‹ De la décomposition putrideChapitre 7 sur 10 · II · texte numérisé non relu

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l’économie animale peut renfermer dans son sein de véritables foyers de décomposition putride, tels que ceux qui résultent de gangrènes partielles et de suppurations profondes, n’ayant pas un écoulement facile au dehors. Je citerai encore comme pouvant subir une semblable altération, les divers produits morbides déposés à la surface de la peau ou des membranes muqueuses communiquant librement avec l’air extérieur, les produits naturels de sécrétions placés eux-mômes dans ces dernières conditions. Tous ces foyers, en contact avec des parties vivantes et absorbantes, deviennent la source d’une véritable infection de l’économie, dont M. le professeur Bérard a fait une étude approfondie, et dont il a décrit les effets sous le nom de résorption putride et d’infection putride. Les chirurgiens et les médecins apportent le plus grand soin à prévenir ces fâcheuses complications, et cette partie de mon sujet, si restreinte au point de vue où je dois me placer, fournirait à elle seule le texte d’une thèse étendue de médecine. Proust a démontré comment, sous l’influence de certaines inflammations, l’urine devient ammoniacale dans la vessie, y favorise la formation de calculs ammoniaco - calcaires, l’ammoniaque libre diminuant alors la solubilité des phosphates terreux naturellement contenus dans l’urine.

Si, des foyers de putréfaction situés au sein pour ainsi dire de l’économie vivante, nous passons à ceux qui leur sont extérieurs, le champ des considérations morbifiques s’agrandit considérablement. On sait aujourd’hui comment les marais et les eaux stagnantes sont, pour les habitants des communes voisines, souvent la cause de production de fièvres intermittentes; c’est en devenant de véritables foyers de décomposition des substances organiques végétales et animales, surtout des premières, que le retrait des eaux a privé de vie dans certaines saisons , notamment en automne. On a soutenu avec persévérance et talent que les mêmes causes, sous l’influence de certaines conditions locales, devaient être regardées comme productrices de la peste, de la fièvre jaune, du choléra asiatique.

Si au lieu de matières végétales ce sont des matières animales qui

entrent en putréfaction, lorsque les hommes ou les animaux sont réunis dans un espace trop limité, et où les précautions hygiéniques ne peuvent être prises comme cela a lieu dens les villes assiégées, dans les camps, etc., on voit se déclarer le typhus et la dysenterie. Enfin, si nous plaçons l’homme isolé en présence de foyers plus restreints, mais en quelque sorte plus concentrés, comme ceux qui se

trouvent dans les fosses d’aisances, dans les sépultures, les égouts..

nous voyons se produire les différentes espèces d’asphyxie et certaines maladies propres aux ouvriers employés à ces travaux.

Empoisonnement par les matières organiques putréfiées. — Nous avons vu dans ce qui précède que la putréfaction de certains principes sulfazotés, d’origine animale, sont capables, en dehors du corps , d’entraîner la décomposition complète de masses considérables de substances organiques, en contact avec elles. Or, toutes ces matières faisant partie des aliments de l’homme et des animaux, étant d’origine organique c’est-à-dire de nature fermentescible, il se produira dans l’économie les perturbations les plus graves lorsqu’on y introduira des substances nutritives n’étant pas dans un état de conservation suffisant. Ne sait-on pas , d’ailleurs, qu’une simple piqûre faite avec un scalpel ayant servi à la dissection d’un cadavre putréfié, peut communiquer à la masse entière du sang une altération telle que la mort en résulte après plusieurs jours de cruelles souffrances?

Les expériences nombreuses publiées vers 1815 par M. Orfila , et celles que MM. Gaspard et Magendie ont fait connaître depuis, ne permettent pas de conserver le moindre doute sur les propriétés toxiques des aliments frappés de putréfaction à un degré plus ou moins intense.

Les docteurs Kerner, Schumann et Weiss ont eu à juger et à étudier par centaines, en Allemagne, des cas d’empoisonnement occasionnés par l’usage de certaines préparations de viandes fumées, à demi gâtées. En lisant le détail des observations, on serait tenté de regarder ces empoisonnements comme produits par une véritable fermentation putride qui se propage d’abord dans le torrent circulatoire , envahit bientôt le corps entier, et continue ses ravages sur le cadavre que la mort lui, abandonne.

Nous ne nous arrêterons pas à discuter les diverses opinions mises en avant par MM. Rerner, Schumann et par Sertuerner pour expliquer ces terribles accidents; car évidemment, comme le dit M. Or fila {Trait, de to.r., t. II, p. 641), «de nouvelles recherches sont néces- » saires pour arriver à la connaissance des causes qui produisent ces » effets délétères. »

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