, i dyspnée était très-grande; dans les bronches se faisaient Qtendre^ dit- il ^ c des râles de toutes les espèces, » ce qui snd à prouver que M. Lemaire ne les a pas très-bien comptés u qu'il ne les connaît pas tous parfaitement; le râle crépitant ec passe, en effet, pour être pathognomonique de la pneulonie, et la malade dont parle M. Lemaire ne parait nullement voir été atteinte de pneumonie. 11 n'y avait point, en effet, de èvre ni d'autres symptômes de pneumonie; mais des accès iolents de suffocation survenaient de temps en temps; il n'y valt point de bruits anormaux au cœur; la malade avait maigri eaucoup. — Chose assez étonnante , la première prescription e M. Lemaire consista en un vésicatoire entre les épaules, en inapismes , en calmants et boissons pectorales. — Ce traiteicnt soulagea, dit-il, la malade; mais néanmoins la toux et i bronchorrhée persistèrent; la quantité de mucosités filantes, nousseuses, s'élevait à 200 grammes dans les 24 heures.
172 DE L'ACIDE PHÊNIQUE.
Le 5 janvier 1865, M. Lemaire changea de médication : il prescrivit nn verre d'eau phéniqnée à deux millièmes matin et soir, et des gargarisations (si l'on nous permet le mot) répétées avec la même solution.
En quelques jours, la bronchorrhée fut considérablement améliorée (c'est l'expression de M. Lemaire). La toux dispirnl complètement; il resta seulement une sorte de titillation snrla gorge qui provoquai! l'expulsion de quelques mucosités.
Le 17 janvier, douze jours après l'emploi de l'acide pbéniqne, la malade ne toussait ni n'expectorait plus. Au bout de neif mois, la guérison se maintenait encore.
Dans d'autres cas, l'action de l'acide pbénique a été plv prompte encore ; l'un de ces faits parait avoir eu pour témoin le regrettable Blache; il est, par conséquent, aussi authentique que remarquable.
Ces faits, nous apprend M. Lemaire, t ont fait beaucoup tnvailler son imagination, > et voici en quoi a consisté ce tn* vail : t Comment expliquer, dit-il^ de semblables effets TEstrce en modifiant la surface de la membrane muqueuse par une sorte de cautérisation légère que cet acide agit ? Cela est possible, puisque celui qui est rendu parles voies respiratoires ot dans un état de concentration tel qu'il coagule l'albumine. Oi bien le mucus bronchique contient-il des microphytes on des microzoaires qui provoquent la toux? Alors ce serait en tvant ces petits êtres que l'acide agirait.
c Puisque l'air contient en quantité considérable des eorpi reproducteurs de ces proto -organismes, on comprend qu'il pii en exister dans le mucus bronchique et nasal. Déjà des microphytes ont été constatés dans les organes respiratoires des vàr maux.Toutrécemment,M.Poucheta communiqué à l'Académie des sciences le résultat des recherches microscopiques sark mucus nasal et bronchique provenant d'individus atteints de coryza et de rhume. Il a trouvé des vibrions en quantité dibi ces liquides.
« Cette opinion peut donc être soutenue. J'ai examiné u microscope mon mucus nasal et bronchique lorsque ïéHài atteint de coryza et de rhume ; ni celui recueilli le jonr v celui qui avait séjourné toute la nuit dans ces voies de l'air, se
n'ont présenté d'animalcules ni de microphytes à aucune épo- <|ae de raffection. Je n'ai trouvé que des granules de diverses formes» mais dont le plus habile micrographe ne saurait déterminer la nature.
c J'ai examiné au microscope le mucus nasal et bronchique d'autres personnes atteintes de rhume, de coryza et de grippe. Je n'y ai pas trouvé non plus d'scnimalcules ni de microphytes. Si ce sont les microphytes et les inicrozoaires qui provoquent la toux, c'est à l'état de germes qu'ils agiraient. Mais la question ne me parait pas résolue.
c Quoi qu'il en soit, ces explications rendent toutes trèsl>ien compte des efPets obtenus. >
Quoique ce soit l'action physiologique de l'acide phénique sur les microzoaires et les microphytes, c'est-à-dire sur les fersnents, que M. Lemaire avait surtout étudiée, quand il s'est liftté de faire une seconde édition de son livre, il ne comprenait pas encore bien, quand il l'a écrit — le comprend-il aujourd'hui ? — l'action pathologique de ces êtres du monde invisible. Si ce sont, en effet, comme nous sommes très-porté Ile croire, des microzymas qui occasionnent la bronchite chronique, — comme, du reste la bronchite aiguë — ces microzymas préexistent au mucus; le mucus pathologique, c'est-à-dire le muco-pus, qui n'est qu'une sorte de pus, ainsi que son nom l'indique, n'est que le produit de la fermentation dont les mierozymas sont les agents ; c'est donc sur les surfaces mêmes qui sécrètent le pus qu'ils doivent se rencontrer ou dans le sang plutôt que dans le pus lui-même ; dans celui-ci on devrait trouver plutôt, si l'on y doit trouver quelque chose, les corpuscules reproducteurs des parasites^ et peut-être sont-ce ces corpuscules que M. Lemaire y a trouvés, dans ces corps qu'il déclare un peu témérairement être à jamais indéterminables par les plus habiles micrographes, M. Lemaire se plaçant ainsi lai-même, sans façon et, nous le craignons, sans plus de droit que de façon, au nombre des plus habiles. On y pourrait trouver aussi des ôtres étrangers à la maladie et qui trouvent dans le muco-pus des conditions favorables à leur développement. Quoi qu'il en soit et des observations faites et de celles que des
S74 DB L*ACU)E PHÉailQUB.
micrographes plus habiles on plus perséférants pourront faite, le fait hors de doute, c'est l'action cnratiye de Taeide phéniqne ' contre le catarrhe bronchique. D'après M. Calvert, celte aetios aurait été également constatée par plusieurs médecins anglais; 1 l'honorable fabricant ne dit pas, cette fois, que ces médecins • aient c généralisé » les premiers remploi de la nouvelle médi- 1 cation contre le catarrhe bronchique, mais il ne dit pas non plus i que mes honorables confrères d'outre-Manche l'ont appliqaée après moi^ le sachant ou sans le savoir. M. Galvert ne dit pis davantage quels procédés d'administration nos confrères ont adoptés; cette question a cependant son importance.
Quelque remarquables, en effet, que soient les résultats publiés par M. Lemaire, et ils le sont assurément beaucoup, oa ne doit pas espérer les mêmes succès dans tous les cas» cl même Ton doit prévoir des insuccès, si Ton se borne i radninistration de deux verres par jour d'eau phéniquée iîvâr lièmes et à quelques gargarisât! ons dans la journée avec le même liquide. Il faut, dès le début de la maladie, prescrire 4 à 6 cuillerées de notre sirop titré par jour, soit 40 1 60 centi* grammes d'acide phéniqne sous un plus petit volume, et dès { que la maladie résiste au delà d'une ou deux semaines an pins, t il faut recourir à mon sirop sulfophéniqué et aux pulvérisations L de giyco-phénique étendu avec un pulvérisateur aussi paissant r^ que possible, de façon à faire pénétrer la poussière curativele plus profondément possible dans les ramifications bronclii' ques. En cas de dépérissement diathésique, ce que l'on observe quelquefois dans les bronchorrhées anciennes et abondantes, ot pourra même avec avantage pratiquer tous les deux on trois jours une injection phéniqne sous-cutanée de cinq grammes d'eau à 1 p. 100; c'est dans cette maladie que la solution ^eo* phénique étendue et les dragées à l'Eucalyptus et an sel de Grégory pbéniqaées de Guenon rendent de vrais services pov calmer la toux.
C'est avec la méthode ainsi appliquée que j'ai obtenu, u^^o pas en 24 ou 48 heures comme M. Lemaire, mais dans l'espace de deux ou d'un petit nombre de semaines, de nombreux cas de guérisôns de catarrhes bronchiques dont quelques-uns trèsrebelles; et nous avons la conviction que nos Confrères obii^"'
droot les mômes succès que nous, en faisant usage des procédés d'application que nous leur indiquons.
