ANATOMIE PATHOLOGIQUE
L’anatomie pathologique de la dacryocystite chronique est encore mal connue. Nous allons l’étudier en nous aidant de nos recherches personnelles et des résultats des quelques autopsies qui ont été publiés.
Au point de vueanatomo-pathologique comme au point de vue clinique, on doit distinguer deux périodes dans la dacryocystite : 1° période de catarrhe simple ; 2 période de catarrhe avec dilatation du sac.
Catarrhe simple. — Les phénomènes de gonflement et d'hyperémie tiennent le premier rang. La muqueuse plus où moins rouge s’est tuméfiée et diminue progressivement le calibre des voies d’excrétion des larmes. C’est surtout dans les points normalement rétrécis(c’està-dire la jonction du canal avec le sac, l’orifice de communication du canal avec le méat inférieur, les conduits Jacrymaux) que l’on observe cette tendance à l’oblitération. L’épithélium cylindrique du sac est devenu partiellement caliciforme, et le liquide visqueux sécrété est retenu dans la cavité, aucune force ne pouvant le chasser vers le méat inférieur.
Par places, quelques cellules embryonnaires ont migré
dans les couches sous-épithéliales de la muqueuse. C’est
la période de larmoiement du début. Généralement, des
Par e
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Manet | UNS altérations analogues se retrouvent dans les fosses nasales.
Catarrhe avec dilatation. — Ici l’épithélium cylindrique ne montre plus une couche continue. En beaucoup d'endroits, la barrière qu’il forme a été forcée par les éléments provenant de la paroi même du sac. Les cellules embryonnaires, rares dans la première période, forment ici ume masse épaisse qui entoure les fins vaisseaux si abondants dans la muqueuse. Ces vaisseaux émanent eux-mêmes d’un plexus veineux très riche qui entoure toute la région du sac d’une sorte de réseau vasculaire. Autour de ces gros vaisseaux, l’infiltration cellulaire est relativement faible ; elle est forte au contraire autour de leurs branches qui se ramifient dans la muqueuse. C’est donc dans cette muqueuse seulement que se fait la réaction de défense contre les micro-organismes agresseurs.
La sécrétion gluante des cellules caliciformes s’est accumulée dans le sac et peu à peu la paroi s’est laissé distendre. Dans ce liquide visqueux, on trouve des cellules desquamées et quelques lambeaux très ténus de üssu embryonnaire. Ce sont des débris des fongosités microscopiques qui pullulent à travers la paroi épithéliale forcée en quelques endroits. Mais en règle générale, l’épithélium est conservé. La paroi du sac infiltrée d'éléments embryonnaires n’a guère plus d’un demimillimètre d'épaisseur, tandis que la cavité s’est élargie au point d'atteindre un diamètre variant de 3 à 6 millimètres. On a vu des sacs distendus acquérir le volume
AAC
d'un œuf de pigeon (Kalt). Quand le sac a atteint ces dimensions, les modifications subies par la muqueuse se traduisent par des changements dans la nature de la sécrétion. Au lieu d’être épaisse et trouble, comme précédemment, celle-ci devient plus fluide, plus transparente, et prend insensiblement les caractères d’un blanc d'œuf peu consistant. Cette transformation a valu à la tumeur lacrymale le nom d’hydropisie du sac (Anel).
Le tissu conjonctif prélacrymal est intact ainsi que les fibres de l’orbiculaire.
Mécanisme de l'ectasie. — La cavité du sac a normalement sur le cadavre un diamètre transversal de 3 mm. et la surface de la muqueuse présente quelques plis verticaux. Cette muqueuse repose sur la paroi propre qui est constituée, ainsi que l'ont montré Robin et Cadiat en 1874, à peu près uniquement par des fibres élastiques enfeutrées. Par suite de la résistance qu'offre cette enveloppe, le premier résultat qu'amènera le gonflement inflammatoire de la muqueuse sera une exagération des plis verticaux. Sur des coupes d’un sac lacrymal atteint de catarrhe au premier degré et provenant d’un supplicié, M. le D'Kalt nous a montré un véritable état d’hypertrophie de la muqueuse qui, infiltrée d’éléments embryonnaires, était devenue trop grande pour l'enveloppe élastique. Les plis de cette muqueuse formaient sur des coupes transversales des saillies en forme de battants de cloche qui proéminaient dans la cavité du sac. La paroi élastique ne présentait pas d’altération notable.