MISERE DES OLVRIERS DES MANUFACTURES
La France s'est émue récemment, et à juste titre, au récit des souffrances qui pèsent sur les populations des villes manufacturières de Lille, de Rouen et de Mulhouse. J'y reviendrai plus loin, mais on va voir, dès à présent, que la plupart des ouvriers anglais envieraient le sort de nos travailleurs les plus infortunés.
A Liverpool, dans la seconde ville maritime de l'Angleterre, plus de vingt mille individus sont réduits à demeurer dans des caves dont l'insalubrité va au delà de tout ce qu'on peut imaginer. D'autres, au nombre de soixante mille, logent dans des cours intérieures mal aérées et remplies d'immondices, au njilieu de la plus épouvantable pour riture. Des animaux et des êtres humains sont les hôtes de ces abominables repaires, où la contagion renouvelle incessamment ses victimes.
Je renonce à dire à quelle dégradation physique et morale est descendue la population qui se
presse dans les bas quartiers de Liverpool . De même que dans les docks de Londres, l'existence des uns est soumise au caprice des vents qui retardent ou précipitent les arrivages ; les autres vivent de larcins et d'aumônes. Les femmes n'ont d'autre ressource que la prostitution, et les enfants sont apprentis voleurs , car , à Liverpool, le travail du port n'emploie que des hommes faits. La mortalité, ce remède suprême contre la misère, d'après Malthus, sévit avec une effroyable rigueur sur ces agglomérations d'individus, et, comme l'a dit un journal tory, « c'est par le nombre des morts et non par celui des vivants, qu'on peut calculer le chiffre de la population, dans les villes maritimes ou manufacturières de la Grande-Bretagne. »
La vie moyenne à Liverpool est de dix-sept ans, et ce n'est pas un fait exceptionnel , puisque les autres grands centres offrent, à peu de chose près, des résultats analogues.
Que maintenant le lecteur se transporte à Manchester, et il verra que les villes d'industrie ne le cèdent en rien aux villes maritimes. Là, aussi, des tanières creusées dans la terre servent d'asile à des milliers de créatures humaines qui se partagent, h deux et trois, un horrible grabat. Là aussi, une grande partie de la population manque d'air et s'éteint de consomption. Sur mille enfants qui naissent à Manchester dans les familles pauvres, cinq centsoixante-dix succombent avant d'atteindre leur cinquième année. Il y est mort, en sept années, treize mille trois cent soixante-deux enfants, au-
dessus de la moyenne. « Oui, dit l'Enquête, treize mille trois cent soixante-deux petits enfants, élevés dans des logements fétides et dans des rues impures, — abandonnés toute la journée par leurs mères, — aspirant des vapeurs délétères — assoupis par l'opium, — assaillis par la maladie, et enfin livrés h la mort sans qu'un médecin soit appelé à leur secours, sans qu'un médecin vienne même vérifier les causes de leur trépas, et sanctionner leurs funérailles. »
A Manchester, la durée moyenne de la vie est de dix-huit ans, un an de plus .qu'à Liverpool, et les enfants ne sont pas les seuls à payer leur tribut à la contagion de la misère ; ceux qui parviennent h l'âge d'homme, tombent, pour ainsi dire, dans la vieillesse, sans passer par la virilité, tant le travail et les conditions de leur existence entravent et contrarient leur développement naturel.
« L'appauvrissement de l'espèce dans cette ville, n est plus à démontrer ; quand on voit passer les ouvriers des fabriques, on est frappé de leur apparence débile, de leur physionomie inerte. Les femmes , de leur côté, n'ont plus rien de ces formes gracieuses qui sont les attributs de leur sexe. Sur leurs figures plombées, se devine le mal secret qui mine les générations de cette immense cité. Quant aux enfants, privés de soins et d'aliments, nourris d'un lait empoisonné par la maladie ou la privation, ils accusent une race en pleine dégénérescence, » ainsi parle l'Enquête.
