‹ De la defénse des places fortesChapitre 22 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Reconnaissance que doivent faire , même en temps de paix y dès leur arrivée dans une Place les Commandans et les Officiers du Génie auxquels cette Place est confiée. Des propriétés de cette Place relativement à T ensemble de la frontière. Du site. De la forme des ouvrages et de l'urs rapports respectifs. Des bâtnnens militaires. <

App^ès avoir montré ce que la conservation des forteresses exige du courage de. leurs défenseurs, nous examinerons ce qu'elle réclame de leurs talens.

La bravoure étant supposée la même entre l'assiégeant et l'assiégé , il est évident que celui-ci sera forcé de céder à l'autre , s'il n?cxiste pas pour lui un art qui le dirige dans le choix de ses positions , qui lui apprenne à se couvrir , à former autour de lui une enceinte dont toutes les parties se soutiennent mutuellement , à eîn ployer enfin de la manière la plus avantageuse les armes crui sont à sa disposition.

L'intention de Sa Majesté n'a point été crue cet Écrit y composé par ses ordres , fût un traité de cet art, puisqu'elle est informée qu'il existe sur ce sujet d'excellens ouvrages consacrés spécialement à l'instruction des élèves du corps du Génie; mais elle a voulu cm.' on y rappelât les principes essentiels à une belle défense, et qu'on remit sous les yeux des Militaires , plusieurs points trop négligés jusqu'à ce jour , quoique les plus décisifs pour leur propre gloire et pour la sûreté de l'État. J'insisterai donc sur ces points principaux, et je passerai rapidement sur les autres.

La première chose qu'ait à faire un.

commandant ou un officier du Génie qui arrive dans une place, est de l'étudier à fond pour en connaître les rapports, l'ensemble et les détails.

Il doit s'appliquer à connaître ses communications soit par eau , soit par terre y avec les places voisines , amies et ennemies 7 pour donner la main aux premières et contrarier les opérations appuyées par les secondes, pour faire de petites diversions, harceler par ses détachemens l'ennemi y intercepter ses convois,, lever des contributions dans son pays , surprendre quelques-uns de ses quartiers ou postes mal gardés. Nous ne répéterons pas ce qui a été dit au sujet de l'utilité déplaces fortes en général dans le chapitre II de la première partie; il suffira de dire ici, qu'on doit appliquer ces principes généraux à la place qu'on veut examiner , afin de connaître les propriétés qui lui appartiennent, relativement à l'ensemble de la frontière.

Il faut ensuite discuter avec la plus grande attention tout ce qui tient au site de la place et aux accidens du terrain qui l'environne.

« Dans une longue paix , dit Mr. de » Vauban , les gouverneurs et les princi- » paux officiers des places fortes , oublient » que leurs villes peuvent être assiégées, » et ils en négligent les environs.

« Le gouverneur ne doit jamais rien » souffrir sous la portée de son canon > qui

» puisse lui dérober la vue des ennemis; il » ne doit y laisser aucun fossé sec à remplir, » aucun buisson à couper, aucune émi- » nence , sil est possible , sans la faire raser » et aplanir.

« Il doit tous les jours s'attaquer lui- » même en secret, et chercher autant de » différentes défenses qu'il invente denou- » velles attaques. »

Il faut donc examiner si la place n'est point dominée par quelques hauteurs à la portée du canon. C'est leuï**défaut ordinaire ; car le besoin d'eau ayant déterminé à les bâtir presque toutes sur des rivières, il arrive communément que , soit d'un coté, soit d'un autre, et souvent de plusieurs côtés à la fois ; la place se trouve commandée , ou du moins quelques parties de sa fortification. On remédie a cela jusqu'à un certain point, par l'art d'établir le relief par rapport au terrain , c'est-à-dire, de diriger les branches et les terre-pleins des ouvrages , de manière que l'intérieur ne puisse en être vu du dehors , malgré l'élévation du terrain extérieur. Cet art est connu dans les écoles sous le nom de défilement; il appartient à une théorie dont on occupe spécialement les élèves du corps du Génie. Mais comme ce défilement a été

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généralement assez mal observé dans les anciennes places , il faut que les officiers du Gériiejimployés dans ces places , s'occupent à y remédier, autant qu* possible , par des xnouvemens de terre dans l'intérieur, ordinairementpeu dispendieux; lorsque ces hauteurs sontmédiocres ; mais si elles sont considérables , cela sera plus difficile ; voici ce que dit à ce sujet M. de Vauban :

« Les cavaliers et les grosses traverses îï sont nécessaires à plusieurs places 3 les » traverses 3 pour parer aux enfilades de » quelques parties commandées , et les ca- » valiers , pour faire le même effet , et » commander à quelques parties du dehors » où l'élévation du rempart ne peut décou- » vrir , mais il ne faut point les mettre dans » les bastions , slls ne sont revêtus et abso- » lument séparés de leur terre-plein.

