‹ De la curation de quelques-unes des maladies les plus frequentes ou les plus de l'espece humaineChapitre 8 sur 18 · EY}1,LE · texte numérisé non relu

EY}1,LE

AS DC L'ACIDE PHËnOCB.

mine jamais. J'aeeepUi donc arec enlhonâasme le défi qiT. me lançait; je donnai 'seulement à ce défi un peu plni de pré* eision et d'importance, dans la lettre snivanie qne fadnssvu journal qoi avait publié les lettres de X. Boboenf :

« Xonsienr le Rédacteur,

• S'il s'était agi de tonte autre chose que de la santé publique, je me serais dispensé de répondre à la nouTelle publication de M. Bobœuf. Mais dans les questions de vie et de mort, mon opinion est qu'on doit laisser de côté bien des susceptibilités, et je me décide à signaler une dernière fois an publie — car tout doit avoir une fin — les erreurs pernicieuses que M. Bobœuf essaie de lui inculquer. Je vais m'efforcer d'étie bref.

^ » La longue lettre de M. Bobœuf se réduit aux proposition suivantes :

> {f* L'acide phénlque est un poison ;

> 2'> Le phénol est du phénate de soude ;

> 3» C'est par sa combinaison avec la soude que l'acide pliénique devient innocent;

» fko L'acide pbénique ne se dissout pas dans l'eau à plus de 2 pour iOO, et je n'ai rien répondu au défi que m'a porté M. Bobœuf devant l'Académie des sciences, d'en dissoudre da^ vanlagc;

» ^0 Je me garderai bien de boire de l'acide pbénique à U dose que j'ai indiquée.

> Le moins que je puisse dire de ces propositions, c'est que ce sont des erreurs grossières.

V Je commence par la dernière, parce que la manière dont je vais la réfuter sera sans doute la plus agréable à M. Bobœuf* Voici ma réfutation : ^

» Comme il m'a été assuré que l'exploitation du phénol avait beaucoup mieux réassi à M. Bobœuf que celle du Château- Rouge, je lui propose que nous déposions chacun dix milli francs chez un notaire; cette précaution prise, M. Bobœuf dé* signera deux chimistes ; j'en désignerai deux autres ; les quatre chimistes désignés s'adjoindront un médecin; ces cinq Brsonnes prépareront de l'eau phéniquée, ainsi que je W

Bscrit; la préparation ainsi faite, je boirai, en présence des t q arbitres et de M. Bobœuf lui-même^ la dose que j'ai con* liée dans mes lettres et ouvrages.

Si l'acide ne se dissout pas dans la proportion que j'ai inliée; si je n'en bois pas la dose annoncée, ou si, l'ayant bue, trouve le moindre symptôme d'empoisonnement, les 10,000 fr. ' moi déposés appartiendront à M. Bobœuf pour servir à •c de la publicité en faveur de son produit; si, au contraire,

raison sur tous les points, les dix mille francs de M. Bouf seront déposés à la caisse de la Société des amis des ncesj pour être donnés, au choix de la Société, soit au chi* ste qui déterminera exactement ce que renferme la drogue orme dite Phénol-Bohœuf, soit à un ou plusieurs savants enfants de savants que la Société jugera dignes d'encouranent ou de secours.

» Celte épreuve répondrait à tout; maïs, comme c'est précisé- 3nt parce qu'elle répondrait atout que M. Bobœuf no l'accepra probablement pas, et qu'il n'en continuera pas moins à ïiler d'induire le public en erreur, je vais, aussi sommairecnt que possible, réfuter une à une ses autres propositions.

> 2° — Le phénol que M. Bobœuf annonce pour être du phéite de soude, n'est point du pbénate de soude, par la raison en simple que le phénate de soude n'existe pas, non plus l'aucun autre phénate alcalin ; ces sels ne peuvent exister, irce que l'acide phénique^ malgré son nom, n'est pas un ide; c'est un corps neutre, comme l'alcool, le sucre, la glycé- 36, etc. C'est un fait connu de tous les chimistes, démontré rlout par l'éminent fabricant, M. Calvert, de Manchester; si

Bobœuf n'en a pas été informé par M. Chevreul, ce qui seit tout à fait extraordinaire, il n'a qu'à lire, entre autres oses, les livraisons des l«r et 15 octobre 1865 du Moniteur entifique, publié par le docteur Quesneville, cl il sera édifié, nfioins qu'il n'ait des raisons puissantes pour être inédifiable.

