‹ De la décadence de l'Angleterre (volume 2)Chapitre 24 sur 28 · LA MARINE MARCHANDE · texte numérisé non relu

LA MARINE MARCHANDE

De tous les ports marchands d'Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande, aucun ne peut disputer h Londres le premier rang. Liverpool , Bristol , Hull, Newcastle, Plymoulh, Leith, Glasgow, Greenock, Cork, Belfast, Dublin, sont loin d'égaler son importance. — Sur 39,000 navires qui, en 1847, entrèrent dans les difi'érents ports des îles Britanniques, 9,403 vinrent payer tribut à la Tamise. En un mot , le quart du commerce maritime du royaume appartient h Londres. — Ceci soit dit pour que l'on ne s'étonne pas de rencontrer la marine au nombre des sujets traités par l'Enquête métropolitaine.

Les hommes d'État , les historiens, les économistes s'accordent pour reconnaître que les éléments les plus essentiels d'une puissance maritime, résident dans l'étendue et la qualité du service marchand. N'est-ce pas lui, en effet, qui fournit les équipages de guerre et répare les pertes causées

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par les combats et les tempêtes? — L'élude de la condition des hommes de la marine marchande offre donc un double el puissant inlérèt. Mais, pour que l'on puisse saisir l'immense portée des faits révélés par l'Enquête, disons d'abord en quoi consistent aujourd'hui les forces navales de l'Angleterre, et ensuite quelle est la situation actuelle des propriétaires et des constructeurs de navires.

Le l*"^ janvier ^848, l'Angleterre possédait 252 bâtiments de guerre, vaisseaux de ligne, sloops, bricks, cutters, schooners, yachts, garde-côtes, paquebots-poste, etc, montés par 25,000 marins.

A la même époque, la marine marchande comptait 33,672 navires manœuvres par 236,069 hommes.

Telles sont, d'après les rapports officiels, les forces et les ressources, sur le maintien et l'accroissement desquelles reposent la puissance et la richesse de l'Angleterre.

Quant à la situation présente des propriétaires et des constructeurs de navires, les extraits suivants d'une enquête publiée par ÏEdimhvrg magazine, suffiront pour en donner une idée exacte et fidèle :

Aberdeen, 2 février i850. C'est en vain que Ton essaierait de cacher le misérable état des aff'aires maritimes dans notre port; autour de nous, tout présente l'aspect le plus morne et le plus décourageant. Nos docks sont pleins de navires de toute classe et de toute dimension, et pour eux, rien à faire. Les frets olïerts (et ils sont très rares) , sont

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