‹ De la dégénération et de l'extinction des variétés de végétaux propagés par les greffes, boutures, tubercules, etc., et de la création des variétés nouvelles par les croisemens et les semisChapitre 9 sur 18 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

En admettant le système de M. Van-Mons qui pense que les semis successifs et long-temps continués des générations qui se succèdent, sont un puissant moyen d'amélioration et que l’amélioration grandit avec la suite des générations, nous n’admettrions pas avec lui que les

(1) Depuis que nous avons lu notre travail à la Société de l’Ain, nous avons vu dans les journaux d’agriculture un mémoire de M. Loiïseleur des Lonchamps, avec lequel nous nous félicitons de nous rencontrer dans beaucoup de points ; cet homme distingué pense avec nous que les $emis peuvent offrir des nouveautés intéressantes et présenter un grand moyen d'amélioration dans la culture des vignes ; ses premiers semis datent de vingt ans, et si les résultats n’ont pas été plus étendus, cela est dû à des circonstances fortuites et qui n’ont pas dépendu de Jui : il serait bien à désirer que les travaux scientifiques auxquels il se livre lui permissent de suivre, avec toute sa hauteur de vue, les ré-

sultats de ses expériences et leur application à la pratique.

semis des pepins de nos bons fruits ne peuvent donner que des résultats médiocres ; car 1l est arrivé lui-même au point où il en est en commençant ses semis avec les pepins de nos meilleurs fruits, et les résultats remarquables qu'a obtenus avant lui Hardenpont et les autres pomologues belges, ne sont sans doute pas dus à une longue suite de générations; d’ailleurs, il est tout-à-fait à croire que nos meilleures variétés sont elles-mêmes des générations avancées de semis successifs de bons fruits ; leurs pepins doivent donc encore mieux, en admettant le système de Van-Mons, servir puissamment à Pamélioration. | i

Nous remarquerons à ce sujet que, par les semis successifs d’une même variété dans un même climat, on arrive à avoir l'espèce franche donnant peu de variation à chaque semis; ainsi la Reine-Claude, dans les environs de Tours, se sème et se reproduit ; ainsi Pabricot Alberge de Mont-Gamet se perpétue par ses noyaux; ainsi les variétés de pêches de Beurre près Besançon, celles de Thoiïissey dans l'Ain, de Dracy près Chalonsur-Saône, de Corbeil près Paris, et de beaucoup d’autres lieux, se conservent toujours franches par leurs noyaux; ainsi encore, dans quelques parties d’Allemagne, la prune Quetsch se perpétue sans la grefle, de même qu’en France la prune Robe-de-Sergent, avec laquelle on fait Îles pruneaux d'Agen; il en serait de même, nous le pensons, pour les fruits à pepins; mais leur fructification se fait trop long-temps- attendre, et on préfère les transmettre par la-greffe ; cependant dans quelques cantons de Normandie, on sème et on conserve, sans les greffer, quelques-unes des variétés de fruits à cidre. La méthode de M, Van-Mons, long-temps conti-

nuée, amènerait donc au résultat d’avoir des semis qui donneraient des fruits constamment de bonne qualité, et qui reproduiraient les mêmes variétés presque uniformes; et c’est effectivement le système qu'il admet dans l’ouvrage qu'il vient de faire paraître.

Les Chinois, dans le cours d’une civilisation qui remonte à trois mille ans, nous semblent arrivés à ce point de perfection pour la plus grande partie de leurs fruits, de leurs espèces utiles ou même d'agrément; ainsi les variétés de mûriers multicaules que nous tenons d’eux, outre qu'elles se propagent très-facilement de bouture, se reproduisent franches par le semis de leurs graines, et tous les individus qui s’éloignent du type, sont des mûriers blancs à feuilles grandes et épaisses.

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