‹ De la Curietherapie des Métrites HémorragiquesChapitre 8 sur 45 · HERO TUE · texte numérisé non relu

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aussi les gamma, arrêtant les moins pénétrants d’entre eux » (1).

Donc, en se transformant continuellement, une solution de radium va émettre des atomes d’hélium électrisés et des atomes de ce gaz appelé émanation.

La moitié de l’émanation disparaît en 3 jours 85, alors que le radium lui-même n'arrive à pareil résultat qu’en un temps compris entre 1.650 et 1.730 ans.

L’émanation ainsi détruite se transforme successivement en radium À, B, C, D, E, F.

La moitié du radium A, disparaît en 3 minutes.

La moitié du radium B, disparaît en 21 minutes 8.

La moitié du radium C disparaît en 28 minutes 5.

Seuls les radiums D, E, F, à changements lents, ont une existence très longue. l

Les radiums A, B, C ont la propriété de pouvoir se déposer sur certaines substances, des lames métalliques par exemple, mises en contact avec l’émanation (activité déposée). Il se produit alors des rayons gamma, émis surtout par le radium C. Ces rayons, gamma et les béta durs, sont les plus intéressants au point de vue thérapeutique.

En résumé et pour conclure, nous dirons : 1° que ni le radium, ni son émanation, ni les radium À et B n’émettent de rayons gamma ; ils sont émis par le radium C ; 2° que l’émanation et les produits de désintégration d’un tube d’émanation de radium s’affaibliront pour atteindre 0 en 30 jours ; 3° qu’un tube

(4) Duran». — Radiumthérapie en gènéral. — Zyon Médical, Septembre 1920.

renfermant un sel de radium, contiendra constamment toute la succession des désintégrations.

Les rayons alpha, d’un maniement délicat, sont peu employés, car leur dose élective est très voisine de leur dose nécrosante.

L’action des rayons béta a été difficilement étudiée parce que, les rayons gamma passant avec les rayons béta à travers les filtres, il y a production de rayons béta secondaires. On sait cependant qu’ils pénètrent à 10 ou 15 millimètres de profondeur.

Enfin Dominici, en découvrant que les rayons gamma ont une dose élective éloignée de la dose inflammatoire ou nécrosante, fit faire un grand pas a la curiéthérapie. Ils sont très pénétrants et renforcés dans leur action par les rayons béfa secondaires ou béta durs déjà signalés.

C’est encore le même auteur qui préconisa dès 1907 l'emploi systématique des filtres, destinés à retenir une partie des rayons du radium, pour ne laisser passer que les béta durs et les gamma. Qu'il nous suffise de savoir que l'absorption des rayons béta et gamma est proportionnelle à la densité de la matière employée comme filtre. Les filtres les plus employés sont en aluminium, en platine ou en argent ; et l’on admet (Chéron et Dominici) qu’un filtre d’un millimètre d’argent laisse passer les rayons gamma et un partie des béta durs, et qu’un millimètre de platine élimine tous les béta et une partie des gamma (Regaud).

Mais Sagnac découvrit que tous ces filtres émettaient un rayonnement secondaire peu pénétrant mais d'autant plus caustique pour la peau que le métal tra-

versé est plus dense. Les seuls nocifs, béta moyens et béta mous sont facilement arrêtés par 48 à 50 feuilles de papier noir aiguilles ou par 0,05 millimètres d’aluminium. Quant aux béta durs, comme nous l’avons déjà dit, ils s'ajoutent aux gamma et sont les seuls utilisés en thérapeutique.

D’après tout ce qui précède, nous voyons que deux sources de rayonnement peuvent être employées.

Les sels de radium, bromure ou sulfate, sont placés, soit dans des tubes aiguilles en platine irradié, soit dans des tubes en verre entourés d’un tube métallique fénétré, soit le plus souvent dans des tubes d’or, d'argent ou de platine.

Les tubes à émanation condensée sont employés, selon la méthode de Jenaway ; fins tubes de verre implantés dans les tissus pathologiques et laissés à demeure, utilisant non seulement les rayons gamma mais la plupart des béta, ou selon la méthode de Stevenson où les tubes d’émanation filtrée par du platine sont placés dans des aiguilles qu’on implante dans les tissus et qu’on laisse un temps donné.

Enfin, il nous semble nécessaire de dire quelques mots sur la façon dont se note une application, et cela pour rendre plus compréhensibles et facilement comparables les différentes façons de faire, et en particulier, celle des auteurs américains.

Le radium se dose en milligrammes. Les unités d’émanation sont le curie, le millicurie, le microcurie et le millicrocurie.

