‹ De la découverte d'un prétendu cimetière mérovingien à la Chapelle-Saint-ÉloiChapitre 5 sur 42 · ET RU LR AR · texte numérisé non relu

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l'emplacement des pieds H (1). À côté se seraient trouvés une monnaie d’un Antonin, grand bronze, très-fruste, et deux boucles d'oreilles, ou plutôt deux anneaux, dont l’un, acheté par nous, est composé d’un simple fil d’or, dont les deux extrémités, en s’enroulant l’une sur l’autre, permettent d’agrandir ou de Tresserrer un peu la circonférence. On trouve, dans l’antiquité, des ornements de cette forme; mais elle est tellement simple. elle exige si peu d'habileté dans l’ouvrier, qu’on ne saurait la donner comme le type d’une époque quelconque. Tels furent, Messieurs, les résultats de notre première visite.

Nous en fimes une seconde le mercredi 13 juin, accompagnés de deux ouvriers. À notre arrivée, les derniers moellons de la maçonnerie L étaient enlevés; mais le terrain vierge qui l’entourait nous permit de mesurer l'étendue du four, dont il avait conservé la forme. La largeur entre les parois intérieures de la maçonnerie était de 1 mètre 60 centimètres, et entre les parois du terrain vierge de 2 mètres 70 centimetres. La tranchée M nous laissait apercevoir une couche profonde de terres de remblai, provenant sans doute du creusement du four. Pour nous assurer de la profondeur de cette couche dans la partie RRR, nous avons fait faire une tranchée au point N, et on y à trouvé le sol primitif à 1 mètre audessous du niveau de la sente DD.

Nous avons ensuite fait dégager le baptistère, ou plutôt le fourneau supérieur. Le terrain vierge res-

(1) Les pieds étaient au nord, orientation qui ne répond aux idées religieuses d'aucun peuple.

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pecté avec soin, nous a montré la forme de ce fourneau, que nous avons mesurée exactement, et qui est celle décrite plus haut. Nous avons aussi recherché avec précaution les traces du canal CC, et nous avons été assez heureux pour retrouver en place, à droite, un fragment de tuile formant la paroi du canal; à gauche, la première assise de fragments de tuiles, et au-dessus une pierre cubique également en place, ce qui nous a permis de connaître la largeur et la direction de ce canal : la largeur était de 45 centimètres ; la direction est marquée sur le plan. Un peu au delà, nous avons remarqué un parement O formé de petits cailloux et de mortier complétement vitrifiés. Le terrain vierge qui bordait le canal et celui qui décrivait la forme du prétendu baptistère étaient brûlés, les blocs de marne, noyés dans le sol, étaient effrités, preuve évidente que cette excavation était encore l'emplacement d’un second four, dont la partie inférieure épousait cette forme elliptique que montrent encore aujourd’hui plusieurs fours à chaux du pays.

En examinant attentivement les fragments de colonne , tant ceux déposés chez Boutel que ceux qui ont été transportés dans la chapelle Saint-Eloi, nous n’y avons aperçu aucunes {races de feu ni de mortier; d’où il fallait conclure que ces fragments n’avaient été déposés dans l'emplacement du four qu’après la suppression de ce dernier, et qu’ils ne formaient pas un mur proprement dit. Ce mur eût été d’ailleurs très-diflicile à construire avec des pierres présentant une partie convexe d'un petit rayon. La colonne, avant d’être détruite, ne pouvait non plus

s’élever en ce lieu-]là : car une colonne d’un tel dia- Ve

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mètre, surmontée d’une statue de grandeur naturelle, suppose des fondations solides, qu’on n’eût pu arracher sans endommager ce terrain vierge environnant, que nous avons trouvé parfaitement imtact. Ainsi s’en allaient une à une les idées émises par M. Lenormant. Du reste, on ne saurait comprendre que le savant professeur ait pu créer sur les lieux mêmes une hypothèse aussi impossible. L’excavation A est de 2 mètres environ; les fragments de colonne ayant de 20 à 40 centimètres d'épaisseur, le mur d'appui, que M. Lenormant suppose construit avec ces fragments et renfermé dans ces 2 mètres, ne pouvait avoir moins de 40 centimètres. Par conséquent , l’espace resté libre dans l’intérieur du baptistère, autour de la cuve baptismale, eût été au plusde 50 centimètres, c’est-à-dire que ni le baptisée, ni l’évêque ou le prêtre, ni les parrains, n’auraient pu s’y placer; ils n'auraient même pu y entrer par ce prétendu passage , que M. Lenormant qualifie d’étroit sans avertir qu’il n’avait que 45 centimètres. Enfin, le passage lui-même eût été construit avec des fragments de tuiles chargés d’inscriptions funéraires qu'on suppose postérieures à l’établissement du baptistère (1). On avouera qu’il est difficile de réunir dans un système plus d’invraisemblances et d’impossibilités..

Si existence du baptistère ne supporte pas la discussion , il en est de même de l’église, du cimetière et de la villa; toute la surface de la partie PPPP à été enlevée par Boutel; on y trouve partout le ter-

(1) Tous les fragments de tuiles chargés d'inscriptions proviennent du canal CC.

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rain vierge à quelques centimètres. Dans la partie RRR, nous l’avons trouvé à 1 mètre; à droite et à gauche des fouilles , à plusieurs centaines de mètres, la pente du coteau est uniforme, tandis que toute espèce de monument eût exigé de profondes tranchées pour aplanir le terrain, tranchées dont les vestiges seraient apparents pour l'œil le moins exercé. La vallée qui borde le coteau est parfaitement plane, son sol marécageux donne l’eau à moins de deux pieds de profondeur, et nous n’y avons aperçu nulle part cette surélévation du sol qui marquerait nécessairement la place de ruines importantes. Enfin, dans tout le terrain qui entoure le prétendu baptistère, terrain fouillé soit par nous, soit par Boutel, nulle trace d’ossements, ni d'armes, ni de vases funéraires, rien en un mot de tout ce qui annonce un cimetière, à quelque époque qu’il appartienne (1).

Il reste une partie de la découverte que nous n'avons pu examiner, ce sont les inscriptions (2); mais ce que nous venons d'établir suffit pour révoquer en doute leur authenticité. Lors de la découverte des premières inscriptions, rien n’était plus facile que d'examiner en une seule fois ce monceau de pierres et de tuiles réunis par Boutel, et de reconnaître im-

(1) Le lecteur comprendra que nous faisons ici abstraction du squelette dont nous avons parlé plus haut, et dont la présence, fût-il ancien, ne suffirait pas pour établir l’existence d’un cimetière. On a de plus trouvé, avant notre visite et dans l’enceinte du four inférieur, deux anneaux d’or, un miroir, une pièce de monnaie et des fragments d’un vase antique. On ne peut rien conclure d’un si petit nombre d'objets, qui ont pu d’ailleurs être apportés sur les lieux pour confirmer la fraude du faussaire, dont nous parlerons plus tard.

(2) Toutes les pierres et toutes les tuiles chargées d'inscriptions ont été emportées par M. Lenormant pour 45 fr. donnés à Boutel.

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