Art. vu. — DES BRULURES,
Dès la première édition de cet ouvrage, j'avais déjà introduit dans ma pratique l'usage de la médication phéniquée contre les brûlures, et j'avais obtenu des succès incomparablement supérieurs à ceux de toutes les autres méthodes; il serait diffîcile d'en observer de plus remarquables que les deux suivants qui se trouvent dans mes premières publications :
c Je fus appelé récemment, disais- je, pour une personne qui s'était brûlée le jour de son mariage pendant le bal. Le dos et la poitrine de cette jeune femme étaient le siège d'une vaste perte de substance en pleine suppuration. Le médecin qui la soignait croyait peu à l'action de l'acide pbénique. Néanmoins je prescrivis avec son agrément la vitelline phéniquée de Grillon à 10 p. 100 pour tout pansement, et en quelques jours la suppuration fut considérablement diminuée; l'odeur disparut, l'appétit revint, et la malade fut rétablie en 35 jours. — La malade m'affirma que les douleurs^ très -vives d'abord, avaient cessé rapidement après l'application de la vitelline. En dernier lieu, il suffisait qu'on lui fit une application de cette préparation phéniquée pour faire cesser les horribles démangeaisons qu'elle ressentait autour des plaies en voie de cicatrisation.
c Dans un autre cas, un jeune enfant, le neveu de notre savant ami Félix Hément, tombé nu sur une chaufferette, se fit une brûlure très-large sur le siège. Lorsque je fus appelé auprès de lui cette brûlure était en pleine suppuration. La constitution de Tenfant s'altérait rapidement. 11 maigrissait beaucoup. La cause en était dans l'abondance de la. suppuration, et aussi dans la privation de sommeil, occasionnée par une démangeaison douloureuse, qu'entretenait le déplacement forcé des objets de pansement. Je prescrivis la vitelline phéniquée à 10 p. 100 et des lotions avec de l'eau phéniquée à i p. 100 ; l'amélioration fut rapide, et le jeune confrère qui
or'i »' ^SMi; iiiiii ■■ le a^saesr l a ^hiIIs on peâl mlifle & ^sniK K 'iEiiiJiar!aifaL..laBSBn»ft ù is JEms cDDÎi^at fsimm anjmmf'iiii bbkl tss isir niK- sdib lieaàiins it mw* gue* liu&aiK JH1L ul. ian^Jiniis.s amalniB i^jnrAlBÎect timia es oumimBi mm: Jb: gmiiimif & fin TiibgiA éiyû
lé, irrûmif flc ms ôa afiasslimB idqie IsBgnBlJia M. Lcbiir
-VfÛlif;. » fL Vf:llK UlC ^ iJllIllUIIM'—llir > AeIIZK ^ SK ^MMlUci
-Bfiilcf: {C ? exiiiiiisiiaffiii&. M. il>HiiwrTt- âaae nxamSit dn tait stfâfr çiL wriLU iixr; mna^rnihit ôaa. qnjraxBi;[At sinîtëiis J«qpnc jft istfùaân ^onele ôc; liyiffiif,, M. Lamîre, dais 9 3* é^siiOL^ nxat jl •n^ûBc; iDd ayHaûn g gmll ol povksijsCaiiL |4iéûr&fe i 2 jL^THaw^ Tmufihw, carnse cMBdasioi, Il «KUKbIje j«s fooBismflLis pv «a âbbx nédâeimeats, et a^ §nK ^w; c ^ iiirtJxTs jfiwHifi» odst •au- svai Wa««»p Mis ^MÛfpBTVSiCS. • CrB&> fiiaaa:âw as poÔMt de Tse de a ticbe <de pm^it^ifiinir îxUnmé âe cnlur, 4 «ire dbS^ de plitfr r^iode f^iiéftîfae à àUé û cnltar, «I. aa poiai de Tie de h TéalM, d'être oli»2îf é ôe pbeer > caaiiir isapoaiaé) à eôlé de rad4« pbéaûiae.
%^peuMe épisode de l'histoire des kràlares. Os o'a pts oubUé TaiOtideat terrible amié 1 aae daasease célèbre de ootre opérz^ %^^ EainiaLiTiT,doBt les TéteiBents l^ers prirent feo sa faz de la rampe peadaat qa'elle dansait. La brAlue avait envahi i pea près Umte la sarCÏee da tronc, et les gazettes pabliaîent chaque joar le rédt des tortares qa'éproaviTtla grande et sympathique artiste ; finalement la mort vint meltre un terme à ce cruel martyre. On professeur presque aussi ce lébre que la malheureuse artiste, M. Nélaton, lui donut ses soins; notre livre était alors publié et même la seconde édi^ tfon de celui de M. Lemairc, — car on se rappelle que, dans Ja première édition notre copiste parle à peine de thérapestique — ; cepcndanl, Vidée ne v*^^ "^^^ ^^"^^ ^^^ue au célèbre
APPLICATIONS THÊRAPEUTiQtJES DE L'ACIDE PHÈNIQUE. ^1
chirurgien d'appliquer la médication phénîquée dans un cas où elle aurail certainement causé un grand bien, si elle n'ayait conjuré la mort.
Il est certain que les douleurs auraient été calmées promptement et la suppuration réduite à peu de chose en quelques jours; or, qui peut dire la part qu'ont eue des douleurs atroces et persistantes dans l'événement fatal? Suivant nous, cette part a été si grande, que nous considérons comme très-probable qu'en supprimant cet élément d'épuisement, la malade aurait pu survivre ; si l'on y ajoute la suppression ou la diminution considérable de la suppuration, il paraîtra très-plausible d'admettre comme très-probable la terminaison heureuse de ce terrible accident. Mais, demandera-t-on peut-ôtre, comment appliquer un pansement phéniqué dans un cas où toute la surface du corps est atteinte? comment l'appliquerait-on, dans un cas semblable ? La difficulté n'est pas, tant s'en faut, insurmontable. Dès les premiers moments, nous aurions fait plonger la malade dans un bain frais d'eau phéniquée à i ou 2 millièmes et nous y aurions maintenu la malade pendant 24 et même 48 heures, s'il eût été nécessaire, jusqu'à ce que, enfin, toute douleur aiguë eût cessé depuis assez longtemps pour qu'on pût la considérer comme définitivement supprimée et cette première douleur cède promptement sous l'action de l'acide phéniqué. Il s'agit, ici, bien entendu, de la douleur causée par l'action môme du feu, douleur atroce, à laquelle n'est nullement comparable celle qui se manifeste consécutivement, lorsqu'une inflammation suppurative fait place à l'irritation causée par le calorique. Si la malade avait pu supporter le bain, dans lequel il aurait été facile de l'installer commodément à l'aide d'un hamac, nous l'y aurions laissée aussi longtemps qu'elle aurait pu le supporter en élevant on abaissant la température de l'eau phéniquée, d'après les sensations de la patiente. Une fois l'action du bain jugée suffisante, on aurait transporté la malade sur un lit garni d'une épaisse couche de ouate enduite d'un Uniment phéniqué (celui composé de saccharate de chaux, de glycérine et d'acide phéniqué, par exemple, qui nous a procuré de si excellents résultats) et nous aurions appliqué pareil pansement sur les parties du coii^& non «ù cx^tL\a.^\v\^^
f» os L'ACnOB PH&NIQUB.
\% lie Rie» de pareil n't élé tenté ; on s'est eontenté de TempW des Yie«x aïo^fens de la chirurgie officielle^ et Ton est irrtTé à It fin Ingibre <iue l'on sait. L'exemple de W^ L LÎTry •*esl pas le senl de son espèce; il peut se renouveler dans les Mêmes drconstanoes on dans des circonstances analogues; cfae dn moins il ne soit pas perdu pour les malheureux qui seraient Tioimos d'un pareil accident, et que les intéressés aient U fermeté d'imposer de force à la m^ecine officielle le progiès qu^elle refase d'accepter de bonne volonté.
Art. VllI. ~ DB LA OARIB.