Et il n'a pas fallu cinquante ans, pour produire
un pareil état de choses ! Trois générations, en se succédant à dix-sept ans de distance, ont suffi pour détruire celte forte population de travailleurs, qui faisait la gloire de l'Angleterre, et pour la remplacer par une race abâtardie, dénuée de toute vigueur, au moral comme au physique. On cite, en France, les cantons manufacturiers qui ne peuvent fournir à l'armée d'hommes aptes au service militaire, et l'orgueil national s'est effrayé, avec raison, de ce symptôme d'appauvrissement. Mais il n'y a rien de comparable en France, à ce qui se voit en Angleterre dans les centres de production; — « bientôt, dit l'Enquête, il n'y aura plus ({''hommes, si d'énergiques mesures n'arrêtent promptement cet effroyable gaspillage de la vie humaine. »
Je n'ai pas de choix à faire entre les autres cités industrielles. A Bolton comme à Leeds, à Rochdale , h Ahston , à Nottingham et à Newcastle , à Sheffield, à Stockport, partout enfin, d'un bout du territoire à l'autre, la situation est la même, c'està-dire, désespérée. Partout, l'insuffisance du salaire et les fluctuations du travail conduisent l'ouvrier au dénûment, à l'ivrognerie; partout, les délits croissent d'année en année; partout, la moralité s'abaisse à mesure que s'élève ce que l'on appelle le progrès de l'industrie manufacturière.
Dirai-je qu'à Manchester, quatre mdle trois cents enfants, dans une seule année, reçoivent le joui- à l'hôpital, et que le chiffre de ces infortunés ne descend jamais au-dessous de trois mille quatre cents?
Conduirai-je le lecteur dans les logements déserts et dénudés, où s'entassent les familles des travailleurs sous des amas de paille hachée et putréfiée? Cilerai-je ce père de famille, obligé de garder dans un coin de sa demeure , le corps de son enfant mort depuis une semaine, parce qu'il n'avait pas le moyen de le faire enterrer? Dix volumes ne suffiraient pas pour raconter ces sombres épisodes qui se renouvellent chaque jour, et que bientôt on ne daignera même plus mentionner. Ici, c'est un malheureux ouvrier de vingt-six ans, qui, malade et exténué d'inanition, s'attache à son métier pour gagner le pain de ses enfants, et tombe frappé de mort. Là, c'est une jeune fille qui s'empoisonne pour échapper aux lentes tortures de la faim, dont elle fait un terrible récit, et qui demande saintement pardon à Dieu d'avoir été contrainte de disposer de sa vie. Plus loin, des femmes voient mourir leurs enfants sur leur sein desséché ; ailleurs, des hommes perdent la raison sous Tétreinte du besoin. Ecoutons au surplus l'auteur de l'Enquête : — « A Manchester, dit-il, vingt-deux mille neuf cent cinquante-six maisons n'ont ni pompes, ni citernes, ni puits, ni conduits, et ne peuvent se fournir d'eau aux fontaines des rues. — Le plus bas, le plus sale, le plus insalubre et le plus misérable quartier de Manchester s'appelle , par une singulière bizarrerie, Angel-Meadow (la Prairie des Anges). Il est rempli de caves et habité par des [)rostituées, par des voleurs, des mendiants, des vagabonds, et par les bas Irlandais [Low-Irish)-^ ces
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êtres infortunés fourmillent dans les bouges les plus horribles de saleté et de ténèbres. —
« Nous descendîmes, poursuit-il, dans une cave de dix à onze pieds de long sur six à sept de large. Elle n'était éclairée que par la faible lueur que jetaient quelques charbons allumés. Le plafond était si bas que l'on ne pouvait se tenir debout sans le toucher. Une douzaine , au moins , d'hommes , de femmes et d'enfants, les uns assis sur des escabeaux, les autres, accroupis ou étendus sur le pavé, entouraient le feu. La chaleur et l'odeur étaient affreuses. Cette cave n'étant pas publique , la police n'avait aucun contrôle à exercer sur ses hôtes qui dormaient, pêle-mêle, sur le pavé ou sur des monceaux de haillons, de copeaux et de paille. Rien qui ressemblât à un lit. Au fond de cet antre, s'ouvrait une seconde cave parsemée de morceaux de charbon et d'éclats de bois destinés à faire des allumettes. Dans les encoignures, sur des copeaux entremêlés de quelques poignées de fougère , étaient couchées deux filles endormies.