« Les commandemens nuisibles aux y> places, sont ceux qui se trouvent dans Fe- » tendue de la portée du canon ; plus ils » sont près, plus ils sont dangereux. Quand » on peut les raser , c'est toujours le mieux, » sinon il faut les occuper par quelques » ouvrages, ou s'en éloigner ensorte que » toutes les vues d'enfilade qu'ils pourraient » avoir sur la fortification , leur soient bôu- » chées par des traverses à l'épreuve /placées

» à propos, et capables d'en rompre l'effet. »

Les commandemens dont nous venons de parler sont un grand désavantage ; mais ce désavantage c » ordinairement racheté par d'autres circonstances favorables , que M. de Vauban a détaillées avec soin. Son grand ait dans la construction des places était, comme l'on sait, de profiter habilement de ces circonstances ou accideus dit terrain ; il sera donc très-uîiîe de méditer ce <tu 'il dit sur ce point essentiel; le voici :

« Il ii y a point de place qui n'ait quel- )> que propriété particulière qui peut lui » être avantageuse; quand on sait la décou- » vrir et en profiter. Par exemple , s'il y en » avait une coupée en deux par une rivière, » chose assez commune, c'est une propriété » dont on peut tirer plusieurs avantages.

« 1 9 . Si l'ennemi attaque par un des » côtés des entrée ou sortie de cette ri- » vière , et qu'il n'occupe pas l'autre ; de là » même on pourra se prolonger sur celui » qui ne sera point attaqué , et prendre dès » revers sur les tranchées.

« 2e. S'il attaque par les deux côtés de » la rivière à la fois , ses attaques étant divisées, il aura de la peine à les soutenir, et » il sera obligé démonter beaucoup plus »fort; sinon il sera exposé à être battu à

des Places portes. 7

» l'une ou à l'autre de ses attaques parles » sorties , à cause de la difficulté des com- » munications interrompues parle canal de » cette rivière.

« 3°. 'S'il y a des retenues d'eau ou des » écluses à l'entrée de cette place , en ar- » r étant les eaux , on pourra inonder qucl- » crues parties des environs , comme à •» Oudertarde , Tournay; Condé, Menin, m Douay 7 Valenciennes } et plusieurs autres » qui ont ces avantages , an moyen des- » quels ; grande partie de leur circuit d'e- » venant inaccessible , c'est un avantage » considérable ; et si on peut ménager des » couraus dans les fossés, ce sera encore un » nouvel obstacle qu'on opposera à l'ennemi.

« 4°. Si la place est environnée de ma- » rais qui n'en permettent les approches » que par des chaussées , c'est un grand » avantage , en ce que les tranchées en » sont toujours mauvaises, sujettes aux » écharpes et aux enfilades du canon de la » place , ce qui rend leur marche fort lente » et très-meurtrière -, et donne moyen à la » place de pouvoir défendre son chemin » couvert de pied-ferme , comme aussi le «loisir de préparer les retranchemens des » autres parties.

c< 5*. Si une partie du circuit de la place

» est située sur des rochers escarpés , et à » l'abri de- l'escalade , c'est autant de pièces » inaccessibles; et par conséquent un avan- » tage y en ce que cette partie n'a pas besoin » de grands soins , ni de beaucoup de » troupes pour sa sûreté.

« 6° . S il y a de grands dehors à la place, » comme des ouvrages à cornes ou à cou- » ronne, quelque pièce équivalente de plus » que les choses ordinaires ; où cela se «trouvera^ ce sera autant de moyens d'en » pouvoir redoubler la défense y ou de la » prolonger considérablement , parce que » Ton peut opiniâtrer la résistance de ces » pièces , sans craindre que si elles sont » emportées de vive-force , cela puisse » exposer le corps de la place à quelque «événement fâcheux.

« 70. S'il y a des demi-lunes doubles » dont les intérieures soient revêtues, c'est » un moyen sûr de prolonger la défense de » la grande , et de faire valoir tous les » autres petits retranchemens qu'on y vou- » dra faire, sans crainte que leur prise » puisse être suivie d'un succès qui mette » la-place en danger.

« 8°. S'il y a des pièces collatérales qui « aient des vues on quelques croisées sur » les fronts attaqués , ce sera encore un os

» à ronger pour l'ennemi y auquel elles cau- » seront du retard pour se parer de leur » effet , si on sait en faire un emploi con- » vénal) le.

« 90. S'il y a quelques flancs dans le «front attaqué, dont l'opposé direct ne «puisse être occupé par les batteries enne- »mies, ce flanc sera très-funeste à l'eiine- » mi ; parce crue pouvant faire usage de son » canon et de sa mousqueterie dans le » temps d'un assaut , il pourra lui faire man- » quer son coup , et lui causer de grandes » pertes.

« î o ° . S'il j a des retranchemens revêtus » dans les bastions attaqués , et de longue » main préparés, que l'ennemi ne puisse pas » ruiner par ses batteries du dehors y la » garnison pourra hardiment soutenir plusieurs assauts au corps de la place, sans » craindre qu'elle puisse être emportée.