> L'acide phénique ne peut donc pas devenir innocent par •mbinaison avec la soude, puisqu'il ne se combine pas ; s'il l innocent dans le mélange informe dïi phénol-Bobœuf^ c'est l'il y est en proportion très-faible, proportion inconnue d'ail- Qrs de M. Bobœuf comme de tout le monde^ à âtpposer que

,qiu te ijssant^s -SI sifine Assos çie un, ësas la kssÎTe de «O!^ !.. l'-scL ^fiisntsessi »» raetôis icCLLe.

* tfvs, Tia «£«c£ tr?? Les tmsÉdss^mas sûraBles :

> 1> L» >!ijés4C-li9biz«f jt^c farTmààs fbêmqme qii1I con-

> îi L'css p&éiiLq^ée Léfère.à 1 o« S povr 1€0, pe«l toujours rem^Iaeer «r«iUJkpfunwsl le ehéaoI-fiofiKFsf ;

> ^ Le p»&.éaoI-KolKEmf «e ûoit jasaîs être b« et Ne j^t remflurr Vom ph^siqvée qve dzBS le paascBMiil de certaines pUieï frs le € lessîrafe des étabEes cl a«tres iîe«x iofectéi, » eomsie les éjosts. par exemple. > t^ QmesneTille.)

« l> — L'aeîde phéniqme cH ma poisoa.

> Je ne ssîs pas si M. Bobœsf croil avoir Eût cette décoa- Terte ; s'h eo est aiesi, îi se trompe.

» L'acide phâiiqve est un poison comme l'acide citrique^ et cependant ;oot le monde boit de la limonade citrique ;

> L'acide phéniqoe est «n poison comme l'acide acéUqne, et poortant loot le monde mange de la salade an vinaigre ;

* L'acide pbéoiqae est nn poison comme l'acide snlfariqne on bnile de Titriol, — mais moins qoe loi* — et cependant beav* eoap de malades boivent de la limonade solfnriqne et del'eas de Rabel ;

» L'acide phéniqae est nn poison comme l'alcool, et tool le monde, hommes, femmes, enfants et vieillards, boit du vin, de la bière, du cidre, de l'eau-de-vie, et cent antres produits alcooliques.

* £n un mot, l'acide phénique est nn poison comme une grande, une irès-graode partie des médicaments, comme la ftoude eilc-môme dont parle M. Bobœuf. Cela dépend de la dose à laqucïile on les donne, et M. Bobœuf, malgré ses grandes prétentions, n'a sans doute pas celle de m*apprendre à quelles dojic* il faut prescrire les médicaments. En 1865 et même ceUc année, il a paru croire que j'en savais, au moins sur ce poinli un pou plus que lui, — puisqu'il m'a consulté plusieurs foi*

ii) U'tiyth ici vrai» rhimlslcs, en effet, le produit Bobœuf n'est autre qu'""» Notulioinld ((oudron de houille dam une lessive de soude des savonniers, c'est-à*

pour sa famille, — et, sans la moindre vanilé, il a eu raison . Au resle, quelle que soit son opinion là-dessus, je n'en maintiens pas moins tout ce que je viens de dire; seulement, que ce soit pour la dernière fois, car je ne puis vraiment plus long* temps donner la réplique à M. Bobœuf.

» Vcuiller agréer, Monsieur le Rédacteur, etc.,

» Df Déclat. »

Comme il était facile de le prévoir, celte lettre mit fin au débat. Ceux qui connaissent M. Bobœuf savent qu'il n'est pas homme à accepter un défi de dix mille francs, quand il est certain de les... gagner; or, ses profondes connaissances chimiques ne pouvaient lui laisser l'ombre d'un doute à cet égard : la générosité de M. Bobœuf se montra donc à la hauteur de sa science ; il refusa noblement de gagner 10,000 fr., môme pour les distribuer à des savants, ou fils de savants infortunés ! il se contenta, paraU-il, de répondre quelques injures que la rédaction du journal ne crut pas pouvoir insérer, mais qui prouvaient, me dit-on, que l'urbanité de M. Bobœuf égale sa science et son désintéressement. C'est un vrai modèle que X. Bobœuf.

Un aulre modèle, dans son genre, c'est le docteur Pigeon, le môme qui nie la contagion du typhus, et probablement même toutes les contagions, sauf probablement celles auxquelles per- ^nne ne croit, comme la contagion des fractures, celle des Jiernies^ des apoplexies et autres semblables. Donc, pour le docteur Pigeon, qui est peut-être fait comme tout le monde, mais qui doit évidemment tenir à ne ressembler à personne, ï'acide phénique n'est pas un poison ; seulement, au lieu de guérir la variole, il en favorise le développement, il en accroît ^a fréquence et la gravité 1 11 est impossible de mieux trouver ^uand on veut être original. Quel malheur que le docteur Pi- Seon ne tienne pas simplement à être sensé ; il y réussirait ^Oconlestablement mieux que nul autre. Le croirait-on, ce- Pendant? le docteur Pigeon ne paraît pas se sentir absolument ^^rlain de n'avoir pas rêvé une... drôlerie; il demande qu'on ^asse des expériences dans les hôpitaux pour s ^s^x^tex Ôl^*?» ^^^^^

li:

