‹ De la démence mélancolique [electronic resource]Chapitre 12 sur 79 · Parle mieux · texte numérisé non relu

Parle mieux

26. Grandes linllarinations sous l'influence desquelles elle s'est fait une bosse frontale en se frappant la tôte sur des barreaux en bois. Rien au globe oculaire, mais les paupières sont toutes violacées.

La malade est restée toute la nuit dans un état complet d'incoliérence, décbirant tous ses effets, pleurant presque toujours et poussant de grands cris.

27 mai 1874. Elle est tombée dans le coma à la suite d'une attaque apoplectiforme. T. A. 42°,3.

En toucliant une main ou un avant-bras, on détermine de petites secousses cloniques. Ces secousses se communiquent aux membres inférieurs.

Respiration râlante. La région de la commissure labiale gauche est pblegmoneuse. Traînée lie de vin correspondant à un empâtement sous-cutané qui se prolonge jusqu'au niveau du sternomastoïdien, à deux travers dedoigt au-dessous du maxillaire. Mort.

Autopsie. — L'encéphale pèse 1150. Hyperémie méningée considérable.

Épaississement et état fibroïde de la partie de méninge qui couvre l'espace interpédonculaire antérieur.

Les deux moteurs oculaires communs sont bridés fortement par celte méninge.

Adhérences des bulbes olfactifs à la méninge. Ces bulbes et les nerfs sont ramollis.

Les nerfs optiques paraissent sains. Les moteurs oculaires communs sont égaux. Les moteurs oculaires externes sont d'inégale grosseur; le gauche est de moitié plus petit. Les hypoglosses paraissent sains.

La méninge qui tapisse la protubérance est très-ferme, épaissie, ainsi que celle du bulbe.

Les deux lobes du cervelet sont symétriques. La méninge qui les couvre ne présente rien de particulier, n'est pas adhérente.

Épaississemcnt et état granulé On de l'épendyme du quatrième ventricule.

Ilypcrémie considérable des vaisseaux des méninges méningées ; eugmases en plusieurs points.

Adhérences des méninges avec la substance corticale en plusieurs points des lobes sphénoidaux et frontaux.

La substance corticale est dans ces parties notablement ramollie, et le grattage produit facilement des crêtes.

Des coupes perpendiculaires et transversales faites d'avant en arrière montrent en un grand nombre de points l'hyperémie de la substance corticale et centrale.

L'épendyme des ventricules latéraux est épaissi.

Une coupe perpendiculaire de la protubérance passant transversulement par les noyaux d'origine de la troisième paire, montre que ces noyaux sont fortement hyperémiés, très colorés, et que la substance grise qui leur est immédiatement inférieure est excessivement arborisée dans une étendue de 6 millim., jusqu'aux libres pédonculaires transversales et longitudinales.

Moelle : Méningite spinale postérieure avec tractus pseudomembraneux. Corps fibroides de l'arachnoïde au milieu desquels les racines postérieures sont cachées et comprimées.

Rien de semblable en avant.

Congestion pulmonaire. — Mollesse du foie.

L'autopsie de M"" M.... dous révèle des altérations qui, à part la plus grande extension du côté des lobes frontaux, se confondent avec celles qui existent chez M™" Gib... (Obs. m). Un épaississemcnt de la pie-mère d'aspect fibroïde, et par conséquent de date ancienne, recouvre l'espace interpédonculaire antérieur et bride les moteurs oculaires communs. Cette inflammation gagne la protubérance, le bulbe, et s'étend aux lobes sphénoidaux et frontaux inférieurs, donnant lieu en ces points à des adhérences des méninges avccla substance corticale, laquelle est notablement ramollie. Plusieurs attaques apoplectiformes.

entraînant après elles des paralysies passagères, principalement de la langue, se produisent chez M"" M

et celle-ci est emportée par l'une d'elles. Au point de vue psychique, on constate, comme chez nos malades, le même mélange de démence et de délire mélancolique avec hallucinations terrifiantes de la vue et de l'ouïe, et pendant plus d'un an, de février à mai 1874, époque fi laquelle elle a succombé, cette malade est restée « dans un état complet d'incohérence, déchirant ses effets, pleurantpresque toujours, et poussant de grands cris ; la démence avait pris des proportions considérables » .

Il existe chez M™* M une paraplégie que l'autopsie

n'explique pas, quoiqu'il y ait cependant une lésion profonde de la moelle.

Jusqu'à présent, dans les observations que nous avons citées, les troubles sont allés progressivement en s'aggravant, soit que la maladie ait suivi une marche continue, soit qu'elle ait présenté des rémissions plus ou moins complètes, et la mort en a été généralement la terminaison.

Le fait suivant est plus consolant à cet égard : la malade, après avoir offert en effet l'ensemble clinique qui caractérise la démence mélancolique (délire mélancolique, idées de persécutions, hallucinations, tentatives de suicide, diminution de l'odorat, inégalité pupillaire s'associant dès les premières périodes de la maladie à de l'affaiblissement intellectuel), a pu, après cinq ans de séjour à la Salpôtricre, quitter cet établissement en état de grande amélioration et ne présentant plus, pour me servir des expressions de M. Voisin, qu'un peu de débilité intellectuelle.

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