TECHNIQUE DE L'OPÉRATION
Soins préliminaires. — La partie malade est lavée proprement, puis désinfectée avec une solution de sublimé à 1/5.000. Cela fait, on injecte dans la région du sac et sur le trajet de l’incision qui sera pratiquée, une solution de cocaïne à 1/200. L’anesthésie cocaïnique est très suffisante ; jamais nous n’avons vu M. le D' Kalt avoir recours au chloroforme.
Mais, avant de procéder à l’opération, il est une précaution indispensable à prendre, si l’on veut s’éviter des ennuis et même un échec dans quelques cas : c’est d’introduire dans le canal lacrymo-nasal une sonde n° 2 ou 3 de Bowmann. La sonde sert de guide à l’opérateur et lui indique le sac. On l’introduit par le canalicule lacrymal supérieur qu’on fend sur une certaine étendue, s’il en est besoin. Disons aussi qu’il y a intérêt à ne pas vider le sac avant l'opération. Ajoutons enfin, qu’il est nécessaire que lopérateur soit assisté d’un aide qui aura surtout pour mission de tamponner la plaie ; car, celle-ci se remplit constamment de sang, alors même qu'aucun vaisseau important n'a été lésé.
Incision. — L'incision est faite au bistouri et n’in-
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téresse d’abord que la peau. Elle part du grand angle de l'œil ; elle est dirigée verticalement et un peu de dedans en dehors. Elle doit avoir un centimètre à un centimètre et demi de longueur ; son extrémité supérieure est située au-dessous du tendon de l’orbiculaire qu’il ne faut pas sectionner. L’artère angulaire passe en effet juste en arrière de ce tendon, et sa section donne lieu à une hémorrhagie toujours abondante, quelquefois même inquiétante. Nous nous rappelons avoir eu dans un cas beaucoup de peine à l’arrêter : l’artère s’étant rétractée, nous ne pouvions pas la pincer.
L'incision ainsi faite, on en saisit les lèvres avec deux pinces et on entrebâille fortement la plaie de façon à mettre le sac à découvert, Quand la peau est amincie et dans le cas d’ectasie prononcée, on y arrive facilement. Mais, quand la couche cellulaire sous-cutanée est épaisse et qu'il n’y a pas de distension très marquée, le sac est situé à une grande profondeur et il devient indispensable, pour l’atteindre, de faire à nouveau usage du bistouri.
Quand on l’a enfin mis à nu, on introduit dans la plaie une pince à griffes, dont on maintient les branches accolées, et l’on va à la recherche de la sonde qu'on arrive à sentir facilement à travers la mince membrane qui la recouvre. Le contact une fois pris, on écarte légèrement les branchès de l'instrument et on serre fortement la sonde entre ses mors. En procédant de cette facon, on est sûr de saisir toujours et solidement la paroi antérieure du sac, et d'autre part, 1l devient plus facile de la réséquer.
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