« 1 1°. S'il y aune vieille enceinte inté- » rieur e sur pied en tout ou en partie, » qu'elle soit revêtue, et qu'elle avoisine le » derrière de la fortification moderne atta- » quée, on pourra , selon qu'elle sera dis- » posée , la faire servir d'un bon reîrau- »chement, à même fin que les précé- 3) dentés.

« 12°. Si le fossé de la place est revêtu ,

» l'ennemi en allant à l'assaut , sera obligé » de dénier par les seules ouvertures et » défenses qu'il se sera faites ; ce qui lui » causera un désavantage considérable. »

Lors donc qu'on fera l'examen d'une place forte , il sera nécessaire de fixer son attention sur chacune de ces propriétés principales , et de la comparer aux dif rérentes parties de l'enceinte ? pour savoir jusqu'à cruel point telle ou telle de ces pro-? priétés peut lui appartenir.

On tâchera principalement de reconnaître ce qu'on nomme le front d'attaque , c'est-à-dire, celui qui est le plus faible. Cela est ordinairement fort connu dans chaque place, et facile à juger. Ce sont presque toujours les parties les plus saillantes, à moins qu'elles ne soient resserrées entre des lieux voisins inaccessibles , qui ne permettraient point à l'ennemi de développer ses attaques et de prendre des prolongemens sur les branches des ouvrages, ou bien situées derrière une inondation , ou sur quelque point escarpée , on bien enfin défendues par des fortifications redoublées ou contreminées.

C'est ce que M. de Vauban donne à connaître par ses maximes générales sur les attaques où il s'exprime ainsi ;

« IVc jamais attaquer par des lieux serrés » et étroits, ni par des marais, et encore «moins par des chaussées, quand on le » peut par des lieux secs et spacieux.

« ]\e jamais attaquer par les angles ren- » trans qui puissent donner lieu à 1 ennemi » d'envelopper ou croiser sur la tête des at- » laques, parce qu'au lieu d'embrasser, il » se trouverait par les suites, crue la tran- » cliée serait enveloppée , comme il est » arrivé au siège de Turin. »

La première de ces deux remarques suit de ce qui! faut toujours eu toute action de guerre avoir autant que possible , un front supérieur à celui de l'ennemi , -et que particulièrement devant un front de fortification , il serait impossible , si l'on ne pouvait l'embrasser , de prendre des prolong emens sur ses faces pour faire agir les ricochets.

La seconde tient aux propriétés de ce qu'on nomme la Fortification en ligne droite ; propriétés bien développées par M. de Cormontaingne, et qui appartiennent dans un plus haut degré encore , à la fortification rentrante dont parle ici M. de Yauban. Au surplus M. deVauban observe qu'il ne faut pas toujours se fier à ce que l'ennemi attaquera par le point le plus

• faible , parce qu'il y a des cas où ce point qui est le plus faible par lui-même,, ne l'est pas lorsqu'on le considère relativement à d'autres circonstances particulières , telles que la position respective tles armées bel}igé*rantes , ou la facilité du transport des matériaux.

L'art de la fortification est nécessairement lié étroitement avec celui des attaques, et l'on ne juge bien des parties plus ou moins fortes d'une place que par la difficulté pins ou moins grande de les attaquer. Il sera donc essentiel > lorsqu'on fera l'examen des différens fronts d'une place, d'appliquer à chacun d'eux les remarques importantes qui suivent , et qui sont le résultât de la longue expérience de M. de Vanban dans la science des attaques -, dont il est le créateur. En indiquant à l'assiégeant ce qui constitue le fort et le faible de la place qu'il doit attaquer, il indique évidemment à l'assiégé ce qu'il doit faire de son côté pour augmenter la résistance et corriger les parties défectueuses de sa place.

« Il n'y a point de place , dit-il , qui n'ait » son fort et son faible , à moins qu'elle ne » soit d'une construction régulière et si- » tuée au milieu d une plaine rase et vaste ,

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, » telle qu'est le Neuf-Brisach; mais comme » il se trouve peu de places fortifiées de la » sorte , et que presque toutes sont régu- » Hères en parties, et irrégnlières en d'au- » très, par rapport à leurs fortifications, » presque toujours composées de vieilles » et de nouvelles pièces, elles ont tou'es » quelque défaut ou avantage , par rapport » à la situation , plus grand à un côté qu'à j> l'autre, ou par la- nature de la campagne » des environs ; cela fait une diversité qui 5) nousoblige à autant de différentes obser- 3) valions. Développons ceci le miens que » nous pourrons, la chose en vaut bien la » peine.

» Si la fortification d'une place a quelque s) côté situé sur un rocher de q.5 , 3o , \o, » 5o ou 6o pieds de haut, que ce rocher j) soit sain et bien escarpé, nous, la dirons » inaccessible par ce côté; si ce rocher bat » au pied d'une rivière d'eau courante ou » dormante, ce sera encore pis, si quelque » côté en plein terrain est bordé par une » rivière qui ne soit pas guéable , et qui ne «puisse être détournée, que cette rivière » soit bordée du côté de la place dune » bonne fortification capable d'en défendre » le passage , on pourra la dire inattaquable » par ce côté : que si son cours est accom-

l4 DE LA DEFENSE

» pagne de prairies Lasses et marécageuses » en tout temps , elle le sera encore da- » vantage.