70 DE L'ACIDE PHÉNIOUE.

priélés varioligèneSy eholérigènes, elc, de l'acide phéaiqie; nous prévenons le docteur Pigeon qu'il n'a pas assez d'as»rance pour le rôle qu'il entreprend. Le moyen de faire ivk à quelques imbéciles de trop grosses contre-Térités, c'est k les débiter avec de l'audace, beaucoup d'audace, etdeoepN admettre même la possibilité d'un doute.

La vérité pourtant est que le docteur Pigeon o'est pa aussi... biset que M. Sanson eât... grand anatomiste (i); il> peut-ôlre deviné que l'acide phénique n'est pas aussi efficav contre le ferment de la variole que contre la plupart des antia C'est là un fait positif. Il y a loin de ce fait à celui qnifenitk Tacide phénique un varioligène, si l'on nous permet ce oMl; mais, enfin, la variole, comme si elle conservait une empreiik de la clavelée, que l'on considère comme sa congénère cbok mouton, est plus rebelle que la plupart des autres malidifl fermenlatives à l'action de l'acide phénique. 11 est singQ^^ que ce soit précisément la priorité de l'application de lanéi^' cation phéniquée à cette maladie que le professeur Chaulait se soit, sinon attribuée, du moins laissé attribuer. Il fautif marquer, cependant, qu'en 1870 encore, je considérais ^ môme l'acide phénique comme un préservatif à peu près il' faillible, et qu'à cette époque (voir le Moniteur «cienh'/i^ ^ docteur Qoesneville, numéro de juin 1870) , je n'avais jatntf

(1) Les 13 côtes que M. Sanson donne à Thomme nous ont toujours intrigaéi^ nous nous gommes souvent demandé, sans pouvoir le deviner, pourquoi ce V^ savant et transcendant anatomiste, cliimiste et sociologiste, avait gratifié IImibK de treixe c6les. Un accoucheur bien connu, académicien ou près de l'être, le P^ feiseur liattei, a fait le contraire : dans son traité d'accouchements, il D'iccord^ que onze côtes à l'homme, une de moins qu'à la femme ; mais au moins cet bib'^ professeur a ses raisons, et il n'en fait point mystère : il a compté les côles^t'' femme (seule partie du genre humain qui l'intéresse), et il en a trouvé douie. ûr< la Bible nous apprenant, dit M. Alatlci, que Dieu a enlevé une côte ï Xhotaw pour en former la femme, il ne doit lui en rester que onze. Si l'on voulait er^'^ avec M. Mattei, on pourrait bien lui dire que Dieu n'ayant enlevé à Thomme qu'un côte, il doit lui en rester douze d'un côté ; mais à quoi bon raisonner svec de médecins et surtout des accoucheurs, qui apprennent l'anatomie et l'obstéUi^^ dans la Bible? Autant vaudrait disserter sur la morale avec M. Depaul. Uf>' donc accepter la raison de M . Mattei. Mais si celle de cet habile professeor e bonne, que peut valoir celle de M. Sanson, qui lui fait donner treize cMes l'homme, au lieu de onze? C'est un mystère qui nous sera sans doute dévoilé' jour, mais devant lequel on ne peut, quanta présent, que s'incliner, en attends qu'il plaise à l'oracle de parler.

Al>ï»LlCATtONS THÈRAPEtJTIQUES DE L*ACiDÉ PfiÈNIQUE. 7l

îrvé de malade de ma clientèle qui, ayant fait usage d'acide nique, d'après mes prescriptions, eût été atteint de variole, ncun varioleux traité par moi, à l'aide de la médication phéue, qui eût succombé. Depuis ce moment, j'ai eu Jeux cas mort, malgré le traitement phéniqué, et deux cas de contai. varioleuse, chez deux clientes qui avaient fait usage de ■ de phéniqué comme préservatif; l'une des deux avait ne subi des injections phéniquées hypodermiques. Toutes 3c sont mortes : l'une, soignée par moi, c'est un des- deux cas :iiort que j'ai eus; l'autre, soignée par un confrère et dont appris la mort indirectement. Ces faits ne me permettent i de dire que l'acide phéniqué est un préservatif presque illible; à plus forte raison tout à fait infaillible, comme le .end mon imitateur le docteur Grimaud (de Caux), qui se , ainsi, plus royaliste que le roi, ce qui n'est point [rare mi les copistes :

Ces puissants moyens de préservation, dit-il, fournis par le 3re et les acides, la chimie, dans ces derniers temps, est vet ea ajouter un autre, dont l'efficacité presque merveilleuse té l'objet de nos études particulières pendant l'épidémie choique au milieu de laquelle nous avons vécu, à Marseille, en 65. Ce moyen, c'est l'acide phéniqué, et nous ne saurions 3p le répéter, nous garantissons de la manière la plus positive fficacité absolue de cet agent pour la destruction des éléments '' contagion, quelle que soit leur spécialité» » ( Monit. scientif» , in 1870.)

