‹ De la décadence de l'AngleterreChapitre 22 sur 75 · AGRICULTURE. INDUSTRIE. COMMERCE. CREDIT · texte numérisé non relu

AGRICULTURE. INDUSTRIE. COMMERCE. CREDIT

On reproche à la France l'état arriéré de ses méthodes agricoles, la lenteur de sa marche dans l'art de la culture. C'est un parti pris de dénigrement, car il est certain que beaucoup de no%provinces peuvent avantageusement entrer en parallèle avec les comtés les plus avancés de l'Angleterre. Les terres les mieux cultivées des trois royaumes ne sauraient l'emporter apparemment sur le nord de la France, sur la Beauce, la Brie, la BressC;, la Normandie; nos vignes si enviées, nos plantations de mûriers et d'olivis is montrent à quel point la culture délicate et savante est poussée dans notre France.

Un pays ne peut que décheoir, qui est arrivé, comme l'Angleterre, au dernier terme de la perfection, en surexcitant toutes ses énergies natives, tandis que la France est riche des perfectionnements qu'elle peut encore réaliser. Donnez, en effet, à l'agriculture française le fera bon marché,

et quoi de plus facile , en brisant le monopole des maîtres de lorges? lirez-la des mains de l'usure, en amenant le crédit jusqu'à elle, facilitez-lui les moyens de transport, faites que l'eau, ce don de la nature, profite à tous et, en peu d'années , l'agriculture française aura doublé ses richesses.

Sur quoi repose la fortune agricole d'un peuple? Sur l'étendue de son sol cultivable, comparativement à sa population. Or, la France a quarante millions d'hectares en culture; demain , elle en aura cinquante si, demain, la République sait organiser un vaste système de défrichement et d'irrigation. Dans l'opinion des hommes les plus compétents, la terre de France peut subvenir à l'alimentation de soixante millions d'honuiies. El qu'on le remarque, en parlant de nourrir soixante millions d'hommes, il ne s'agit pas de les condamner à une existence de privations comme celle que mènent, aujourd'hui, nos travailleurs qui jeûnent au milieu de l'abondance, qui mangent du ma'is ou des châtaignes, qui boivent de l'eau, quand les greniers et les caves regorgent de récoltes.

L'Angleterre a- 1- elle en réserve une aussi magnifique perspective? Peut-elle appeler de ses vœux un accroissement de population? Je l'ai prouvé;, son unique espérance , le seul but que poursuivent ses bommes d'Etat, c'est de se délivrer, soit par l'émigration en masse , soit par l'application de l'impitoyable loi de Malihus, de millions d'hommes qui n'ont pas le droit de vivre en travaillant.

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Quoiqu'elle fasse , il lui manquera toujours ce que l'art est impuissant à donner : l'espace et le soleil ; et toujcurs elle se trouvera devant ce redoutable problème : nouriir une population de trente millions d'habitants avec une production égale aux besoins de vingt-un millions.

Le jour oîi la terre cessera d'appartenir, en Angleterre, à un petit nombre de familles aristocratiques, la division du sol amènera une réduction dans la production générale, et lors même qu'il en serait autrement, en quoi la transformation des ouvriers des champs en propriétaires, amélioreraitelle la situation des ouvriers de la manufacture? Le blé ne serait ni plus abondant , ni moins cher.

Le morcellement, dit-on, est une des plaies de la France. — Ah ! sans doute, sous le régime de l'individualisme, le morcellement est une difficulté. Mais le remède est trouvé : il existe dans l'association. D'ailleurs, il ne faut pas l'oublier, il y aurait imprudence à proscriie systématiquement la petite culture, pour étendre démesurément les exploitations. La nature des terrains, les habitudes locales doivent être mtirement pesées, car il y a, dans le travail de rhomme cultivant son propre champ, une puissance qu'il serait dangereux de méconnaître.

Soutiendra-t-on que l'Angleterre peut, aussi bien que la France , demander à l'association son merveilleux secours? Pour atteindre ce but, l'Angleterre a une double évolution à accomplir : il faut u. Kv

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