» Si la place est environnée en partie » d'eau et de marais qui ne se puissent » dessécher , et en partie accessible par » des terrains secs qui bordent ces marais ; » que ces avenues soient bien fortifiées et » qu'il y ait des pièces dans les marais qui » ne soient pas abordables * et qui puissent » voir de revers les attaques du terrain » ferme qui les joint : ce ne doit pas être » là un lieu avantageux aux attaqués à cause » de ses pièces inaccessibles > parce qu'il « faut pouvoir embrasser ce que l'on at- » taqtfe. Si la place est environnée de » terres basses et de marais, comme il s'en » trouve aux Pays-Bas, et qu'elle ne soit «abordable que par des chaussées, il » faut ,

» i°. Considérer si on ne peut point » dessécher les marais , s'il n'y a point de » temps dans l'année où ils se dessèchent «d'eux-mêmes, et en quelle saison; en » un mot si on ne peut pas les faire écouler » et mettre à sec.

» 2°\ Si les chaussées sont droites ou » tortueuses, enfilées en tout ou en partie » de la place , et de quelle étendue est la

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» partie qui ne l'est pas , et à quelle distance »de la place ; quelle en est la largeur, et » si l'on peut y tournoyer une tranchée en » la défilant.

' » 3 ° . Si on peut asseoir des batteries au- » dessus ou à côté sur quelque terrain » moins bas que les autres , qui puisse » croiser sur les parties attaquées de la » place.

»4°» Voir si les chaussées sont si fort » enfilées qu'il n'y ait point de transversales y> un peu considérables qui fassent front à » la place d'assez près, et s'il n'y a point » quelque endroit qui puisse faire un cou- » vert considérable contre elles , en rele- » vant une partie de leur épaisseur sur » Paufre , et à quelle distance dé la place » .elles se trouvent.

■» 5°. Si des chaussées voisines l'une de » l'autre qui aboutissent à la place , se » joignent , et en quel endroit, et si étant » occupées par les attaques, elles se peu- 5) vent entre elles secourir par des vues de » canon croisées , ou de revers sur les » piè c e s attaqu é e s .

m 6°. De quelle nature est le rempart de 5) la place et de ses dehors ; si elle a des » chemins couverts, si les chaussées qu^ viles abordent y sont jointes, et s'il n'y a

l6 DE LA DÉFENSE

)> point quelqu'avant-fossé plein d'eau cou- »r an te ou dormante, qui les sépare. Où » cela se rencontre , nous concluons qu'il » ne faut jamais attaquer par là, pour peu » qu'il y ait d'apparence d'approcher de la » place par ailleurs , parce qu'on est pres- » que toujours enfile et continuellement » écharpé du canon , sans moyen de s'en «pouvoir défendre,, ni de s'en rendre » maiîre,ni embrasser les parties attaquées » deHla place.

» A l'égard de la plaine il faut :

» i°. Examiner par où on peut embras- » ser les fronts de l'attaque , parce que » ceux-là sont toujours à préférer aux » autres.

» i° '. La quantité des pièces à prendre » avant de pouvoir arriver au corps de la » place , leur qualité, et celle du terrain sur » lequel elles sbnt situées.

» 3°. Si la place est bastionnée etre- » vêtue.

» 4°. Si la fortification est régulière ou a à-peu-près équivalente.

» 5°. Si elle est couverte par quantité j) de dehors , quels et combien , parce qu'il » faut s'attendre à autant d'affaires qu'il y » aura de pièces à prendre.

» 6°. Si les chemins couverts sont bien

» faits , contre-mines et palissades, et si les » jrlacis en sont roides et non commandés » des pièces supérieures de la place.

» 7°. S'il y a des avant-fossés, et de » quelle nature.

31 8°. Si les fossés sont revêtus et pro- 5) fonds, secs ou pleins d'eau ; de quelle » profondeur ; si elle est dormante ou cou- » rante , et s'il y a des écluses , et la pente » qu'il y peut avoir de l'entrée des eaux ù » leur sortie.

» 9°. S'ils sont secs; quelle en est, la » profondeur, et si les bords en sont bas » et non revêtus. Au reste, on doit compter » que les plus mauvais de tous sont les » fossés pleins d'eau quand elle est dor-? «mante.

