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CHAPITRE II

Des différentes techniques en usage.

La technique la plus usitée et, pour ainsi dire, la seule, consiste à introduire le radium, sous forme de sel ou d’émanation, dans la cavité utérine. Cependant, s’il existe des lésions annexielles, il vaut mieux se borner à l’application vaginale. Ce serait même, pour Mme Laborde, la méthode de choix. L'application à distance, sur l’abdomen, a été pratiquée avec succès en Amérique et à Fribourg, et Kelly la recommande, combinée ou non à des applications utérines.

La technique du début utilisait le rayonnement global. Abbé se servait de 50 milligrammes de bromure de radium non filtré pendant 10 minutes ; Oudin et

Verchère, 27 milligrammes à 75 %, pendant 10 à 15 mi-

nutes : Wickam et Degrais, en 1912, préconisaient 5 milligrammes sans filtre, pendant 20 minutes, six jours de suite.

En 1913, Chéron recommandait deux procédés, selon le résultat que l’on voulait obtenir. Dans le premier, on employait soit 20 à 50 milligrammes (dose

faible) de sulfate pur de radium, filtré par 0,5 millimètres d’argent au minimum, appliqué au maximum 72 heures, en quatre ou cinq séances et avec filtrage secondaire par un épais pansement de gaze ; soit 50 à 100 milligrammes (dose forte), filtrés par 1,5 à 2 millimètres d’argent, et filtrage secondaire ; on obtient ainsi une modification profonde, avec le minimum de réaction superficielle. Dans le second procédé décrit par cet auteur, on cherche à obtenir une modification profonde, avec réaction variable du côté de la muqueuse; il faut, pour cela, conserver dans le faisceau radifère quelques rayons secondaires.

Mais, depuis la généralisation de l'emploi des filtres, « la curiéthérapie ‘des métrites cherche de plus en plus à réaliser la pénétration maxima, en augmentant la quantité du rayonnement » (Kœænig). De ce rayonnement, les rayons alpha sont exclus par les parois de verre du tube contenant le radium, les rayons béta et gamma mous sont exclus par des filtres variables comme constitution et comme épaisseur (1 à 3 millimètres de laiton ; 0,5 ou 0,6 millimètre de platine ; 1 millimètre d’or, d'argent ou de plomb). Mais il persiste encore le rayonnement secondaire, né dans le filtre lui-même ; on l’éteint avec une gaîne de caoutchouc pur para, qui entoure l’étui métallique.

Avec les méthodes actuelles de filtration, comment doit-on procéder ? Par applications répétées à dose faible, ou par application unique à dose massive ?

Il semble que les auteurs règlent leur technique, suivant l’âge des malades.

Mme Laborde, avons-nous dit, fait une application

= le —

uniquement vaginale ; voici sa technique : « L’appareil est constitué par un tube de platine de 1,5 milli- mètre d'épaisseur des parois. Pour arrêter le rayonnement secondaire, il est entouré d’une feuille d’aluminium de 2 centièmes de millimètre, puis placé dans un étui de liège, ou enroulé de gaze sur une épaisseur d’un centimètre au moins. Il est très important d’avoir un bon filtre secondaire, afin de ne pas amener de radiumdermite de la muqueuse du vagin. A l’aide d’un speculum ou de deux valves, on place un appareil semblable dans chacun des deux culs-de-sac latéraux, où ils sont maintenus par un tamponnement » (1). Pour les doses à employer, Mme Laborde distingue deux cas. Au moment de la ménopause, 50 milligrammes de radium-élément pendant 24 heures, ou 25 milligrammes pendant 48 heures ; deux applications à six semaines d'intervalle. Chez les femmes plus jeunes, pour ne pas amener la suppression des règles, 25 milligrammes de radium-élément pendant 24 heures, et en application intra-utérine.

Dans la belle observation de Siredey, citée lors de la discussion du rapport de Kœnig, l’application faite par Rubens-Duval avait été de 5 millicuries détruits. Les cinq jeunes filles, qu’il traita ensuite avec Gagey, furent toutes guéries par l’emploi de doses variant entre 1,61 millicuries détruits, et 4,40 millicuries détruits.

Kæœnig emploie la technique suivante : L’anesthésie, dit-il, est sinon indispensable, du moins très dési-

(4) In thèse Lorry, Paris, 1922.

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