« Nous visitâmes une autre cave. La pièce du devant était semblable à celle dont le tableau précède; derrière, s'ouvraient trois autres caves donnant r une dans l'autre. Ces caveaux, véritables trous funéraires, étaient complètement privés de clarté. A la lueur de la chandelle on voyait suinter, le long des murailles noircies, une eau fétide; sur une litière, dans une des encoignures, un homme était couché; auprès de lui dormait un veau. Surunautre grabat gisait un vieillard ignoblement ivre. Le ca-
veau suivant était occupé par deux enfants el un homme, tous trois endormis. — Qu'est-ce que vous avez là? dit mon guide h la Landlady, en se baissant pour examiner l'assise d'une des murailles. — Je m'approchai et je vis un trou d'environ six pieds de long sur deux de large, qui avait été creusé dans la terre, contre les rondaiions du mur de la cour voisine. Ce cercueil de terre contenait un vieillard couché sur une maigre litière de paille pourrie et puante. « C'est un pauvre vieux, dit la Landlady d'un ton de commisération ; si nous ne l'avions laissé se fourrer là, il serait mort dans la rue. »
L'aspect de Leeds est encore plus repoussant, et l'on aurait le droit de s'en étonner, en pensant qu'on peut citer l'opulence de celte ville, même après avoir parlé de iManchester. Je ne raconterai pas la pérégrination courageusement accomplie par l'auteur de l'Enquête, dans le dédale de rues étroites et d'allées obscures où languit une population de cent soixante-dix mille âmes. Qu'il me suffise de dire que, pour se représenter l'état sanitaire de cette ville , l'imagination n'ira jamais assez loin, en fait de tableaux hideux.
A Bradford, à Halifax, on trouve des quartiers aussi désolés, mais à Leeds, c'est la ville tout entière qui est un immense cloaque , et l'auteur de l'Enquête a pu dire que « les cochons semblent être les habitants naturels de Leeds, qu'ils y sont plus nombreux que les chiens el les chats ne le sont ailleurs , et que la population de cette ville est la
plus repoussante et la plus misérablement logée de toute TAngleterre. »
Pour savoir combien on peut entasser d'hommes dans un espace resserré, il faut aller à Nottingham. Dans un quartier dont la superficie n'offre pas plus de 220 yards carrés, on compte 4,200 habitants , et cette concentration est tellement extraordinaire et tellement funeste, que les commissaires du Poor law en ont consigné les dangers dans un rapport officiel. A Nottingham , suivant l'énergique langage d'un ouvrier, « le pauvre vit sur le dos du pauvre ». De 11,000 maisons dont la ville est composée , plus de 7,000 sont tellement rapprochées, que la plupart s'ouvrent sur des impasses où l'on arrive par des sortes de tunnels qui, souvent, n'ont pas plus de 3 pieds anglais (2 pieds 9 pouces métriques) de large. La commission sanitaire a déclaré qu'à Nottingham des centaines de maisons étaient tout à fait impropres à être habitées par des êtres humains.
« Quelles peuvent être les mœurs dans une aussi déplorable condition? La prostitution est devenue la règle, l'inceste n'est pas une rareté dans ces familles condamnées à n'avoir qu'une chambre, souvent qu'une litière commune pour le père et la mère, les fils et les filles. »
A Birmingham, la salubrité du site est impuissante à combattre les germes délétères que l'agglomération des habitations et la misère répandent dans la population. Si les travailleurs de cette ville conservent encore une certaine apparence
de vigueur, la mortalité n'y est guère moindre pour l'enfance qu'à Manchester. Condamnées ellesmêmes au labeur , les femmes de Birmingham ne peuvent donner à leurs enfants les soins que réclame leur faiblesse, et ces petits malheureux, race d'éphémères , ne naissent en quelque sorte que pour mourir.
