‹ De la cystite perforante gangréneuseChapitre 6 sur 17 · À. — CONGESTION · texte numérisé non relu

À. — CONGESTION

Pendant la grossesse l'influence de la congestion est tellement manifeste que le Professeur Guyon ne craint pas de dire dans sa lecon sur la physiologie pathologique de

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l'hématurie, que les hématuries vésicales constatées ne sont que le fait de la congestion des organes génitaux. C'est ainsi que Reblaud (sur 124 femmes qu’il a interrogées sur les phénomènes vésicaux qu'elles éprouvaient au début de la grossesse, dans plus de la moitié des cas, il a trouvé de la fréquence des mictions indice de cette congestion). Cet état congestif met done la vessie de la femme enceinte dans un état de réceptivité morbide considérable, à un tel point qu'il est permis de s'étonner du peu de fréquence de la cystite gravidique. Si: on envisage, en effet, la vascularisation de l'utérus à l’état de grossesse, on voit un énorme développement des artères et des veines utérines, de même des sinus utérins; or les artères vésicales ne prennent-elles pas naissance aux artères utérines ou ne viennent-elles pas d’un trone commun? Les artères vésicales postérieures viennent en partie chez la femme, de l’utérine, qui nait elle-même de lhypogastrique comme les artères vésicales inférieures.

Quant à l'irrigation veineuse elle a été bien étudiée par Gillette qui, par des recherches sur les plexus veineux intra-pelviens, a montré que les veines vésicales de la face postérieure ont des communications multiples avec les veines utérines. Elles sont, dit Tillaux, très souvent vari: queuses et en particulier celles du col qui y forment « La cystite variqueuse du col ».

Il à été dit plus haut que les vaisseaux utérins s'hypertrophient, grâce aux nombreuses, larges communications, gagnent les vaisseaux vésicaux. Ces rapports vasculaires expliquent donc l'influence de certains états physiologiques el pathologiques de l'utérus sur la vessie, et c’est ce qui a permis à Barnes de dire : « L'étude clinique des symptômes vésicaux chez la femme est plus souvent du domaine de la gynécologie. »

L'influence de la grossesse sur la vascularisation vésicale est donc certaine et un examen plus réfléchi nous montre cette influence sur tous les organes voisins.

B. — RETENTION.

Mais à côté de la congestion qui existe dans tous les cas d'utérus gravide, il existe des troubles urinaires en rapport avec les affections de l'utérus. Les femmes souffrent de la vessie mais souvent la lésion est ailleurs (Dans l'immense majorité des cas la rétention est un symptôme se rattachant non pas à des lésions vésicales, mais à des désordres du côté des organes pelviens et en premier lieu du côté de l'utérus. La rétention se montre fréquente lorsqu'il survient des modifications dans le volume et surtout dans la situation de l'utérus gravide).

L'anteversion rare ne produit qu'exceptionnellement la rétention. Les rétentions qui surviennent du fait de la chute de l'utérus en arrière sont beaucoup plus fréquentes.

La rétention est brusque parfois, le plus souvent progressive et il n’est pas rare que le sphincter vésical étant forcé par la pression du liquide urinaire, laisse l'urine s’écouler sans aucune sensation, c'est la miction par regorgement, la vessie vide son trop-plein. Il peut y avoir rétention absolue et c’est là le fait le plus grave.

L'utérus augmentant de volume par suite de la gravidité et basculant en arrière, par suite de l’insuffisante de ses attaches, vient par l'intermédiaire de son col lui-même hypertrophié comprimer la vessie en avant prise entre lui et le pubis.

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