Ces derniers mois donnent l'idée de la philosophie scientique de notre honorable imitateur et exagérateur : il a expérienié l'acide phéniqué contre la variole et le choléra, et il en )nclut à l'efficacité absolue de cet agent contre tous les élétentsde contagion, < quelle que soit leur spécialité. » Les xpériences sur la clavelée (voir ci-dessus l'article consacré à ette maladie) ont malheureusement répondu à cette exagéraion, que nos observations sur la variole condamnent égalônent.

M. Grimaud (de Caux), continuant son exagération, concltit les succès qu'il parait avoir obtenus» que la préservation par les igentschimiques, et surtout par l'acide phéniqué, doit rem-

73 DE L'ACIDE PHÊNIQUE.

placer la vaccine humaine qai n'est qu'un présemlif itx» Ik:; tain, et la vaccine animale qui pourrait bien n'élre c qi'« lifs leurre > (1). Tout en nous associant à la critique quenotrete* w^{ norable imitateur fait , avec le docteur Guérin el beaflCMf ck d'autres médecins, des procédés vaccinaux du vaccinatcvB^ lii paul, — (que dirai M. Grimaud s'il connaissait lesinlres!)*- li: nous ne saurions préconiser le préservatif phéniqné àl'exdi' |i sion du préservatif vaccinal ; nous croyons, au contraire, ^ faudra les employer tous les deux, la vaccine d'après les prit' |^ cipes admis depuis Jenner, mais surtout depuis une IrentaiH d'années, et l'acide phénique lorsque la variole devient fle* naçante même pour les sujets vaccinés.

L'observation suivante montrera les avantages de celle p^ tique, qu'adopteront tous les médecins judicieux, etnousdiioii même toutes les personnes intelligentes qui chercheront s^ ricusement à s'éclairer sur ce sujet :

Au mois de juin 1870, en pleine épidémie, je donnais dei soins, en consultation, à M. C..., rue du Chemin- Vert. ll°»«C.fut atteinte de variole confluente avec complications charbon* ncuses, c'est-à-dire de la forme la plus grave. M. C... n'a^ût point été vacciné; je lui conseillai de se faire vacciner an pU* tôt; il refusa absolument, et consentit seulement à se laisser pratiquer quelques injections sous-cutanées phéniquées, eti boire plusieurs cuillerées de mon sirop phénique par jour. H ne quitta pas sa femme un seul jour ni une seule nuit, et ne

(I) Malgré rexagération de notre honorable imi(Ateur,8on appréciation «le i* vaccination animale est bonne à citer, car elle est aussi juste quesérère;cll< u*est du reste que la reproduction de celle d'un critique autrement compétent et sérieux que M. Grimaud, M. le D** Jules Guérin. La voici :

€ Ou ne se borne plus à puiser le virus sécrété dans les postules; on rci* prime par des pressions successives; on applique à la surface des pustules époi' sées des pompes ou des ventouses, et c'est avec les liquides obtenus par ces n» nœuvres que l'on vaccine et revaccine chaque jour, à vingt francs par tête, àti milliers d'individus. Quelle Garantie d'immunité peut-il en résulter pour cent qn' se livrent aveuglément aux promesses fallacieuses de la vaccine animale?» EtToilt la vaccine que couve de ses ailes de professeur, d'académicien et de vaccinttem officiel, le vertueux D''Depaul. On comprend que Bf. (iiimaud préfère i'acid' phénique à cette vaccine, plus industrielle que médicale ; mais la vraie vaccim médicale doit être et sera probablement toujours conservée, comme une des plu utiles découvertes de la médecine, ce qui n'empêchera pas de faire uf âge de U cide phénique, ear la meilleure vaccine elle-même n'est pas infaUlible.