On donne le nom de carie à deux maladies qui ont une cerlaine analogie et beaucoup de différences, et dont l'une a son siège dans les os, l'autre dans les dents. Les différences, qui ont surioui frappé les pathologistes classiques, ne doivent pis nous occuper ici, parce qu'elles sont inutiles à notre bat. Nous dirons seulement, que ceux qui refusent toute analogie entre la carie des os qui n'est que leur inflammation chronique, el celle des dents, sois le prétexte que ces dernières sont privées de toute trame organisée, nous paraissent prendre pour les bornes de la science celles de leurs propres connaissances. Conclure à l'absence de toute trame organisée dans les dents SOIS prétexte qu*on ne la voit pas, c'est aller déjà beaucoup trop loin ; conclure de cette prétendue absence de trame organique à l'impossibilité de toute analogie entre le travail intime de destruction des os et des dents, c'est aller plus loin encore. Ce quil y a de certain, c'est que la carie des dents détruit pro« grossi vement leur tissu comme la carie des os, et mémel'afl* cienne carie des os dite sèche, qu'on désigne aujourd'hui sois le nom de nécrose, se produit sans ramollissement ni vasenUrisation de la trame osseuse et elle a ainsi beaucoup plus de ressemblance encore avec la carie dentaire. Kais entre les deux vraies caries, il y a cette autre analogie qu'elles soit toutes deux guéries par l'acide phénique.
M. Lemaire rapporte un exemple de carat des ot, qui n*dlait, ** est vrai, que commençante, c'est-à-dire qui n'était escore
qu'une ostéite, mais dans laquelle Tos était déjà à nu, sous trois trajets fistuleux; de nombreux traitements avaient été employés en vain pendant onze mois, y compris celui d'un marchand de vin fameux de la rue Saint-Martin auquel la bêtise publique a fait une notoriété, et aussi un peu l'incurie et les sottes prétentions de la médecine officielle. Quand M. Lemhire vit le malade, la peau était décollée ; les fistules saignaient à la moindre pressioUy et fournissaient une suppuration abondante et fétide. Les douleurs étaient très-vives. — On appliqua un pansement avec de l'eau phéniquée au centième^ et l'on fit dans les trajets purulents des injections avec le môme liquide.
Au bout de quatre jours, la suppuration, le gonflement et les douleurs étaient beaucoup moindres. Deux mois après, deux fistules étaient cicatrisées, et le gonflement de l'os n*élait plus appréciable. Au mois de juin, il ne restait plus que quelques bourgeons charnus à réprimer à Torifice de ce qui avait été la troisième fistule ; il n'y avait plus trace ni de douleur ni de tuméfaction.
On peut rencontrer des cas de carie plus graves que le préeédent quant à l'étendue des désordres existants; mais on ne trouverait pas beaucoup mieux sous le rapport de l'opiniâtreté, de l'inutilité des traitements subis, et parmi ces traitements^ il s'en trouvait qui avaient été faits par des chirurgiens des hôpitaux de Paris et, ensuite, pendant six semaines, par le médecin de l'Asile de Vincennes. Il est donc impossible de trouver un fait qui établisse plus clairement la puissance curative de l'acide phonique, et qui permette môme de prévoir avec plus de certitude la môme efficacité dans des cas plus graves. Nous ajouterons seulement que dans ces cas et môme dans ceux qui n'offriraient que la gravité du précédent, nous conseillerions d'associer le sirop phéniqué à l'intérieur, sinon môme les injections phéniquées sous-cutanées. Nous avons la conviction que si cette association avait été faite chez le malade dont nous venons de résumer l'histoire, la guérison aurait marché avec plus de promptitude encore.
Dans la carie des dentSf l'acide phonique possède une puissance curative bien autrement active encore que dans la carie des os. C'est ici qu'on peut dire que l'acide guérit vraiment
i80 DE L'ACIDE PHÉNIQUE.
comme par enchantement, au moins dans le plus grand nombre de cas ; l'usage habituel d'un dentifrice à l'acide phénique suffit môme souvent pour débarrasser Thaleine de la mauvaise odeur que lui communiquent des dents cariées et guérit les gencives saignantes et malades, et l'effel obtenu ne se borne pas là : avec le dentifrice de Grillon (i), on obtient généralement une diminution sensible, parfois une cessatioa de la douleur; on arrive môme, par la répétition de ces lavages, à une guérison complète ; mais là n'est pas le véritable traitement phéniqué de la carie. Celui qui produit souvent des résultats vraiment merveilleux, lorsque la carie offre une cavité pénétrable, consiste : à débarrasser le mieux possible, par les injections de dentifrice phéniqué et à l'aide d'un stylet, la cavité de tous les débris qui peuvent s'y trouver, puis à y introduire un petit fragment d'acide phéniqué solide, que la chaleur de la bouche fait fondre dans le creux de la dent où on le laisse agir à l'état de pureté pendant une ou deux minutes, en ayan t soin de préserver les gencives et la muqueuse des joues contre l'action de l'acide, à l'aide d'un peu de ouate on de charpie. Presque toujours, si le nerf n'est pas à nu, quelques minutes après cette opération si simple, la douleur dentaire la plus violente est supprimée, et quelquefois pour ne plus revenir. Lorsqu'elle revient, une, deux^ trois ou quatre cautérisations nouvelles au plus, délivrent les malades d'une manière définitive. Notre traitement a d'ailleurs une parfaite ressemblance avec les cautérise tiens d'acide azotique monohydraté si heureusement inaugurées par notre savant et habile confrère, M. le docteur Magitot; seulement les cautérisa* tiens phénîquées sont beaucoup moins douloureuses, moins dangereuses et ont un effet beaucoup plus prompt, soit comme apaisement de la douleur actuelle^ soit comme guérisoQ définitive.
Notre éminent dentiste, M. le docteur d'Oylley-Ëvans, a fait cette remarque curieuse qu'en traitant d'abord les dents cariées par sa préparation phéniquée avant de les remplir (avec de l'or}, l'or tient beaucoup plus et ne se d étache presque jamais.
(1) Rue de Grammont.
Il est probable que cet avantage précieux tient précisément à ce que la préparation pbéniquée empêche tout nouveau progrès de la carie, et fait par conséquent que Tor, s'il est babi* Icment placé, remplit exactement toutes les anfractuosités de la carie, ce à quoi veille notre ami, comme nous en avons fait personnellement Texpérien^vs.
Art. IX. — DES CATARRHES.
11 est indispensable, pour éviter de répéter les mêmes discussions à propos de chaque catarrhe en particulfer, de dire quelques mots de la manière dont la doctrine nouvelle envisage ces affections en général.
Ainsi que nous l'avons dit à propos de la bronchite chronique ou catarrhe pulmonaire, les pathologisles ne manquent jamais de donner les inflammations chroniques des muqueuses (comme toutes les autres d'ailleurs) comme une terminaison des inflammations aiguës ; c'est, chez eux, comme une formule stéréotypée. Au fond, rien n'est plus faux; il n'arrive pas une fois sur vingt, peut-être une fois sur cent, pour certains catarrhes, celui de la vessie et de l'utérus, par exemple, que l'état aigu ait précédé l'état chronique, ce qui démontre une fois de plus Terreur, encore accréditée, qui considère les inflammations comme une famille très-naturelle de maladies^ comme la plus naturelle même. Or, Don*seulemeot, entre une inflamnitltion syphilitique et une inflammation typholque^ il peut y avoir la différence d'un chêne à une tige de chiendent, mais il est tout aussi certain qu'entre une bronchite aiguë et un catarrhe bronchique, il y a une différence analogue, si ce n'est plus profonde encore. Quand on attribue le principe d'une inflammation à une irritation qui ne représente à l'esprit rien de positif, rien de déterminé, qui n'est qu'un mot, il peut paraître fort naturel de voir comme tout à fait semblables deux étals qui se caractéi isent lous deux par de la rougeur, de la douleur, du gonflement et une hypersécrétion ou une sécrétion nouvelle, et ne diffèrent que pir la durée; mais quand on est disposé à attribuer les maladies à des parasites
»2 DE L* ACIDE PHËNIQUB.
qui accomplissent leurs évolalioos an sein de nos liquides on de nos tissus, il paraîtrait absurde d'admettre qu'un même être puisse déterminer des troubles ou des lésions de solides ou de liquides dont les uns ne durent que quelques jours et dont les autres durent quelques mois ou quelques années. Ainsi, que cela soit bien entendu, une fois pour toutes: il faut que la vieille médecine renonce à voir dans les infltmmt' tions aiguës et les catarrhes, lors même qu'elles siègent sur les mômes organes, des inflammations de même nature, pour nous servir de son langage; il est à peu près certain, au contraire, qu'çlles sont dues à des causes spécifiquement différentes. Conformément à ces principes nouveaux, il aurait été rationnel de placer après ces considérations générales l'étade de tous les catarrhes ; mais il aurait fallu déranger l'ordre alphabétique qui offre des avantages pour le lecteur, et noos n'avons pas cru devoir le faire. Nous reprenons donc l'ordre que nous avons adopté.
