MÉTRITES DES FEMMES AU COURS DE LA VIE GÉNITALE
Les auteurs américains ayant traité un grand nombre de cas, nous apportent ici leurs résultats et leurs
idées.
VE
Kelly et Burnam ont appliqué le radium à tous les cas de métrites.
Harold insiste beaucoup sur les question de radiumsensibilité. Il fait remarquer la délicatesse du traitement chez des femmes en pleine activité génitale. La dose qui, chez certaines, produit seulement une réduction des périodes, les ramène à la normale ou donne une aménorrhée temporaire, peut provoquer une ménopause permanente chez une patiente qui sera moins radium-tolérante.
Cet auteur signale deux cas, où une aménorrhée permanente fut provoquée par 400 miligrammesheure chez une femme de 35 ans, et par 600 milligrammes-heure, chez une autre de 40 ans. Dans un autre cas, où il avait fait une application de 200 milligrammes-heure, la conception eut lieu huit mois après avec avortement au troisième mois et môle hydatiforme.
Cette question de radium-tolérance et de radiumsensibilité nous permet d’expliquer au moins en partie l’échec observé dans notre Observation XV. La dose qui. chez d’autres, avait amené l’arrêt des hémorragies et une aménorrhée provisoire, ne donna chez elle aucun résultat.
En France, pour beaucoup d’auteurs, les indications du radium dans cette catégorie de métrites sont assez rares. Elles sont tirées, comme dans les cas de métrite virginale, des contre-indications ou des insuccès des autres moyens.
Kœnig, résumant cette opinion, déclare que chez les femmes de moins de 40 ans, « auxquelles il est
— re
nécessaire de conserver la fonction normale de l'ovaire, la radiumthérapie, jusqu’au moment où la technique en permettra la graduation exacte, n’est indiquée qu'après l’échec des traitements gynécologiques habituels. »
3° MÉTRITES VIRGINALES
A quelques exceptions près, « l'opinion médicale reste en majorité hostile à la curiéthérapie de cette affection » (Cesbron).
Siredey, dans la discussion du rapport de Kœnig, insiste sur le nombre de cas très rares où les hémorragies menaçant la vie de la jeune fille, on est obligé d'intervenir. « Pour deux de ces jeunes filles, au moins, dit-il, je n’hésitais qu'entre l’hystérectomie et la radiumthérapie. C’est ce qui m'a fait choisir cette dernière, et les autres malades me paraissaient suivre la même pente. Toutes sont guéries, elles ont conservé leurs règles, et l’une d’elles a eu un enfant vivant. »
Pour Kœænig, dans la majorité des cas de métrite virginale, la curiéthérapie est inutile et employée de façon systématique, elle peut devenir dangereuse. Cependant, connaissant le rôle néfaste des règles sur les poussées fébriles des bacillaires, il n’hésitera pas à stériliser, même définitivement, une jeune femme tuberculeuse.
Enfin Cesbron, ayant vu traiter ou traité lui-même de nombreux cas de métrite virginale, déclare qu’elle « n’est pas d'emblée justiciable de la curiéthérapie ». Il faut d’abord essayer tous les traitements médicaux
et ce n’est qu'après leur échec « qu’on est absolument autorisé à pratiquer la curiéthérapie, en s’abstenant toutefois d'application vaginale ».
En Amérique, cependant, cette méthode a de nombreux partisans. Kelly, Clark, Bailey, Leda Steacy, Wilkins et rapportent de nombreuses observations.
En Allemagne, Gauss et Friedrich, dans ces mêmes cas, disent qu’il est dès maintenant possible de doser avec une exactitude suffisante, pour éviter des dommages irréparables.
Que penser après la lecture d’opinions aussi variées et aussi nombreuses.
Pour nous faire une idée plus juste, examinons séparément les grosses objections que l’on fait à la méthode, ce qui nous amène, du reste, à en étudier les principales contre-indications.
Elles sont au nombre de deux, reconnaissant pour causes, soit l’état des annexes, soit l’âge des malades.
Il est certain, et tous les auteurs sont d’accord sur ce point, qu’une annexité aiguë est une contre-indication formelle à l’application de radium.
En ce qui concerne l’annexité chronique, les avis sont partagés. Les auteurs américains, les auteurs allemands signalent des cas de mort, par reviviscence d'anciens foyers inflammatoires, ce qui n'empêche pas Gaus d’entrevoir, dans un avenir rapproché, le traitement de toute annexité, même tuberculeuse, par la radiumthérapie.
Nous nous en tiendrons à une opinion intermédiaire,, celle de Kœnig : « La présence d’une annexité, dit-il dans ses conclusions, contre-indique d’une façon