tracta point la maladie. Deux bonnes de la malade, vaccis par les docleors L... et G..., et qui soignaient aussi ^ C...^ ont eu. Tune une variole, l'autre une varioloïde, dont a ont guéri. Quant à Mme G. . ., les honorables confrères qui oignaient refusèrent de mettre en usage Tacide phénique, U)Dsentirent seulement à placer une solution de cet acide 3 le lit de la malade; elle succomba le 10 juillet. ''• B. — Au moment où je mets ces notes au net (novemi87i), je soigne M. C .. pour une fièvre typhoïde qui mardéjà vers la guérison. Il m'avoue qu'il a refusé l'année aière de se faire vacciner, dans la crainte de la syphilis on ia fièvre typhoïde, et il ajoute que, s'il avait été vacciné, il ibuerait à la vaccine sa maladie actuelle. Voilà un des ré- Uts des manœuvres de M. le protecteur de cow-pox, le 'taeux Depaul, payé pour propager la vaccine! Qui sait nubien de personnes partageront désormais les craintes de C... et se priveront des bienfaits de la grande découverte de Dner, par suite des prédications de quelques amoureux du ogres à rebours et des manœuvres d'un esprit malsain! Celte précieuse découverte, nous le répétons, devra être et :'a conservée, et la médication phéniquéc aussi, soit comme ^servatrice, soit comme curative; celle-ci devra être conser- 3, non parce qu'elle est infaillible, comme le pense à tort Grimaud (de Gaux), mais parce qu'elle est utile et plus utile aucune aulre^ si tant est qu'une seule de celles qu'on a proiées ait une utilité quelconque (1)^ pas même celle que vient

!)Nous enlendon» parler d*utilité au point de vue ruralif, car au point de Tue 'eoipôchemenl des cicatrices apparentes^ il a été nettemenl démoulré, suivant s, que ces cicatrices sont prévenues par les applications de lames Dtétaliiiiurs nieui encore d'emplùtrcs, surtout de l'omphUro de Vigo cnm mercurio sur iurfaces postulées. A ce propos, nous lisions, il y a quelques jours, dans un mal médical françiis, le compte rendu d'une leçon d'un médecin anglais, extrait D journal médical d'outre-Manche, et dans laquelle cet honorable confrère proie, pour empêcher lei cicatrices, de soustraire à Faction de Tair et de la lumière surfaces k préserver 1 C'est s'y prendre aussi lard que le QéoQraphc qui sVn il aujourd'hui à la recherche de la Méditerranée.

h autre moyen également cfOnacc pour prévenir les cicatrices est de caulétr, avant la période de suppuration, chaque pustule de la face avec la pointu >n crayon de nitrate d'argent ; mais on comprend les difUcuUcs d'application ee moyen, proposé, croyons-nous, par le professeur Piorry; ces difOcul'és loutc- ( ne son pas insurmontables. Nous croyons, en tous cas, si Ton se décidait à

7i DB L*ACIDE PHÈNIQDS.

ric préconiser le professeur Saurel contre l'éléoient iBlermitta^ (le la variole, ou plutdl contre la c chose inlennitlente, • i ti* quelle chose il oppose la « chose sulfate de quinine! > U ^ parall que, pour employer ainsi ce traitement, il fandrtilMi un peu trop chose ! s

Quand une médication est utile sans ôtrc infaillible, c'est iii i (liosc, puisque chose il y a^ toujours difficile, surtoat*poir« t; médecin qui n*a que la pratique de la ville, d'en éltbliri ? peu près exactement le degré d'utilité. Un des imitateinà ig M. Chaufiard, et qui se donne comme tel, quoique ce soit,^ ^ on, un homme fort instruit et de parfaite bonne foi.M.ieiti' «:, teur Desnos, a dressé une statistique des essais qu'il a teslé^^ qu'il résume ainsi :

c J'ai traité vingt et un individus atteints de variole et** fluente. Sur ce nombre, dix-neuf ont été mis à l'usage de l'iô^ phéniquedans les conditions recommandées par H. Chaib* — (nous dirons dans un instant quelles sont ces condiUoni)»'* \] Deux ont été laissés à l'expectation : c'étaient des femmes, tii* de ces deux malades avait absolument refusé de prendre^ l'acide phénique. Sur ces deux malades laissées à rexpeclali^ l'une a guéri, l'autre est morte.

» Sur les dix-neuf malades traités par Tacide phéniqae,ill avait quatre varioles conflncnles bémoirhagiques. Il y a ^ bien entendu, quatre décès, comme cela devait être, ic ^ laisse de côté, parce que je ne pense pas que, jusqu'à préseoii on ait préconisé l'acide phénique contre les varioles hémorrlif giques.

» Les quinze varioles conflucntcs communes qui restaient odI fourni treize morts et deux guérisons.

» J'ai également laissé en dehors de cette statistique un certain nombre de faits relatifs à des malades apportés mourants^ l'hôpiial, et que je ne trouvais pas équitable de mettre à ï* charge de l'acide phénique. »

M. Desnos ne nous dit pas nettement, après avoir noté ces résultats^ l'impression qu'ils ont laissée dans son esprit; £*>

'emploi de ce procédé, que l'icide phéniqoe monobydraté, liquide, serait pré^ rabte tu nitrate d'trgeat.

