‹ De la Cystostomie Idéale (Opération de Poncet modifiéeChapitre 15 sur 26 · CUS · texte numérisé non relu

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avec une tige de laminaire. Les urines sont ordinairement limpides, assez fréquemment elles deviennent hématiques.

En résumé, ajoute le chirurgien, le succès est des plus satisfaisants. Il sera facile, en faisant la dilatation graduelle du sphincter adventice, de procurer à l’opéré une évacuation irréprochable, »

Mais, dans ce cas, on a dépassé le but; non seulement le malade garde ses urines, mais il ne peut uriner debout et spontanément qu’au prix d’efforts qui lui font préférer la sonde, et on est obligé de faire la dilatation du sphincter externe pour rendre possible l’évacuation des urines. Le malade est devenu trop continent; il a presque de la rétention.

C’est alors que M. Wassilieff, s'appuyant sur l’observation de M. le professeur Tillaux, pensa qu’on pourrait réaliser la même disposition anatomique que chez son malade, c’est-à-dire rendre à la vessie toute son indépendance par rapport à la paroi abdominale, en l’unissant à cette paroi par un urèthre contrenature constitué par la muqueuse vésicale.

Ce canal présenterait deux sphincters, un à chacune de ses extrémités: un sphincter lisse, vésical, constitué par la tunique musculeuse de la vessie, et un sphincter strié superficiel, formé par les muscles droits. On obtiendrait ainsi un urèthre artificiel parfait, sans prostate.

Est-il possible d'obtenir un sphincter lisse à l'origine vésicale du canal? M. Wassilieff croit que « les fibres musculaires vésicales, entourant l’orifice viscéral sont capables de jouer ce rèle, à la condition de

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n'être qu’écartées, résultat produit par l’incision simple de la ponction ».

« Enfin, pour créer le canal, il suffit d'attirer la muqueuse de la vessie, faiblement adhérente à la musculeuse, à travers la boutonnière faite à la paroi. »

M. Wassilieff admet en outre un autre facteur que le sphincter strié et la longueur du canal dans certains cas de rétention prolongée. L'étude attentive d’un malade opéré dans le service de M. le professeur Tilaux l’a amené à admettre une action mécanique des viscères sur le nouveau canal. Voici comment il comprend ce mécanisme : (1) |

« Supposons que lurèthre contre nature présente une certaine longueur, trois ou quatre centimètres, par exemple. Lorsque la vessie est vide, le paquet intestinal applique le canal contre le pubis et l’aplatit de façon à accoler les parois.

«La vessie, en se remplissant, se développe surtout en arrière et en haut, refoule dans ce sens la masse intestinale et augmente par suite la pression exercée sur le puhis. Cette pression ferme le canal et le maintient fermé, favorise même peut-être sa coudure, tant que le muscle vésical n’entre pas en contraction ou que le poids de l'intestin sur le réservoir ne contrebalance pas l'effort supporté par le canal en avant.

« Plus le canal sera long, plus il subira de pression de la part de la masse intestinale, plus fasilement il pourra se couder et plus la rétention sera prolongée et facile. :

(1) Wassilieff, Gazette des Hôpitaux.

« Le canal, au contraire, sera-t-il court, moins il sera exposé à la pression des viscères, peut-être même n’en supportera-t-il aucune et, dès lors, la rétention sera uniquement due à la tension des muscles droits.»

Et il conclut qu’il n’est pas nécessaire de chercher à réaliser un sphincter profond, mais qu’il faut s’efforcer de créer un très long urèthre, tout en laissant la vessie indépendante. C’est ce que M. Poncet avait déjà observé et conseillé dans plusieurs publications.

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