‹ De la cyanose congénitale paroxystiqueChapitre 25 sur 29 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Variot et Sébilleau (in Bulletin de la Société de Pédiatrie de Paris, 1904, page 44). — Variot et Duval(in Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 1904, page 563).

La jeune Thérèse B..., âgée de deux ans, entre le 23 novembre 1903 à l'hôpital des Enfants-Malades; elle est placée salle Gillette, lit n° 13. |

Le père serait mort d’une congestion pulmonaire. Mère bien portante. Deux autres enfants vivants et bien conformés,

Élevée au sein jusqu’à 8 mois, ensuite à l'allaitement mixte jusqu’à son entrée à l’hôpital.

Première dent à 10 mois; n’a jamais marché.

Jusqu'à 10 mois, on n’aurait rien remarqué d’anormal. Mais à cette époque, elle a commencé à avoir des crises pendant lesquelles elle devenait « toute bleue >. Ces crises étaient assez fréquentes, mais très irrégulières. Parfois elles se produisaient deux ou trois jours de suite, puis cessaient pendant quinze Jours pour reparaître ensuite. Ces accidents décident la mère à la confier à nos soins.

En dehors des paroxysmes cyaniques, l’aspect extérieur est celui d’un enfant normal, bien constitué, à part quelques légers

vestiges de rachitisme : un très minime ressaut costal, une fon-

L'ÉSEN € (INDE

{anelle antérieure complètement fermée, mais déprimée. La eolo-

ration de la face, du pourtour des narines, des lèvres, des oreilles est normale. L’extrémité des doigts est très légèrement renflée ; les ongles sont un peu incurvés. Les orteils sont aus:i arrondis à leurs extrémités.

L’appareil respiratoire est sain.

La pointe du cœur bat dans le quatrième espace, au niveau même du mamelon. | La base du triangle de projection du cœur, mesurée à l'aide de la radiographie, égale 6 cent. 1/2. Le cœur bat régulièrement 92 pulsations par minute,

Pas de frémissement cataire. |

A l’auscultation, on perçoit un souffle isochrone au premier bruit du cœur, le souffle très intense, en jet de vapeur, pr‘sente son maximum sur le bord gauche du sternum vers le troisième cartilage costal. Il s'entend aussi fort bien à la pointe et à la base du cœur ; on l’entend à peine dans l’aisselle ; on le perçoit assez nettement dans le dos.

La petite malade s’alimente bien ; ne vomit pas ; ses selles sont régulières et normales.

Le foie n’est pas hypertrophié. La rate n’est accessible ni à la palpation, ni à la percussion.

Cependant nous devons noter que, quand là malade dort, elle est toujours assise sur son séant, le thorax penché en avant, pour ainsi dire arc-bouté sur les genoux légèrement relevés.

A l’état de crise, le tableau est tout différent : ces crises sont parfois provoquées par un effort quelconque (effort de toux, cris, etc.). Mais le plus fréquemment elles surviennent spontanément. Tout d’un coup, la petite malade s’agite, puis

elle pousse des cris aigus qui annoncent en quelque sorte la

crise de cyanose. Le front, les joues, deviennent livides ; le

pourtour des narines, les oreilles, les lèvres sont violacées : les

yeux sont ternes, le visage comme un peu bouffi. Les extrémi-

tés des membres inférieurs et supérieurs sont tout à fait livides.

L'enfant, pendant toute la durée de la crise, paraît perdre connaissance. Cependant elle fait continuellement entendre des cris plaintifs. |

La respiration est stertoreuse et bruyante.

Le souffle cardiaque persiste pendant la crise. Les battements du cœur sont réguliers mais augmentent de nombre, sont précipités. ; lof

Pendant les diverses crises, nous avons noté le nombre des pulsations à la radiale. Nous avons trouvé les chiffres variant de 132 à 148, 156, 160.

Le pouls, quoique rapide, est nettement frappé, régulier, mais plus petit qu'en dehors des paroxysmes. La crise dure dix’ minutes, un quart d'heure au plus. Elle se termine brusquement, laissant pendant une heure ou deux lenfant très affaissée, La cyanose disparaît très vite et les téguments reprennent rapidement leur teinte habituelle. Cependant par le moindre effort, si l’on fait pleurer l'enfant, une très légère teinte bleutée apparaît. : |

Pendant son séjour à Phôpital, cette enfant a eu des crises assez nombreuses. Pendant les premiers jours elles étaient fréquentes, se reproduisaient quotidiennement au nombre de 2 à 3, puis elles s’espacèrent, ne revinrent que tous les huit jours, puis tous les quinze jours. Depuis trois semaines nous ne l’avons pas vue en état de crise véritable. Les intervalles plus | prolongés entre les paroxysmes ont coïncidé avec une amélioration notable dans l’état général de l'enfant, soumise à un repos complet, à une alimentation bien réglée, En effet à son entrée aux Enfants-Malades, le 23 novembre, elle pesait 8 kgr. 206. Du 23 novembre au 5 décembre elle eut de fréquentes crises. Aussi maigrit-elle considérablement. En effet, son poids, le 6 décembre, était de 7 kgr. 450. ï

À. partir de.ce jour, les crises devinrent plus rares. Aussi la

voyons-nous augmenter régulièrement de ‘poids :

13 décembre. LE. Poids.

20 décembre. — Poids.

26 décembre. — © Poids.

3 janvier. — Poids F9 janvier. — Poids 17 janvier, — Poids.

24 janvier. — Poids.

30 janvier. — Poids.

— Poids.

14 février. — Poids.

6 février.

En dehors des crises :

Globules rouges.

Globules blancs.

Pendant une crise :

Globules rouges.

Globules blancs.

. Nous avons pris les nantes reclale et Us à l’état

normal et à l’état de crise.

Oss. I. — État normal :

T. rectale .

T. périphérique .

Oss. II. — /dem.

T.. rectale: ENS

T. périphérique :

Oss. IT. — État de crise.

Hfrectale tune Te périphérique :

Le traitement a consisté dans de de potassium et dans une alimentation soigneusement réglée. Sur ces entrefaites la rougeole éclata: après un séjour de-

trois semaines au pavillon d'isolement, l'enfant nous fut rendue

ee oi

“hi

7 kgr. 800.

8 kgr.

8 kgr.

8 kgr.

.1/8/kgr.

8 kgr.

9 kgr.

9 kgr.

9 kgr. 400.

9 kgr. 400.

Nous avons compté les globules à plusieurs reprises:

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