Àt>t>LlCAtlONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ACiDE PUÉNÎQUÊ. )5

r exemple, il a observé dans la marche de rsffeclion queles phénomènes qui aient pu lui donner Tidée d'une aclion crable du médicament ; si, enfin, il a quelque raison de »îre que l'acide phénique soit pour quelque chose dans la frison des deux malades sur quinze qui ont échappé à la rt. Mais ce qu'il ne dit pas nettement, il le laisse entendre, 2 s la dissertation qui précède la statistique des cas traités * l'acide phénique; il cite cinq cas traités diversement, doni itre se sont terminés par la mort^ et il ajoute que, par toutes médications dont il a fait usage,— et elles sont nombreuses, rairiées et opposées, d'après l'énumération qu'il en fait »- il >iijours obtenu les mêmes résultats, à savoir que ia variole fluente est presque constamment q^orlelle, quelques moyens on emploie pour la combattre. 11 dit môme assez clairement, ir quelqu'un qui ne parait pas aimer les déclarations caté* iques, que si M. Chauffard a eu plus de succès que lui, c'est e M. Chauffard a confondu des confluences essentiellement difentes les unes des autres (1).

On ne saurait disconvenir que, si les faits relatés et obsers par M. Desnos étaient Texpression d'une loi, ses déductions ^plicites ne fussent fondées. 11 ne nous semble pas démontré, i effet, que sur quinze varioles confluentes, non hémorrhas;!les, il en doive mourir plus de treize ; et même, pour tout Te, cette proportion, malgré l'opinion alarmante de M. Des- >s, nous paraîtrait un peu forte, pour des malades abandonnés eux-mêmes et soumis seulement à de bonnes conditions hygiéniques, au moins en ville. Mais il est vrai que dans les hôpi- Ux de Paris

I) Suivant M. Desnos, M. ChauUard a classé parmi les varioles confluentes des 'ioies cohérentes ou « en corymbes^ » mot étrange comme l>eaucoup de motê charabia médical, et qui siguiflie sans doute des varioles confluentes pair )Qpes, mais non confluentes sur toute la surface de la peau indistinctement, ou ri ao moins de la face et du tronc; or, pour M. Desnos, comme pour TrOns- % dil-il, ces varioles cohérentes ou en corymbes doivent être classées parmi les rioles discrètes, sous le rapport de leur gravité. On ne saurait nier que les va- 'les confluentes par groupes, qui laissent entre eux une portion de peau saine, no eol moins dangereuses que les varioles tout à lait confluentes, car il y a érimment moins de pustules dans les premières que dans les dernières, et c'est Je nbre des pustules qui traduit l'intensité ou pour mieux dire l'abondance cl la tlité dv fenoeDt morbid«.

7G DE L'ACIDE PHÉNÎQUS.

Mais notre opinion est que, même dans ces hôpitaux, la proportion de deux guérisons sur quinze varioles conflneotes n'est pas celle qu'on obtiendra en employant l'acide phéoiqne de la façon que l'expérience me permet aujourd'hui de formuler, et qui n'est pas précisément celle qu'a adoptée H. Gbaof* fard et, après lui, M. Desnos. Mais cette méthode même a donné à d'autres imitateurs de la prétendue médication de M. Chauffard des résultats qui s'éloignent considérablement de ceux de M. Desnos. Ainsi M. Douillard, dont nous avons déjà parlé, a obtenu deux succès sur trois cas de variole confluente, et, dans celui où il a eu un insuccès, l'acide avait été administré un peu tardivement; c'est, en outre, un cas de variole coofluente hémorrhagique.M^Âudhoui, dont nous avons parlé égs^ lement, ne paraît avoir employé la médication que dans un cas de variole confluente ; il a obtenu un succès. Nous ne pari^ rons pas ici des succès infaillibles de M. Grimand (de Gaml, parce que ses affirmations absolues ne nous inspirent qu'une confiance limitée.

Quant à nous» au milieu des préoccupations sans nombre d'une clientèle absorbante où nous avons à traiter les maladies les plus variées, il nous a été impossible de tenir compte de tous les cas de variole que nous avons traités par l'acide pbé* nique, et de la proportion de chacune des principales calories admises. Nous pouvons seulement affirmer une chose, qai s'affirme du reste d'elle-même, c'est que nous avons eu des tarioles confluentcs des plus graves (mais non hémorrbagique^ et très-probablement dans la même proportion que tous oes confrères; sur une quantité donnée de malades, nous afoas probablement eu aussi la même proportion de varioleux;ori p sur le nombre de 18 à 20 que nous avons traités pendantlt |^ dernière épidémie, nous n'en avons perdu que deux, l'un boa* Icvard des Italiens, l'autre cité Gaillard; pour garant de nom déclaration, nous ferons appel ici, comme nous l'avons d^ fait à propos du croup, comme nous le ferons encore à propei de la fièvre typhoïde, aux registres des décès de ia vilte d* ■*' Paris, où, en face de la maladie dont est mort le décédé, >e trouve le nom du médecin traitant.