Abt. X. — de la conjonctivite.
Nous ayons cru devoir réunir à l'article ophthalmie les inflammations des divers tissus qui composent l'œil. Noas reo* voyons donc à cet article.
Art. XI. — DU coryza aigu et chronique (catarrhe nasal).
Le modeste rhume de cerveau est une maladie si légère, que les malades ne le jugent pas ordinairement digne d'occuper Is médecine et qu'ils se contentent de le soigner eux-mêmes, ce • qui veut dire presque toujours de l'abandonner à sa marche naturelle. Malgré son peu d'importance, le coryza aigu n'en est pas moins une maladie parasitaire^ non que le parasite auquel il est dû ait encore été découvert et décrit, mais parce qu'il esl contagieux, propriété que paraissent ignorer beaucoup de pathologistes dans des ouvrages même des plus récents. 11 nois parait inutile de donner ici les preuves de ce fait que noos
APPUGATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHËNIQUE. SB3
donnons comme certain, et qui a d'ailleurs été prouvé par d'autres observateurs et des plus sévères, MM. Barthez et Rilliet notamment. Nous aurions donc pu classer cette maladie dans une des sections précédentes ; c'est pour nous conformer à l'opinion la plus générale que nous l'avons placée ici, et aussi, nous le répétons une fois encore, parce que nous sommes aussi convaincu que personne des imperfections de notre classification et des changements qu'elle devra subir par suite des progrès de la science. Nous devons seulement rappeler que si notre classification est défectueuse, les autres sont absolument déraisonnables.
On ne traite pas ou on traite peu, avons-nous dit, le coryza à cause de son peu de gravité; nous soupçonnons, toutefois que cette raison n'est pas la seule ; il en est une autre que les malades sentent d'instinct, mais que les médecins ne disent pas toujours, c'est que les divers traitements qu'on a opposés jusqu'à ce jour à la maladie n'ont que peu ou point d'action sur sa marche et sur sa durée. C'est ce qu'avouent très-franchement quelques auteurs de bonne foi. Nous avons des raisons fondées de ne point faire un pareil aveu, car nous croyons posséder une médication qui abrège singulièrement la durée du coryza; or, du moment qu'une telle médication existe, nous pensons qu'ii;convient de l'employer ; il est toujours préférable de voir durer quelques jours, une semaine au plus, une maladie, si légère soit-elle, que de la supporter pendant deux ou trois septénaires, quelquefois plus. D'ailleurs, si la maladie n'est qu'une incommodité supportable pour la seconde enfance et les âg'^s suivants, elle devient, au contraire, assez sérieuse pour les enfants à la mamelle dont elle gène considérablement ou même empêche la succîod, et par conséquent l'alimentation, au point qu'on est souvent obligé, dans ces cas, de les nourrir pendant plus ou moins longtemps à la cuiller. Quant à la médication, c'est, sauf quelques nuances, celle que nous allons indiquer pour le coryza chronique ou catarrhe nasal.
Celui-ci n'est pas précisément une affection légère, au moins dans beaucoup de cas : si quelques individus le supportent sans peine, lorsqu'il se borne à un simple enchifrènement, lorsque le gonflement de la pituitaire est considérable^ il cause
un efartarie térian à U respiration; il oblige les mtUdes à respirer par la boache, d'oa rés<e souvent nne séchemie de eetle caTité et de la gorge, et parfois, eonsécntlTement, une imperfection de llnsaliTatioa et même des tronbles de It digestion. Mais ee n'est pas tomt : nne Téritable snpparation peit s'établir, parfois fort abondante; des nlcérations peaTenkse former et donner lien à nn Téritable ozène. La cnration de ce eor^rza n'est donc pins nne chose pen importante, une thénpentiqne de Inxe; c'est nn grand service rendu anx pttknto, et c est nn service qne la nonvelle médication pent lenr rendre à pen près tonjonrs, mais que les anciennes ne leur rendent qne bien rarement.
Avant de le prouver par les &its, disons que les différences qui existent entre le coryza aigu et chronique, viennent confirmer une fois de plus nos remarques sur la nature complètement différente des inflammations qui affectent ces deux formes : ainsi, la contagion, un des caractères les plus importants des maladies, n'existe pas dans le coryza chronique, tandis que nous avons constaté qu'elle est constante dans le coryza ygn. Cette différence est suffisante à elle seule pour établir une distinction radicale entre les deux maladies.
Voici maintenant l'exposé succinct d*un fait qui montre que les ancieunes médications échouent contre le coryza chrouiqae et comment la nouvelle peut réussir.
^MUe X..., jeune Anglaise de vingt-trois ans, est atteinte d'une maladie du nez qui remonte à cinq ans : cette jeune personne avait alorâ des saignements de nez qui se renouvelaient quelquefois jusqu'à quinze fois par jour; ils avaient lieu presque toujours du même côté ; plus tard, il se forma des croûtes dans le nez; quand elles devenaient gênantes par leur épaisseur ou leur mobilité, la malade se mouchait fort pour les dé* tacher, et il s'ensuivait encore des saignements de nez. Au bout de trois ans, ces saignements cessèrent ; mais ils furent remplacés par des douleurs qui sans être vives étaient pourtant incommodes; en outre le nez se tuméfia; la respiration devint gênée; la matière répandue sur le mouchoir quand la malade se mouchait devint odorante; elle était d'apparence purulente; c'est surtout du côté droit (\ue ces phénomènes étaient pro'
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nonces; mais le côté gauche était affecté aussi ; il semblait à la malade qu'elle avait un poids dans le nez. Ces symptômes ne firent que s'aggraver jusqu'au moment où la malade vint me consulter, en novembre 1871.
A Londres, un médecin anglais lui avait prescrit diverses lotions dont elle ignore la composition ; depuis son arrivée en France, un confrère de notre pays lui a donné une poudre qu'elle devait dissoudre dans l'eau aveclaquelle elle se faisait des injections. Ces traitements ont été prolongés fort longtemps ; on a vu quels en avaient été les résultats.
Au moment oil je vis la malade, la muqueuse nasale était trèssensible au toucher; elle était épaisse, violette et formait des bourrelets ; il existait une sécrétion muco- purulente assez abondante et très-odorante; la respiration était gênée et se faisait par la bouche qui était presque toujours sèche et trop souvent ouverte.
Je pratiquai, dès le premier jour, une pulvérisation énergique et prolongée pendant environ dix minutes avec de l'eau phéniquée à 1 p. 100, et je prescrivis quatre cuillerées par jour de mon sirop phéniqué.
Ce traitement fut continué pendant deux mois; en janvier la malade me fit ses adieux, étant entièrement guérie et non moins heureuse. Les ulcérations étaient complètement cicatrisées depuis au moins déjà quinze jours.
J'ai eu à traiter, entre autres coryzas chroniques, un très-grave avec ulcération, d'autres moins graves, dont la mé(re médication a triomphé aussi rapidement ou môme plus. C'est donc à ce traitement que nous conseillons de s'en tenir. Si les malades ne se trouvaient pas en position de recevoir des pulvérisations avec un bon pulvérisateur, ils pourraient les remplacer par des badigeonnages au moyen d'un pinceau trempé dans la keiméline, mélange phéniqué à l'iodoforme; il est probable qu'avec ce moyen et le sirop phéniqué ou sulfo-phéniqué, on arriverait au même résultat avec un peu plus de temps; nous pensons que le même traitement devra ôtre de règle toutes les fois qu'on aura eu affaire, comme cela m'est arrivé souvent, à des coryzas qui existaient depuis plusieurs années et qui avaient été rebelles à des traitements ordinaires, notamment le coryza dit des foins.
M DE L'ACIDB PHÈNIQUB. *
Art. XIV. — de l'ébysipâlb (1).
