OBSERVATION VIII
La nommée M..., 53 ans, est entrée dans mon service le 14 décembre 1871, après être restée deux mois à l'asile Sainte- Anne, dont le médecin l'a jugée atteinte d'affaiblissement de l'intelligence avec amnésie partielle, illusions et ballucinations. Incohérence, accès d'agitation. — Peur de mourir de faim. Troubles de la motilité et embarras de la parole consécutifs à des attaques antérieures de paralysie incomplète, dont la première remonterait à huit ans, époque d'une suppression, devenue permanente, des règles par suite d'une frayeur.
Pas d'antécédents liéréditaires.
La malade avait toujours eu une bonne santé ; mais, il y a dix ans, elle a commencé à avoir des attaques caractérisées par de la paralysie de motilité des mains, sans gonQement ni douleur, durant trois à quatre jours.
' A. Voisin et Burlureaux, loc. cit., pag. 08,
Dans 1g commencement du siège, elle a eu de grandes frayeurs et a fait des actes extravagants. Elle se désolait toute la journée, ne s'occupait plus de son ménage, changeait de linge plusieurs fois par jour, et disait que quelque chose lui rongeait le ventre. Hallucinations terrifiantes de la vue et de l'ouïe. Elle a gâté. Agitation extrême pendant laquelle elle a cherché à mordre et à égratigner
son mari.
Pas de douleurs des memhres inférieurs, mais fourmillements dans les quatre extrémités.
Il y a deux ans, troubles utérins, catarrhe, pesanteur hypogas-
trique, qui ont persisté.
La malade, depuis de nombreuses années, s'était mise à boire de l'eau-de-vie, et souvent on l'a vue ébrieuse.
A son arrivécici, elle est toujours en mouvement, cherche à mordre et à prendre tout ce qui est à sa portée. Obligation de l'attacher sur une chaise.
Elle pleure ; sa figure exprime la tristesse ; physionomie parfois grimaçante. Sillons naso-labiaux très prononcés.
Pupilles égales.
Pas de tremblement de la langue. Voix enrouée. On ne peut examiner ses sens. Rien de particulier sur le crâne.
Force musculaire considérable des membres supérieurs, mais il lui est impossible de se tenir sur ses jambes. Il suffit d'appuyer légèrement sur ses épaules pour la faire tomber en avant.
Une légère pression des apophyses épineuses et des gouttières des vertèbres dorsales est très douloureuse.
Pas de bruit desouffie au cœur. Maigreur extrême.
Se plaint beaucoup, mais il est très difficile de savoir en quoi consistent ses conceptions délirantes.
27 décembre 1871. Vésicatoire dans le dos.
10 janvier 1872. Extravagante dans ses paroles; grossière, ordurière; dit ne pouvoir parler, parce que sa langue est paralysée.
Un peu de bégaiement.
12. L'examen du dos ne fait percevoir qu'un peu de douleur en pressant la troisième apophyse épineuse dorsale. 24. L'agitation est maintenant incessante.
g2 CONSTITUTION DU TYPE CLINIQUE
21 février. Attaque apoplectiforme. Ne peut prononcer d'autre
mot que celui de môre.
Incoordination. Équilibration presque nulle.