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tique ; il sacrifia ses deux chiens quelques mois après. Des coupes histologiques pratiquées dans les lambeaux transplantés ont montré que le tissu était représenté par du tissu musculaire normal, sans aucune trace d’atrophie.
Rydygier a donné le résultat d’expériences analogues.
« Les deux chiens qui ont fourni ces préparations ont été opérés par moi au commencement d'avril 1897, avant mon départ de Cracovie pour Lemberg.
€ Il y a environ quinze jours, c’est-à-dire à peu près quatre mois après l’opération, j'ai sacrifié ces deux chiens pour vous montrer ces préparations.
« Chez le premier de ces chiens, j'ai remplacé la moitié inférieure du sterno-cléido-mastoïdien-par la portion claviculaire du grand pectoral ; vous voyez ici, Messieurs, la cicatrice d’union dans laquelle est encore un fil autour du lambeau musculaire transplanté; j'ai placé une ligature lâche pour reconnaître exactement cette portion. Si nous comparons la portion transplantée avec la portion correspondante du côté opposé, nous ne trouvons macroscopiquement qu’une légère différence de force; en tout cas, chacun nous accordera que nous avons assez de substance musculaire pour accomplir la fonction demandée. D’ailleurs, pendant la vie, le chien ne présentait rien d’anormal, ni dans l’attitude ni dans les mouvements de la tête.
Au microscope, nous ne voyons sur les préparations aucune modification de dégénérescence très marquée. Les stries conJonctives sont seulement un peu plus développées que normalement.
«Ges deux préparations viennent d’un chien auquel j'ai remplacé le muscle übial antérieur et l’extenseur des orteils
par un lambeau musculaire du droit interne de la cuisse. C’est un assez long lambeau rabattu directement en bas, qui à été suturé en partie aux tendons, en partie aux faisceaux musculaires correspondants. Ici, le résultat est sensiblement moins bon, et la dégénérescence du faisceau transplanté est plus avancée, comme on peut le voir nettement sur les préparations.
«Le faisceau musculaire transplanté réagissait cependant rapidement, par la contraction, à l’excitation électrique, même après la mort du chien, lorsque le muscle isolé était excité directement. »
Les conclusions de Rydygier confirment parfaitement les expériences de Gesland; elles confirment aussi celles qui ont été communiquées à la Société des médecins de Cracovie (7 avril 1897).
Capurro, revenant encore plus récemment sur la même question, a cru pouvoir formuler les conclusions suivantes :
«€ La transplantation de lambeaux pédiculés répond au but de la plastie sous le double point de vue du renforcement mécanique d’une partie, et de l’entretien de la fonction du tissu spécial. |
« La force de contraction change d’après le mode d'implantation du lambeau.
«a) Toutes circonstances égales d’ailleurs, elle est plus grande dans les lambeaux n’intéressant qu'une partie du muscle que dans ceux qui lintéressent en totalité ; dans les lambeaux modérément tendus, que dans les lambeaux fortement tendus ; dans les lambeaux transplantés sur des muscles voisins du muscle originel et parallèles à lui, que
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dans les lambeaux transplantés sur des muscles éloignés et à direction oblique ou perpendiculaire.
«b) Elle est plus grande dans les lambeaux réclinés selon un angle inférieur à l’angle droit, à peme tordus ou repliés au niveau de leur pédicule.
« ce) Elle est plus grande dans les cas d'implantation sur l’aponévrose de recouvrement du muscle que dans les cas d'implantation sur le tissu musculaire lui-même.
« d) Elle est considérablement réduite si le lambeau est relâché, si sa réclination est supérieure à l’angle droit, si l'implantation se fait sur un tissu sans mouvements propres.