Celui qui se serait permis d'écrire, il y a cinquante ans, que l'érysipèle est une maladie à ferments dont les phénomènes inflammatoires, rougeur, chaleur, douleur et tuméfactioD, ne sont qu'un mode d'expression commun à beaucoup de maladies, aurait inévitablement reçu un vigoureux coup de boitoir de l'illustre pathologiste réformateur de l'époque. Dès cette époque, cependant, et môme bien auparavant, du temps de Joseph Frank et avant lui, bien des observateurs avaient attribué l'érysipèle à d'autres causes qu'à des actions locales^ et en 1835, MM. Chomel et Blache écrivaient qu'il n'y t pas d'érysipèle sans cause interne; cause interne^ pour eux comme pour tous leurs contemporains, ne signifiait, bien enteDdn,antre chose sinon que c'était une cause qu'on ne pouvait voir agir. Il ne faut pas oublier cependant qu'en 1843, le professeur Piorry désignait, dans son traité de pathologie, l'érysipèle sons le nom de septico-dermite. On sait, du reste, que le savant et laborieux professeur est le médecin qui, malgré ses idées localisatrices, a peut-être fait faire le plus de chemin à la doctrine des infections, tout en ne se doutant pas que, sous cette doctrine, il y en avait une autre plus précise et plus féconde en conséquences pratiques.
Depuis cinquante ans, mais surtout depuis quinze, les choses ont bien changé : quelques rares esprits progressifs, d'abord, se sont demandé si la cause de l'érysipèle ne serait pas un ferment, et aujourd'hui un de nos jeunes confrères n'est pas éloigné de croire l'avoir prouvé. Dans un travail publié au commencement de cette année (1872), ce confrère, le docteur Nepveu, annonce, en effet, qu'en cherchant un jour à constater la multiplication des globules blancs dans le sang pris sur des plaques d*érysipèlc, annoncée par M. Vulpian, il reconnut en effet cette multiplication, mais qu'il trouva aussi dans le sang des bactéries, présentant tous les caractères des bacteriumpwn^
(1) C'est par erreur que cet article ne s'ett pas troufé Si son rang alpliabélifa^ entre la dyssenterie et la fièvre, dans la section précédente oii TappeUeiei cafW' tère fermentatif aujourd'hui bien étabU.
tum d'Ebrenberg et de Dujardin. Pour éviter autant que possible toute cs^use d'erreur provenant de Taction trop prolongée de Tair sur le sang à examiner ou des poussières des verres porte-objet, M. Nepveu lava ces verres avec de l'alcool et les passa à la flamme de ce liquide^ et il installa son microscope à côté des malades.
Les observations de M. Nepveu sont au nombre de quatre, et, fait bien remarquable, quoique prévu pour nous, c'est que trois de ces quatre cas sont des exemples d'érysipèle traumatique, c'est-à-dire ayant succédé à des opérations ou à des plaies, et que le quatrième était un érysipèle dit spontané de la face : or, les mêmes microzoaires ont été trouvés dans les Arysipèles traumatiques et dans l'érysipèle spontané.
Nous ne donnerons pas ici les détails des observations de M. Nepveu qu'on peut lire dans la Gazette médicale de Paris du 20 janvier 1872; nous nous contenterons de reproduire une partie du résumé de l'auteur que nous ferons suivre de quelques courtes remarques. Voici donc ses conclusions :
t lo 11 existe des bactéries dans le sang extrait d'une piqûre faite -sur une plaque d'érysipèle; ces bactéries sont en assez grand nombre : trois, quatre, cinq, quelquefois six, sept dans le cbamp du microscope (immersion no 9 d'Hartnack).
» 2o Les bactéries existent aussi dans le sang pris en tout autre point que sur la plaque d'érysipèle, au bout du doigt par exemple, pour un érysipèle du tronc; leur nombre est moins considérable, un, deux, trois, rarement davantage, dans toute la gouttelette de sang qu'on examine.
» 3^ Dans tous les cas observés, la variété de bactérie trouvée a toujours été le bacterium punctum d'Ehrenberg.
» 40 Si les bactéries existent dans Vérysipèle traumatique, ils paraissent exister aussi dans les èrysipèles dits spontanés. Il resterait à déterminer si le fait est constant. »
Nos remarques porteront moins sur le résumé de M. Nepveu que sur celles dont il le fait suivre lui-même, et plus encore peut-être sur celles qu'il aurait pu faire, mais qu'il ne fait pas.
M. Nepveu commence par faire honneur à M. Volkmann d'avoir soupçonné (c'est M. Nepveu qui souligne) des bactéries dans l'érysipèle, et il ajoute que son hypothèse ne doit gaa
188 DE L'ACIDE PHÊNIQUB
rester dans l'ombre. D'abord, M. Yolkmann, c'est M. liepYeii qui le montre, n'a pas soupçonné les bactéries, mais d'âne minière générale les microphytes : t L'origine de la propagttion sui place de l'érysipèle est peat^étre dans les monyemenlsde cellules voyageuses ou de micropbytes; pent -dire les microphytes jouent -ils dans la production de l'érysipèle le rôle de ferments?* Ainsi s*exprime le docteur Yolkmann, d'après LNepveu. Nous ne pensons pas, malgré notre aversion profonde pour les Prussiens, nous ne pensons pas qu'on doive leur enlever ou leur contester le mérite qui leur revient légitimemeDt; mais nous croyons que, sans chercher beaucoup, il aurait élé facile à M. Nepveu de trouver des Français qui non-seulemeDi avaient soupçot^né les microzoaires et les micropbytes dans toutes les maladies dites spontanées, et surtout dans toutes celles qui, comme l'érysipèle, sont épidémiques ou endémiques, mais qni ont fait un peu plus que de la soupçonner, et qui ont fondé leurs soupçons sur un ensemble de faits et de considérations qui, pour les esprits susceptibles de s'élever un peu au-dessus du terre à terre, peuvent passer pour une démonstration. Et parmi ces faits, il en est un qui aurait dû toucher un médecin : c'est que la plupart, si ce n'est tontes les maladies dans lesquelles des Français ont soupçonné des ferments guérissent par des moyens antifermentaiifs,et notamment par le plus puissant d'entre eux, l'acide phénique. Il faut laisser aux professeurs de l'école de M. Wurtz le mérite de faire des revendications' d'une légitimité contestable en faveur de leurs amis de Berlin, à plus forte raison des attributions d'une illégitimité démontrée.
Dans un autre ordre d'idées, M. Nepveu pense que ses constatations pourraient donner l'explication du fait suivant, rapporté par le docteur Doepp, de' Saint-Pétersbourg : un médecin vaccine neuf enfants avec du vaccin pris sur un enfant atteint d'érysipèle; les neuf enfants sont aussi pris d*érysipèle. Noos nous étonnons qu'un homme qui parait être aussi familier que M. Nepveu avec les observations précises, ne se soit pas aperçu que le fait de M. Doepp n'avait pas plus besoin d'explication que tous les miracles. Pour le surplus des observations que ce miracle pourraU suç^ft^tex, s\ <i'^\aSX\^^^\fiL^TL\.uti fiait scienti-
Qqae, nous renvoyons à Tarticle vaccine, (Voir ci-dessus, p. 563 5t suiv.)
En dernier lien, nous exprimerons notre étonnement que tf. Nepven, dont les constatations doivent le disposer à adopter a doctrine parasitaire et par conséquent la médication paraiiticide, n'ait fait aucune remarque sur les médications banales 3t absolument inefficaces pour le moins, appliquées sur les malades sur lesquels il a fait ses observations. Il est vrai que n l'on avait appliqué la médication que je ne cesse de préco. oiser depuis plus de dix ans^ les quatre cas d'érysipèle observés par M. Nepveu ne se seraient probablement pas développés, et qu'ainsi nous aurions été privés des intéressantes )bservations de notre honorable confrère ; mais quoique personne, assurément, n'attache plus de prix que nous à ces observations, M. Nepveu nous pardonnera certainement de leur préférer la vie ou la santé de quatre personnes.