» Les fossés qui sont secs , profonds et » revêtus, sont bons ; mais les meilleurs » sont ceux qui , étant secs , peuvent être » inondés quand ou le veut , d'une grosse 3) eau courante ou dormante, parce qu'on 3) peut les défendre secs et ensuite les >) inonder , et y exciter des torrens qui en » rendent le trajet impossible. Tels sont les » fossés de Valeuciennes , du côté du » Quesnoy, qui sont secs, mais dans les- 3) quels on peut mettre telle .quantité d'eau » dormante ou courante qu'on voudra, sans

» qu'on le puisse empêcher. Tels sont en- » core les fosses de Landau,, place mo- » derne, dont le mérite n'est pas encore » Lien connu. Cette place toute neuve , et » sans être achevée, a déjà soutenu , trois 5) grands sièges , dont aucun n'a été conduit » avec une grande intelligence , et les dé- 5) fenscs Font été encore plus mal.

» Les places qui ont de tels fossés avec » des réservoirs d'eau qu'on ne leur peut '»ôter, sont très-difficiles à forcer, quand » ceux qui les défendent savent en faire » usage.

» Les fossés revêtus , dès qu'ils ont 10 > 5) 12 , 1 5 y 20 et 2 5 pieds de profondeur, » sont aussi fort bons, parce que les boin- » Les ni le canon ne peuvent rien contre » ces revêtemens > et que l'on n'y peut en- 3) trer que par les descentes , c'est-à-dire , » en défilant un à un ou deux à deux au j> plus ; ce qui est sujet à bien des inconvé- » niens, car on vous chicane par différentes » sorties sur votre passage et vos logemens 3> de mineurs ; ce qui cause beaucoup de 3) retardement et deperte , outre que quand 3>il s'agit d'une attaque , on ne la peut sou- >3 tenir que faiblement , parce qu'il faut que »tout passe par un trou ou deux, et tou-

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» jours en. défilant avec beaucoup cl'mcomt- » mpdité\

» Il faut encore examiner si les fossés » sont taillés dans le roc , si ce roc est con- » tinu et dur ; car s'il est dur et mal-aisé à » miner , vous serez obligé de combler » ces fossés jusqu'au rez du chemin cou- » vert pour faire votre passage , qui est un 5) travail long et difficile , principalement » s'il est profond ; car ces manœuvres de- » mandent beaucoup d'ordre et de temps, » pendant lequel l'ennemi , qui songe à se » défendre , vous fait beaucoup souffrir par 5) ses chicanes ; il détourne les matériaux , » arrache les fascines , y met le feu ; vous » inquiète par ses sorties et par le feu de 5) son canon , de ses bombes et de sa mous- » queterie ? contre lequel vous êtes obligé » de prendre de grandes précautions, parce » qu'un grand feu , de près , est fort dan- » géreux ; c'est pourquoi il faut de néces- » site l'éteindre par un plus grand et bien » disposé.

» Après s'être bien instruit de la qualité » des fortifications de la place que l'on doit » attaquer , il en faut examinée les accès et » voir si quelque rideau , chemin creux 3) ou inégalité de terrain peut favoriser vos 3) approches et vous épargner quelque bout

» de tranchée. S'il n'y a point de comman- » dément qui puisse vous servir ; si le ter- » rain par où se doivent conduire les atta- » ques est doux et aisé à renverser; s il est » dur et mêlé de pierres ,~ cailloux et ro- » cailles , ou de roches pelées , dans lequel » on ne puisse que peu ou point s'enfoncer.

» Toutes ces différences sont considé- » râbles , car si c'est un terrain aisé à ma- » nier , il sera facile d y faire de bonnes » tranchées en peu de temps , et on y court » bien moins de risques. S il est mêlé de » pierres et de cailloux , il sera beaucoup » plus difficile , et les éclats du canon y » sont dangereux.

» Si c'est un roc dur et pelé , dans lequel » on puisse s'enfoncer, il faut compter d'y » apporter toutes les terres et matériaux » dont on aura besoin; de faire les trois » quarts de la tranchée de fascines el de ga- » bions , même de ballots de bourre et de » laine , ce qui produit un long et mauvais » travail , qui n'est jamais à l'épreuve du «canon, et rarement du mousquet, et » dont on ne vient à bout qu'avec du » temps , du péril et beaucoup de dépense; » c'est pourquoi il faut éviter tant que Ton » peut, d'attaquer par de telles avenues. » Quand ou a reconnu les avantages et les

désavantages du site général de la place , et du site particulier de chaque front „ il faut examiner ce qu'on nomme le Système des fortifications, c'est-à-dire, son tracé , le nombre et la disposition des pièces en

^particulier , voir si chacune des pièces qui le composent remplit bien son objet, et s'il n'est pas susceptible de quelque amélioration peu coûteuse. Il ne s'agit point ici de rechercher quel est le meilleur système possible de fortification ; il ne s'agit pas de démolir les places qui existent , pour en construire d'autres ; mais il s'agit de bien défendre celles qu'on a ; et pour, les bien défendre , il faut les bien connaître. Lorsqu'on les connaît bien , qu'on les a envisagées sous tous leurs rapports ., on y découvre souvent des propriétés qui valent au moins celles qu'on aurait pu leur procurer par des constructions toutes nouvelles, Les places de M. de Vaubari , comme sont presque toutes celles qui forment le grand cordon des frontières de l'Empire /ont le grand avantage de la simplicité y et celui d être bien appropriées au site. C'est assez d'avoir à les entretenir , ou du moins à y faire quelques légères modifications. En général elles sont susceptibles