«e) Elle n’est pas remarquablement influencée par le point d'implantation du pédicule, par l’antagonisme ou la synergie du muscle récepteur avec le muscle originel, par les rapports avec l’aponévrose de recouvrement et avec la gaine du muscle primitif (1). »
Capurro se range à l’idée de Rydygier et ne croit pas non plus que le lambeau musculaire transplanté subisse une dégénérescence fibreuse telle qu'il ne puisse plus remplir ses fonctions. Il a au contraire fort bien étudié les différentes conditions nécessaires à la conservation de la propriété contractile du muscle et mis en lumière celles qui ont sur cette propriété la plus grande influence.
Rydygier, dans un des deux cas présentés au Congrès de Moscou, n’a pas obtenu des résultats aussi satisfaisants qu'il Paurait désiré. Il s’est proposé de rechercher les causes de ce léger échec, et les conditions nécessaires à une bonne réussite.
(1) CAPURRO. Ueber den Werth der Plastik mittelst quergestreiften Muskelgewebe. Arc, f. klin. Chir., 1900, XLI, p. 102.
Il faut, dit-il :
1° Avant tout, l’asepsie absolue.
2° L’incision de la peau doit être faite de telle façon qu'elle ne se trouve pas directement sur le faisceau musculaire transplanté. Il faut qu’elle soit à côté de lui. Cette recommandation est très importante, car la cicatrice cutanée pourrait se confondre avec le lambeau musculaire sous-jacent fraîchement transplanté et même avec sa cicatrice propre.
3° Il faut maltraiter le muscle le moins possible, c’est pour cela qu’il faut choisir de préférence, pour la transplantation, des faisceaux musculaires déjà séparés normalement par des faisceaux conjonctifs assez forts.
4° Le lambeau musculaire ne doit pas être tendu trop fortement.
5° Le pédicule doit être laissé du côté d’où viennent les vaisseaux et les nerfs et autant que possible être parallèle à leur trajet, de façon que ce pédicule contienne le plus possible de vaisseaux et de nerfs et que le lambeau musculaire soit nourri aussi bien que faire se peut.
Il est laisé de comprendre que si on ne suit pas ces recommandations, la nutrition du lambeau musculaire implanté en souffre et qu’une degénérescence plus ou moins prononcée en est la conséquence.
Ceci est indubitablement la cause pour laquelle la dégénérescence est plus avancée dans la deuxième expérience que dans la première.
6° Enfin, il faut conserver une énveloppe conjonctive très mince autour du lambeau à transplanter pour maltraiter le moins possible le tissu musculaire lui-même
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pendant l'opération, etaussi, parce que dans cette enveloppe circulent de petits vaisseaux nourriciers.
Ces conditions sont toutes remplies dans le procédé myoplastiquedeM.Schwartz. Aussi ne faut-il pas s’étonner de voir le lambeau musculaire ne subir aucune dégénérescence.
L’asepsie est naturellement absolue.
L’incision de la peau, située au niveau de l’anneau inguinal superficiel, est bien en dehors de la gaine du grand droit. On est obligé de décoller les téguments pour arriver au devant de celle-ci et l’inciser. D’autre part, la ligne de suture du lambeau à l’arcade crurale est presque perpendiculaire à la ligne des piliers et à celle de la peau. Il n’y a aucune chance de fusion des cicatrices.
Le droit de l'abdomen présente précisément la texture idéale que réclame Rydygier. Il est formé de longues fibres en larges faisceaux isolés par du tissu conjonctif.
La longueur du lambeau (7 centimètres environ) est suffisante pour que le muscle ne soit pas tendu trop fortement ; sa largeur et son épaisseur ne comprennent qu’une partie de la largeur et de l’épaisseur du muscle originel.
La richesse vasculaire du droit le met à l’abri d’une nécrose par ischémie. Enfin, son périmysium est suffisant pour le protéger et lui fournir ses vaisseaux nourriciers.
Dans ces conditions, comme la torsion et la plicature du pédicule sont très légères, le lambeau, conservant sa vitalité, est à notre avis le meilleur obstacle que l’on puisse opposer à la sorte de l’intestin ou de l’épiploon dans les hernies inguinales anciennes, volumineuses, à larges anneaux, à large trajet, chez les malades dont la paroi atrophiée est faible et sans résistance.