Quant à l'efficacité de la médication phéniquée, elle n'est plus aujourd'hui contestable. Quelque temps après la publication de la première édition de cet ouvrage, M. Lemaire, dans la seconde édition du sien^ rapporta deux faits où celte efficacité était démontrée, et il ajoutait : c J'ai employé plusieurs fois l'eau phéniquée au centième en compresses et en lotions pour combattre l'inflammation érysipélateuse qui se manifeste û fréquemment sur les jambes des hydropiques, etc. >
Nous-môme avons arrêté plusieurs fois des érysipèîes spontanés par une cautérisation légère de la surface cutanée envahie, par la solution phéniquée normale (acide phénique et alcool âà) et tout récemment encore chez la belle-sœur d'un de QOS confrères de Paris^ M. P. Quant aux érysipèîes traumaliques, Qous n'en avons jamais guéri, par la raison bien simple que nous ne les avons pas laissés se développer, en pansant les plaies, :omme il sera dit plus lard. Depuis son voyage à Paris et son icte de dévouement pour la France, M. Mosélig, chirurgien de l'hôpital Rodolphe de Vienne, qui avait adopté d'une manière exclusive la médication phéniquée à l'ambulance du Corps législatif, pendant le siège de Paris, el plus lard à l'ambulance de la Grande-Gerbe, nous écrivait, à la daie du 22 décembre 1871 : « Je ne sais presque plus ce que c'est que l'crysipèle
i9) i)E L'ACIDB PHÊNIQUE.
traumatique. » Je comprends tous les ménagemenu que réclame la subordiDation, M. Nepveo étant sans doute élère interne dans le service hospitalier où il a fait ses obsenraUons; mais la science est ou du moins doit être en dehors de la hié* rarchie, et l'on peut, ce nous semble, dire et écrire, sans manquer de respect à un chef, qu'une médication qui laisse moorir les malades doit être remplacée par celle qui les sauve, et qu'il n'est pas très-glorieux pour la France de se laisser devancer par les autres peuples dans la voie du progrès, surtout qaand ce progrès a pris naissance chez elle.
Art. XV. — des fistules.
On a vu à l'article carie quelle heureuse et puissante in<* fluence les injections et pansements pbéniqués ont eue sur des trajets fisluleux profonds et rebelles à d'antres pansements. Les mêmes résultats sont obtenus sur les fistules proprement dites, du moins celles qui siègent à l'anus ou dans son Yoisinage. Seulement, quand ces fistules sont anciennes et que les parois de leur trajet se sont organisées en une sorte de muqueuse artificielle, on est obligé de recourir à des solations concentrées — par conséquent alcooliques «» d'acide phénique qui désorganisent cette sorte de membrane accidentelle et ramènent la surface du trajet fistuleux aux conditions d'une pltie simple; ce résultat obtenu, on se contente alors d'injections et de pansements avec de l'eau à 1 pour iOO et la cicatrisation de la fistule ne tarde pas à s'opérer. J'ai traité par cette mé-* thodc un grand nombre de fistules à l'anus, et je n'ai pas éprouvé un seul insuccès.
Art. XVI. — de la gangrène.
La gangrène est une maladie ou plutôt un résultat de mtlidie, mémorable dans l'histoire médicale de l'acide phéniqne, car c'est contre un cas de gangrène que je fis la première application thérapeutique de cet agent nouveau, dont personne n'avait songé encore à utiliser, en thérapeutique, les admirables propriétés* Ce premier cas d'application conserve éncon
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. 2Bi
aujourd'hui toute son opportunité, tout son intérêt ; nous allons le reproduire tel que nous l'avons exposé dans la première édition de ce travail; nous dirons ensuite quelques mots des questions doctrinales qui se rattachent à la gangrène et des modifications que le progrès de l'observation a amenées dans les procédés d'application de la méthode.
« Le 30 novembre 186i,M.Muniermontait un cheval dédiasse d'une allure très*rapide; ce cheval, lancé à travers champs> s'enfonça tout à coup dans un trou, et M. Munier fut lancé entre deux arbres; lorsqu'on le releva^ il était paralysé.
> M. le comte Paul Demidoff (i), chez lequel était arrivé l'accident, et le duc de Gramont qui avait assisté à l'accident, me firent appeler le i^' décembre. Je pus voir le malade le môme soir; je le trouvai couché sur le dos, immobile et insensible; il ne se plaignait de rien, et pourtant il n'avait pas uriné de* puis plus de 30 heures. La paralysie était complète : ni sensibilité ni mouvements jusqu'au niveau du sein des deux côtés. Après avoir vidé la vessie, je constatai avec une facilité malheureusement trop grande une fracture de la colonne vertebrale au niveau de la troisième vertèbre dorsale. Aussitôt mon diagnostic connu, M. le docteur Gros et M. le docteur Maisoaneuve me furents adjoints; on décida le transport du malade à Paris, ce qui eut lieu avec des précautions inutiles & rapporter ici et qui réussirent à merveille.
• Malgré nos efibrts et les avis éclairés de plusieurs autres de nos confrères ; malgré les soins dévoués et intelligents des frères infirmiers de la maison Saint-Jean de Dieu, la gangrène apparut aux malléoles, au sacrum, puis au niveau de toutes les saillies osseuses, fille devint si générale que la chambre dû malade devint inhabitable, bien qu'elle fût vaste et aérée ; le malade lui-même se trouvait sufi^oqué par cette odeur spéciale de la gangrène, et n'avait plus qu'uh désir, celui de mourir rapidement.
» Nous ne savions à quels moyens nouveaux avoir recours, lorsqu'il me vint la pensée de tanner avec l'acide phénique les
(I) Aujourd'hui prince, et dont nous raconterons ailleurs, mais bienlôl, l'tiistoire rcUtif c à U tucoeiiiou dé moa ami le duc dt OramoBi Gaderousse.
t9i DE L'ACIDE PUÈMOfE.
parlicH gangrenées. Je mis donc 10 grammes d'acide phéaiqie brul (lanA KM) grammes d'huile ordÎDaire, et j'étendis avec an pinceau le mélange bien agité sur une partie seolement de la plaie gangrenée de la cuisse, celle qui était atteiole le plos profondément. Dès le lendemain malin, son aspect avait tellement changé qu'avec Tassentimeut de mes confrères, j'en fis étendre partout : l'odeur devint aussitôt presque nulle; les parties molles cessèrent de se désorganiser, et comme il se produisait dos fusées dans les gaines musculaires, je fis faire des injections avec Teau phéniquée à saturation préparée sur l'acide phéniciue brut, à la façon dont on prépare leau de goudron. Dès lors, la gangrène fut arrêtée, le malade crut à sa guérison, ol les pansements devinrent faciles. >
C'est à partir do ce moment que M. le docteur Maisonnea?e, qui no connaissait pas auparavant l'acide pbéuique, même de nom, l'appliqua avec un grand succès, dans son service de riiôl(^l"Diou, où M. Lemaire put à son aise aller puiser des oxemploB.
Nous allons voir comment il en profita.
« («et acide, dit magistralement M. Lemaire, est un médicament héroïque pour combattre la gangrène humide. Il permet do remplir toutes les indications que présente cette affection redoutable. 11 arrête sa marche envahissante, désinfecte toutes les parties mortifiées en tuant les ferments vivants dentelles Hont remplies, tarit la suppuration, favorise la chute des escarres; enfin, eu détruisant les germes que l'air atmosphérique déposo constamment sur la lésion, il protège les tissus saius contre Taction fâcheuse de ces germes, et les met à l'abri d'une décomposition nouvelle. C'est de cette manière qu'il favorise la cicatrisation.
» Tous ces efi^els remarquables, je les ai constatés dès 1859, dans mes expériences sur le coaltar saponiné. Je fis connaitre ces résultats à un assez grand nombre de médecins des hôpitaux et à des vétérinaires distingués; je leur donnai du coaltar saponiné pour qu'ils pussent vérifier mes assertions. >
Suit la liste d'une dizaine de médecins et de vétérinaires auxquels M. Lemaire dit avoir remis du coaltar dit saponitùA^ cite ensuite un cas de gangrène sur lequel nous allons re-
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venir, dû à un médecin anglais; puis, sans transition aucune, il continue : « Dans les applications que j'ai faites, j'ai employé l'acide phénique rendu liquide avec un dixième d'alcool, l'eau phéniquée saturée (5 p. 100) et au centième sur de petites escarres développées dans la cavité buccale. L'eau phéniquée m'a paru guérir aussi vite que Tacide pur. »
A ce mélange intentionnel, calculé avec soin, de faits et d'explications, de coaltar et d'acide phénique, qui ne dirait que M. Lemaire a, en effet, appliqué, dès 1859, l'acide phénique au traitement de la gangrène? qu'il a découvert les germes de Tair et la théorie de la fermentation? qu'il a, enfin, servi de modèle à une dizaine de chirurgiens, parmi lesquels, cependant, il faut le reconnaître, il n'a pas l'audace de classer M. Maisonneuve?
