DE LA CRYPTE
Le lecteur voudra bien se rappeler que le canal FF et l’excavation à laquelle il conduit ont été découverts en 1854, après le départ de M. Charles Lenormant, qui n’en parle que par ouïi-dire dans sa notice (p. 82) (1). Mais sous la plume de son brillant défenseur les faits s’embellissent outre mesure. L’excavation devient une crypte à voûte surbaissée , effondrée seulement en quelques endroits (p. 12-900); elle a des murs de verre comparables aux murs de Peran et de Sainte-Suzanne (17, 18-905, 906); au milieu
(i) L'un de nous, au contraire, était sur le terrain dès le mois de novembre 4854, au moment où le canal FF venait d’être dégagé par Boutel, et, dans nos nombreuses visites, nous avons pu suivre tous les progrès des fouilles.
s'élève un antique monument funéraire, garni encore de son squelette mérovingien (1).
À tous ces fails imaginaires nous ne pouvons qu’opposer la simple réalité. Le canal FF est seul voûté, il conduit à une excavation circulaire qui se rétrécit un peu vers le haut, mais qui ne montre aucune trace de voûte. A droite, vers le bas du coteau et dans la partie inférieure de lexcavation, s’est trouvée une maçonnerie grossière (2), haute seulement de 80 centimètres el se reliant au canal FF. Cette maçonnerie n'avait d’autre but que de soutenir les terres supérieures; quand Boutel en eut enlevé les derniers moellons, nous reconnûmes qu’au-dessus d’elle le sol était vierge, preuve évidente qu’elle ne s'était pas élevée plus haut et qu’elle n'avait jamais supporté de voûte. Les moellons étaient tous plus ou moins calcinés, et des vitrifications apparaissaient dans leurs interstices.
À 80 centimétres environ, au point où cessait la maçonnerie, commençaient des vitrifications qui couvraient le sol jusqu’au haut de l’excavation. Dans nos premières fouilles, nous n’avions aperçu ces vitrifications qu’au point O du plan; mais les terres, en s’'éboulant, ont mis à découvert des vitrifications semblables, s’étendant circulairement du point O au
(14) M.F. Lenormant ne parle nulle part de ce monument dans son texte, mais il en donne la coupe sur son plan ; c’est une manière de faire croire à l’existence de ce monument sans l’affirmer nettement.
(2) Les moellons qui la composaient aussi bien que ceux du canal FF étaient si irréguliers, qu’au premier abord, nous les primes pour des blocs encore noyés dans leur sol primitif. La présence du mortier d’argile qui les reliait nous les fit bientôt reconnaître comme appartenant à une maçonnerie de l’espèce la plus grossière.