‹ De la cystite perforante gangréneuseChapitre 11 sur 17 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Traitement.

Devant l'acuité des phénomènes, le danger des complications, le traitement doit être aussi hâlif que le diagnostic précoce. On devra par un traitement en somme prophylactique veiller à l'installation d'une eystile grave par le cathétérisme rigoureusement aseptique et la réduction de l’utérus rélroversé.

Mais une fois installées les cystites gangréneuses nécessitent un traitement énergique qui peut être médical et chirurgical. Cependant disons tout de suite qu'il serait bien imprudent de se fier au premier ; nous ne le citerons que pour mémoire. À vrat dire il n'y a qu'un seul traitement, le traitement chirurgical. Il faut à tout prix débarrasser la vessie de la fausse membrane, elle entretient la rétention et l'infection.

Deux façons toutes différentes permettent d'arriver au même but : on peut utiliser les voies naturelles, soit se créer uné voie artificielle. La voie naturelle était autrefois préférée. On se servait de la sonde à demeure, mais les inconvénients de cette sonde sont nombreux, elle.se bouche et ne guérit pas la rétention. Elle se désagrège au contact de l'urine et doit ètre changée toutes les douze heures. La sonde à demeure doit être rejetée ou suppléée par l’aspiration. Cependant il faut de fréquents lavages et une surveillance constante. Girard et Guyon ont préconisé le cathétérisme répété. Il expose aux menus traumatismes et

Or

nous en connaissons les dangers surtout dans une vessie en voie de sphacèle. Il est impuissant contre les grosses fausses membranes. Or, enlever les grosses fausses membranes est, dit le Professeur Pinard, une question de vie ou de mort, car elle entrelient, la, septicité après l'avoir créée. De plus ne perdons pas de vue que les malades sont fatigués, que leur organisme souffre déjà d'un commencement d'empoisonnement urineux. Rapidement les malades maigrissent. Il faut agir en vidant la vessie avant que son contenu ne soit trop. menaçant pour la vie du malade.

Deux méthodes sont susceplibles d'être employées pour arriver au but que l'on se propose, c'est-à-dire supprimer la vessie en Lemps que réservoir urinaire. Ces mélhodes sont la dilatation de col vésical et la taille vaginale ou hypogastrique. La ‘dilatation doit être abandonnée, elle donne des résultats peu durables, on lui préfèrera la taille vaginale ou mieux la taille hypogastrique qui donne des résultats plus sûrs et n'est pas plus dangereuse que les autres méthodes. | = La taille hypogastrique répond à toutes les indications thérapeutiques. Avec les progrès de l'antisepsie, la cystostomie est devenue bien moins dangereuse et il ne faut pas hésiter à la pratiquer alors que l'élat général de la malade est encore peu ébranlé et peut faire compler sur uneréussite à peu près cerlaine. Puis on installera un bon drainage, si possible continu avec des liquides antisepliques. Il ne faudra pas oublier que les membranes ont une tendance marquée à se reformer : aussi faudra-t-il toujours surveiller la vessie et cela au moyen de la plaie elle-même. Il est nécessaire, en effet, que la plaie soit entretenue jusqu’à complète guérison. Alors seulement, dit Mézard : laisser la plaie achever sa cicatrisation et en favoriser la rapidité en plaçant dans l’urèthre une sonde à demeure.

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