Or, tout cela, il faut le répéter encore, est mensonge et ineptie : mensonge, car daos le travail de 18o9, qu'invoque H. Lemaire, il n'est en aucune façon question de Tapplicalion de l'acide phénique au traitement de la gangrène ni d'aucune autre maladie^ pas plus que dans la première édition de son livre, publiée en 1863; ineptie, car il faut ôire inepte pour espérer qu'on enlèvera une découverte à un homme placé dans la situation de M. Pasteur. M. Lemaire a été gâté par le demisuccès qu'il a obtenu en me dépouillant; mais il faut être atteint de cécité mentale pour espérer être aussi heureux avec un des premiers savants de l'Académie des sciences, et je n'hésite pas à dire avec un savant qui aura rendu les plus grands services pratiques au monde eniier. Ainsi donc qu'il reste bien entendu :
io Que M. Lemaire a appliqué, à l'invitation de M. Lebeuf, le coaltar dit saponiné au traitement de la gangrène ;
2o Que celte préparation, sans ôtre inefficace, est loin, trèsloin de valoir l'acide phénique;
3o Que j'ai le premier appliqué l'acide phénique, en présence de nombreux témoins parmi lesquels M. Maisonneuve, qui a ensuite servi d'inspirateur à M. Lemaire;
4® Que M. Lemaire n'a donc été qu'un imitateur en employant cet acide, et qu'il n'en a usé que lorsqu'il a eu connaissance de l'application que j'en avais faite, le premier;
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50 Qu'il n'a découvert, enfin, ni les germes de l'air ni leur action dans les phénomènes de la putréfaction, et qu'en s'altribuant ces deux découvertes, il fait contre M. Pasteur une tentative de piraterie plus niaise encore que coupable. — Koas verrons d'ailleurs, dans un instant, que, môme après quatre ans de réflexion, M. Lemaire n'a pas su adopter les meilleun procédés d'application de l'acide pbéoique au traitement de la gangrène.
M. CaWert, qui a un grand intérêt, très-légitime d'ailleurs, I propager l'application de l'acide phénique, a publié beaucoup d'observations plus ou moins concluantes, pour démontrer l'efficacité du produit qu'il fabrique sur une grande échelle. Parmi elles, il s'en trouve une de gangrène des plus rentrquables, qui a été observée par le docteur Hughes, de Londres: c Je me suis servi, écrit à M. Calvert ce médecin, de votre acide carbolique dans des cas de plaies gangreneuses, et j'en ai obtenu des résultais merveilleux. Dans aucun cas son action n'a été aussi remarquable que dans celui de Roger, un de yos mineurs.
» Il avait reçu une telle contusion à la main que les artères principales de l'index et du petit doigt furent détruites. En dépit de tous les efforts faits pour rétablir la circulation dans les doigts, une escarre se forma, s'étendit et a'empara de la main et de l'avant-bras avec une telle rapidité, que si je n'avais pas agi à propos avec l'acide carbolique, l'homme aurait perda son bras.
» Cette escarre gangreneuse était la plus destructive que j'aie jamais vue. L'action de l'acide carbolique fut si évidente, qne le moindre doute ne pourrait être permis sur ses effets merveilleux. Il arrêta l'extension de l'escarre et accéléra sa séparation. Il paraît avoir aussi favorisé le développement des bourgeons charnus et accéléré la cicatrisation de la plaie. »
Cette observation est, certes, intéressante, surtout en ce qne la gangrène avait son siège dans les doigts^ et que nous verrons, à l'article Plaies^qne les doigts sont une région où la médication phéoiquée demande à être appliquée avec précaution. Mais nous ne croyons pas qu'elle soit plus remarquable que celle qui a été le point de départ de toutes les applications
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médicales de l'acide phénique; nous croyons que M. Calvert aurait aussi bien pu invoquer la nôtre en faveur de Tacidc phénique que celle du docteur HUghes, et nous rapporter le petit mérite de la priorité qui nous appartient. Nous n'avons pas réclamé, cependant, cette fois, auprès de l'honorable fabricant de Manchester; car nous avons appris (voir ci-dessus, p. 623) que M. Calvert est un habile : il nous répéterait probablement encore que M. Hughes, comme le docteur Davis, n'a nulle prétention à avoir appliqué le premier l'acide phéniquc au traitement de la gangrène, mais seulement d'en avoir généralisé le premier l'application. C'est un genre d'argument qui a trouvé, comme on l'a vu précédemment, des partisans ea France, dans les hautes régions scientifiques; nous espérons, toutefois, que M. Calvert possède encore assez le sentiment de la probité scientifique pour renoncer à ce genre d'argumentation et reconnaître franchement nos droits.
Au reste, ce n'est pas seulement le docteur Hughes qui a confirmé notre observation ; sans parler des remarquables succès obtenus par M. Maisonneuve et que nous avons déjà cités plu* sieurs fois, un grand nombre d'observations analogues à la nôtre ont été faites à l'étranger, en Allemagne surtout; il n'y a que les chirurgiens français qui soient encore réfractaires au progrès que nous avons réalisé.
L'acide phénique agit évidemment sur la gangrène à la manière dont il agit dans la désinfeciion des plaies, c'est-à-dire en tuant les ferments organisés qui provoquent les diverses suppurations, ou, si l'on veut, les diverses fermentations. Il n'y aurait, ici^ aucune remarque particulière à faire, si nous n'avions à expliquer un malentendu qui pourrait exister, à propos de gangrène, entre notre manière de voir et celle d'un savant dont nous admirons profondément les travaux, lesquels nous ont si souvent servi de flambeau dans la voie thérapeutique nouvelle que nous avons ouverte.
c Loin d'être une putréfaction proprement dite, la gangrène, dit M. Pasteur, me parait être l'état d'un organe ou d'une partie d'organe, conservé, malgré la mort, à l'abri de la putréfaction, et dont les liquides et les solides réagissent chimiquement et physiquement en dehors des actes normaux de la nutrition.
S!I6 DE L'ACIDE PHÈNIQUE.
La mort, en d'autres termes, ne supprime pas la réaction des liquides et des solides dans l'organisme. Une sorte de vie physique ot chimique, si je puis ainsi parler, continue d'agir. J'oserais dire que la gangrène est un phénomène de même ordre que celui que nous offre un fruit qui mûrit en dehors de l'arbre qui l'a porté. » (Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 29 juin 1863.)
Ce passage, extrait d'un mémoire qui porte l'empreinte de tous les autres travaux de M. Pasteur et que nous aurons à citer, ne serait évidemment pas en rapport avec le reste da travail, si on l'appliquait à la gangrène humide; mais il est é?ident qu'il ne s'applique qu'à la gangrène sèche, sénile ou spùntanée. Peut-être M. Pasteur, qui , après tout , n'est pas obligé d'être médecin et chirurgien^ ne connait-il que celte gangrène, ou peut-être n'admet-il comme gangrène véritable que la gangrène spontanée, ce qui est un point de vue sootenable et que nous discuterons nous-même. La gangrène spontanée, comme tout le monde le sait, est causée par l'oblitération d'une on de plusieurs artères; le fluide sanguin nutritif n'y afflue donc plus, tandis que le sang excrémeniitiel, si l'on peut ainsi parler, en est soutiré par les veines; en sorte qu'en même temps qne la partie meurt d'inanition, elle se dessèche, et quand la gangrène, c'est-à-dire la mort locale, est consommée, il ne reste pins dans les tissus la quantité de liquides nécessaires à la fermentation ; aussi se conservent- ils très-longtemps et ne rentrcntrils dans la nature inorganique que par des réactions purement on presque purement physico-chimiques. Aussi, contre cette gangrène, croyons-nous que les applications phéniquées auraient peu d'efficacité. Mais ce n'est là qu'une présomption^ car nons n'en avons jamais fait l'expérience.