La mort plane également sur les grands centres industriels des forges et des mines qui sont situés, cependant, au milieu de contrées agrestes et salubres, mais, l'entassement est tel, les lois de l'hygiène publique sont si peu observées, que le choléra y a fait, l'an dernier, d'innombrables victimes.
A Merlhyr et à Dowlai, il a sévi avec une si violente intensité, que le souvenir de son passage est resté, dans l'esprit terrifié des habitants, comme celui d'un fléau de la colère céleste.
Le nombre des maisons, dans ces deux endroits, est de 7,500 ; — 3,260 personnes ont été atteintes de l'épidémie et la moitié a succombé.
« Les rues^ dit l'Enquête , étaient noires de funérailles, et, le jour et la nuit, on n'entendait résonner que l'hymne de la mort, chanté par les Gallois, depuis les vieux âges, lorsqu'ils conduisent leurs parents ou leurs amis à la dernière demeure. » 644 veuves ou enfants tombèrent, d'un coup, à la charge de la paroisse.
A Wolverhampton, laclasse ouvrière habite dans des huttes, qu'un économiste anglais compare à une garenne ou à une colonie de castors, moins
la propreté. Les fièvres pernicieuses et le typhus y régnent toute l'année ; joignez à l'air empesté qui s'épaissit dans ces terriers, les mille privations qu'impose la misère, et nul ne s'étonnera d'apprendre qu'à Wolverhampton, comme dans toutes les villes importantes que je viens de citer, la dégradation physique et morale de l'ouvrier est à son dernier terme. Ce spectacle rappelle la description de ces cités bibliques marquées du doigt par le Dieu des Juifs, dans ses implacables colères.
Mais rien n'approche de Sedgeley et de Willenhall ; deux petits bourgs industriels, dont le premier fabrique exclusivement des clous et des chaînes en fer, et dont le second ne se compose que de serruriers. A Sedgeley ce sont des femmes qui battent le fer, pendant 12 et ^ 4 heures par jour.
« A Willenhall , dit un auteur, s'il n'y avait pas de cabarets ni d'ateliers , on ne se croirait pas dans un pays civilisé : le travail et l'ivrognerie, tel est le cercle invariable dans lequel s'écoule la vie de ses habitants. A voir leurs corps déformés par la continuité d'un travail toujours le même, leurs yeux hagards, leurs membres rachi tiques ou développés contre nature, leur face hébétée et comme soufflée par les liqueurs spirilueuses, on s'effraie de cette réunion d'hommes, tous frappés des mêmes stigmates, et tous condamnés h transmettre à leurs enfants une difformité héréditaire. » Et parmi leurs compagnes , pauvres créatures qui semblent ne conserver rien d'humain, pourrait-on reconnaître les blanches filles d'Albion , dont les
poètes vantent si complaisamment l'orgueilleuse beauté?
Que les moralistes, effrayés de ce hideux tableau de la prostitution régnant, en souveraine, dans les comtés manufacturiers, se rassurent, cependant; l'industrialisme a presque trouvé le remède : « à Wolverhampton, dit un rapport officiel, — et il en est de même à Willenhall , — la pauvrelé du sang, la maigre chair et l'épuisement qui suit le travail ne laissent aux jeunes filles, ni temps, ni force, ni désir pour le mal. Elles sont protégées contre la débauche par l'excès de leurs souffrances, et si la prostitution ne perd pas ses droits dans la succursale de Birmingham, c'est qu'il s'y fait, chaque année, une importation considérable de prostituées venant des comtés voisins. »
Hélas ! il est vrai que si la force manque aux femmes de Wolverhampton et de Willenhall pour la débauche, leur esprit n'échappe pas aux atteintes de la corruption ; les propos d'ateliers n'y sont pas moins impurs, ni moins obscènes que partout ailleurs. Leur chasteté n'est que matérielle, ce n'est pas l'âme qui est préservée , c'est le corps qui est devenu impuissant à obéir.
