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ARR sous ce rapport, dans son œuvre, la variété que le temps y eût sans doute introduite ?
Ces inscriptions vont du IVe au VIe siècle; elles sont l’œuvre d’une population si misérable, qu’elle n'avait, pour écrire les fituli de ses défunts, que de grossières tuiles à rebord propres à couvrir s2s cabanes (1). Cependant, la langue des inscriptions latines est pure ; elles contiennent même quelques vers que ne désavouerait pas un écrivain d’une bonne époque, et on n’y trouve qu’une seule fois, comme le remarque M. Le Blant (p. 203), une orthographe barbare {no 92 des planches).
M. Le Blant n’admet plus de baptistère et s’efforce de mettre M. Lenormant hors de cause. C’est M. Lambert, dit-il, qui a eu cette- malencontreuse idée (p. 188); c’est lui qui croit pouvoir former une vasque baptismale avec trois fragments de pierre dont les dessins sont donnés n° 62, 65 et 74 des planches (2); c’est lui enfin qui restitue jusqu’à hauteur d'appui l’enceimte environnante et y place comme margelle les restes de la demi-colonne (p. 189).
(4) Le rebord est apparent sur la plupart des dessins. M. Le Blant écrit que c’est un usage assez répandu , p. A94 ; puis il renvoie à des autorités qui ne le prouvent pas, et dont plusieurs ne parlent que d’emblèmes et d'inscriptions gravées à l’intérieur , maïs sur le tombeau même. À Saint-Eloi, il n’y a pas de tombeaux, maïs quelques tuiles ramassées dans l'herbe et dans les haïes, sur lesquelles on s’est amusé à tracer des inscriptions qui ont servi de thème à un brillant roman archéologique. Tout le monde sait que dans les vrais cimetières mérovingiens , si souvent fouillés sur divers points de l'Europe par des savants de tous les pays, et particulièrement en Normandie par M. l'abbé Cochet, on n’a point trouvé de tuiles couvertes d'inscriptions, Ce fait si grave eût dû inspirer à M. Lenormant lui-même les doutes les plus sérieux sur sa découverte.
(2) Ces dessins, rapprochés des paroles de MM. Lenormant père
et fils, prouveront une fois de plus au lecteur la puissance merveilleuse de leur imagination.
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Un peu plus loin (p. 191), M. Le Blant constate après nous qu’il y à une difficulté (il eût pu dire une impossibilité) évidente à faire des fragments d’une colonne le couronnement d’une enceinte d’une courbe aussi rapide, et, dans une note (p. 194), il remarque que le bord conservé de l’un des fragments de colonne est à angle droit. Mais alors que deviennent les assertions si formelles de MM. Lenormant sur l'existence de ce mur d'enceinte, et l’absence, si bien constatée par M. Lenormant père, de coupole ou même de toiture (1) ?
Il faut donc conclure que notre récit est seul admissible et que ces messieurs donnent comme certaines et constatées des choses qu’ils n’ont pas vues et qui n’ont pas même pu exister.
M. Le Blant veut bien déclarer (p. 317), que lépitaphe de Gentianus et les objets qui l’accompagnaient ont été trouvés à fleur de terre, c’est-à-dire, comme nous l’avons raconté (2), dans l’herbe du pré Coulbeau. Cette déclaration d’un second témoin irrécusable permet au lecteur d'apprécier de nouveau comme elle le mérite cette phrase de M. François Lenormant (p. 10-898) : « Nous eûmes le bonheur de « rencontrer dans le pré n° 114 une tombe qui avait « été respectée, et où nous découvrîimes, avec les dé- « bris des ossements d’un homme, l'inscription sui- « vante, etc. »
L'emplacement de Gisai est discuté par M. Le Blant (p. 204-207). Il prouve à sa manière que le vicus ne peut être placé à Saint-Eloi , et il le reporte à Gisai-
(1) Découverte d'un cimetière mérovingien, p. A4.
