‹ De la découverte d'un prétendu cimetière mérovingien à la Chapelle-Saint-ÉloiChapitre 4 sur 42 · A RES HOTTE · texte numérisé non relu

A RES HOTTE

LÉ L N AET

TE

pierre appartenait à une église, et que cette église existait en ce lieu même (1).

Après le départ de M. Lenormant, el avant notre arrivée, Boutel, ayant rencontré des pierres au niveau de la vallée, au point F, avait suivi leur direction et mis à découvert un canal voûté FF d’environ 2 mètres 50 centimètres de longueur sur 90 centimètres de hauteur et 50 centimètres de largeur. Au delà de ce canal, qui passait sous la sente DD, apparaissatent des restes de maçonnerie LL (planche 1), affectant une forme circulaire ou ovale; le tout formé de moellons irréguliers , reliés par un mortier d'argile. Les pierres étaient calcinées, le mortier avait pris la consistance de la tuile; de nombreuses vitrifications et une couche de cendre GG, de 3 à % centimètres, prouvaient qu’un feu très-vif y avait longtemps séjourné. Des portions assez notables de chaux éteinte nous ont fait croire que nous étions en présence d’un ancien four à chaux. L'intérieur du four était comble; au milieu de terres’ rapportées, et à la hauteur de la voûte du canal, Boutel avait trouvé un squeletie entier, dont il nous présenta les ossements. Leur état parfait de conservation et la nature du terrain

(1) « On ne peut s'empêcher d’être frappé de la ressemblance « qu'offre, pour la figure et même pour la dimension , notre cuve « baptismale, creusée grossièrement dans un bloc de la pierre du « pays, avec les baïignoires de porphyre du genre de celles qui se « conservaient soit à Metz, soit à Saint-Denis, et dont la dernière « passait pour avoir servi au baptême de Clovis. » /Notice, p. A0.) « Nous avons trouvé. , sur le terrain d’un cimetière attenant, de « nombreuses épitaphes, presque toutes tracées sur des tuiles à « rebord.» {Notice, p. 3.) « Un Baudulfus s’est inscrit sur une « des pierres de l’église attenunte au baptistère et dont on retrouvera « sans doute les assises inférieures. » (Notice, p. 15.) Nous pourrions citer beaucoup d’autres phrases de même nature, mais cellesci sufliront pour édifier le lecteur.

NT

nous ont paru prouver suffisamment que l’mhumation de ce corps ne remontait qu’à un petit nombre d'années (1). Sur le terrain, nous n’avons pu voir que

(1) Quelques ossements rapportés par nous ont été soumis à l’examen de M. le docteur Bidault, notre confrère, qui nous a remis la note suivante :

« Un fémur droit, un os coæal gauche incomplet , une vertèbre lombaire, pris au hasard, par les membres de la commission, parmi les os ramassés par Boutel, ont été l’objet de notre examen.

« Ces os sont complétement dénudés de parties molles ;. ils offrent une coloration jaunâtre comme on l’observe sur des os qui ont séjourné longtemps dans un terrain calcaire, ils sont pesants et solides, Le tissu compacte est dans un état presque complet d’intégrité, le tissu spongieux conimence seul à se détruire.

« Le corps du. fémur est grêle, les condyles ne paraissent pas avoir été soudés à la diaphyse; l’épiphyse de la crête iliaque n’est pas réunie au reste de l'os, d’où il résulte que l’individu auquel ces ossements ont appartenu n’avait pas complété son accroissement et qu’il n'était pas âgé de plus de dix-huit à vingt ans.

« Beaucoup de circonstances influentgsur la promptitude de la décomposition des corps déposés dans la terre : il est donc impossible de préciser pendant combien de temps ces ossements y ont séjourné. Il est certain cependant que la mort remonte à plusieurs années : à trente, cinquante, cent ans peut-être; mais est-il possible d'admettre qu’ils y ont été déposés depuis plus de quinze siècles ?

« Nous ignorons sur quelles circonstances anatomiques particulières on pourrait appuyer cette conclusion. Quant à nous, les ossements que nous avons sous les yeux ne nous offrent ni l'aspect terreux, ni la légèreté, ni la friabilité d’os qui auraient séjourné pendant plusieurs siècles sous le sol sans aucun moyen de conservation. Il est d'observation que plus les corps sont immédiatement en contact avec la terre, plus ils se décomposent rapidement ; nous savons que les ossements découverts à Saint-Eloi éfaient directement en contact avec le sol, au milieu de terres rapportées et se laissant facilement pénétrer par l'humidité. Ces ossements, cependant, sont compactes, pesants, solides ; ils renferment une quantité considérable de gélatine ; tandis que ceux que nous avons pu observer dans plusicurs tombeaux gallo-romains, découverts récemment à Evreux pendant les travaux du chemin de fer, étaient extrêmement légers.

d’une friabilité telle, qu’ils s’affaissaient au seul contact de l’air et

se réduisaient en poussière sous la plus légère pression; ecpendant les corps étaient protégés contre l’action directe des agents physiques par des cercueils creusés dans de la pierre dure et fermés exactement par d'épais couvercles de même nature.

« D' BIDAULT, memb. de la Soc. »

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