Quant à la gangrène humide, qui est la seule gangrène des chirurgiens, et, à beaucoup près, la plus fréquente, les phénomènes sont tout autres; et, loin que la putréfaction soit ralentie dans les tissus frappés de cette gangrène, elle y marche beaucoup plus rapidement que dans les tissus ordinaires ; c'est une fermentation sur-aiguc, si l'on peut ainsi dire, ci peut-être est-ce dans cette acuité même que se trouve l'explication de l'action merveilleuse de l'acide phénique , d'après la théorie
APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACIDE PHÉNIQUE. i97
sur laquelle nous avons déjà insisté. (Voir noire introduclioa el aussi Tarlicle Ciblera, p. 609.)
Mais, nous venons de le dire, si la gangrène humide est une fermentation, une putréfaction^ c'est évidemment une rermentation spéciale; l'odeur seule, sui gêner is, qu'elle répand suffit pour le prouver. Le travail en vertu duquel les parties vivantes passent à l'état de sphacèle, n'est évidemxneot pas celui de la suppuration ordinaire, ni celui d'aucune suppuration spéciale, et pas davantage celui qui mortlGe les tissus dans la gangrène spontanée ; ce n'est pas une séparation pure et simple de deux portions de tissus, comme l'est, par exemple, une séparation mécanique, par amputation, arrachement, etc.; un membre amputé ne se putréfie pas comme un membre sphacelé. 11 y a donc là un champ de recherches nouvelles qui conduiront probablement, quand elles seront entreprises par des observateurs sagaces et persévérants, à la découverte de quelque parasite spécial , peut-être même élranger au genre vibrion, le seul dont M. Pasteur ait trouvé les espèces dans les putréfactions.
Pendant que nous corrigions les épreuves de cet article,' M. Pasteur faisait à l'Académie des sciences (voir les Comptes rendus de la séance du 7 octobre 1872) une communication du plus grand intérêt qui justifiait l'interprétation que nous donnons ici de ses opinions, justification qu'il nous confirmait par une lettre qu'il nous faisait l'honneur de nous adresser en réponse à la communication que nous lui avions faite de notre article. Dans celte même communication, il annonce des expériences qui lui font pressentir des applications importantes à la physiologie el à la médecine pratique. Tous les amis du progrès doivent désirer ardemment que les nouvelles expériences de l'illustre savant voient le jour le plus prochainement possible.
Quoi qu'il en soit de ces explications, qui ont un si haut intérêt au point de vue des doctrines pathologiques, la merveilleuse efficacité de l'acide phénique contre la gangrène humide resie hors de doute, et c'est à la médication phéniquée qu'en présence de cette grave maladie devront recourir les chirurgiens de progrès.
Quant au mode d'application de Tacidc phénique , Texpé- A
rience m'a démontré qu'il n'est nullement nécessaire de tanner les tissus, comme j'avais pu le croire un instant, an débat de mes recherches, pour obtenir des succès : les lotions répétées avec de l'eau phéniquée à i p. 100, ou môme à 4/2 p. 100, et les pansements avec la même solution sont parfaitement suffi' sanls. Si la consfitution est bonne, non affaiblie, on se borne à ces moyens externes ; si la santé générale laisse à désirer, si l'organisme est affiaibli, si, enfin, la gangrène affecte noe marche très-rapide, on devra administrer de 40 à 60 centigrammes d'acide phénique par jour, soit, par exemple, 4 à 6 cuillerées de notre sirop phénique titré, et même, en cas de lenteur dans l'amélioration obtenue, on pratiquera au moyen du pinceau une cautérisation alcoolique plus concentrée, et l'on fera une ou deux injections sous-cutanées de, chacune , cinq grammes d'eau phéniquée à 2 1/2 p. 100.
Art. XVIII. — pes gerçures, crevasses et fissures.
Les gerçures sont une petite maladie au point de vue de la gravité apparente des lésions ; elles constituent, quel que soil leur siège, une affection des plus douloureuses ; on sait qu'à l'anus elles causent, pendant la défécation, des douleurs qui sont parfois une véritable torture, et elles ne sont guère moins douloureuses souvent au sein, où elles rendent très-difficile la lactation et produisent des abcès. La médication phéniqnée permet heureusement de mettre assez promptement un terme à ces souffrances et aux inconvénients qu'elles entraînent. Dans les gerçures du sein et dans les crevasses des mains l'application de la keiméline, mélange de glycérine, d'acide phénique et d'iode , amène une très-prompte guérison. La fissure à l'anus demande plus de précaution^ mais on sait que cette affection résiste souvent à tous les traitements ordinaires, ce qui avait conduit Récamier à la terrible méthode de la décbirure de la fissure par la dilatation forcée de l'anus.
A l'aide de la médication suivante, infiniment moins douloureuse, quoique non tout à fait exempte de douleur, la guérison est généralement obtenue en quelques semaines : après avoir mis à découvert )a f\a%\xte, oti \^ \^He légèrement avec un
petit linge imbibé d'eau phéniquéc au millième ou au 2 mil* lièmes ; puif on la cautérise avec un pinceau imbibé de notre •olutioo normale phéniquée, parties égales d'acide et d'alcool, et on applique une mèche de charpie fine et sèche, qu'on laisse à demeure. Pendant les deux ou trois jours suivants, on renou» velle seulement le pansement avec la mèche imbibée do keiméline, en prenant la précaution de prescrire priSalablement un lavement. On se dispensera autant que possible d'aller à la garde-robe dans l'intervalle d'un pansement à l'autre, et l'on fera en tous cas précéder chaque garde-robe d'un lavement lubréfiant. Si les douleurs sont considérablement diminuées après le troisième jour, on pourra se contenter de continuer le traitement à l'aide des mèches phéniquées; dans le cas contraire, on répétera l'opération ci-dessus décrite avec l'acide concentré, et l'on recommencera les pansements comme il a été dit. Il est rare que la fissure résiste à plus de trois ou quatre cautérisations, qui sont du reste de moins en moins douloureuses ; seulement , comme la fissure a une grande tendance à la récidive, on devra continuer pendant plusieurs semaines l'usage des mèches, après la cicatrisation et la cessation des douleurs.
GENGIVITE (Voyez Siomaiite) Art. XIX. — de la grippe ou influenza.
La grippe n'est ni un coryza, ni une angine, ni une bronchite, mais c'est un peu de tout cela à la fois, et c'est là ce qui la earaetérise ; elle a pour autre caractère d'être constamment épidémique, ce qui démontre d'une manière à peu près certaine que c'est une maladie à ferments, qui aurait pu et peutêtre dû avoir sa place parmi les maladies miasmatiques ou môme contagieuses, car bien des faits semblent prouver sa contagiosité. Ces caractères aussi bien que sa tendance à provoquer des sécrétions muco- purulentes indiquaient l'essai de l'acide pbénique : l'expérience a confirmé ce que la théorie permettait de prévoir. Quoique la grippe rende très-malades, au moins pendant quelques jours, les personnes qui en sont
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atteintes, c'est le plus souvent une maladie assez légère pour qu'on puisse se dispenser d'en rapporter des observations particulières; il nous suffira donc d'exposer en quelques mots la manière dont on doit appliquer dans ces cas la médication phéniquée.
Si la grippe est très-légère, une infusion dite pectorale quelconque et trois ou quatre cuillerées de sirop phéniqué par jour suffiront. Si la maladie était plus sévère, si surtout les bronches étaient sérieusement prises, il faudrait associer au sirop deux inhalations phéniquées en vingt -quatre heures, faire mettre les bras à l'eau chaude et boire quelques gontles de teinture thébaîque dans le sirop phéniqué. Ces moyens devront être continués jusqu'à cessation de tout malaise général, et le sirop seul jusqu'à disparition de toute hypersécrétion. Dans des cas graves,ila grippe occasionne une fièvre presque aussi intense que la pneumonie ; dans ces cas, on pourrait pratiquer une ou deux injections de 5 grammes d'eau phéniquée, qne l'on renouvellerait le lendemain, si la fièvre n'était pas tombée, ce qui n'arrivera que très-rarement. — L'usage du sirop i l'acide phéniqué de Guenon m'a toujours réussi comme prophylactique.
Art. XX. — de l'hydropneumothorax, de l'emptéme