PRONOSTIC ET COMPLICATIONS
üieii l une cause individuelle de chagrin, une famille entière en supporte les conséquences , car elle peut ainsi s’étendre. Ces circonstances sont de nature à influencer les déterminations thérapeutiques, surtout si l’on considère que quand un côté est affecté, l’autre l’est plus ou moins. Dans un cas de varicocèle double, j’ai observé la voix de castrat (obs. 7) qui reprit un caractère mâle après l’opération. Le praticien puisera dans ces considérations une indication légitime pour l’opération de la cure radicale du varicocèle. Celte indication sera fortifiée par ce que je dirai de l’innocuité des opérations que j’ai à proposer, quand j’en serai à l’exposition des méthodes et procédés.
3° Comme toutes les maladies chroniques des organes génitaux, le varicocèle a de fâcheuses influences sur le moral ; comme dans tous les cas de varices, il y a aussi, avec le varicocèle, un certain affaiblissement des forces physiques. En effet, la compression progressive opérée par les veines variqueuses sur le testicule doit amener peu à peu cet abattement caractéristique des forces qui parait moindre qu’après une action instantanée et violente sur cette glande, mais dont les conséquences sont plus graves, car l’action ici est permanente. C’est ainsi que des sujets atteints de varicocèle reculent devant la moindre fatigue; pour eux, une simple promenade est une véritable corvée. J’ai vu un ouvrier inondé de sueurs et haletant parce qu’il s’était un peu pressé pour monter un premier étage. 11 a déjà été question des malades qui, à leur lever, ne pouvaient se permellre quelques pas dans leur chambre sans suspensoir.
Il est de la plus grande importance de distinguer celte faiblesse de celle qui se lie à la plupart des va-
DU VAK1C0CÈLE.
lices, par exemple à la faiblesse des vieillards affectés de dilatations variqueuses sur plusieurs parties du corps. Ici la faiblesse est l’effet de l’àge, elle est antérieure aux varices et en est souvent une des principales causes; tandis que chez le porteur d’un varicocèle, ce sont les varices elles-mêmes qui, pour ainsi dire, dépriment les forces ; la faiblesse est alors l’effet et non la cause. Déjà apparaissent les conséquences de celle distinction au point de vue du traitement.
Avec l’atrophie du testicule, il y a celle du canal déférent. Celle atrophie consécutive, qui n’a pas été notée que je sache, diminue le calibre de ce conduit; elle peut l’oblitérer et annuler ainsi les fonctions du testicule. La diminution du calibre de ce canal fait qu’au moment de l’opération on éprouve quelquefois des difficultés à le trouver, surtout quand on n’est pas prévenu de ce fait d’anatomie pathologique.
4° Quelques mots sur l’état moral des malades affectés de varicocèle.
Il en est qui n’osent rien entreprendre; ce ne sont pas seulement les forces physiques qui semblent déprimées par le varicocèle, l’esprit lui-même en reçoit des atteintes réelles. Comme le corps, il devient paresseux et lent, et il n’y a rien de viril dans ses conceptions, dans ses œuvres. Un pareil étal jette sur la vie un ennui, répond une amertume qui la rendent à charge, aussi les idées de suicide ne sont-elles pas extrêmement rares chez ces malades. Un médecin en chef d’un hôpital d'une ville importante de France s’était rendu à Paris pour consulter sur un varicocèle, bien décidé, disait-il, à se brûler la cervelle si l’on ne lui promettait pas une guérison.