‹ De la déclaration des maladies épidémiques faite par les médecinsChapitre 11 sur 13 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mesures sanitaires à prendre, autres que celles

indiquées par l’article 15.

Après avoir exposé ce qu'était l’article 15, montré com bien tel qu’il est formulé par la loi, il est préjudiciable à la Corporation médicale et de peu d'utilité pour améliorer la santé publique, nous allons dire en quelques mots, ce que nous voudrions qu’il fût fait, selon noüs.

Nous n’attaquons pas le principe de l’article 15. Il est utile en ce sens qu'il nous oblige à déclarer des maladies dangereuses pour la santé publique. Mais nous voudrions que les maladies qui seules présentent un véritable danger public restent obligatoires. Que l’on supprime par conséquent de la déciaration : la suette miliaire, la dysenterie, l’infection puerpérale, ’ophtalmie des nouveaunés.

Nous demandons que la déclaration au mair2 subsiste seule, que le médecin ne soit rendu responsable qu'après le chef de famille.

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Nous demandons encore que la déclaration soit faite au moyen de cartes postales fermées pour arrêter toute indiscrétion, et qu’il ne soit plus question de faire signer les médecins au moyen d’un numéro.

La dénonciation des maladies épidémiques n’est certainement pas dans le caractere français, le public sera toujours tenté d’y voir une tracasserie qu’il qualifiera d’ennuyeuse et d’inutile, et c’est le médecin qui supportera sa mauvaise humeur. Il faut donc mettre ce dernier à l’abri des atteintes des articles 378, 1383 et 1384.

Mais le reproche le plus sérieux que nous ayons à adresser à Particle 15, c’est d’être venu en quelque sorte avant terme, rien n'étant fait en France au point de vue de l’hygiène publique.

Il y a, paraît-il, une loi sanitaire dont le Sénat s’occupe présentement de discuter le projet.

Mais l’idée n’est encore qu’à l’état d'œuf, bien loin par conséquent de pouvoir être appliquée.

Nous avons confiance en les promoteurs de cette loi, mais il n’en est pas moins vrai que nous sommes pour le moment complètement désarmés. En attendant, nous sommes sous le coup de l’article 15,et nous avons vu qu’il était absolument inapplicable dans la pratique, et nous plaçait, nous médecins, sous la dépendance pleine et entière d’une Administration incompétente.

! Nous ne voyons pas bien, en effet, à quoi sert cet anonymat. Serait-ce que la déclaration présenterait un caractère infamant f Si oui, on fait injure au Corps médical en l'obligeant à ne pas signer sa dénonciation. Si non, nous ne pouvons l'expliquer que par un commencement d’embrigadement.

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Nous voudrions tout au moins qu'avant d’ordonner les désinfections, l'Administration prît l’avis des médecins de l'État-civil et des Bureaux de bienfaisance, un peu aussi celui du médecin traitant.

Mais, ce qu’il y aurait encore de mieux, selon nous,en attendant la loi sanitaire, ce serait de s’assurer le concours des médecins des épidémies. !

Dans les campagnes surtout, ils devraient être les seuls chargés de la santé publique. Provisoirement, on devrait en créer au moins w# par arrondissement, et c’est à lui que les médecins devraient adresser leur rapport. Actuellement le médecin des épidémies est un fonctionnaire non payé, sans autorité, sans valeur {. On devrait le pourvoir d’un traitement largement suffisant pour assurer sa vie, et le douer d’une autorité capable de résister victorieusement aux nofabilités locales. On établirait dans les com munes les plus aisées des établissements sanitaires capables de répondre scientifiquement aux premiers besoins, et, en temps d’épidémie sur avis dudit médecin au ministre de lIntérieur, il serait loisible à l'Etat de prendre la direction des secours.

Dans les villes, un ou deux médecins des épidémies assistés de leurs confrères de l’État-civilet des Bureaux de bienfaisance devraient être chefs de la santé. Ils auraient sous leurs ordres les Bureaux d'hygiène et le Service de la désinfection.

C'est à eux qu’on adresserait les déclarations, et eux seuls responsables devraient des comptes au ministre de l'Intérieur.

! Il doit un rapport par an au ministre de l’Intérieur.

Nous sommes persuadés qu’en agissant ainsi on réunirait tous les suffrages du Corps médical, qui n’éprouverait plus la moindre répugnance à se confier à un homme compétent, à un confrère.

Mais, si malgré tout, l’article 15 doit être appliqué tel qu’il est, nous demandons instamment qu’on fasse quelque chose de sérieux pour améliorer les services sanitaires, surtout dans les petites villes et les campagnes, pour que cette obligation nouvelle ne soit pas considérée uniquement comme un corps sans lêle, comme une mesure administrative vexatoire puisqu'elle est inefficace. ;

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