Quelle civilisation que celle, où le renoncement h la prostitution est, non pas le symptôme d'un progrès moral, mais la preuve que la vie se retire et que la race s'éteint.
Longtemps, l'Angleterre a pu cacher Jà l'Europe le secret de ses douleurs, en les voilant sous l'éclat trompeur d'une prospérité officielle. Les tableaux
de la statistique n'arrivaient pas au dehors avec leur signification véritable ; les faits seront-ils plus heureux? Je l'espère.
La France connaîtra, enfin, sur quels fondements s'étaie la puissance industrielle et commerciale de la Grande-Bretagne, et, j'en ai la confiance, son admirable instinct réagira de toute son énergie contre les pernicieuses doctrines de la liberté illimitée.
Cette pensée seule m'a soutenu dans le cours de celte pénible lâche. Pouvais-je oublier , en effet, à la vue des immenses douleurs qui accablent le peuple de l'Angleterre, pouvais-je oublier que quelques villes de France commencent à sentir l'influence du fléau industriel qui décime la population britannique !
Quai-je donc voulu? Ouvrir les yeux à mon pays, le retenir sur la pente de l'abîme, car chez nous , heureusement, le mal n'esl encore qu à son début.
Et, à ce propos, je ne puis m'empêcher d'aller au-devant de la critique que mes paroles soulèveront , sans aucun doute , de ce côté du détroit. Si les avocats du syslème anglais ne peuvent démentir des faits dont l'auiheniicilé ne saurait être contestée, ils ne manqueront pas d'opposer les lugubres récits publiés sur la situation des contrées industrielles en France , par les voyageurs officiels de la science économique. Ils diront, après MM. Villermé elBlanqui, que, chez nous, la misère a bien aussi ses victimes dans les centres manu-
facturiers. Pour absoudre devant leur amourpropre national l'indicible détresse de Londres et de Manchester, ils me renverront aux masures du quartier Martinville à Rouen, aux caves du quartier Saint-Sauveur à Lille.
Ai-je besoin de répondre qu'en France ces maladies d'importation anglaise peuvent demain disparaître, car, Dieu merci, elles ne sont qu'exceptionnelles. On les trouve sur deux ou trois points isolés, et d'ailleurs peut-on les comparer aux souffrances de la population de Londres, de Manchester, de Liverpool et de vingt autres villes , je puis même dire, de toute l'Angleterre ? On parle de demeures souterraines dans lesquelles sont entassés les ouvriers de Lille, mais M. Léon Faucher, lui-même, déclare que ces caves sont des habitations de luxe, auprès de celles de Liverpool ou de Manchester.
On le voit : les plus fanatiques champions du système anglais sont obligés de l'avouer ; il n'y a pas de comparaison à établir entre l'Angleterre et la France. En Angleterre , la misère est générale , universelle; elle a affecté, épuisé depuis longtemps toutes les sources du travail ; en France , elle est locale, exceptionnelle et cédera en quelque temps,
— sous un gouvernement vraiment Républicain,
— devant la pratique des réformes, mûres aujourd'hui.
La France, en possession d'elle-même, maîtresse de ses destinées, pouvant se suffire, ne dépend de personne.
L'Angleterre, au dehors, pour la consoiv.uion
de ses débouchés , dépend de tout le monde ; au dedans, avec sa population courbée depuis des siècles, sous la misère et l'abrutissement, son sort est plus précaire encore.
« En cas d'une jacquerie d'ouvriers, dit l'Enquête , toutes les forces militaires de l'Angleterre ne pourraient défendre ces millions restés à la merci de Téiincelle qui peut jaillir d'une pipe de tabac. »