1 d'une très-boiine défense ; comme nous le

prouverons dans le chapitre II. II leur manque principalement des souterrains , des lieux abrités pour les hommes , les subsistances , l'artillerie , les munitions. Voilà leur défaut essentiel , auquel il faut remédier peu-à-peu. M. de Vauban sentait la nécessité des feux couverts , il a essayé de s'en procurer par ses tours bastionnées. Cet essai n'a point réussi , et il en est resté un grand préjugé contre les batteries casematées. Cependant plusieurs personnes se sont élevées contre ce préjugé. M. de Montalembert l'a attaqué le premier , et avec d'excellentes raisons. Un amourpropre mal-entendu lui a suscité des adversaires , qui y au lieu de s'attacher à montrer simplement l'abus quil avait fait de son principe, ont attaqué le principe lui-même,. M. de Montalembert a certainement rendu un service important à la fortification x en ramenant les idées sur les feux casemates , qu'on regardait avant lui , comme impraticables en grand , tandis que le contraire est prouvé.

« C'est une vérité généralement adoptée » aujourd'hui (dit M. Gay de Vernon) que » les feux casemates sont d'une exécution « facile , qu'on doit les employer dans une » infinité de circonstances f et que leur

» combinaison avec les autres élémens de. » fortification , est la seule manière de » composer des systèmes susceptibles d'op- » poser une résistance proportionnée aux » besoins de la guerre', et à la violence » des attaques qui semble tous les jours » prendre de nouveaux accroissement. » ,

Mais M. de Monialembert a abusé de ces feux couverts en voulant les faire-servir aux défenses éloignées , et cela seul pouvait les discréditer plus que n'avait fait auparavant le non-sucecs de celles de M. de Vauban ; parce qu'il est évident qu'eu quelque nombre que puissent être les feux casemates, on aura bientôt détruit leurs voûtes , si elles sont vues de la campagne , qu'elles ne ralentiront pas settsiblement les progrès des tranchées , et que cependant leur consommation en poudres e* projeo tiles sera si grande , qu'elle surpassera tous les approvisionnemens possibles.

Le véritable usage des feux couverts consiste aies placer dans des lieux où ils ne puissent être battus directement, à moins que ce ne soit par des batteries trèsinférieures. C'est uniquement pour les garantir des bombes et des ricochets qu'on, les. couvre , et non pour qu'elles puissent

lutter long-temps contre des batteries directe ent opposées.

La 'première condition pour que des feux couverts remplissent leur objet , est donc quils soient parfaitement dérobés aux vues de la campagne , d'où ils pourraient être baîtus de plein fouet. Leur destination est exclusivement pour les défenses rapprochées ; et alors , si Ton veut employer leur action directe , ce ne doit être que pour empêcher ou détruire l'établissement de l'ennemi sur les ouvrages mêmes de la place.

Mais l'emploi principal et véritablement essentiel des feux couverts, est de prendre des revers sur les travaux de l'ennemi ; non-seulemem parce qu'il lui est bien plus difficile de se gai andr de ces feux de revers , mais encore parce qu'alors ces feux couverts sont absolument indestructibles par les batteries de l'assiégeant : car, étant couverts , ils sont -d'abord à l'abri de la bombe et du ricochet ; et étant dirigés sur les revers des travaux de l'ennemi ,, ils sont dérobés aux coups directs; et c'est alors qu'ils fourni sent un nouveau genre de défense infiniment supérieur à tout ce qui existe /et procurent l'avantage de conserver

un feu très-meurtrier, intact jusqu'à la fin du siège.

On peut les placer ou dans des casemates voûtées y ou sous des blindages à l'épreuve de la bombe : ceux-ci sont de beaucoup préférables , i ° comme moins dispendieux ; 2° comme occupant moins de place et s'élevant moins haut , ce qui les rend plus faciles à cacher; 3° comme susceptibles d'être déplacés et même transportés aux endroits du besoin ; 4° comme moins sujets à la fumée , à cause des ouvertures qui restent entre les pièces de bois du blindage ; 5 ° en ce que les coups de canon étonnent les maçonneries et les dégradent assez pi omptement , ce qui n'a pas lieu dans les batteries blindées; 6° enfin, en ce que souvent Ion peut employer celles-ci dans les places actuelles ? sans démolitions ni constructions nouvelles.

Ces batteries blindées ont été proposées par l'ancien directeur des fortifications de Saint-Omer , où elles ont été éprouvées pour la première fois , et où elles ont parfaitement réussi. On en trouve le développement dans le Mémorial pour la défense des places de M. de Cormontaingne , auxquels les Editeurs semblent les avoir attribuées ; mais c'est par inadvertance.

