PRONOSTIC. KT COMPLICATIONS
buèrcnt les accidents à un étranglement interne. Le malade mourut cinq jours après. Le second sujet était un nègre traité à la maison de santé de la rue du Faubourg Saint-Denis. Les accidents ici simulèrent un étranglement. Le malade succomba encore, et dans ces deux cas on trouva du pus dans les veines du cordon '.spermatique. MM. Monod, Michon et Nélalon, commissaires de la Société de chirurgie pour l’examen du mémoire de M. Escalier, disent très explicitement que le moyen le plus sûr de s'opposer au mal qui a tué les deux malades cités , c’est sans contredit d'opérer le varicocèle (1). Ainsi donc, la médecine opératoire peut être invoquée pour prévenir des accidents complicatifs du varicocèle, puisque ces accidents sont de nature à amener la mort.
D’ailleurs, quand on a un varicocèle d’un côté, c’est urne raison pour en voir pousser lin autre du côté opj posé , et presque toujours il y a un empâtement des ibourses qui, avec le varicocèle, constitue une infirmité i Iforl gênante.
Les chirurgiens prudents , les opérateurs les plus ccirconspecls , trouveront donc une indication sufli sanie pour opérer, quand le varicocèle sera dculourreux au point que j'ai indiqué, quand il sera le siège d’un prurit insupportable, quand il causera des li rai 1 ilcments vers les aines, vers les lombes, qui rendront (certains travaux impossibles, l’exercice on ne peut plus I pénible; et surtout quand le varicocèle pourra avoir les conséquences de celui qui a été observé par J.-L. Délit, de ceux que j’ai observés, de ceux dont parle M. Esca-
(1) Mémoires de la Société chirurgie, l*r fascicule.
DU VAIUCOCELE.
lier. D’ailleurs, beaucoup de chirurgiens se rappelleront ici qu’ils ont pratiqué eux-mêmes des opérations plus dangereuses pour des lésions qui étaient moins incommodes et moins graves. Je prie mes adversaires de bien noter cette circonstance.
'2° Il est temps d’examiner le pronostic sous un autre point de vue.
Le varicocèle peut être bien moins douloureux, il ne sera le siège d’aucune sensation anormale, il ne compromettra pas directement la vie, mais il pourra avoir une gravité d’une autre nature, car il constituera une cause réelle d'impuissance. On sait que parfois les varices des veines le plus en rapport avec la substance du testicule compriment progressivement ce parenchyme, atrophient cette glande, qui finit par être impropre à la fécondation. Une celte atrophie s’effectue par ce mécanisme ou autrement, elle n’en demeure pas moins un des faits les mieux établis de l’histoire du varicocèle parvenu à un degré avancé. Celse dit déjà, en parlant du testicule qui est du côté d’un varicocèle : « Le testicule est à la fois plus bas que l’autre et moins gros que l’autre, parce qu’il ne reçoit plus de nourriture (1). » Avec l’atrophie du testicule, et même sans que celle atrophie soit très marquée, le canal déférent s’amoindrit, se rétrécit et peut s’oblitérer; nouvelle cause d’impuissance. ( Voy . obs. n° 4.)
Dans certaines positions sociales, l’impuissance peut être considérée comme un faible inconvénient ; mais dans des conditions opposées, elle devient quelquefois un vrai malheur. Alors le varicocèle n’est pas seule-
(1) Trad. de M. des Etangs, p. 227.