Le curie désigne la quantité d’émanation qui existe dans un tube scellé depuis plus d’un mois et conte-

nant un gramme de radium-élément. Une application de 50 millicuries correspondra donc à la destruction de cette quantité d’émanation. Or, sachant que pour un milligramme de radium-élément il se détruit par heure 7 microcuries 5, il sera facile d’établir le calcul une fois pour toutes (1).

S'il s’agit de tubes d’émanation, les tables de Regaud et Ferroux, qui accompagnent chaque tube, nous indiquent à toute heure la quantité de millicuries restants, et par différence entre la quantité initiale et la quantité finale, la quantité d’émanation détruite au cours de l’application. È

Pour faciliter les comparaisons avec les auteurs américains qui dosent millicuries-heure ou en milligrammes-heure, il suffira de se rappeler qu'un müillicurie détruit = 132 millicuries-heure s’il s’agit d'émanation, ou 132 milligrammes-heure s'il s’agit de radium élément.

Telles sont les notions indispensables de radimuthérapie qu’il importe de connaître et qu’il était nécessaire de rappeler, puisque, aussi bien que les lignes qui vont suivre, elles servent de base à notre travail.

B. — CONSTATATIONS ANATOMIQUES. — L’action des rayons du radium est réglée par la loi de Bergonié et Tribondeau : un tissu est d'autant plus sensible :

1° que son activité karyokinétique est plus grande ; 2° que son devenir karyokinétique est plus long ; (4) Dans la pratique les spécialistes se contentent, le plus

souvent, de noter: tant de milligrammes de radium élément pendant tant d'heures.

3° que sa morphologie et ses fonctions sont moins définitivement fixées.

Cette action est d'autant plus intense que la source des rayons est plus rapprochée. (Loi du carré des distances.)

Mais quelle est cette action ? comment le radium agit-il ?

Ici, comme pour l’étiologie, l'anatomie pathologique ou la pathogénie, mêmes divergences d’opinions ; nous ne ferons que les énumérer.

Action sur la muqueuse. — Non filtré ou insuffisamment filtré le rayonnement global du radium produit sur la muqueuse utérine une action caustique analogue à celle du rayon X non filtré. Voici du reste les conclusions de Lacassagne après de nombreuses recherches expérimentales (1). « Les rayons mous (de grande longueur d’onde) absorbés dans les premières couches des tissus qu’ils rencontrent, déterminent dans ceux-ci, quelle que soit leur structure, une même lésion de destruction nécrotique ; ils agissent en exerçant sur toute cellule une action de causticité diffuse ; l'exemple le plus caractéristique est la lésion dite radiodermite, provoquée par des irradiations transcutanées au moyen de rayons mous.

Si l’on utilise, au contraire, des rayons durs (de faible longueur d’onde), à l'exclusion des précédents, les lésions provoquées portent plus particulièrement

(1) LacassacNe. — Recherches expérimentales sur l'action des rayonnements beta et gamma du radium agissant dans les tissus par radiopuncture. — Journal de Radiologie et d'Electrologie, n° 4,

Avril 4921, p. 460.

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sur certains éléments cellulaires doués d’une grande radiosensibilité ; ces cellules, seules lésées dans un tissu complexe, disparaissent par dégénérescence, alors que les autres éléments constituants résistent à l’irradiation ; les rayons durs manifestent une cytocausticité élective ».

Pour Kœnig, comme du reste pour la plupart des auteurs, l’action sur la muqueuse est réelle, mais elle ne paraît pas suffisante à elle seule pour expliquer l’arrêt des hémorragies dans les cas qui nous intéressent.

Action sur le muscle. — L'action sur le muscle paraît faible. Haendley cependant déclare « que toute forte irradiation s’accompagne d’une diminution des fibres musculaires » ; et les mêmes travaux de Lacassagne nous expliquent cette action. L'auteur opérant sur des lapines, introduisait le foyer « par ponction, dans l’intérieur de la masse musculaire lombaire, au niveau de l’ovaire, et par conséquent à une distance connue et relativement fixe de cet organe ». Il a constaié autour du foyer les modifications suivantes du tissu musculaire ; il se forme une zone de radionécrose diffuse ainsi consituée : une zone circulaire, dont le foyer occupe l’axe, et « dans laquelle le muscle est devenu blanc de craie, d'aspect homogène et de consistance ferme ». Ce cercle est limité en dehors « par un liseré rougeâtre, d'aspect hémorragique », qui va en s’atténuant du centre à la périphérie. Plus en dehors, le muscle est normal. Au microscope, on constate que dans la région centrale, si l’archecture générale du muscle strié est respectée, le tissu a subi

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