Si les casemates sont moins avantageuses pour contenir des batteries que les blindages , elles ont une autres espèce d'utilité qui les rend très-précieuses ; c'est de servir de souterrains pour les magasins et de galeries pour les contremines. C'est par le défaut des uns et des autres que pèchent la plupart de nos places , ainsi qu'on l'a déjà dit ; si donc toute l'escarpe qui forme l'enceinte d'une place était voûtée à l'épreuve de la bombe > cette casemate continue lui procurerait des avantages inappréciables.

C'est pour remplir au moins en partie ce but important, que dans les ouvrages neufs y les officiers du Génie ont pris le parti de construire les revêîemens en décharge. Cette construction adoptée par le Comité des fortifications ? sur la proposition de l'ancien directeur de Saint-Omer f le même qui a fait aussi adopter les batteries blindées ; cette construction , dis-je , réunit l'avantage de procurer de longues galeries de mines toutes faites, celui d'une grande économie, et surtout celui de rendre les brèches très-difficiles à faire praticables ; à cause des pieds-droits qu'on ne peut parvenir à rompre complètement, comme on l'éprouva à Dillembourg pendant la guerre de sept ans , quoique cette

construction y fût très-imparfaite, n'ayant pas eu. pour but de remplir cet objet.

Revenons à l'examen du système existant des fortifications de la place. Ce système comprend le tracé, le relief, le commandement et le défilement. A chaque pas mie l'on fait en suivant les remparts , il faut fixer son attention sur chacun de ces points principaux. Par rapport au tracé , il faut examiner si toutes les parties sont vues et suffisamment flanquées , si les parapets et terre-pleins sont assez larges , s'il y a quelques moyens de caser quelques pièces d'artillerie que l'ennemi ne puisse apercevoir ou contrebaîlre , et surtout si Ton peut se procurer quelques revers sur les glacis ou quelques tires-en-brèche. Par rapport au relief , il faut examiner si l'on découvre bien la campagne , si leâ maçonneries sont bien couvertes par les glacis , si les parapets sont assez hauts pour couvrir les tirailleurs, si les fossés sont profonds, et principalement si le mur d'escarpe est assez élevé pour être à l'abri de l'escalade et des attaques de vive-force. Par rapport au commandement, c'est de considérer si les pièces sont placées , suivant les règles reçues , bien en amphithéâtre , pour que celles du dedans dominent convenablement

celles du dehors. Cette règle cependant est rejetée comme très-mauvaise par de savans Militaires : M. de Saxe la réprouvait absolument ; on ne peut se dissimuler ses graves inconvéniens crui sont , qu'aucun coup tiré par l'assiégeant n'est perdu y qu'au contraire on ne peut souvent faire usage de ceux de la place , crainte de tuer les défenseurs qui sont dans les ouvrages avancés; enfin , qu'on ne peut dérober les ouvrages intérieurs aux batteries éloignées , principalement aux atteintes du ricochet , d'où résulte que dès le premier jour de la tranchée ouverte > les feux de la place sont presque tous démontés. Aussi plusieurs officiers du Génie ont- ils proposé de ne donner aucun commandement du dedans au dehors , ou même de le prendre en sens contraire , et leurs raisons sont trèsfortes. Enfin } par rapport au défilement , il faut bien examiner si sur le terre-plein des ouvrages on n'est point aperçu du dehors. Ce défaut qu'on croirait , d'après les premiers principes de la fortification , ne devoir se rencontrer nulle part , est au contraire très-commun , et c'est un de ceux qui mentent le plus toute l'attention des officiers du Génie.

Au surplus, il ne faut pas se figurer qu'on

ne saurait se défendre crue sur une enceinte bastionnée. La meilleure défense est d'abord une bonne muraille haute et bien revêtue , qu'on ne puisse escalader ni emporter d'emblée. Car il faudra nécessairement y faire brèche , et ces brèches formeront des étranglemens que leur position rend toujours-susceptibles d'une vigoureuse défense. « Remarquez ( dit le général » d'Àrçon) crue ces flanquemens compassés » dont on fait tant de cas dans les disposi- » tions du cabinet , ne produisent dans les » actions crue des avantages bien faibles et » même souvent illusoires : on voit en effet » dans chacun de ces ouvrages , qui , de » loin ou de près ? participent à la crise » dune attaque, qu'il existe une sorte d'é- » goïsme y duquel il résulte qu'on s'inté- » resse infiniment moins à la sûreté de ses » voisins , qu'à la sienne propre.

C'est par ces mêmes raisons qu'il ne faut pas non plus trop s'effrayer du mot d'angles morts. La plupart de ces angles n'ont aucun danger, soit parce qu'ils sont à-peu-près inaccessibles par les fossés pleins d'eau ou leur grand éloignement du lieu des attaques^ soit parce que l'assiégé peut toujours déboucher en force de très-près sur ceux qui voudraient les insulter. Tel est dans le

système de M. de Vauban, l'angle que fait la tenaille dans son milieu , et dont on a raison de ne pas s'inquiéter»

Il faut examiner si chacune des pièces qui entrent dans la composition des fronts de la place remplit bien son objet , si elle a les dimensions convenables et si elle est susceptible de retranchement.