Dans un esprit d'\mp;ktV\^Uvé dont on doit le louer» M. Dei*

S n'a pas voulu mettre à la charge de l'acide phénîque i deux cas de variole hémorrhagique qu'il a observés, et qui sont, c comme cela devait être, » dit-il, termines par la >rt. Tout en rendant justice à ses intentions, nous croyons *il a eu tort de croire que Tacide phéniquc ou un autre ^yen plus puissant encore ne pourrait pas guérir même la *iole hémorrhagique; et, en fait, Tacide pbénique a guéri des ladies qu'on peut croire aussi graves, le cas de choléra que us avons rapporté, par exemple. Nous ne connaissons, en ït, aucune raison péremptoire qui prouve que toute variole inorrhagique < doive nécessairement > se terminer par la rt du malade ; la suffusion sanguine prouve sans doute que ferment variolique a profondément altéré le sang, plus prodément que dans les varioles confluentes ordinaires; mais, inmoins, rien ne prouve que ce sang ne puisse revenir à tat normal; c'est une pure question empirique, c'est-à-dire expérience ; or, ce qu'un moyen n'a pas fait aujourd'hui, un Are peut le faire demain ; c'est précisément en cela que con* aie le progrès.

Cela dit, voici comment nous croyons qu'on doit appliquer, &ns l'état actuel de la science^ la médication phéniquée, pour Il obtenir les meilleurs résultats possibles. Si on l'applique comme préservatrice, on pourra se contenter, >mme je l'avais conseillé pendant l'épidémie de 1870, de boire laque matin 30 à 40 centigrammes d'acide phénique dans de iau sucrée, ou mieux trois à quatre cuillerées à soupe de mon rop phénique titré; il ne pourra, cependant, y avoir que \ l'avantage à renouveler cette dose le soir; c'est la dose îs adultes ; il faudra la diminuer d'une cuillerée par cinq is d'âge, de façon à ne donner que 10 centigrammes d'ade, soit une cuillerée à soupe de sirop ou quatre cuilleies à café, aux enfants de 2 à 5 ans. Cette dose, surtout quand lie est répétée malin et soir, pourra être diminuée lorsque l'éidémie commencera à décliner ; mais, en revanche, on pourra ajouter, une ou deux fois par semaine, une injection phéniuée de 5 grammes d'eau à 1 pour 100, lorsque l'épidémie séira avec une grande intensité. On pourra joindre à ces prédations l'usage d'une solution phéniquée dans les eaux de

loîletto ; MaUment, celle prdcamion ne doit pai'dii ■aires, parce que l'adde pbéniqae éunt auci vdi reste bieotôlplns de traces sar les sarfacet lotionote de celte propriété de volstiliiation, on a eonseilli avons conseilla DOns-mAme de placer dans les ap] des vas*s à large ouvertorc. afin de répandre dan phère des vapeors phéniquées; c'est nnc prdcaoïi ajoater aai précédentes, mais qui, seule, ne siiffiraii

Employée comme enrative, la médicalioD pbéaii subir quelques modifications. D'abord, les doses ( on (ie sirop devront être angnieniées, surtout s'il s' variole conflnente. Le sirop sera prescrit à la dose d lerées dans les 3% heures; en outre les injections soi seront de rigncnr; si la maladie est gtive, elles di pratiquées an nombre de deux et même de quai ik heures, pendant aossi longtemps que la vie sera ces injections penveni à la rigueur sufRre an Irai ceux qni les adopteront ne seront pins obligés de re traitement phéaiqué, comme le docteur Desnos di obligé de le Taire, parce que le malade n'avait pu se prendre de l'acide phéniqueqni; peut être, était f Il n'est peut-être pas inutile d'ajouter que ce mala< malade, car c'était nue femme, est morte.