À (2) P. 31 de notre première édition, p. 29 de celle-ci.
la-Coudre, selon lopinion, dit-11, de M. Auguste Le Prévost (1). Toutefois, pour donner raison à l’inscription no 98 des planches, il conserve à Saint-Eloi une villa Gisaicus où saint Taurin aurait été flagellé. Le fac-simile de cette inscription avait déjà été publié par M. Lenormant père (De la découverte. ... p. 64%). Celui-ci, qui voulait le vicus à Saint-Eloi, donne comme très-nettement tracé GISACI VIC\, Gisaci vicus. M. Le Blant, qui ne voudrait plus qu’une villa, ne voit rien des trois derniers caractères et nous donne GISACI V. Malheureusement, le vers exige vicus et n’admet point villa, d’où naît un grand embarras pour l’ingénieux écrivain. Qu'il nous permette de lui dire que la solution est fort simple : le faussaire qui à fabriqué les vers publiés par M. Lenormant ne pensait pas à cette distinction nécessaire de oicus et de vulla ; dans son ignorance, il a écrit vicus.
L'auteur passe sous silence le plan de la prétendue église si hardiment tracé par M. François Lenormant ; mais ce qu’il dit de l'édifice prouve jusqu’à quel degré d’aveuglement peut descendre un esprit d’ailleurs distingué. Après avoir pompeusement raconté les premières découvertes (2), il ajoute (p. 189) : « Exa-
(4) On voit que l’heureux lauréat de l’Institut en use avec M. Auguste Le Prévost comme avec nous-mêmes ; il ne daïgne pas mentionner la nouvelle opinion du savant et vérérable académicien, sans doute parce qu’elle est publiée dans une lettre jointe à ces rapports, qu’on eût voulu envelopper du plus profond silence.
(2) M. Le Blant parle avec un enthousiasme qui dépasse toute mesure. «J'aurais pu me croire, dit-il,dans ma chère ville de Rome!!! » Comme MM. Charles et François Lenormant , il ne doute pas que des fouilles subséquentes ne mettent à nu de nouvelles richesses. Qu'est-ce à dire, Messieurs ? Vous êtes archéologues de professions depuis plus de trois ans , vous avez eu, à vous en croire, la bonne fortune de ramasser des inscriptions mérovingiennes sur l’herbe
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« minée alors avec plus de soin, la maison de l’ouvrier, « placée à vingt pas de la ruine, parut elle-même « formée de matériaux antiques; l’abondance des ma- « tériaux, supérieure à ceux qu’aurait pu fournir « l'enceinte restituée, révélait l'existence d’un édifice « Important, une église sans doute, aux dépens et « sur la place duquel aurait été élevée la chaumiére. » Qu'on veuille bien relire et peser tous les termes de cette phrase. Rien ne saurait peindre le sentiment que nous avons éprouvé en la lisant. Nos lecteurs le partageront sans doute quand ils connaîtront les faits que nous allons énoncer. La maison de Boutel a été construite par son beau-père il y a cinquante ans (1), les murs sont en terre et ne contiennent pas une seule pierre ; les soubassements sont en cailloux ou silex non taillés. La cheminée, primitivement, était aussi en terre; mais en 1831 Boutel obtint de Mme Niquet, alors propriétaire de Saint-Eloi, des briques et des pierres provenant de la cheminée d’une petite maison que cette dame possédait au hameau de Malassis, à six cents pas de Saint-Eloi, et qu’elic avait fait déemonter. Il fit bâtir avec ces débris sa cheminée ac-
d’une prairie et dans les haies qui l’entonrent, et vous en êtes en core à annoncer des fouilles fécondes? Mais c’est par là qu'il eût fallu commencer! Avant d'entretenir le public de vos hypothèses romanesques, il eût fallu chercher la vérité dans le sol et montrer à tous de véritables ruines. Vous proclamez par toutes les voies de la renommée la découverte d’une source intarissable de merveilles : nous allons simplement pour y puiser; mais dès que nous mettons le pied à Saint-Eloi, la source se dessèche, personne ne trouve plus rien. En vérité, le public doit trouver cela fort étrange !
(4) L'acte d'acquisition du terrain, vers la fin du siècle dernier, acte qui est encore entre les mains de Boutel, constate qu’à cette époque le terrain ne portait aucune construction. La femme de Poutel se rappelle aussi fort bien d’avoir vu dans son enfance construire la maison.