On prendra garde aux ouvrages revêtus et à ceux qui ne le sont pas , tant aux escarpes qu'aux gorges et contrescarpes ,- et surtout à la facilité et à la sûreté de toutes les communications aux ponts dormans et ponts levis, portes, poternes, etc.

On remarquera s'il y a un chemin des rondes : M. de Vauban regrettait de n'en avoir pas fait partout , et ce n'était pas sans raison ; non que le chemin des rondes soit très-utile en lui-même , mais comme alors le parapet se trouve très-reculé , la brèche n'en entraîne pas la chute , ce qui est extrêmement important pour sa défense.

M. de Cormontainsne a très-bien démontré la nécessité des réduits dans les demi-lunes ; il faut donc examiner s'il y ena, s'ils sont revêtus , ou s'il est possible d'en faire.

Les retranchemens dans les bastions sont encore plus indispensables ; il faut , s'il n'y

en a point , ou en faire tout de suite , ou en avoir au moins le projet fait et arrêté d'avance , pour pouvoir j mettre la main aussitôt que le front d'attaque est connu.

C'est un grand défaut que le manquement de la tenaille devant un front , parce que sans elle la brèche peut se faire sur tout le pourtour de la place , et qu'il est très-difficile d'exécuter des sorties.

Les caponnières vis-à-vis le milieu de la courtine , lorsqu'elles sont bien laites, sont très-utiles pour la défense du fossé , celle frue l'on pourrait faire à l'angle flanqué du bastion ne le serait pas moins. Un ravelin qui couvrirait cette pointe , et qui s'élèverait du fond du fossé jusqu à la hauteur de l'escarpe , serait d'un excellent usage pour couvrir les flancs des batteries du chemin couvert , et pour disputer vigoureusement le passage du fossé.

Un autre genre de défense qui mérite aussi beaucoup de considération , est celui du plantage des glacis en arbres , proposé par M. de Saint-Paul. Cette méthode qui se pratique beaucoup à présent , est on ne peut plus utile y tant pour la quantité de bois qu'elle fournit et dont on a un si grand besoin dans les places assiégées , que par les racines qui restent après la coupe et qui

rendent très-difficiles le progrès des sapes» Il serait à désirer qu'on plantât de même en charmille le haut de la banquette des chemins couverts 7 au-dessous du parapet , ainsi que l'ont fait quelques officiers du Génie ; ce serait un excellent moyen de suppléer aux palissades qui sont si dispendieuses. On devrait également ne pas négliger de planter d'épines les ouvrages en terre ; ce qui vaudrait mieux crue les fraises et palissades qu'on y place à la hâte au moment du besoin. Ges haies bien entretenues y ne sont guères inférieures à un mur d'escarpe/ On pourrait employer pour cet objet le prunelier , l'acacia et le genêt épineux,, qui est d'une très- grande dé* fense.

Quant aux manœuvres d'eau > on sait que souvent elles procurent des moyens de défense supérieurs à tous ceux qu'on pourrait tirer de la plus grande perfection dans le système des fortifications proprement dites. Il faut donc les étudier avec le plus grand soin : c'est la partie scientifique de l'art des officiers du Génie , c'est là que le calcul et la théorie de l'hydrodynamique peuvent s'exercer utilement. La pente et le cours des eaux doivent être bien étudiés, leur entrée et leur sortie constamment

surveillées , ainsi crue les écluses , portes d'eau et égouts , pour éviter les surprises , soit par stratagème, soit de vive-force.

S'il existe un moyen de rétablir l'équilihre entre l'attaque et la défense , c'est sans doute celui des contre - mines ; moyen d'autant plus précieux qu'il seconde admirablement tous les autres et qu'il coûte peu d'hommes. Malheureusement jusqu'ici on n'a pas attaché à ce moyen l'importance qu'il doit avoir et que devraient lui attirer quelques ouvrages excelleus publiés sur cette matière. 11 faut que l'officier du Génie connaisse bien toutes les galeries de contreïïiines de la place qui lui est confiée , qu'il en parcoure tous les rameaux ; qu'il se familiarise avec les détours , qu'il en étudie la' correspondance avec les parties supérieures du terrain , le moyen de les aérer,, et qu'il sache d'avance tout le parti qu'il pourra en tirer dans l'occasion.

Enfin on visitera très - soigneusement tous les bâtimens militaires , tels que les casernes de soldats et les quartiers de cavalerie , les arsenaux, les magasins à poudre, les hôpitaux militaires, les corps-de-garde, prisons , souterrains , etc. ; on examinera s'il sont solides > bien aérés > suffisans pour leur objet j et dans le cas contraire,

cruels sont les moyens d'y suppléer. On trouve les détails relatifs à ce dernier objet, dans la Science des Ingénieurs de Belidor, ouvrage utile , qui pourtant aurait besoin d'être refait.

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