Il ne pourra qu'être avantageux de maintenir da partcmenls des émanations phéniquées, comme il a dessus ion pourra même en augmenter l'abondai l'aide d'un appareil spécial dit émanateur de Si multipliant les vases contenant le liquide à Ëvi liquide, pour les malades pauvres, pourra être de 1' niqne brut), soit, enfin, en les chauffant un peu, d(

i surface cutanée, surtout dans les points où les pustules nombreuses; on pourra se servir pour ces lotions d'eau iquée saturée.

ur empêcher les cicatrices apparentes des pustules et i la suppuration, un médecin des hôpitaux (encore un iteur et perfectionneur du professeur ChaufTard), M. Mou- -Martin, a proposé des bains phéniqués. Voilà encore un liste dont notre royauté est obligée de désapprouver le . D'abord, en ce qui concerne les cicatrices, comme elles t d'inconvénients qu'à la face, et que, du reste, elles ne se luisent généralement que là, tout le monde comprend, que nous ayons besoin de dire pourquoi, que ce n'est k l'aide des bains qu'on pourrait les prévenir. Si la médim phéniquée, énerglqucment appliquée, comme nous vei de le dire, n'empêchait pas ou n'atténuait pas considéraient la période de suppuration, ce qui est un de ses cfifets ieux et fréquents^ il serait beaucoup plus rationnel et plus lie de lotionner la face avec de l'eau phéniquée saturée, ou pliquer sur chaque pustule du visage, à l'aide d*un pinceau, 'acide phénique pur et liquide, avant la période de suplion; ou bien encore d'appliquer sur les pustules en le une couche decollodion élastique du docteur Robert de ur, additionné de 10 pour iOO d'acide phénique. Dans s où l'on choisirait la cautérisation, il faudrait, bien ena, l'exécuter en plusieurs temps^ parce que la douleur le cause, quoique peu persistante, serait trop pénible à orter, si elle était produite sur toute la face en même is. Nous croyons que la cautérisation de 7 à 8 centimètres is au plus, à la fois, serait suffisante ; il serait facile de la Qveler toutes les trois ou quatre heures; et, de cette façon, teindrait dans 24 ou 36 heures le but désiré, beaucoup sûrement que par les bains. Quant à la suppuration des lies du tronc et des membres, on la préviendra encore sûrement par les lotions que par les bains, par le double f que les lotions peuvent se faire avec une solution beauplus concentrée que celle des bains, et, ensuite, parce les peuvent être renouvelées plus souvent, outre que c'est mrs une chose délicate et probablement non exempte de

M DE L'AUDE PHÊNIQUS.

dangers, qoe de donner des bains dans le cours d ana uriole. Notre honorable perfectionnear, le dœlenr Monlard-Martio.Di donc pas été henrcosement inspiré eo proposant son préienii perfectionnement, pas pins qu'en oubliant de rapporier à soi véritable auteur l'iniliaiive du traitement phéniqué.

Nous aurions terminé le traitement de la variole (au point de \ue de la médication phéniquéc),si nous ne voulions répéterid une remarque que nous avons déjà faite ailleurs, et que sou ferons encore. S'il est un fait démontré, c'est l'inutilité de IM les traitements employés jusqu'ici contre la variole; It seik pratique de M. Desnos suffirait seule à le prouver : sus iitff guide qu'un vague espoir, j'ai failli dire un vain espoir, dt tomber sur loiseau rare, ce thérapcutiste de bonne foi (tfiii peut^lre, en ce qui concerne l'inventeur du traitement pbénique) expérimente à l'aventure : l'expectation — c'est-à4ire rien ~ les saignées —{les saignées dans la variole, plus de SOm après 1816! —l'alcool, le vin, l'opium, la digitale, le sulfttt do quinine, etc., etc., en un mot, l'eau et le feu et tousleait intermédiaires... et, cnûn, l'acide phéniqué. Cette condmis ou si l'on veut cette méthode médicale peut paraître étranf;eet nous ne la défendrons pas. Elle vaut mieux pourtant que cette d'un grand nombre des collègues de M.Desnos, qui, depiis près de dix ans, s'entêtent, se cristallisenl sur des médicatiost impuif'santcs, qu'ils reconnaissent pour telles, ~ les plusifl' telligents d'entre <-ux au moins, — et qui^ même de guerre lasse, ne veulent pas en essayer une nouvelle, Soit parce qa'iis n'en sont pas les auteurs, soit parce qu'ils croiraient peat-èlre faire honneur à celui qui l'a inaugurée. Us aiment mieux laisser mourir classiquement leurs malades. Eh bien, qu'ils fassent comme les Cersoy, les Douillard, les Audhoni, les Amédée Tardieu et tant d'autres; qu'ils dépouillent les inventeurs et qu'ils encensent les pirates, mais que, du moins, ils traitent et guérissent leurs malades ! nous aimons encore mieux cela; nous n'y efdrons pas grand'chose et l'humanité y gagnera.

siÈiiE SOUS-SECTION. — Maladies inrectieuses ou miasmatiques, h contagion encore douteuse, sporadiques, endémiques ou endémo-épidémiques.

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